Le râle.

Le Râle (Rallus aquaticus) est une espèce d’oiseaux de la famille des rallidés. L’adulte mesure de 23 à 28 cm de long et a, un corps aplati latéralement lui permettant de se frayer plus facilement un chemin dans les roselières, son habitat préférentiel. Ses parties supérieures sont brunes et ses parties inférieures gris-bleu. Il a des rayures noires sur les flancs, de longs orteils, une courte queue et un long bec rougeâtre. Les jeunes sont similaires aux adultes, mais la partie gris-bleu du plumage de l’adulte est chamoisée chez les jeunes. Les nouveau-nés sont couverts d’un duvet noir, comme chez tous les autres râles.

Le Râle d’eau est omnivore, mais se nourrit principalement de petits animaux. Il se reproduit dans les roselières et autres zones marécageuses disposant d’une végétation haute et dense. Il y construit son nid, juste au-dessus du niveau de l’eau, avec diverses plantes collectées à proximité. Les œufs, de couleur écrue, sont principalement couvés par la femelle et éclosent après 19 à 22 jours d’incubation. La femelle défend ses œufs en chassant les intrus ou même parfois en déplaçant le nid. Mâles et femelles sont des oiseaux territoriaux, qui peuvent se montrer agressifs tout au long de l’année. Les jeunes oiseaux sont matures à un an, et les femelles peuvent dès lors pondre deux fois par saison.

Râle, carte maximum, Cocos, 1992.

L’espèce vit dans les zones humides d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord. C’est un oiseau migrateur dans le nord et l’est de son aire de répartition, mais on le rencontre toute l’année dans les zones à climat plus tempéré. Le Râle d’eau compte trois sous-espèces reconnues, dont une est aujourd’hui éteinte. Le Râle à joues brunes a longtemps été considéré comme une sous-espèce du Râle d’eau, mais a désormais le statut d’espèce à part entière. Le Râle d’eau est victime des inondations et du gel, de la perte de son habitat et de la prédation des mammifères et des grands oiseaux. Le Vison d’Amérique, introduit en Europe, l’a exterminé sur certaines îles, mais l’espèce a une aire de répartition suffisamment vaste et une population assez nombreuse pour ne pas être considérée en danger.


L’adulte est un oiseau de taille moyenne, mesurant de 23 à 28 cm de long2 pour une envergure de 38 à 45 cm. Les mâles pèsent généralement entre 88 et 190 g et les femelles, plus légères, entre 74 et 138 g.

Les parties supérieures de la tête à la queue sont brun-olive avec des raies noires, notamment sur les épaules. Les côtés de la tête et les parties inférieures en dessous de la poitrine sont gris ardoise, à l’exception d’une marque noire entre le bec et l’œil. La poitrine est brunâtre, les flancs sont barrés de blanc et de noir et le dessous de la queue est blanc avec quelques raies noires. Le long bec et l’iris sont rouges, et les pattes sont rosées. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel très marqué : la femelle est légèrement plus petite et a un bec plus effilé, mais il est impossible de déterminer le sexe avec exactitude par de simples mesures7. Les mâles adultes ont des raies noires particulièrement bien marquées sous la queue. Les individus adultes mâles et femelles sont facilement identifiables grâce à ces marques, qui sont uniques et caractéristiques de chaque individu. Certains ornithologues pensent que ces rayures noires sous la queue sont un compromis entre le blanc uni adopté par certains oiseaux grégaires vivant dans l’eau pour se signaler à leurs congénères, comme la poule d’eau, et la nécessité de ne pas se faire remarquer trop facilement. Les jeunes ont une couronne noirâtre et leur gorge et leur menton sont blancs. Les parties inférieures sont chamoisées ou blanches avec des raies plus sombres, et les flancs sont marqués de brun et de chamoisé. Le dessous de la queue est chamoisé, et l’œil, le bec et les pattes sont d’une couleur plus terne que chez l’adulte. Les oisillons duveteux sont entièrement noirs, à l’exception de leur bec principalement blanc6. Après la reproduction, le râle mue, et ne peut donc plus voler durant environ trois semaines.

