Le rossolis (drosera).

Les droséras (du grec ancien, droseros, couvert de rosée,  drosos signifiant la rosée), ou rossolis (du latin ros solis, la rosée du soleil) sont de petites plantes insectivores de la famille des Droséracées, appartenant au genre Drosera.

En 2008, pas moins de 188 espèces de droséras étaient dénombrées, localisées principalement dans l’hémisphère Sud. La moitié de ces espèces se trouvent dans le sud-ouest de l’Australie.

Il existe en Europe trois espèces de droséras (Drosera rotundifolia, Drosera anglica, Drosera intermedia) ; toutes présentent une rosette de feuilles colorées. Elles sont le plus souvent peu visibles, sur fond de sphaignes rougeâtres ou d’éricacées. L’espèce la plus répandue est Drosera rotundifolia, que l’on retrouve en Europe, Asie et Amérique du Nord6. Ses feuilles, au limbe arrondi, sont appliquées contre le sol. Les deux autres espèces ont les feuilles allongées et plus ou moins dressées.

Toutes les espèces vivent sur des sols humides, pauvres et acides, généralement dans des marais, landes humides ou tourbières acides de l’hémisphère Nord, souvent en colonies de nombreux individus, faiblement enracinées au milieu des sphaignes.

Rossolis, carte maximum, Nantes, 12/09/1992.

En France, où elles sont protégées, on en trouve notamment dans les parcs naturels régionaux Livradois-Forez, des Vosges du Nord, des Ballons des Vosges, des Boucles de la Seine normande, dans les tourbières du plateau de l’Aubrac et d’Armorique. En Belgique, on en trouve surtout dans la région des Hautes Fagnes (région wallonne), où elles sont strictement protégées.

Les feuilles de droséra sont recouvertes de poils de taille comprise entre quelques millimètres et un centimètre. Au bout de chacun de ces poils se trouve la zone endodermoïde, pied d’un amas — qui peut être, en fonction de l’espèce, transparent, vert ou rouge — de cellules sécrétant le mucilage (le parenchyme glandulaire).

Plus précisément, le pédicelle de chaque tentacule comprend une ou deux files de vaisseaux spiralés entourés de quelques assises de cellules parenchymateuses. Les vaisseaux aboutissent, dans la partie renflée du tentacule, à un massif d’éléments vasculaires également spiralés mais beaucoup plus courts, massif recouvert de cellules sécrétrices. Ces cellules élaborent des mucilages et des enzymes protéolytiques. Les sécrétions des tentacules des droséras sont acides, favorisant l’action des enzymes protéolytiques. Une protéase à action peptonisante a été extraite des sécrétions. La sécrétion s’effectue à travers des cellules parenchymateuses des pédicelles tentaculaires qui comprennent, à l’état de repos, une grande vacuole contenant en solution un pigment anthocyanique rouge vif colorant ces tentacules.

Les droséras sont dotés d’un piège semi-actif. En effet, celui-ci possède une action mécanique mais secondaire et de faible amplitude.

Pour attirer les insectes vers le piège, les droséras utilisent en priorité le sens de la vue des insectes : au soleil, le mucilage permet à la feuille de briller comme si elle était recouverte de rosée ou de nectar. Ses sécrétions sont de plus en plus abondantes avec la durée du jeûne.

Des études récentes réalisées en Nouvelle-Zélande ont toutefois montré que chez les espèces à longue hampe florale, les feuilles sont uniquement des pièges passifs. Par contre, les espèces à pédoncule court émettent des composés chimiques qui attirent les insectes pollinisateurs sur les fleurs, et les proies sur les feuilles.

La stratégie de capture de la proie est comparable à celle des papiers tue-mouche. La proie, venant se poser sur une des feuilles, y est retenue par la matière visqueuse des tentacules. Puis sa propre activité la met de plus en plus en contact avec la glu des poils. Son agitation pour se dégager stimule l’activité des cellules sécrétrices. Ensuite, les tentacules et le limbe de la feuille se mettent en mouvement très lentement. Le déplacement des poils — dû au pliement de chaque pied — est extrêmement lent, contrairement à celui des « mâchoires » de la dionée ; il ne participe pas à la capture de la proie. Il accélère en revanche le processus digestif. Le droséra se met alors à sécréter des composés cyanogènes pour accélérer la mort de l’insecte.

Lors d’une capture, la feuille se referme lentement sur la proie afin de la digérer.
Une à plusieurs heures sont nécessaires au repli complet de la feuille. La proie, engluée, meurt d’asphyxie. Elle est ensuite amenée jusqu’au centre de la feuille, là où se trouvent les glandes digestives. Dans le cas le plus fréquent de la prise d’un insecte, il ne subsiste plus après un ou deux jours, au milieu de la feuille, que le squelette chitineux de l’animal. En une à deux semaines, la feuille a repris sa forme initiale.

Les mouvements des feuilles du droséra sont en fait la somme de tropisme et de nastie. Pendant la digestion, les grandes vacuoles riches en pigment anthocyanique sont fragmentées par le cytoplasme. Celui-ci, s’imbibant aux dépens des colloïdes vacuolaires, se gonfle et produit de nombreux pseudopodes internes qui pénètrent dans la vacuole, s’y anastomosent, puis finissent par diviser cette dernière en un grand nombre de petits éléments denses, globuleux ou filamenteux. La teinte de la vacuole vire au gris violacé. On interprète ces faits comme traduisant le passage, à travers ces cellules, des produits de la digestion protéolytique. Si on a noté la présence (exceptionnelle) de bactéries commensales qui participent à la digestion, une digestion normale est également constatée dans le liquide stérile extrait des tentacules. Les droséras peuvent donc digérer leurs proies grâce à leurs seules sécrétions, sans bactéries symbiotiques comme cela a longtemps été pensé.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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