Le vison.

Le Vison d’Europe (Mustela lutreola) est une espèce de mammifères carnivores du genre Mustela. Petit mustélidés à la fourrure brun foncé marquée d’une à deux taches blanches sur le museau, le Vison d’Europe est inféodé aux écosystèmes aquatiques. Il vit dans les petites rivières, les marais et les ruisseaux où il se nourrit de petits mammifères, de poissons et d’amphibiens. La saison de reproduction se produit à la fin de l’hiver ; la femelle donne naissance à deux à sept petits dont elle s’occupe seule jusqu’à leur indépendance en automne. L’hybridation naturelle avec le putois (Mustela putorius) est bien documentée.

Autrefois présent du Golfe de Gascogne jusqu’à Moscou, l’aire de répartition du Vison d’Europe s’est réduite au cours des siècles, avec une accélération au xixe siècle et xxe siècle. Dans les années 2010, l’espèce n’est plus présente que dans le Nord de l’Espagne, dans le Sud-Ouest de la France, en Roumanie dans le delta du Danube, en Ukraine et en Russie. Avec une diminution de 90 % des populations depuis le début du xxe siècle, le Vison d’Europe est l’espèce de mammifère européen la plus menacée de disparaître. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe l’espèce en « danger critique d’extinction ».

Les causes du déclin sont multiples. Le piégeage pour la fourrure est la principale cause de disparition au XIXe siècle. L’artificialisation des cours d’eau, qui s’est fortement accélérée au XXe siècle, participe fortement à la diminution des populations en détruisant l’habitat favorable au Vison d’Europe. L’introduction du Vison d’Amérique (Neovison vison), échappé de visonnières, a aggravé le déclin des populations.

Petit mustélidé des cours d’eau, le Vison d’Europe ne marque pas la culture européenne. Il est confondu avec le putois depuis au moins le XIXe siècle. Il apparaît sur des timbres et des pièces commémoratives.


La morphologie du Vison d’Europe est typique des mustélidés : corps souple et élancé, cou peu différencié, pattes courtes, tête légèrement aplatie aux oreilles peu saillantes. Il possède 34 dents. Seules les pattes arrière sont semi-palmées ; la semi-palmure ne se distingue pas sur les empreintes. Le mâle est généralement de plus grand gabarit que la femelle. La longueur de la tête et du corps est de 230 à 430 mm pour le mâle et de 320 à 400 mm pour la femelle. La longueur de la queue est de 90 à 124 mm pour les mâles et de 80 à 120 mm pour les femelles1. Le poids est de 700 à 1 200 grammes pour les mâles (plus fréquemment de 800 à 900 grammes) et de 450 à 700 grammes pour les femelles (plus fréquemment de 500 à 600 grammes).

Vison, carte maximum, Russie, 1980.

La couleur du pelage présente une faible variabilité. À l’exception de la tache blanc pur sur le museau, il est uniformément brun sur l’ensemble du corps, avec parfois des reflets roussâtres. Les pattes et la queue du corps peuvent être légèrement plus foncées, presque noires. L’espèce est adaptée à une vie semi-aquatique : le sous-poil est dense et hydrofuge, ce qui permet de l’isoler de l’eau lorsqu’il nage et les pattes arrière sont palmées ; toutefois, la vue est imparfaitement adaptée à la perception sous l’eau et l’odorat reste prédominant afin de permettre la chasse d’animaux terrestres.

La tache blanche sur le museau, qui est visible sur les lèvres inférieure et supérieure, est toujours présente : la forme et l’étendue de cette marque varie sur l’aire de répartition. En France, le blanc dépasse le haut du nez en de rares occasions, tandis qu’en Europe de l’Est, la truffe peut être entièrement entourée de blanc. Sur le menton, le blanc s’étend rarement au-delà de la commissure des lèvres, mais certains individus ont des marques qui peuvent atteindre la gorge ou la poitrine. Le poil de bourre est gris brun. Le pelage est court, même en hiver.

Le Vison d’Europe possède 38 paires de chromosomes. La diversité génétique du Vison d’Europe est très faible pour les populations espagnoles et françaises, légèrement plus élevée pour les populations du Sud de l’Europe et encore plus élevée pour les populations de l’Est. La faible diversité génétique des populations françaises et espagnoles a conduit à l’idée que le Vison d’Europe n’est pas une espèce autochtone à ces régions et qu’elle y aurait été introduite par l’humain. Cette idée est rejetée par l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui statue que la faible diversité génétique n’est pas une preuve suffisante pour expliquer une introduction d’origine non naturelle.

Le Vison d’Europe est confondu avec le putois, notamment si celui-ci a un masque facial peu visible. Le putois a une fourrure noire et non brune, avec des marques faciales blanches sur les oreilles, le front, et les joues, que le Vison d’Europe n’a pas. Toutefois, certains putois très foncés peuvent ne pas avoir de marques faciales hormis sur le museau : le critère de distinction est alors la couleur du poil de bourre, jaunâtre chez le putois, et grise chez le Vison d’Europe. La forme des oreilles est différente : celles du putois sont assez grandes et dépassent du pelage. La taille et le poids ne sont pas un critère de différenciation suffisant, car les dimensions des deux espèces se recouvrent.

Vison, entier postal, Russie.