Le Râle d’eau peut facilement se distinguer des autres râles qui vivent dans les roselières grâce à ses rayures blanches et noires sous la queue et son bec rouge, qui est légèrement plus long que le reste de la tête de l’oiseau, et légèrement incurvé vers le bas. Le Râle à joues brunes (Rallus indicus), qui vit de la Sibérie au Japon et était autrefois considéré comme conspécifique du Râle d’eau, est légèrement plus petit et diffère également par ses parties supérieures plus claires, ses parties inférieures teintées de brun et le trait brun passant sur l’œil. Le Râle strié (Gallirallus striatus), qui lui ressemble beaucoup, a un bec plus robuste, une couronne couleur noix et des points blancs sur ses parties supérieures. Les Râles d’eau jeunes et les adultes ayant juste mué présentent une teinte chamoisée sous la queue, comme la Marouette ponctuée (Porzana porzana), espèce plus petite, mais le plumage de cette dernière espèce est marqué de points blancs, et la marouette a un bec plus court et jaunâtre. D’une manière générale, le Râle d’eau se distingue des marouettes par son long bec rouge. La Marouette poussin (P. parva) et la Marouette de Baillon (P. pusilla) sont nettement plus petites et ont des sous-caudales plus foncées. L’aire de répartition du Râle d’eau ne chevauche pas celle des autres râles du genre Rallus, et les individus erratiques qui s’aventurent de l’autre côté de l’Atlantique peuvent se distinguer de leurs homologues américains par l’absence de coloration rousse ou noix sur les ailes. Le Râle bleuâtre (Rallus caerulescens), plus grand, a quant à lui des parties supérieures non rayées et des pattes d’un rouge plus vif.

Ce râle est une espèce discrète qui reste dissimulée dans la végétation le plus clair de son temps, rendant difficile son observation dans son habitat de prédilection. Il a un corps aplati latéralement qui lui permet de se faufiler dans une végétation dense, et il ne bouge plus lorsqu’il est surpris hors de son abri herbacé. Il marche en levant haut les pattes, mais se tapit dès qu’il cherche à s’abriter. Il nage quand cela est nécessaire, avec les mouvements saccadés typiques des râles, et vole sur de courtes distances, pas très haut au-dessus des roseaux et en laissant pendre ses pattes. Bien que son vol paraisse peu efficace, l’oiseau peut parcourir de longues distances au cours de ses migrations nocturnes, durant desquelles il est parfois victime de collisions avec des lampadaires ou des lignes électriques. Des oiseaux bagués en Angleterre ont ainsi été retrouvés jusqu’en Pologne, en République tchèque et en Suède.

Cette espèce est territoriale et défend l’espace qu’elle occupe pendant la période de reproduction, mais également durant l’hiver. Les oiseaux peuvent se battre, notamment en période de reproduction, chargeant l’intrus avec le cou dressé. Les deux membres d’un couple peuvent parfois attaquer en même temps pour protéger leur nid. Durant l’hiver, les plus gros mâles dominent, mais les agressions sont moins courantes et les animaux cherchent plutôt à intimider l’intrus, en se tenant bien dressés, en secouant la tête et en menaçant avec leur bec.

Le Râle est omnivore, mais préfère les proies animales. Celles-ci incluent des sangsues, des vers de terre, des gastéropodes, de petits crustacés, des araignées, et une grande variété d’insectes terrestres et aquatiques et leurs larves2. De petits vertébrés comme des amphibiens, des poissons, des oiseaux ou des mammifères peuvent être consommés occasionnellement. Les vertébrés sont empalés avec le bec de l’animal qui brise ainsi la colonne vertébrale de sa proie. Il peut se nourrir également de cadavres d’autres oiseaux. Le râle consomme des végétaux en automne et en hiver principalement, et son régime inclut des bourgeons, des graines, des fleurs, des pousses de plantes aquatiques, des baies et des fruits. Les jeunes râles sont principalement nourris d’insectes et d’araignées.

Le Râle d’eau trouve sa nourriture au sol ou dans la boue, et il la rince alors dans l’eau avant de la consommer. Après une pluie, il lui arrive de sonder le sol à la recherche de vers de terre. Il peut plonger la tête dans l’eau jusqu’au dos pour attraper sa proie. Il se nourrit dans des milieux plus ouverts quand le froid l’y oblige, et Edmund Meade-Waldo a décrit une fois sept râles se nourrissant dans un pré. En dépit de sa nature discrète, ce râle peut facilement être élevé en captivité, où il est nourri de viande et de vers de terre. Un individu a même été dressé à sauter pour attraper des vers suspendus à une canne à pêche.

Râle, carte maximum, Belgique, 2006.

Le Râle d’eau suit des trajets bien définis lorsqu’il est en quête de nourriture, et revient fréquemment dans les meilleurs coins de chasse. Opportuniste, il est capable de sauter pour attraper des insectes sur les plantes, de grimper pour trouver des baies ou de déloger des pommes qu’il pourra manger au sol. Il tue de petits oiseaux en les empalant ou en les noyant, notamment si ces derniers ont une capacité à fuir limitée. Ainsi on l’a déjà observé tuant un Verdier d’Europe (Chloris chloris) et une Caille peinte (Excalfactoria chinensis) dans un parc ornithologique, ainsi que des petits oiseaux piégés dans des filets. Il s’attaque aussi aux nids d’autres espèces nichant dans les roseaux comme la Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus). Le Râle d’eau peut défendre son territoire de chasse l’hiver, bien qu’il soit plus restreint qu’en période de reproduction, avec des animaux situés à moins de 10 m les uns des autres, ce qui permet à certains sites d’accueillir des centaines d’oiseaux. Son comportement agressif en dehors de la période de reproduction peut le conduire à attaquer d’autres rallidés comme la Marouette ponctuée (Porzana porzana) ou la Marouette de Baillon.

