Le paquebot Normandie, le navire le plus rapide du monde en 1935

Thème : bâteaux

Le Normandie est un paquebot transatlantique de la Compagnie générale transatlantique, construit par les Chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire.

Le projet de construction voit le jour à la fin des années 1920 dans la continuité des paquebots France, Paris et Île-de-France, en étroite collaboration avec l’État. Les travaux débutent en janvier 1931 à Saint Nazaire, la coque étant alors nommée T6, et visent à donner à la France un navire à la fois grand et rapide. Cependant, à cause de la Grande Dépression, la mise en service du paquebot est repoussée jusqu’en 1935.

Lorsqu’il entre finalement en service commercial, le Normandie est le plus grand paquebot au monde. Son voyage inaugural est entouré d’un grand prestige, et après des retouches en 1936, le luxueux paquebot continue sa carrière. Celle-ci est cependant interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Le navire est alors désarmé et reste à quai dans le port de New York. Fin 1941, il est réquisitionné par les États-Unis et renommé USS Lafayette, pour être transformé en transport de troupes. Un incendie accidentel se déclare durant les travaux en 1942. Les tonnes d’eau utilisées par les pompiers font chavirer le navire sous l’effet de la marée. Après la guerre, la France refusa de le récupérer. La coque du navire, réduit à l’état d’épave, sera alors démolie en octobre 1946.

Malgré la brièveté de sa carrière, le Normandie a laissé une profonde empreinte dans les mentalités à travers le monde. Il est considéré comme un des meilleurs paquebots jamais construits. C’est en effet le seul paquebot français à avoir remporté le Ruban bleu. Ses installations luxueuses ont également été réputées à l’époque, et font qu’il est souvent considéré comme le plus beau et le plus luxueux des paquebots jamais construits. Il fut le symbole de la France des années 1930 et du raffinement à la française. Il apparaît dans plusieurs films et ses éléments décoratifs, démontés et débarqués avant les travaux de transformation, ont été répartis dans plusieurs musées et collections particulières à travers le monde.

 

Quelques jours après son arrivée au Havre, le Normandie est victime d’une grève des équipages des paquebots de la Compagnie générale transatlantique, fortement condamnée par le gouvernement qui parvient finalement à négocier un retour au travail. Le 23 mai est organisé à bord du paquebot un dîner d’apparat d’un millier de convives avec en invité d’honneur le Président Lebrun. Après les festivités qui se poursuivent dans les salons de première classe, les invités de marque sont hébergés dans certaines des cabines — parfois inachevées — du navire, les autres dormant à bord du Paris. Albert Lebrun modifie pour sa part son programme et demande à dormir dans un des appartements de luxe du Normandie plutôt qu’à l’hôtel où il devait rejoindre son épouse. Les festivités n’en sont pas pour autant terminées : dans les jours qui suivent, les journalistes continuent à visiter le navire, et une soirée de charité est organisée. Le 27 mai, le cardinal Verdier et monseigneur de La Villerabel consacrent la chapelle du navire.

Le mercredi 29 mai 1935, jour du départ, c’est la panique : une panne électrique frappe le navire, faisant craindre au directeur général de la compagnie, Henri Cangardel, une opération de sabotage. Il n’en est rien, cependant : le problème, dû à une entrée d’eau, est rapidement résolu. Vers 18 h 30, le Normandie appareille devant une foule immense. À bord, on dénombre un peu plus de 1 000 passagers, en tête desquels se trouve Marguerite Lebrun, épouse du président et marraine du navire, accompagnée de sa fille et de sa belle-fille. Ce ne sont pas les seuls hôtes de marque du paquebot : nombre de personnalités participent à cette traversée. On y trouve ainsi les écrivains Colette et Blaise Cendrars, Pierre Dumas reporter pour L’Ouest-Éclair, l’actrice Valentine Tessier, les duettistes Pills et Tabet, plusieurs nobles, ministres et sénateurs, deux académiciens français et le maharajah de Kapurthala. Enfin, les milieux maritimes ne sont pas en reste puisque les officiels de la C.G.T. et des chantiers de Penhoët sont présents, de même que le président de la Navigazione Generale Italiana, Antonio Cosulich.

Voyage inaugural du Normandie Mai 1935

Après une escale à Southampton, le Normandie franchit Bishop Rock dans la matinée du 30. C’est le repère officiel de départ pour l’attribution du Ruban bleu. Cette récompense qui est remise au navire ayant traversé l’Atlantique le plus rapidement est détenue alors par le paquebot italien Rex. Si les officiels de la Transat refusent jusqu’au dernier moment de se prononcer sur leurs attentes quant à cette récompense, les pronostics vont bon train parmi les passagers pour savoir si le record sera battu. Une avarie sur un condenseur survenue deux jours après le départ force l’équipage à stopper l’un des moteurs ; le paquebot conserve cependant une vitesse moyenne de 28 nœuds et, une fois le problème réglé, réussit à repasser au-dessus des 30. Les passagers sont bien loin de ces préoccupations et se voient proposer nombre de divertissements. Le 30 au soir, une première mondiale de Pasteur, de Sacha Guitry est organisée. Le lendemain, le Café-Grill est inauguré par Madame Lebrun dans une ambiance festive en dépit des fortes vibrations dans cette partie du navire.

Feuille complète du Timbre Normandie bleu-clair émis en 1936 après l’obtention du ruban bleu.

Le Ruban bleu reste pour la compagnie un sujet tabou jusqu’au dernier jour : le commandant Pugnet se voit même ordonner de ralentir, pour ne pas dépasser le bateau feu d’Ambrose (repère d’arrivée) avant 11 h 30 le 3 juin. Il n’en fait rien, et le navire arrive une demi-heure plus tôt. Avec une vitesse moyenne de 29,94 nœuds et une traversée effectuée en 4 jours, 3 heures et 2 minutes, le Normandie bat le record du Rex de 10 heures. Il devient le premier paquebot français à remporter le Ruban bleu, et est le seul à avoir jamais reçu cette distinction. New York est en ébullition et les médias retransmettent la nouvelle tandis que les dîners de gala se succèdent50. Le paquebot s’amarre au quai Pier 88, qui a été agrandi pour lui permettre de s’accoster.

Source : Mer & marine, Wikipedia, Paquebot Normandie (french lines)

Le voyage inaugural du Paquebot Normande © British Pathé

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