Le rougequeue noir.

Le rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) est une espèce de petit passereau partiellement migratrice très répandue, de la famille des Muscicapidés. On l’appelle également rossignol des murailles ou queue rousse.


Le rougequeue noir est un petit passereau au plumage sombre et discret, se trouvant fréquemment dans un environnement humain, mais pas exclusivement. Dans son aire très vaste, allant de l’Europe de l’Ouest à la Chine de l’Est, l’espèce présente 5 sous-espèces qui diffèrent suffisamment pour être facilement distinguées, au moins pour les mâles. Le mâle nuptial de la ssp gibraltariensis de l’ouest de l’Europe, celle qui occupe la France, paraît tout noir de loin. En fait, de près, on voit que les parties supérieures sont d’un gris-anthracite sur lequel se détache nettement sur les ailes une zone blanchâtre constituée par les bordures externes des rémiges  secondaires. C’est l’avant du corps qui est noir, front, lores, parotiques, gorge et poitrine, plus ou moins largement suivant les

Rougequeue, carte maximum, Suisse.

individus. Sur ce fond noir, l’œil très sombre ne ressort pas du tout. Souvent un peu de blanchâtre est visible en arrière du front noir. Le ventre présente un dégradé de gris de l’avant vers l’arrière. Tout l’arrière du corps, croupion et sus-caudales, bas ventre et sous-caudales, est orange vif. La queue est d’un brun-gris sombre au niveau des rectrices centrales tandis que les rectrices externes sont orange, l’ensemble étant typique de la plupart des espèces de rougequeues et bien visible à l’envol. Bec et pattes sont noirs. Le plumage nuptial complet n’est acquis qu’à l’âge de deux ans. Les mâles d’un an sont plus gris, moins noirs et souvent ne présentent pas de zone claire sur l’aile. Ils peuvent ainsi être pris pour des femelles. Malgré cela, ils sont capables de se reproduire. La femelle est d’un gris-souris, nuancé de brun sur les parotiques et avec les ailes plus sombres sans zone pâle. Le dessous est d’un gris-beige parfois nuancé de fauve. La queue est identique à celle du mâle. Les sous-caudales sont orange pâle. Le juvénile ressemble à la femelle, mais il est plus sombre dessus comme dessous. Les premiers temps, les commissures jaunes attestent du jeune âge.

Les sous-espèces se différencient à l’importance de la couleur orange des parties inférieures du mâle. Il y a une variation clinale entre la sous-espèce occidentale gibraltariensis, chez laquelle seuls le bas-ventre et les sous-caudales sont orange, et la ssp la plus orientale rufiventris, chez laquelle la totalité du ventre et le bas de la poitrine sont orange, ce qui est déroutant pour un européen. Même variation pour la couleur du manteau et des couvertures qui passe de gris sombre à l’ouest au noir à l’est. De son côté, la zone pâle de l’aile a tendance à s’atténuer d’ouest en est, pour disparaître chez rufiventris. Le mâle de la ssp asiatique phoenicuroides est troublant, comme son nom le laisse entendre. Dépourvu de zone pâle sur l’aile et montrant une tache pâle en arrière du front noir, il évoque le rougequeue à front blanc mâle, ou encore un mâle hybride ochruros x phoenicurus.

Le mâle a le plumage gris-noirâtre avec la calotte grise et une tache blanche sur l’aile. La poitrine est la partie la plus foncée de son corps. Le rougequeue noir a la queue orange brique, les sous-caudales et le croupion roux. Le bec très pointu, les yeux, les pattes et les doigts sont noirs.

Certains mâles peuvent arborer un plumage de type femelle.

Des plumes blanches, visibles sur l’extérieur des ailes, apparaissent progressivement avec l’âge.

Ils sont très protecteurs envers leur famille.

La femelle est plus terne que le mâle, avec un plumage uniforme gris-brun cendré, seules les plumes sous-caudale de sa queue demeurent rousses allant vers le marron clair. Sa poitrine grisâtre est légèrement striée de foncé.

Le juvénile de 1re année ressemble à la femelle, sauf que son plumage est légèrement plus brun et tacheté, et n’a pas de blanc sous les ailes. Ensuite à partir de son second automne, il ressemble aux adultes. Les adultes ne varient pas beaucoup en croissance, les mâles et femelles font la même taille.

