Le parc national des Ecrins.

Le parc national des Écrins est un parc national français créé en 1973, après avoir été préfiguré dès 1913. Il est situé dans les Alpes, s’étendant sur une grande partie du massif des Écrins. Il se situe sur des communes de deux départements : l’Isère (région Auvergne-Rhône-Alpes) et les Hautes-Alpes (région Provence-Alpes-Côte d’Azur) et chevauche la limite entre Alpes du Nord et Alpes du Sud en France, formée par la ligne de partage des eaux entre le bassin hydrographique de l’Isère et celui de la Durance.

Son cœur est classé comme aire protégée de catégorie II par la Commission mondiale des aires protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, principale organisation non gouvernementale mondiale consacrée à la conservation de la nature), tandis que son aire optimale d’adhésion est classée de catégorie V.

L’histoire du parc commence le 31 décembre 1913, lorsque l’État français acquiert 4 000 hectares de montagne sur les hauteurs de Saint-Christophe-en-Oisans (commune de l’Isère située dans le massif des Écrins). Ainsi est créé le « parc de la Bérarde » (hameau de Saint-Christophe-en-Oisans), sur le modèle de la réserve suisse de l’Engadine fondée quatre ans plus tôt. Il s’agissait de défendre la montagne contre l’envahissement des pâturages, qui entraînait érosion, déboisement et désordre torrentiel ; mais rapidement, les aspects scientifiques et pédagogiques du projet ont émergé. L’appel aux souscriptions était à peine lancé qu’éclatait la Première Guerre mondiale et le processus pour doter les parcs nationaux d’un statut officiel fut interrompu.

Parc des écrins, carte maximum, Briançon, 12:04/1997.

L’Administration des eaux et forêts ne renonça pas néanmoins aux mesures de protection déjà mises en œuvre et, sans base réglementaire, continua d’administrer les terrains domaniaux acquis et ceux loués dans l’idée de les laisser en libre évolution. Le parc de la Bérarde change alors de dénomination à plusieurs reprises en étant officieusement assimilé à un parc national durant l’entre deux guerres : « Parc national de l’Oisans », puis en 1923 « Parc national du Pelvoux » agrandi à 13 000 ha. Le parc perd néanmoins cette qualification de « parc national » en 1962 et devient un parc domanial, « domaine privé de l’État soumis au régime forestier », avant de renaître en parc national des Écrins en 1973.

En 1960, en effet, le statut de parc national est créé. Voient alors le jour quatre premiers parcs, le parc national de la Vanoise et celui de l’île de Port-Cros en 1963, celui des Pyrénées en 1967, et celui des Cévennes en 1970. Cette même année, une mission de création est formée pour un parc national des Écrins, sur la base de l’ancien parc de la Bérarde devenu depuis 1962 une simple forêt domaniale6. Et c’est finalement le 27 mars 1973 que le parc national des Écrins est créé, par décret du Premier Ministre.

Les premiers agents du parc sont recrutés par concours à partir de 1974, et dès 1976 le parc se dote d’un lieu d’accueil : la maison du Parc, à Vallouise ; cette maison est visitée par le président Valéry Giscard d’Estaing le 27 aout 1977. C’est dès cette année que commencent les premières actions du Parc : une tentative infructueuse de réintroduction de bouquetins, et la création des première bases de données scientifiques le 25 juin 1977. L’année suivante, en 1978, est monté le premier plan d’action pour l’accueil des touristes dans la zone périphérique.

Les années 1980 sont marquées par de grands travaux : le projet d’aménagement hydroélectrique de la haute-Romanche fait couler beaucoup d’encre en 1980, puis la sécurisation du lac d’Arsine (Briançonnais) à plus de 2 000 mètres d’altitude dès le printemps 1986. Enfin, en 1989, seize bouquetins sont réintroduits avec succès dans le Valbonnais ; les animaux provenaient des parcs de la Vanoise et du Vercors.

