Le porte-avions “Charles-de-Gaulle”.

Le Charles de Gaulle (indicatif visuel R91) est un porte-avions de la Marine nationale française, dont il est le bâtiment majeur et la pièce maîtresse. Il est le premier et unique bâtiment de combat de surface à propulsion nucléaire construit en Europe occidentale. En 2019, la France est le seul pays, en dehors des États-Unis, à avoir terminé la construction d’un porte-avions à propulsion nucléaire.

Il a remplacé le porte-avions Clemenceau. Un second porte-avions devait être construit, le PA 2 pour remplacer le Foch, conformément aux promesses du président Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, mais le projet a finalement été repoussé, des études d’évaluation ont été menées en 2009, puis il a été abandonné en 2013.

Paris est la ville marraine du Charles de Gaulle depuis le 9 octobre 2001. Il est entré en cale sèche aux bassins Vauban de Toulon en février 2017 pour y subir un chantier d’entretien et de mise à niveau de dix-huit mois ; il a retrouvé son quai habituel, aux appontements Milhaud, le 16 mai 2018 après 15 mois en cale sèche. Un nouveau déploiement a été réalisé au début de 2019 après les essais à la mer commencés le 14 septembre 2018, puis le retour à bord du groupe aérien embarqué (GAE) et la qualification de l’ensemble du groupe aéronaval de la Marine nationale.

Porte-avions Charles de Gaulle, carte maximum, Toulon, 8/05/2003.

Le 23 octobre 2018, Florence Parly, ministre des Armées, annonce le début de la phase d’étude du programme de remplacement du Charles de Gaulle. L’évaluation du coût de la conception et de la construction d’un premier porte-avions de nouvelle génération dans sa version nucléaire, équipements inclus, est de 225 millions d’euros par an pendant vingt ans.


Le porte-avions Charles de Gaulle remplace le Clemenceau, un porte-avions à propulsion classique (chaufferie à vapeur fonctionnant au mazout et turbines), en 2001. Le Clemenceau et son sistership le Foch furent armés respectivement en 1961 et 1963 ; le besoin d’un remplacement avait été identifié en 1973.

En 1975, un programme militaire est adressé au STCAN de la DCN à Paris pour étudier un projet à propulsion nucléaire baptisé PH 75. Ce porte-aéronefs mesurera 208 m de long dont 202 m de pont d’envol dont la largeur maximale atteindra 46 m, le déplacement sera de 18 400 t. La propulsion sera assurée par un réacteur nucléaire CAS230 associé à deux turboréducteurs-condensateurs de 65 000 ch chacun avec deux diesels de secours (autonomie de 3 000 nautiques à 10 nœuds. La vitesse maximale sera de 28 nœuds. Le hangar aéronautique (L 84 m x l 21 m x h 6,5 m) permettra d’emporter 25 hélicoptères Lynx, ou 15 SA330 Puma ou 10 SA321 Super-Frelon. L’armement défensif sera composé de deux batteries de missile sol-air crotale et quatre canons bitubes de 40 mm antiaériens. L’effectif global sera de 1 000 hommes. L’équipement électronique comportera un radar DRBV-26 de veille air, un radar DRBV-51 de veille combinée, deux radars DRBC-32 de conduite de tir, un sonar DUBA 25 et deux DECCA pour la navigation.

Porte-avions Charles de Gaulle, prêt-à-poster.

La construction de trois unités PH-75 est envisagée.

Des essais anti-collision du compartiment nucléaire, par les plus gros navires, sont réalisés à la DCN à Brest, sur maquettes.

Le choix d’une propulsion nucléaire était dicté par la conjoncture de l’époque, afin de conforter l’indépendance de la politique étrangère et de l’action militaire de la France. D’après certains calculs, le combustible nucléaire devait éviter l’achat de près de 1,5 milliard de litres de pétrole sur vingt ans. En 1977, le programme, rebaptisé PA-75, sera étendu à la conception d’un nouveau porte-avions, l’option étant ouverte entre la refonte des porte-avions Clemenceau et Foch et la construction d’une nouvelle génération de porte-avions nucléaires, adaptés au lancement d’avions à décollage court.

Le projet est terminé en 1979, mais les études de construction ne seront pas entreprises. Le projet de Porte-Hélicoptères PA-75 sera remplacé par celui d’un porte-avions à propulsion nucléaire dotés de catapultes.

La construction du Charles de Gaulle a débuté le 25 novembre 1987.

La structure fut assemblée en avril 1989 aux chantiers navals de la DCN, à Brest. Achevé en mai 1994 le porte-avions était alors, avec un déplacement de 42 500 tonnes, le plus lourd bâtiment de guerre lancé en Europe de l’Ouest depuis le porte-avions HMS Ark Royal de 1950.

Le nom initialement choisi en 1986 était Richelieu, nom traditionnel dans la Marine française pour ses bâtiments importants, honorant la mémoire du duc et cardinal de Richelieu, homme politique illustre de l’histoire de France. Mais le projet a été renommé Charles de Gaulle l’année suivante par le Premier ministre de l’époque, Jacques Chirac.

La construction du Charles de Gaulle a représenté 25% de la charge de travail de la DCN-Brest entre 1990 et 1996 et le chantier a mobilisé entre 1 000 et 1 200 personnes selon les périodes pour 13 millions d’heures de travail, 2 millions d’heures d’études et 11 millions d’heures pour la construction. C’était alors l’un des plus grands chantiers de France.

Le budget du programme Charles de Gaulle est de près de 20 milliards de francs, dont les deux tiers pour la construction du porte-avions, soit environ 3 milliards d’euros, environ 2,2 milliards de dollars US à comparer aux 4,3 milliards de dollars américains du porte-avions USS Ronald Reagan qui est entré en service la même année.

Le porte-avions a été officiellement armé et admis au service actif le 18 mai 2001.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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