Le chant est une phrase assez courte qui commence par un grincement retenu qui rappelle le bruit d’un papier que l’on froisse et qui se poursuit par la répétition rapide d’une note “tu tu tu tu tu” qui rappelle le rougequeue à front blanc.

Deux cris habituels peuvent être notés, qui traduisent tous les deux une certaine inquiétude des adultes face à un danger. Tout d’abord un “sit” assez incisif et souvent répété, dont la fréquence de répétition traduit le degré d’inquiétude. Le second est un “tec”, lui aussi volontiers répété par séries de 3 ou 4 notes. Ces cris peuvent durer de longues minutes, jusqu’à ce que le danger disparaisse.

Le cri du juvénile est un “tsi kr” sec bisyllabique. C’est un cri de quémande de la nourriture. Il permet aux parents de connaître la position de leurs jeunes pour un nourrissage plus efficace.

Le rougequeue noir peut vivre jusqu’à 8 ans, 10 ans au maximum.

Le rougequeue noir est un oiseau assez peu farouche. On le repère à ses cris et à son chant lorsqu’il est posé en évidence, ne cherchant pas à se cacher. Son chant contribue à l’ambiance sonore des villages ruraux au printemps. En milieu urbain, ce chant sonore arrive à percer le bruit de la ville.

L’oiseau est le plus souvent vu perché sur un support dégagé (piquet, fil, buisson, branche basse d’un arbre) d’où il surveille le sol alentour pour repérer ses proies sur lesquels il fond d’un vol direct. Au sol, il se déplace en sautillant.

En toute occasion, il agite nerveusement la queue verticalement d’un curieux mouvement mécanique. Lorsqu’il est inquiété, il s’envole d’un vol aisé et direct vers un refuge, arbre, bâtiment ou rocher.

Il n’est pas grégaire, mais au moment des passages, de petits groupes, le plus souvent moins de 10 individus, peuvent être observés dans les endroits favorables (petits buissons, arbres de tailles moyennes, haies..). En saison de reproduction, les groupes les plus importants sont les groupes familiaux.

Le rougequeue noir est monogame et territorial. Lorsque l’habitat est optimal, les territoires peuvent être contigus. Les intrus sont pourchassés par les titulaires avec force cris.

Toujours perché en évidence, que ce soit sur un rocher ou le faîte d’un toit, le mâle lance son chant comme un défi envers ses congénères. Il affirme là son territoire qu’il défendra tout au long de la belle saison. Il chante avant même le lever du soleil, puis tout au long du jour en début de reproduction, avant que son rôle de père nourricier ne l’accapare. Après l’envol, ce sont les cris grésillants des jeunes quémandant leur nourriture qui attirent l’attention des adultes comme la nôtre.

Rougequueue, entier postal, Russie.

Le rougequeue noir est avant tout un insectivore qui se nourrit de divers invertébrés terrestres, principalement d’insectes et/ou de leurs larves, mais également d’araignées, de millepattes, de petits mollusques, de petits lombrics, etc.

En bord de mer, il peut consommer de petits crustacés intertidaux. Il se nourrit aussi de petits fruits et de baies dès que l’avancée de la saison lui en offre. Les graines sont marginales dans son régime.

Il lui faut pour chasser des espaces dégagés à sol nu ou peu végétalisé. Il repère ses proies depuis un poste d’affût dominant et les capture au sol le plus souvent. Il peut aussi les rechercher en voletant d’un caillou ou d’une motte à l’autre. Il sait aussi capturer au vol des insectes posés sur une paroi rocheuse ou un mur, moins fréquemment des insectes volants. Les petits fruits sont cueillis en place et non ramassés au sol.

Le rougequeue noir a un vol aisé et direct, à battements réguliers typiques de la famille des Muscicapidés. C’est en milieu montagnard qu’il exprime le mieux ses capacités quand d’un coup d’aile, il gagne le haut d’une falaise. Il sait pratiquer le vol sur place, par exemple quand il s’agit de saisir un insecte sur une paroi rocheuse ou un mur.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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