Le raisin.

Le raisin est le fruit de la vigne (Vitis). Le raisin de la vigne cultivée Vitis vinifera est un des fruits les plus cultivés au monde, avec 68 millions de tonnes produites en 2010, derrière les agrumes (124 millions),les bananes (102 millions) et les pommes (70 millions). Il se présente sous la forme de grappes composées de nombreux grains, qui sont sur le plan botanique des baies, de petite taille et de couleur claire, pour le raisin blanc (verdâtre, jaunâtre, jaune doré) ou plus foncée, pour le raisin rouge (mauve, rose ou noir-violet).

Il sert surtout à la fabrication du vin à partir de son jus fermenté (on parle dans ce cas de raisin de cuve), mais il se consomme également comme fruit, soit frais, le raisin de table, soit sec, le raisin sec qui est utilisé surtout en pâtisserie ou en cuisine. On consomme également du jus de raisin. Des baies, on extrait aussi l’huile de pépins de raisin.

Les principales espèces cultivées sont :

  • Vitis vinifera, originaire d’Europe du sud-est et du Proche-Orient et Caucase, à partir de laquelle découlent tous les grands cépages pour le vin et le raisin de table.
  • Vitis labrusca, originaire de l’Amérique du Nord, est utilisé essentiellement comme raisin de table et un petit peu pour le vin. Lors de l’attaque des vignes européennes par le Phylloxéra, les cépages européens ont pu être sauvés en les greffant sur des souches de Vitis labrusca.

Très accessoirement, Vitis coignetiae est cultivée en Corée pour ses raisins de table et pour fabriquer du vin. En Chine, Vitis amurensis est cultivée dans le Nord-Est (4 000 ha dans le Jilin) pour la production de vin.

En été on trouve quatre raisins précoces à petits grains qui ont pour nom : Madeleine-Angevine-Oberlin et Jaoumet. En moyenne saison, à l’automne, apparaît le Chasselas à petits grains ronds, peau fine et dorée, chair tendre, juteuse et sucrée. Puis, l’Admirable de Courtiller, un raisin à petits grains, peau fine et chair juteuse et le Servant à petits grains. Ensuite, viennent des variétés à gros grains allongés, le Dattier de Beyrouth à peau épaisse vert jaune et pulpe charnue, l’Italia ou Idéal blanc à peau moyenne et pulpe musquée, le Muscat d’Alexandrie dont la peau épaisse est de couleur ambrée et la chair croquante. Et deux nouvelles variétés que l’on ne trouve pas toujours sur le marché: le Danlas blanc et le Datal blanc, un croisement entre le Dattier de Beyrouth et le Muscat d’Alexandrie. Les raisins tardifs dont le meilleur est le Gros Vert à peau fine, chair juteuse, sucrée, ferme et croquante terminent la saison. Le plus renommé de ces raisins blancs est le Chasselas doré, le seul en outre, à posséder une appellation d’origine – Chasselas de Moissac -.

On trouve de au début de l’automne le Cardinal (qui doit son nom à sa peau violacée) à gros grains ronds, chair ferme et juteuse, et une nouvelle variété, le Lival à grains moyens ovales, peau moyenne, pulpe ferme, un robuste raisin qui voyage bien. En moyenne saison, arrive sur le marché le benjamin des raisins français, un 100 % méditerranéen, l’Alphonse Lavallée à grains ronds, peau épaisse, pulpe ferme, c’est déjà une vedette. Parmi les tardifs, citons-le Ribol noir et, le plus savoureux, le Muscat de Hambourg qui représente à lui seul 7 % de la production totale du raisin de table en France. Son grain est allongé, sa peau fine, sa pulpe juteuse et très parfumée.

Raisin, carte maximum, Algérie, 1958.

Sa forte teneur en sucre peut entraîner une cristallisation du sucre avec le temps. Pour décristalliser un raisin, il suffit de le plonger dans un liquide (de l’alcool, du jus de fruit ou de l’eau bouillante), le temps que le sucre se dissolve.

Riche en vitamines A, B et C, le raisin contient de nombreux oligo-éléments dans un équilibre parfaitement assimilable par l’organisme. Chaque grain de raisin est recouvert de pruine riche en levures.

C’est un fruit assez énergétique avec 278 kJ (=65,6 kcal) pour 100 g.