En 1990, est introduite une nouvelle charte graphique pour tous les parcs nationaux. Elle comprend notamment la fameuse spirale composée d’une multitude d’éléments (silhouettes animales, végétales et minérales) organisés selon une structure en spirale. C’est une représentation métaphorique du mouvement, de la richesse et de la complexité de la vie. En 1991, le siège du parc est déplacé au domaine de Charance, à Gap, où il se trouve toujours.

Les années 1990 sont placées sous le signe des conventions : la première convention escalade est signée en 1992, et de nombreux contrats de gestion des alpages sont entérinés avec les bergers en 1993. En 1995, outre la réintroduction de trente-et-un bouquetins, le parc innove en créant la première réserve naturelle intégrale de France, dans le vallon du lac de Lauvitel. Le 11 juillet 1996, le parc signe la Charte de partenariat de développement durable avec la ministre de l’Environnement Corinne Lepage ; cette charte sera ensuite déclinée avec les collectivités territoriales, l’Office national des forêts et les chambres d’agriculture des Hautes-Alpes et de l’Isère.

En 2006, une nouvelle loi pose le principe d’une zone protégée « cœur de parc » (ancienne zone centrale) et d’une « aire d’adhésion » (ancienne zone périphérique)12 : la réforme du 14 avril 2006 prévoit l’écriture d’une nouvelle charte, signée par les communes de la zone périphérique et l’établissement public qu’est le parc. Le projet de charte est adopté à l’unanimité en mai 2011, et en 2013, pour le quarantième anniversaire du parc, 46 communes signent cette charte. Le Conseil économique social et culturel du Parc national des Écrins est mis en place en 2008, au Monêtier-les-Bains.

2010 voit la structuration du programme « Alpages sentinelles », permettant une étude des alpages et des répercussions des évolutions du climat sur ceux-ci, avec un dialogue instauré entre bergers, éleveurs, scientifiques, techniciens pastoraux et agents du Parc.

Parc des écrins, prêt-à-poster.

La charte du parc est votée à l’unanimité par le Conseil d’administration du Parc national des Écrins en 2011. Le 28 décembre 2012, un décret du Conseil d’État porte l’approbation de la charte du Parc national des Écrins.

En octobre 2012, une reconnaissance internationale pour les travaux scientifiques effectués dans la réserve intégrale du Lauvitel intervient avec un classement UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

Les années 2010 voient la création de plusieurs éléments et services destinés au grand public : la nouvelle Maison du Parc à Vallouise et le site Internet Rando-Écrins sont inaugurés en 2014, et l’année suivante naît la Marque Esprit Parc national dans les Écrins. Dans la même décennie, plusieurs communes supplémentaires adhèrent la charte du parc national des Écrins, portant leur nombre total à 53 en 2015, ce qui correspond à un taux d’adhésion de 90 %. Dans le même temps, les études scientifiques se poursuivent, avec, par exemple, l’étude de l’évolution de la répartition géographique d’espèces de la flore et la géolocalisation de bouquetins dans le parc en 2013. Un atlas en ligne de la faune et la flore du parc, Biodiv’Écrins, est lancé en 2016.

En avril 2019, le parc est inclus dans la Liste verte de l’UICN, certification qui reconnaît les aires protegées dont la géstion est efficace et dont la gouvernance suit les standards établis par dit organisme.

Fin décembre 2019, la zone cœur du parc s’agrandit de 705 ha avec l’intégration de deux réserves contiguës au cœur du parc: la réserve naturelle nationale de la haute vallée de Saint-Pierre et la réserve naturelle nationale des pics du Combeynot, afin de simplifier la gestion de ces espaces.

Le parc s’est vu distingué par le Conseil de l’Europe comme Parc européen de la haute montagne. Le Conseil de l’Europe a renouvelé en 1996 le label obtenu 5 ans auparavant.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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