Le platine.

Le platine est l’élément chimique de numéro atomique 78, de symbole Pt.

Les qualités dtine u platine en font l’une des huit matières premières stratégiques considérées comme indispensables en temps de guerre.


Ce métal facilement martelable était utilisé en Amérique précolombienne, ainsi que probablement par la plupart des cultures néolithiques et chalcolithiques majeures de l’Eurasie. Toutefois la première référence européenne apparut en 1557 dans les écrits de l’humaniste Jules César Scaliger (1484 – 1558) qui le décrit comme un métal mystérieux venant de mines des Indes occidentales situées entre Darién (Panama) et Mexico.

Les Conquistadors hispaniques nomment d’emblée le métal « platina » (petit argent) quand ils le découvrent sous forme native en Colombie actuelle. Les savants le considèrent par principe comme une impureté de l’argent, une sorte de « petit argent brillant » par mépris, et les autorités régaliennes espagnoles, ayant le monopole du bon minerai et des métaux recherchés, s’empressent de le mettre au rebut et de le rejeter dans les fleuves car ils redoutaient les fraudes diverses, telles l’imitation de pièces d’argent. Les Indiens et les colons à l’esprit pratique (il s’agit d’un métal inaltérable, relativement malléable et très ductile) s’en servaient pour de multiples usages, ustensiles divers, balles, pierres à fusils, en théorie illégaux et interdits sous peine de mort.

Le curieux métal platine ne fut vraiment étudié pour lui-même que par le militaire et astronome Antonio de Ulloa (1716 – 1795), qui avec Jorge Juan y Santacilia (1713 – 1773), avait été chargé par le roi Philippe V d’Espagne de rejoindre la mission scientifique française au Pérou (1735 – 1745). Parmi d’autres objets selon lui inédits, Ulloa observa le platina del pinto, un métal inexploitable trouvé avec l’or de Nouvelle-Grenade (Colombie).

Des corsaires britanniques interceptent le navire d’Ulloa sur le chemin du retour. Quoiqu’il fût bien traité en Angleterre et admis plus tard comme membre de la Royal Society, le savant étranger captif n’a pas le droit de publier avant 1748. Avant que cela ne puisse arriver, Charles Wood soupçonne indépendamment l’élément en 1741, avant que le médecin et chimiste William Brownrigg, avec l’aide de Ulloa, le décrive en minéralogie en 1748. Mais il fallait disposer de l’usage d’un chalumeau performant, mis au point plus tard par les chimistes et minéralogistes suédois à la fin du XVIIIe siècle, pour initier les rudiments de la chimie du platine, comme sa mise en forme en joaillerie. Il faut donc se résigner à admettre, sans oublier l’héritage savant, que le chimiste anglais Wollaston démontre en 1803 que le corps simple métallique est bien issu d’un élément particulier, nommé platinum en latin ou en anglais savant, soit platine en français, das Platin en allemand, platino en italien ou en espagnol.

Le symbole alchimique du platine a été créé tardivement après par « fusion » ou accolement des symboles, respectivement lunaire et solaire, de l’argent et de l’or.

Ce métal de transition fait partie du sous-groupe ou triade du nickel, avec le nickel et le palladium, et dans un sens plus large du sous-groupe des éléments du groupe 10. Ce métalloïde lourd avec l’osmium et l’iridium figure parmi les éléments de la période. Mais le nickel se distingue des deux platinoïdes Pd et Pt : il possède des formes ioniques simples et se révèle globalement plus réactif.

La définition standard d’un mètre fut longtemps fondée sur la distance entre deux marques gravées sur une barre en platine iridié conservée au Bureau international des poids et mesures à Sèvres en France. Jusqu’en mai 2019, un cylindre en platine iridié, également conservé au BIPM, a servi de prototype au kilogramme. En France, l’intensité lumineuse du platine en fusion servait d’étalon en métrologie pour l’unité d’éclairage en bougie.

Le platine est également toujours utilisé dans la définition de l’électrode standard à hydrogène.

Présent dans la nature, le platine et ses alliages sont connus depuis longtemps. Le platine est un métal noble résistant à la corrosion, on le trouve souvent associé à certains minerais de cuivre ou de nickel, plus rarement sous forme de dépôts natifs (en Afrique du Sud notamment).

Le platine se trouve à l’état natif dans les gisements dits primaires, avec ses principaux minerais et/ou les roches magmatiques ultrabasiques tels que les dunites, le platine natif est le plus souvent allié avec d’autres métaux (Ir, Pd, Au, Fe, Cu, Ni…). Comme il est quasi-inaltérable et dense, ce platine se retrouve sur les gisements secondaires, en l’occurrence des placers souvent très proches de ces premières zones primaires.

Notons qu’aujourd’hui le minerai à base de sperrylite (arséniure de platine, PtAs2) est la source principale du métal. L’alliage platine/iridium naturel qu’est le platiniridium se trouve aussi dans le coopérite minéral (sulfure de platine, PtS).

Le clarke est de l’ordre de 0,005 ppm ou 0,005 g par tonne. Il est le plus abondant des platinoïdes.

Le platine, souvent accompagné de faibles quantités d’autres métaux de la famille du platine, peut être trouvé dans certaines alluvions ; en Afrique du Sud où il est aussi fortement concentré dans le complexe igné du Bushveld (environ 5 g/t), Colombie, en Ontario, dans l’Oural et dans certains états de l’ouest des États-Unis d’Amérique. En Europe, il est extrait dans le grand nord de la Russie, dans les gisements de cuivre et nickel de la péninsule de Taïmyr, dans le massif de Konder, dans le complexe métallurgique et minier de Norilsk créé par la Russie soviétique en 1935 (en 1953, on y produisait déjà 35 % du nickel de l’Union soviétique, 30 % du cobalt et 90 % des métaux du groupe du platine, ou « platinoïdes »). Cette activité est à l’origine de la ville de Norilsk (175 000 habitants) et d’une voie ferrée qui transporte le minerai vers le port de Doudinka sur l’Ienisseï puis vers l’usine Severonickel dans la presqu’île de Kola. 330 000 t de nickel ont été extraites du sol rien qu’en 2003 (c’est 23,6 % de la production mondiale). C’est du même minerai qu’est tiré le platine, qui y est présent en faible quantité.

Platine, entier postal, Belgique.

Le platine, outre son occurrence à l’état natif souvent très localisée, est présent comme sous-produit intéressant à récupérer dans les minerais de nickel ou de cuivre. Le platine est en effet le plus souvent produit commercialement comme sous-produit du traitement du minerai de nickel, qui en contient parfois deux grammes par tonne.

En 2014, la France est nette importatrice de platine, d’après les douanes françaises. Le prix moyen au gramme à l’import était de 34 €.

Le platine est maintenant considéré comme un métal plus précieux que l’or, de telle sorte qu’une récompense de platine est symboliquement supérieure à une récompense d’or.

Source : Wikipédia.

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