Le racoon de la Guadeloupe.

Le racoon est l’animal-totem du Parc Naturel de la Guadeloupe.

On peut l’observer en semi-liberté au parc zoologique des Mamelles, et avec de la chance et de la patience, on peut aussi le voir en liberté autant aux abords des zones urbanisées que dans la forêt tropicale ou à travers champs. Aperçu par Christophe Colomb, son origine a longtemps posé des questions. Car, en principe, les mammifères ne tombent pas du ciel sur les îles volcaniques…Bien sûr on avait une idée de la réponse, et de récentes découvertes archéologiques sont venues conforter la thèse de l’importation par les hommes en des temps très anciens.

Originaire à la fois d’Amérique et de Chine (il y a très longtemps) ce sympathiqe animal avec son masque caractéristique et sa queue touffue et tigrée, s’est répandu sur presque toute la planète.Il pratique occasionnellement la bipédie, monte aux arbres et hiverne ou se met en sommeil prolongé dans les zones froides.
Pourtant, les zoologues l’ont classé parmi les canidés sous le nom de “chien viverin” ou racoon dog en anglais. Un affront  pour Linné, le fondateur de la taxonomie moderne, qui l’avait inscrit chez les ours !

Racoon, carte maximum, Le robert, 28/04/2007.

Or, malgré son apparence de grosse peluche au nez pointu, son squelette présente des similitudes avec celui du renard. Et sans le duvet ébouriffé qui lui donne tant de volume, avec ses 50 à 70 cmde long et son poids de 6 à 8 kilos, il s’en rapprocherait assez.
D’ailleurs, on peut noter d’étranges coïncidences entre le Roman de Renard et les contes amérindiens faisant de cet animal rusé, le gros roublard du monde animal.
La principale caractéristique du racoon est de ne rien manger qu’il n’ait lavé au préalable dans une mare ou un cours d’eau, dont il apprécie aussi les baignades.

Omnivore, cueilleur insatiable, habile chasseur et pécheur de poissons et d’écrevisses (les ouassous de Guadeloupe qu’il dispute aux humains) le racoon apparait comme un cousin du raton-laveur d’Amérique ou une variante de l’espèce qui aurait évolué à part du fait de l’insularité, mais sur ce point les avis des experts divergent.

Loin de ces classements zoologiques, Davy Crockett en faisait ses bonnets, honte à lui !
Une pratique qui perdure, en particulier en Russie et en Allemagne où on l’élève pour sa fourrure. Et loin de le protéger, les hiérarques européistes toujours en quête d’un diktat à imposer, l’ont classé sur la liste des “animaux nuisibles”. Alors qu’il n’en existe guère à l’état sauvage, chez nous tout au plus quelques familles dans l’Aisne où il aurait été introduit par des soldats américains qui en avaient fait la mascotte de leur régiment.

Les Amérindiens Taïnos (cousins des Mayas) qui l’ont importé aux Antilles il y a au moins 25 siècles, le cuisinaient, paraît-il, en excellents ragouts… Une tradition qui perdure en Amérique, encore très vivace en milieu rural jusqu’au XXème siècle. Le racoon au barbecue a même été longtemps un plat de fête ! L’édition du 21 décembre 1856 du “Golden Era” de San Francisco donne des recettes pour accomoder cette viande succulente.

En 1929, le président Calvin Coolidge sauva un racoon qui lui avait été initialement offert comme animal de boucherie devant être servi pour le dîner de Thanksgiving à White House, tandis que l’édition de 1931 de “The joy of cooking” contenait des recettes pour accomoder le racoon.
S’y est ajoutée de nos jours une maltraitance virtuelle : le jeu vidéo en ligne “Hacky the racoon” permet de s’amuser (sic) en maltraitant un pauvre raton laveur.
Dans la réalité, il ne faut pas oublier que si leur durée de vie théorique est de l’ordre de 15 ans, leur longévité réelle est bien moindre; ils meurent souvent jeunes empoisonnés par les pesticides, victimes des pièges des chasseurs ou tués par des chiens errants, des rapaces ou des voitures.

Animal de compagnie, affectueux, intelligent, vif, curieux et joueur, il s’apprivoise très bien. Et au contact de l’homme, il en oublierait presque ses moeurs de nostambule. Mais aujourd’hui, l’espèce est protégée en Guadeloupe et sa domestication est interdite. Ou du moins assujettie à tout un tas de formalités liées à la possession d’un “animal sauvage”.

Car, une fois “civilisé”, il lui est quasiment impossible de retourner à son milieu naturel, il ne se méfie plus de l’homme et ne sait pas composer avec ses congénères. Aussi, si vous trouvez un petit, il est vivement conseillé de ne pas céder à l’envie de le dorloter, l’administration dans sa froide logique le renverrait à la forêt où ses parents le renieraient parce qu’il porterait votre odeur.

En dehors de ce cas, les racoons sont des parents attentifs (bien que polygames et même un peu partouzards) veillant attentivement à l’écucation de leurs petits. Tout particulièrement dans l’apprentissage de la propreté de ce qu’ils mangent.
Même si les “savants” prétendent que c’est un comportement atavique qui ne les empêche pas de se nourrir quand il n’y a pas de point d’eau à proximité.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Guadeloupe-infos, YouTube.

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