Les seuls tanins du raisin sont des tanins condensés (ou proanthocyanidols) alors que dans le vin on trouve à la fois des ellagitanins (plus ou moins hydrolisables) et des tanins condensés. La raison en est que les ellagitanins ne sont pas les tanins naturels du raisin ; ils proviennent soit du bois de chêne des tonneaux soit de tanins commerciaux additionnés aux vins.

Mais il y a aussi des raisins bleus qui se trouvent en France, en Lorraine.

Les tanins condensés du raisin et du vin sont des oligomères et polymères de flavan-3-ols, à savoir de la (+)-catéchine, de l’ (-)-épicatéchine et les (épi)gallocatéchines. Le chauffage en milieu acide de ces complexes libère des carbocations fortement instables qui se transforment en cyanidine (ou cyanidol) rouge, d’où le nom de procyanidine (ou procyanidol) donné à ces constituants. Ceux qui libèrent des delphinidols sont appelés prodelphinidols. Compte tenu des difficultés d’analyse de ces molécules, seuls les proanthocyanidols dimériques et une partie des trimériques sont connus précisément.

Les tanins du raisin sont situés dans les pépins, dans les pellicules et les rafles. Ils évoluent de manière opposée au cours de la maturation du raisin : dans les pépins, la concentration en tanin diminue en général de la véraison à la maturité alors qu’elle augmente dans les pellicules. Dans les rafles, elle varie peu au cours de la maturation.

Les pépins ne contiennent que des procyanidols (surtout les dimères B1, B2, B4) alors que la pellicule contient des prodelphinidols et procyanidols.

Dans une analyse du profil tannique de 5 cépages noirs différents, Cosme et al.8 (2009) ont observé que le degré moyen de polymérisation des tanins de pellicules était très supérieur à celui des pépins. De tous les cépages analysés, les pépins de cabernet-sauvignon et de syrah contiennent les teneurs les plus élevées en proanthocyanidols.

Les tanins condensés de haut degré de polymérisation sont très prépondérants (les polymères représentent 81 % du total des tanins dans les pépins et 96 % du total dans la pellicule, 90 % dans le vin 2004). D’une récolte à celle de l’année suivante, la concentration en tanins condensés peut varier considérablement puisqu’elle est 2,6 fois supérieure en 2005 par rapport à 2004 (avec les mêmes techniques de vinification). Lors du vieillissement les tanins condensés diminuent très rapidement ; en six mois, les tanins condensés de la récolte 2004, ont diminué de 60 %.

Lors de la vinification, les tanins des pellicules sont extraits (avec les anthocyanosides) au début de la macération, ceux des pépins commencent vers le milieu de la fermentation alcoolique car la cuticule des pépins doit être dissoute par l’éthanol pour que l’extraction se fasse.

En ce qui concerne le raisin blanc9, les principaux flavanols (monomères) de la pellicule sont la catéchine et l’épicatéchine avec des concentrations du même ordre de grandeur que chez le raisin noirN 3. Les pépins contiennent presque exclusivement des flavanols et leurs formes polymérisées (les tanins condensés). Et fait surprenant, leur concentration est plus importante chez le raisin blanc que chez le noir (mono + dimères : 1 270 mg/kg de baies fraîches chez le chardonnay blanc et 720 mg/kg chez le cabernet-sauvignon noir). Mais cela n’a pas d’importance pour le vin blanc puisque la vinification de celui-ci se fait en dehors de tout contact avec les pépins, la peau et les rafles.

Des années 1990 à 2003, le peloton de tête des producteurs était constitué par l’Italie, la France, l’Espagne et les États-Unis. La production de raisins de la Chine, partie de très bas du temps de Mao, a très rapidement cru à partir des années 1990 pour atteindre la quatrième position en 2004 et la deuxième en 2008.

Le vin ne fait pas partie de la culture traditionnelle chinoise. Le raisin de table représentait 80 % de la production (en 1998), le reste se partageant entre la production de vin et de raisins secs13. La principale région productrice était la région ouïghoure de l’ouest, le Xinjiang. En 30 ans, la production a été multipliée par 20 (statistique de la FAO), les zones de production se sont déplacées vers l’est (Shandong) et la part du raisin de cuve est montée jusqu’à presque 20 %.

Au niveau mondial, environ 80 % de la production des raisins sert à la production de vins et 13 % sont des raisins de table.

