Le renard.

Le renard est un terme ambigu qui désigne le plus souvent en français les canidés du genre Vulpes, le plus commun étant le Renard roux (Vulpes vulpes). Toutefois, par similitude physique, le terme est aussi employé pour désigner des canidés appartenant à d’autres genres, comme les genres Atelocynus, Cerdocyon, Dusicyon, Otocyon, Lycalopex et Urocyon.

Le substantif masculin renard est une antonomase lexicalisée, résultat de l’emploi, comme nom commun, de Renart, nom propre du héros éponyme du Roman de Renart.

Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, le renard est encore fréquemment appelé un goupil. Le terme actuel de renard, pour désigner l’animal, n’est autre que le prénom Renart donné au goupil héros du Roman de Renart. Au centre de ce recueil d’histoires imaginaires, Renart le goupil est très rusé et les tours qu’il joue aux autres animaux et aux humains ont rendu le personnage très célèbre (on disait : « malin comme Renart »). De ce fait, son prénom s’est substitué à goupil par éponymie.

Renard, carte maximum, Belgique, 18/04/1998.

Renard a été orthigraphié Renart jusqu’au milieu du XVIe siècle. Le nom propre est tiré d’un anthroponyme francique *Raǥinhard, composé des éléments *raǥin (« conseil ») (cf. Raimbaud, Rainfroy), et *hard (« dur », « fort ») (cf. le suffixe français -ard). Il a pour équivalents les prénoms moyen néerlandais Reynaerd et vieux haut allemand Reginhart (allemand Reinhart).

Quant au terme goupil, il est attesté sous les formes gulpil en 1155, volpil en 1180, golpilz en 1120, gupil en 1121-1134. Il procède du gallo-roman *WULPĪCULU, variante du latin populaire *vŭlpīculus ou du bas latin vulpiculus8, dont sont directement issus l’occitan volpìlh et l’ancien italien volpiglio. La forme masculine vulpiculus est une altération du latin classique vulpēcula « petit renard » (qui a donné l’espagnol vulpeja), diminutif de vulpēs « renard » en latin classique, d’où l’italien moderne volpe. Le passage de [v] à [w] en gallo-roman s’explique par l’influence phonétique du francique (peut-être inspirée dans ce cas par le vieux bas francique *wulf « loup »), ensuite [w] se durcit régulièrement en [gʷ], puis se délabialise en [g] en français central et à l’ouest, mais pas dans les dialectes d’oïl septentrionaux (ex. : bas-lorrain, champenois, picard, ancien normand septentrional woupil).

Le latin vulpēs est issu de l’indo-européen commun *(H)ulp-i-, qui est continué par l’avestique urupi « martre » et le lituanien vilpišỹs « chat sauvage », ainsi que par des formes dérivées comme le persan rubâh (روباه) « renard » et le sanskrit lopāśá « chacal ».

Les caractéristiques générales des renards sont celles des Canidés, avec des nuances pour chaque espèce, de même que l’habitat ou les données biologiques et comportementales peuvent varier selon l’espèce et même la sous-espèce : voir les articles détaillés pour plus d’informations sur leur physiologie ou comportement respectifs.

Pour le renard le plus répandu en Eurasie, en Amérique du Nord, en Afrique du Nord et en Australie, voir Renard roux (Vulpes vulpes).

Les renards sont vecteurs de l’échinococcose alvéolaire, maladie qui peut se révéler mortelle chez l’homme. Cette pathologie se découvre plusieurs années après l’avoir contractée : certaines personnes sont mortes car on croyait à un cancer du foie. Ces maladies sont transmises par la salive ou les excréments des carnivores porteurs ou par ingestion d’aliments souillés par eux. Néanmoins, un cycle se forme entre rongeurs et renards. Le ver se trouvant dans les excréments du renard et les rongeurs le mangeant, puis le renard mangeant les rongeurs, il y a un cycle naturel. Seuls une vingtaine à une soixantaine de cas sont déplorés chaque année en France. De plus, les chiens et chats non vermifugés peuvent la transmettre. Pour éviter de l’attraper, il faut avoir de l’hygiène dès que l’on est dans la nature ou avec des animaux.

La rage est une maladie que le renard transmettait autrefois, mais il ne la transmet plus depuis 2001, voire les années 1990 dans certains pays.

Les renards ont un rôle important dans la régulation des rongeurs en campagne, tels que les campagnols, les mulots, les souris, ou encore les rats. Ils en consomment des milliers chaque année, ce qui en fait des auxiliaire de cultures efficaces pour les agriculteurs, permettant de limiter les dégâts que font ces rongeurs aux récoltes.

Ils ont également un rôle important dans la lutte contre la maladie de Lyme en consommant les rongeurs sur lesquels vivent les tiques pouvant transmettre cette maladie, tels les campagnols et les rats taupiers. Leur présence permet également de limiter le nombre de rongeurs contaminés en réduisant leurs déplacements.

En raison de l’élimination récente et généralisée par l’Homme des grands canidés et des grands félins, les prédateurs du haut de la pyramide alimentaire dans de nombreux écosystèmes terrestres sont maintenant des carnivores de taille moyenne (tels que les lynx ou coyotes en Amérique du Nord). Or, bien qu’étant un prédateur relativement généraliste, le coyote élimine volontiers ses concurrents prédateurs, et notamment le renard. Il est démontré que l’activité prédatrice du coyote favorise l’abondance des oiseaux chanteurs et même l’abondance de certains rongeurs ainsi que la diversité biologique. Ceci s’explique par le fait qu’ils réduisent les populations de chiens et de chat domestiques ainsi que de renards (ce qui montre au passage l’importance du renard en matière de lutte contre les rongeurs).

Renard, entier postal Russie.

La réintroduction ou le confortement de populations de loup gris dans de nombreuses régions d’Amérique du Nord va à nouveau modifier la chaîne d’interactions prédateurs-proies ; une étude basée sur une série chronologique de 30 ans de suivi du loup, du coyote, du renard et de leur abondance relative dans l’état du Minnesota (États-Unis) montre en effet que le retour des loups réduit également (ou supprime parfois) à son tour des populations de coyotes, ce qui redonne au renard sa position de mésoprédateur, et qui pourrait lui permettre d’à nouveau et mieux réduire les pullulations de petits rongeurs.

Renard, carte maximum, Liechenstein, 1990.

Ainsi, une prédation plus marquée par les petits prédateurs (renards et mustélidés), et moins marquée par les coyotes (prédateurs de moyenne envergure) grâce à leur contrôle par quelques « grands » prédateurs (loup, cougar, lynx) pourrait être plus semblable au potentiel écologique et à l’écosystème historique qui était en place avant la disparition ou régression du loup du « sommet de la pyramide »cette situation n’est néanmoins pas

comparable à la situation pré-historique où les grands prédateurs étaient non seulement plus nombreux mais aussi beaucoup plus grands et plus puissants que le loup (Lion d’Amérique, Tigre à dents de sabre, Ours à face courte…), même après trois ères glaciaires et au début de l’actuel inter-glaciaire. La « déstructuration » ou la « restructuration » des communautés de prédateurs en raison de la perte ou de la restauration des populations de moyens et/ou grands prédateurs est susceptible de modifier le spectre de taille des proies consommées massivement, avec des implications importantes, directes et indirectes, pour la biodiversité et la santé humaine.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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