Le pinson des arbres.

Le Pinson des arbres (Fringilla coelebs) est une espèce de petits passereaux, partiellement migrateur, très répandu, de la famille des fringillidés. C’est la plus fréquente et la plus répandue des trois espèces de pinsons. Il est présent dans toute l’Europe à l’exception de l’Islande et de la Scandinavie la plus septentrionale, son aire de répartition s’étend vers l’est jusqu’en Sibérie centrale. C’est aussi un oiseau reproducteur en Afrique du Nord et au Proche-Orient jusqu’en Iran. En Nouvelle-Zélande et en République sud-africaine, le pinson a été introduit par l’homme.

En Europe centrale, le pinson est l’un des oiseaux reproducteurs les plus répandus. Son aire de répartition s’étend de la côte à la limite des arbres dans les montagnes. Les pinsons d’Europe du Nord et de l’Est sont des oiseaux migrateurs, alors qu’en Europe centrale, ils sont des migrateurs partiels. On distingue plusieurs sous-espèces. Trois d’entre elles se trouvent aux îles Canaries, ainsi qu’une aux Açores, à Madère, en Sardaigne et en Crète1. Comme tous les fringillidés, c’est une espèce protégée en France.


Pinsons, carte maximum, Italie, 1993.

Le pinson des arbres adulte, d’environ 15 cm de long, ainsi que le juvénile possèdent deux barres alaires blanches, assez significatives et la queue est gris-ardoisé au centre, avec les rectrices blanches. Ses yeux sont marron foncé. Ses pattes et ses doigts sont brun clair à gris foncé. L’hiver, le plumage du pinson se ternit légèrement. Adulte, il pèse entre 18 et 25 grammes.

Le mâle adulte a le dos brun-noisette, le ventre et la gorge rosâtre, les côtés de la tête rougeâtres, la calotte et la nuque bleu gris (tirant sur le brun en hiver) qui le différencient de la femelle, le front noir, les sous-caudales blanchâtres et le croupion verdâtre. Le bec du mâle est bleu acier au printemps, puis se brunit en hiver. La femelle est beaucoup plus terne que le mâle, avec son ventre blanchâtre et son dos brun-olive pâle et les motifs de ses ailes sont moins marqués et moins étendus. Le bec de la femelle est brun clair à corne toute l’année.

Les pinsons des arbres fraîchement éclos montrent un duvet gris fumé pâle sur le dessus du corps, les ailes, les cuisses et le ventre au début. La peau est de couleur rose chair. La gorge est rose foncé, le renflement du bec est blanc ou crème à teinte jaunâtre. Les jeunes oiseaux ressemblent aux femelles adultes, mais les plumes de la tête et du corps sont un peu plus courtes et plus douces, les plumes rectrices sont plus étroites et s’étendent de façon plus pointue.

Il peut être confondu, notamment en vol, du pinson des arbres avec le pinson du Nord, assez semblable à la différence de son croupion blanc et de ses couleurs plus orangées.

Le vol du pinson des arbres est onduleux, et une série de petits battements alterne la fermeture des ailes. Les individus nordiques, lors de la migration peuvent voler sur de très longues distances sans s’arrêter, car même fatigués ils continuent à voler, se laissant porter par le vent. Les pinsons des arbres marchent sur le sol à pas courts, mais rapides, avec un hochement de tête rythmé.

Le pinson des arbres se nourrit essentiellement de petits invertébrés et de leurs larves, de graines et de bourgeons. Son bec, à la fois large à la base et pointu, traduit une adaptation à ce régime alimentaire. Les graines d’arbres les plus prisées sont celles de hêtres (Fagus), d’érables (Acer), de bouleaux (Betula), d’aulnes (Alnus) et de résineux. Les bourgeons, baies et fruits sauvages et cultivés ainsi que les graines des plantes herbacées et céréalières (surtout le colza) sont aussi consommés mais en période de reproduction le régime devient nettement insectivore à l’opposé de la majorité des passereaux. Les oisillons sont nourris essentiellement de larves d’insectes et de chenilles. La recherche de nourriture se fait au sol et, au printemps et en été, dans les arbres et buissons. Les pinsons des arbres capturent des insectes dans les branches et sur les feuilles, voire au cours de petits vols vifs et acrobatiques. En dehors de la saison de reproduction, les pinsons des arbres recherchent souvent leur nourriture en groupes, en association avec des moineaux, des verdiers d’Europe et des pinsons du nord.

Le pinson des arbres préférant se nourrir sous les mangeoires que dedans, on le trouve souvent à sautiller sur le sol à récupérer les graines tombées.

Le pinson des arbres est très sociable en dehors de la saison de reproduction. Lors de cette période, le pinson des arbres est très territorial. Le mâle se montre très agressif, il défend son territoire en mettant en fuite les voisins et intrus. Lors de la parade nuptiale, les disputes entre partenaires ne sont pas rares mais ils continuent tout de même à se nourrir ensemble. Les pinsons des arbres sont en grande partie sédentaires, et les juvéniles ne peuvent se déplacer que sur de courtes distances depuis le lieu de leur éclosion. Les mâles et les femelles pinsons, se séparent souvent en groupes de chaque sexe, comme l’hiver et lors de la migration (que seuls les jeunes et les femelles effectuent).