Les études épidémiologiques portant sur les effets bénéfiques des composés actifs du raisin ne peuvent être faites directement car le raisin frais se conserve mal et n’est habituellement pas consommé régulièrement.

Dans la baie de raisin, l’essentiel des polyphénols (94 %) se concentre dans la pellicule et les pépins. Lors de la vinification en rouge, le maintien en contact du moût avec les peaux et les pépins (la macération) permet d’extraire “le meilleur du raisin”. L’élaboration de vins blancs ou de jus de raisin se faisant sans cette opération d’extraction, on ne peut espérer retrouver chez eux tous les potentiels phénoliques du raisin.

Une célèbre étude de Renaud et de Lorgeril16 (1992) a mis en évidence qu’une consommation élevée de graisses saturées à Toulouse était associée d’une manière anormale à un faible taux de mortalité par maladie coronarienne. Les auteurs proposaient d’expliquer ce “French paradox” par l’habitude française de boire régulièrement du vin. Les nombreuses études suscitées par cette hypothèse surprenante ont montré que l’effet bénéfique venait de la présence dans le vin non pas d’alcool mais de polyphénols.

Plusieurs mécanismes ont été proposés pour expliquer l’effet protecteur des polyphénols du raisin contre les maladies cardiovasculaires :

  • une activité antioxydante,
  • la réduction de l’oxydation du LDL car on sait que l’oxydation des lipoprotéines LDL-c (le mauvais cholestérol), est un pas important dans le développement de l’athérosclérose. Une étude d’intervention auprès de 31 personnes, auxquelles on a fait prendre un extrait de vin rouge sans alcool pendant deux semaines, a montré une inhibition de l’oxydation du LDL ex vivo. Il a pu être montré aussi l’efficacité des extraits de raisins sur les lésions athéromateuses des souris. Les souris ayant pris le supplément en polyphénols de raisins pendant 10 semaines, ont vu une régression de 41 % de l’aire de leur lésion athéromateuse (comparée aux souris contrôle ou placebo). Une étude randomisée en double aveugle auprès de 40 patients souffrant d’hypercholestérolémie a montré que la réduction du niveau de LDL-c et du cholestérol n’était obtenue chez les patients consommant des proanthocyanidols des pépins de raisins, que si ceux-ci étaient accompagnés de la prise de chrome lié à la niacine.
  • l’inhibition de l’agrégation des plaquettes. Lorsque l’agrégation plaquettaire se produit au niveau d’une plaque d’athérome, elle peut provoquer un caillot sanguin (thrombus) susceptible d’aller obstruer les vaisseaux du cerveau. Une étude portant sur 10 personnes auxquelles on a fait boire divers jus de fruits pendant une semaine, a montré que le jus de raisins rouges inhibait de manière significative l’agrégation des plaquettes à la différence du jus de pamplemousse ou d’orange. Ce jus de raisin contenait beaucoup plus de composés phénoliques que les autres jus.
  • la modulation de la cascade inflammatoire,
  • l’amélioration de la fonction endothéliale

Le raisin est depuis longtemps réputé bon pour la santé, grâce à son contenu en vitamines (dont les vitamine B1, B2, B6 et PP), en acides organiques (acide malique, acide tartrique que l’organisme métabolise facilement), en polyphénols (anti-oxydants de la famille des flavonoïdes et anthocyanes), en minéraux alcalinisant (potassium, et moindrement magnésium, manganèse et zinc) et en sucres facilement assimilables (fructose notamment). Mais sa culture industrielle est accusée de polluer l’environnement par les pesticides. En outre, les analyses faites des raisins vendus en grandes surfaces en Europe ont montré qu’une partie importante de ces raisins sont porteurs de résidus de pesticides (dont, exceptionnellement des molécules interdites en Europe et/ou dans le pays producteur), qui pourraient affecter la santé humaine. La production de vin issu de la viticulture biologique augmente lentement, mais la part des raisins de table issus de l’agriculture biologique reste faible.

L’exposition des viticulteurs et des riverains aux pesticides lors des traitements pourrait en outre affecter leur santé, certains pouvant être toxique ou jouer le rôle de perturbateurs endocriniens à faible doses.

Le raisin est toxique pour les chiens et les chats et peut entrainer une insuffisance rénale aiguë.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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