Le Palais de Buckingham.

Le palais de Buckingham (en anglais : Buckingham Palace) est la résidence officielle des souverains britanniques. Situé à Londres, le palais est à la fois le lieu où se produisent les événements en relation avec la famille royale, le lieu d’accueil de beaucoup de chefs d’État en visite, et une attraction touristique importante. C’est le point de convergence du peuple britannique lors des moments de joie, de crise et de peine. Le palais de Buckingham, ou tout simplement « le Palais », désigne la source des déclarations de presse émanant de bureaux royaux. Construit pour John Sheffield, duc de Buckingham et Normanby, en 1703, c’est le lieu de résidence de la monarchie britannique. Il est agrandi au cours du XIXe siècle par John Nash pour le roi George IV.

Au Moyen Âge, le site du palais de Buckingham formait une partie du manoir d’Ebury. Il eut plusieurs occupants royaux depuis Édouard le Confesseur et a été l’objet de nombreuses spéculations à propos de son propriétaire : une faille dans le bail de Charles Ier d’Angleterre permit au terrain de revenir dans le giron royal au XVIIIe siècle. Les précurseurs du palais de Buckingham étaient des résidences privées appelées Blake House, Goring House, puis Arlington House.

D’abord connu sous le nom de Buckingham House, le bâtiment formant le cœur du palais d’aujourd’hui était alors un grand hôtel particulier construit en 1703 pour le duc de Buckingham John Sheffield et acquis par le roi George III en 1762 pour en faire sa résidence privée. Il fut agrandi au cours des 75 années suivantes, principalement par les architectes John Nash et Edward Blore, qui ajoutèrent trois ailes autour d’une cour carrée. Le palais devint finalement la résidence officielle de la monarchie britannique lors de l’accession au trône de la reine Victoria en 1837. Les derniers ajouts structurels d’importance datent de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle : l’imposante aile est qui fait face au Mall a été ajoutée, et l’ancienne entrée officielle, Marble Arch, a été déplacée près du Speakers’ Corner à Hyde Park, où elle se trouve toujours. La façade côté est a été refaite en 1913 avec des blocs de calcaire de Portland, en arrière-plan du Victoria Memorial, créant la « façade publique » de Buckingham, avec le fameux balcon en son centre.

Les décorations intérieures du XIXe siècle, dont beaucoup sont encore visibles de nos jours, montrent l’utilisation intensive de stuc de couleurs vives, de lapis-lazuli bleus et roses, sur le conseil de Sir Charles Long. Le roi Édouard VII mena une redécoration partielle dans des tons crème et or de la Belle Époque. Beaucoup de petits salons de réception sont meublés selon un style « chinois » à la mode au début du xixe siècle, avec des éléments provenant du Brighton Pavilion et de Carlton House, après la mort du roi George IV. Les jardins du palais sont les plus grands jardins privés de Londres, à l’origine dessinés par Capability Brown, puis refaits par William Townsend Aiton des jardins botaniques royaux de Kew et John Nash. Le lac artificiel a été terminé en 1828 et son eau provient de la Serpentine, un lac d’Hyde Park.

Palais de Buckingham, carte maximum, Nouvelle Zélande, 1953.

Les appartements d’État forment le cœur du palais où l’on s’affaire et sont régulièrement utilisés par la Reine et les membres de la famille royale pour les événements officiels. Le palais de Buckingham est l’un des édifices les plus connus dans le monde entier : plus de 50 000 personnes sont accueillies au palais chaque année en tant qu’invités à des banquets, déjeuners, dîners, réceptions et garden parties.


Le palais a été construit au XIVe siècle et formait une partie de l’ancien manoir d’Ebury (aussi appelé Eia ou Eye). Les sols marécageux étaient alimentés en eau par la rivière Tyburn, qui coule toujours sous la cour et l’aile sud du palais. Là où la rivière pouvait être passée à gué, à Cow Ford1, le village d’Eye Cross s’établit. La propriété du site changea de mains un certain nombre de fois, revenant à Édouard le Confesseur et sa femme la reine Edith, puis après la conquête par les Normands à Geoffrey de Mandeville, par l’intermédiaire de Guillaume le Conquérant. De Mandeville la légua aux moines de l’abbaye de Westminster.

En 1531, le roi Henri VIII acquit l’hôpital de St. James au collège d’Eton (plus tard le palais St. James) et reçut le manoir d’Ebury de la part de l’abbaye de Westminster en 1536. À la suite de ces transferts, le site de Buckingham revint dans le domaine royal pour la première fois depuis que Guillaume le Conquérant l’eut donné, presque 500 ans auparavant.