Le pinson préfère se reproduire dans les forêts claires à feuilles caduques et mixtes ainsi que dans les haies, les parcs et les jardins. En Europe centrale, la période de couvaison commence au plus tôt à la fin du mois de mars, mais les pinsons n’arrivent à couver qu’à partir de la mi-avril jusqu’en juin. Au Maroc et en Algérie, les pinsons se reproduisent de fin mars à début juin. Dans le sud-ouest de la province du Cap, cependant, de septembre à novembre. Selon le climat et l’endroit, ils élèvent une ou deux couvées annuelles par an. En Europe, l’éventuelle deuxième nichée intervient en juin-juillet.

Au début de la période de reproduction, le mâle marque son territoire de reproduction par un chant fort et la femelle vient le rejoindre peu après. La taille de l’aire de reproduction varie considérablement en fonction de la zone de distribution, En Europe, plus le territoire de reproduction est au nord, plus il est grand. Dans le maquis marocain, les aires de reproduction ont une superficie moyenne de 270 mètres carrés. Les aires de reproduction sont vigoureusement défendues par les deux oiseaux d’un couple, les intrus sont chassés.

Le nid à parois épaisses, soigneusement construit, exclusivement par la femelle, est constitué de racines, de fibres d’écorce, de tiges, de mousses, de fils d’araignée et de lichens. L’intérieur est rembourré avec des cheveux et des plumes individuelles. Le nid est généralement construit à une hauteur de deux à dix mètres sur des buissons ou dans des arbres à une fourche de branche et est bien camouflé par les mousses, les lichens et l’écorce de l’arbre même dans lequel il est bâti. La couvée se compose habituellement de quatre à six œufs brun clair ou blanc bleuté, qui sont marqués de taches rouges à brun foncé et de fines rayures. Le motif est parfois si dense qu’il recouvre la coloration de base. La taille des oeufs est de 20 x 14 mm. La période d’incubation est de treize à quatorze jours. La femelle couve seule et commence généralement avec la couvaison après le dépôt de l’avant-dernier œuf. Après l’éclosion, les jeunes sont nourris (insectes et araignées essentiellement) par les deux oiseaux adultes, mais la femelle a une plus grande part dans les soins des jeunes. La période de nidification est habituellement de 11 à 18 jours, mais les jeunes oiseaux s’envolent généralement après 14 jours. Il arrive que les jeunes oiseaux forment une unité familiale avec leurs parents pendant 20 à 35 jours supplémentaires. Les jeunes oiseaux sont capables de se nourrir environ 14 jours après s’être envolés.

Les œufs et les oisillons du Pinson des arbres sont prédatés par les corneilles, les écureuils roux et gris, les chats domestiques et probablement aussi par les fouines et les belettes. Les couvées commencées plus tard au printemps souffrent moins de la prédation, un effet qui serait dû à l’augmentation de la végétation rendant les nids plus difficiles à trouver14. Contrairement au Pinson du Nord qui lui est étroitement apparenté, le Pinson des arbres n’est pas parasité par le Coucou gris.

Le plus vieil oiseau bagué trouvé jusqu’à présent a atteint l’âge de 14 ans. En règle générale, les pinsons vivent rarement plus de cinq ans. La mortalité au nid est particulièrement élevée les années où il y a un manque de chenilles.

Le parasite protozoaire Trichomonas gallinae était connu pour infecter les pigeons et les rapaces, mais à partir de 2005 en Grande-Bretagne, on a découvert que des carcasses de Verdiers d’Europe et de pinsons morts étaient infectées par le parasite. La maladie s’est propagée et en 2008, des carcasses infectées ont été trouvées en Norvège, en Suède et en Finlande et un an plus tard en Allemagne. On pense que la propagation de la maladie a été favorisée par les pinsons, car un grand nombre d’oiseaux se reproduisent en Europe du Nord et hivernent en Grande-Bretagne. En Grande-Bretagne, le nombre de carcasses infectées récupérées chaque année a diminué après avoir atteint un pic en 2006. On a constaté une réduction du nombre de verdiers mais pas de diminution significative du nombre total de pinsons. Un schéma similaire s’est produit en Finlande où, après l’arrivée de la maladie en 2008, on a constaté une réduction du nombre de verdiers mais seulement une petite modification du nombre de pinsons.

Les pinsons peuvent développer des tumeurs sur leurs doigts et leurs pattes causées par le papillomavirus Fringilla coelebs. La taille des papillomes varie d’un petit nodule sur un doigt à une grosse excroissance impliquant à la fois le pied et la jambe. La maladie est peu fréquente : dans une étude réalisée en 1973 aux Pays-Bas, sur environ 25 000 pinsons, seuls 330 papillomes ont été dépistés.

Le Pinson des arbres vit dans toute l’Europe à l’exception de l’Islande, au Maghreb, en Égypte, dans certaines parties du Moyen-Oient et en Asie centrale. Il fait partie des oiseaux chanteurs les plus fréquents d’Europe. Il a aussi été introduit en Nouvelle-Zélande (entre 1862 et 1880) et en Afrique du Sud (vers 1898). En Nouvelle-Zélande, il s’est acclimaté et a colonisé tout le pays et les îles voisines au point d’être maintenant le passereau introduit le plus abondant et le plus répandu de la région. Il a aussi été aperçu au Groenland et au Québec.

Seuls les individus nordiques sont considérés comme migrateurs.

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