Le Râle est monogame et très territorial durant la reproduction. Les couples se forment dès l’arrivée des animaux sur le site de nidification, ou peut-être même avant la migration de printemps. Dans de grands marécages avec de bonnes conditions de vie, les oiseaux peuvent nicher entre 20 et 50 m les uns des autres. Les territoires sont de taille variable, mais ils font souvent autour de 300 m2. Le couple fait sa parade nuptiale et émet des cris durant toute la saison de reproduction. Le mâle choisit l’emplacement du nid, qu’il montre à la femelle en se tenant à cet endroit avec les plumes du dos dressées, la queue déployée et le bec pointé verticalement vers le bas. Cette posture est accompagnée d’un puissant cri. Avant de s’accoupler, il déploie ses ailes et sa queue, et touche sa poitrine avec son bec. Le mâle nourrit la femelle durant la parade nuptiale, et durant la période d’incubation : elle quitte alors momentanément le nid pour aller s’exposer devant lui, l’appelant doucement, marchant autour de lui, frottant son bec contre lui et faisant de petites courses dans sa direction.

Le nid est construit à partir de la végétation dont l’oiseau dispose à proximité, et il est bâti principalement par le mâle, généralement en un seul jour. Il est construit à au moins 15 cm au-dessus du niveau de l’eau, et peut parfois être bâti sur un amas de racines, une souche ou un support du même type. Il peut être construit plus haut si les eaux commencent à monter. Le nid fait 13 à 16 cm de diamètre environ et 7 cm de haut. Il est bien caché et le râle s’en approche précautionneusement via d’étroites pistes.

Une ponte comprend généralement entre 6 et 11 œufs, mais est plus réduite au Cachemire, à 1 500 m d’altitude, avec seulement 5 à 8 œufs. Les dates de pontes varient suivant les régions, de fin mars dans l’Ouest de l’Europe et en Afrique du Nord à fin mai dans le Cachemire et juin en Islande. La taille de la ponte est en moyenne légèrement plus petite en tout début de saison de reproduction, ou en fin de celle-ci. La saison de reproduction peut être allongée par le remplacement d’une ponte perdue ou par une seconde ponte. Les œufs sont lisses, légèrement brillants et de forme ovale. Leur couleur varie du blanc au rosé, avec des taches brun-rougeâtre principalement situées dans la partie la plus large. Les petites taches peuvent parfois en former une seule grosse. La taille des œufs varie suivant les sous-espèces. Chez la sous-espèce type, leur taille moyenne est de 36 mm de long pour 26 mm de large. Ils pèsent environ 13 g, dont 7 % sont constitués par la coquille.

Les deux parents couvent alternativement les œufs, bien que la femelle y consacre plus de temps que le mâle. Les œufs éclosent après 19 à 22 jours d’incubation, avec une réussite d’au moins 87 %, et les jeunes quittent le nid 20 à 30 jours plus tard. Tandis qu’un des deux parents couve, le second part chercher de la nourriture et ravitaille son compagnon, puis les oisillons. Ceux-ci sont capables de rechercher leur nourriture par eux-mêmes après seulement 5 jours. Après avoir quitté le nid, les jeunes se débrouillent par eux-mêmes. Ils doivent attendre l’âge de 7 à 9 semaines pour être capables de voler. Si un nid a été découvert par un prédateur, la femelle peut déplacer les oisillons ou les œufs à un autre endroit. Les œufs sont alors transportés dans son bec, et les jeunes oisillons peuvent être transportés sous les ailes de l’adulte. Les oiseaux en train de couver restent sur le nid sans bouger même s’ils sont approchés de près, ou attaquent l’intrus, voire feignent d’être blessés pour le distraire. Le Râle d’eau peut se reproduire dès l’âge d’un an, et élève généralement par la suite deux nichées par saison.

En moyenne, un Râle ayant quitté le nid vit 17 à 20 mois, avec un pourcentage de survie qui ne dépasse pas 50 % durant ses trois premières années de vie, et parfois supérieur par la suite. L’âge maximum jamais enregistré pour cet oiseau est de 8 ans et 10 mois.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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