Le Vison d’Europe est un prédateur peu farouche, qui utilise les mêmes chemins pour se déplacer et n’est pas très effrayé par l’être humain. C’est un mustélidé essentiellement actif la nuit et au crépuscule, bien que l’observation d’individus en pleine journée soit fréquente. L’activité est jugée élevée, avec des déplacements actifs le jour comme la nuit, bien que l’activité soit plus intense la nuit. Le Vison d’Europe est toujours en mouvement : il trotte, court fréquemment et peut nager et plonger dans les eaux de faible profondeur lors de la chasse.

Sédentaire, le Vison d’Europe exploite seul un territoire. La femelle avec ses petits est le seul comportement social de l’espèce. Le territoire est marqué par les fèces et les urines ; le marquage est plus visible autour des zones de refuges diurnes, où les crottes sont regroupées. En été, il évolue sur une aire de 15 à 20 hectares. Celle-ci peut s’agrandir de façon importante en automne et en hiver à la recherche d’eau non gelée1. La tanière peut être creusée par le Vison d’Europe, volée à un Grand campagnol (Arvicola amphibius), ou être naturellement créée par un entrelacs de racines ou une crevasse dans le sol.

Selon une étude réalisée en Espagne, le Vison d’Europe occupe un territoire concentré sur les abords de cours d’eau. Les mâles ont un territoire s’étendant sur 6,1 à 8 kilomètres de cours d’eau, sans recouvrement des territoires. La femelle étudiée a un territoire plus petit qui s’étend sur une longueur de 4,5 kilomètres. Une seconde étude espagnole confirme le faible recouvrement des domaines vitaux.

La Grenouille verte fait partie du régime alimentaire du Vison d’Europe.
Le Vison d’Europe chasse à l’affût et à l’approche. Il peut se cacher dans des anfractuosités ou des herbes sur la berge avant de capturer sa proie. Il capture également ses proies dans l’eau, car c’est un très bon nageur.

Il se nourrit de grenouilles, de petits mammifères (rats et campagnols amphibies), d’oiseaux, d’œufs et de poissons (cyprinidés surtout). Le Vison d’Europe chasse majoritairement le Grand campagnol. Il complète son régime alimentaire avec des amphibiens, des mollusques, des crabes, des insectes et d’autres petits rongeurs. Le stockage de la nourriture est fréquent.

Selon une étude menée sur la Lovat en Biélorussie dans les années 1990, le Vison d’Europe capture 22 espèces de proies différentes. Les amphibiens — tels que la Grenouille des champs (Rana arvalis), la Grenouille rousse (Rana temporaria), la Grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus), la Grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus) ou des Crapauds — et les petits mammifères — comme les souris du genre Murinae, le Grand campagnol (Arvicola amphibius) et les musaraignes de la famille des Soricidae — composent l’essentiel de la biomasse ingérée. Les poissons forment le troisième type de proies : Grands brochets (Esox lucius), Perches communes (Perca fluviatilis), Gardons (Rutilus rutilus), Loches d’étang (Misgurnus fossilis) et Épinoches complètent le régime alimentaire. Les insectes, bien que capturés en grande quantité, ne représente que 1,5 % en masse – les dytiques forment la principale famille d’insectes capturés. La composition du régime alimentaire varie en fonction des saisons, le Vison d’Europe chassant les proies les plus disponibles. En été, les oiseaux et les insectes sont plus fréquemment chassés. En hiver, le Vison d’Europe s’attaque en premier lieu aux amphibiens, et notamment à la Grenouille rousse (Rana temporaria) qui hiverne dans les étangs.

Le Vison peut s’attaquer aux animaux domestiques, et notamment aux poulaillers.

L’accouplement s’étale de janvier à juin mais a généralement lieu de février à mars. La période de reproduction varie fortement sur l’aire de répartition et il est probable que le Vison d’Europe s’adapte aux conditions climatiques locales et peut-être au photopériode. Lors de la saison de reproduction, les mâles sont plus agressifs pour la défense du territoire.

Les naissances surviennent d’avril à mai. La gestation dure de 35 à 72 jours, avec une ovo-implantation retardée pour certaines femelles, ce qui explique l’importante variation de la durée de gestation. Toutefois, selon Marie-des-neiges de Bellefroid et René Roscoux, la gestation ne dure en moyenne que 43 jours et les durées plus longues peuvent être dues à une confusion avec le Vison d’Amérique dans la nature car la gestation des spécimens captifs n’est jamais supérieure à 43 jours. La portée varie de deux à sept jeunes, avec une fréquence plus importante pour les portées de quatre à cinq visons. Les petits naissent aveugles : ils ouvrent les yeux à partir de quatre semaines. Ils sont allaités environ dix semaines et se séparent de leur mère à l’automne. La maturité sexuelle est atteinte l’année suivante. Il n’y a qu’une à deux portées par an. La longévité est de sept à dix ans.

Le Vison d’Europe est plutôt silencieux et il est rare de l’entendre dans la nature. Ces cris d’alarme sont des sons aigus et brefs, émis en série, qui ressemblent à ceux du putois11 et transcrit comme « yek yek yek ». Les cris sont émis lorsque le Vison d’Europe est piégé et contraint de se défendre face à un prédateur.

D’autres sons, comme des gémissements ou de petits cris rauques répétés, sont souvent émis en présence d’un partenaire.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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