Le Pont du Gard, merveille de l’architecture romaine

20F Pont gard dentelé 13 émis en 1929
Pont du Gard dentelé 11

 

Le pont du Gard est un pont à trois niveaux destiné au passage d’un aqueduc romain. Il est situé à Vers-Pont-du-Gard entre Uzès et Remoulins, non loin de Nîmes, dans le département français du Gard. Il enjambe le Gardon. Probablement bâti dans la première moitié du Ier siècle, il assurait la continuité de l’aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes. D’après les dernières recherches, il aurait cessé d’être utilisé au début du VIe siècle.

Au Moyen Âge, les piles du second étage furent échancrées afin que l’ouvrage soit utilisé comme pont routier. Dès le XVIe siècle, l’architecture exceptionnelle du pont du Gard ayant attiré l’attention, l’ouvrage bénéficia dès lors de restaurations régulières destinées à préserver son intégrité. Un pont routier lui fut accolé en 1743-1747. Plus haut pont-aqueduc connu du monde romain, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840 et a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en décembre 1985.

Le pont du Gard est la partie monumentale d’un aqueduc de plus de 52 km de longueur

Les différents types du Pont du gard

(52 702 m), qui apportait l’eau de la Fontaine d’Eure, située au pied d’Uzès, jusqu’à la ville romaine de Nemausus, aujourd’hui Nîmes4, alors à son apogée. Les eaux de la source proviennent en partie de la rivière d’Alzon, qui passe par les environs d’Uzès, et des eaux récoltées du mont Bouquet, situé plus près d’Alès. L’aqueduc proprement dit est un chef-d’œuvre d’ingénierie, témoignage de l’extraordinaire maîtrise des constructeurs anciens : le dénivelé entre les points de départ et d’arrivée n’est que de 12,6 m, la pente moyenne générale étant de 24,8 cm par km. À cause du relief, l’aqueduc serpente à travers les petites montagnes et vallées des garrigues d’Uzès et de Nîmes.

L’aqueduc de Nîmes a sans doute été construit au Ier siècle de notre ère, comme en atteste la céramique. Des tunnels datant de l’époque d’Auguste ont dû être contournés, ce qui montre que la construction de l’aqueduc est postérieure, et les monnaies retrouvées dans les réservoirs de la ville de Nîmes, où étaient recueillies les eaux de l’aqueduc, ne sont pas antérieures au règne de l’empereur Claude (41-54). On pense donc que la construction de l’aqueduc dont fait partie le pont du Gard doit se situer entre les années 40 et 50. On estime à mille le nombre d’ouvriers, travaillant sur cinq années intenses.

Son débit moyen a été estimé à 40 000 mètres cubes d’eau par jour, soit 400 litres d’eau par seconde. L’eau courante mettait une journée entière pour parvenir par gravité de son point de captage jusqu’à l’ouvrage de répartition, sorte de château d’eau appelé castellum divisorium, encore visible rue de la Lampèze à Nîmes. Nemausus possédait un certain nombre de puits, ainsi qu’une source proche : la construction de l’aqueduc ne relevait donc pas d’une nécessité vitale, mais plutôt d’un ouvrage de prestige, destiné à l’alimentation des thermes, bains, jardins et autres fontaines de la ville. De fait le pont symbolise le génie scientifique romain. Le défi était d’autant plus grand que le pont devait résister aux crues redoutables du Gardon.

Dès le IVe siècle cependant, l’entretien commença à faire défaut, tandis que des dépôts calcaires occupaient les deux tiers, parfois les trois quarts, de la conduite. On estime à présent qu’il avait cessé de fonctionner au commencement du VIe siècle, à l’époque où, à la suite de la bataille de Vouillé, les Francs prirent le contrôle de la région d’Uzès, tandis que les Wisigoths se maintenaient à Nîmes : on a retrouvé des céramiques contemporaines dans les couches d’abandon, et l’aqueduc servit alors de carrière de pierre (des concrétions détachées des parois du canal ont été utilisées par les riverains pour leurs propres constructions et pour couvrir des sarcophages du cimetière de Saint-Baudile à Nîmes).

Le pont a été presque entièrement construit à sec, c’est-à-dire sans l’aide de mortier, les pierres — dont certaines pèsent six tonnes — étant maintenues par des tenons de chêne. Seule la partie la plus élevée, à la hauteur du canal, est faite de moellons liés au mortier. Le calcaire coquillier est issu de la carrière de l’Estel située à environ 700 m en aval du monument, au bord du Gardon11. Ce matériau, connu localement comme « pierre de Vers », présente une texture assez grossière, se prêtant très bien à la taille.

Le cœur de la canalisation (où circulait l’eau) se signale par son système d’étanchéité : un béton romain à base de chaux, badigeonné d’une peinture rougeâtre, à base d’oxyde ferrique, qui évite la dégradation due au calcaire. Les canalisations font environ 1,80 m de haut.

Sur place, les blocs étaient montés grâce à une cage à écureuil dans laquelle les ouvriers prenaient place, apportant la puissance nécessaire au treuil. Un échafaudage complexe fut érigé pour soutenir le pont pendant la construction, dont les faces portent toujours les marques : on distingue un peu partout les appuis d’échafaudages et, sur les piles, les arêtes saillantes qui soutenaient les assemblages de bois semi-circulaires destinés au maintien des voûtes. On suppose que la construction a duré de trois à cinq ans (une quinzaine d’années pour l’ensemble de l’aqueduc de Nîmes), avec 800 à 1 000 ouvriers sur le chantier. On a évalué à 11 millions le nombre de blocs de pierre utilisés et à 50 400 tonnes le poids de l’ensemble. Chacune des grandes voûtes est constituée de voûtes indépendantes accolées (quatre à l’étage inférieur, trois au second étage), ce qui donne à l’ensemble la capacité de résister aux légers mouvements et tassements inévitables avec le temps. Cette partition de la voûte en anneaux indépendants ne se rencontre qu’en Narbonnaise, par exemple aux ponts romains de Sommières, Boisseron, Ambrussum, Nages-et-Solorgues.

L’aqueduc situé au troisième niveau a un plancher constitué de mortier et de cailloux et des parois en moellons. Sa taille permettait à un homme d’en assurer aisément l’entretien.

Les analyses ont prouvé que le constituant du « bol rouge », que l’on trouve sur le Pont du Gard chargé d’assuré l’étanchéité de l’ouvrage, et qu’Émile Espérandieu supposera être du maltha, est en fait un lait de chaux mélangé à un sable de quartz rouge d’une granulométrie précise et fortement chargé en oxyde ferrique. Beaucoup d’ouvrages hydrauliques romains comme dans l’aqueduc de Nîmes sont étanchéifiés par un cuvelage en ciment de tuileau.

Les émissions modernes du Pont du Gard

 

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