Plusieurs propriétaires louèrent le domaine, cependant la propriété foncière fut l’objet d’une grande spéculation au cours du XVIIe siècle. Le vieux village d’Eye Cross avait alors disparu depuis longtemps, ne laissant que des ruines. Le roi Jacques Ier vendit une partie de la propriété foncière car il avait besoin d’argent, mais retint l’autre part afin d’y créer un jardin de mûriers d’un hectare, destiné à produire de la soie (ce jardin se trouve actuellement au coin nord-ouest du palais). Clement Walker, dans son Anarchia Anglicana (1649), parle de « new-erected sodoms and spintries at the Mulberry Garden at S. James’s », suggérant qu’il ait pu devenir lieu de débauche.

Finalement à la fin du XVIIe siècle, la propriété foncière revint à Sir Hugh Audley par héritage de Mary Davies.

Il est probable que la première maison érigée sur le site était celle d’un certain Sir William Blake, en 1624 environ. Le propriétaire suivant était Lord Goring, qui agrandit la maison de Blake à partir de 1633, ainsi qu’une grande partie des jardins d’aujourd’hui, connus à l’époque sous le nom de grands jardins de Goring. Il n’obtint cependant pas la propriété foncière des jardins de mûriers. À l’insu de Goring, le document attestant sa propriété « ne reçut pas le sceau royal avant que le roi Charles Ier n’ait fui Londres, ce qui était nécessaire pour exécution légale ». Ce fut cette omission capitale qui permit à la famille royale britannique de regagner la propriété foncière de Buckingham sous le règne de George III. Dépensier, Goring ne paya pas tous ses loyers : Henry Bennet, 1er comte d’Arlington, obtint et occupa le manoir, connu sous le nom de Goring House, jusqu’à ce qu’il brûle en 1674. Arlington House fut érigée sur le site (l’aile sud du palais actuel) l’année suivante et la propriété foncière fut vendue en 1702.

Buckingham House fut finalement vendue en 1762 par Sir Charles Sheffield, le fils naturel du duc de Buckingham, au roi George III pour 21 000 livres7. Comme son grand-père, le roi George III refusait de vendre les jardins de mûriers dont la propriété restait à la famille royale qui les louait, si bien que Sheffield ne put pas acquérir la totalité de la propriété et décida de tout vendre, son bail devant expirer en 1774. À l’origine, la maison devait servir de lieu de retrait privé pour la famille royale, tout particulièrement pour la reine Charlotte. Le palais St. James demeurait la résidence royale ainsi que le lieu des cérémonies officielles. De nos jours encore, les ambassadeurs étrangers sont officiellement accueillis “à la cour de St. James”, bien qu’ils soient présentés à la reine au palais de Buckingham lors de leur nomination.

La reine Charlotte mourut en 1818, George III en 1820. Le roi dépensier George IV décida d’élargir Buckingham House pour l’utiliser conjointement avec le Palais St James tout comme son père. En 1826 alors que les travaux étaient en cours, il décida de faire du manoir un palais royal totalement aménagé. Il engagea John Nash pour réaliser les travaux. Le palais alors construit formait les trois côtés d’une cour d’honneur ouverte, l’ancien manoir de Buckingham servant de corps de logis. L’édifice fut construit en pierre de Bath, avec des détails raffinés de style néoclassique français. C’est approximativement le palais d’aujourd’hui, sans la façade est (face au Mall) qui forme aujourd’hui un quadrilatère. À l’ancien emplacement de la façade est, entre les deux ailes adjacentes, s’élevait un arc de triomphe en marbre de Racaccione, sur le modèle de l’arc de Constantin à Rome. Cet arc, dont l’érection coûta 34 450 livres, servait d’entrée officielle. George IV voulait la couronner d’une statue équestre de lui-même, mais il mourut avant qu’elle ne soit terminée. Lorsque le parlement paya la statue (à contrecœur), les députés décidèrent de la déplacer à Hyde Park, où elle se trouve encore sous le nom de Marble Arch. Les intérieurs du palais devaient être d’une splendeur inégalée. George IV était conseillé sur ce plan par sir Charles Long, qui recommandait l’usage intensif de stuc de couleurs vives et de lapis bleus et roses, avec des caissons en plâtre sculpté aux plafonds. George IV mourut en 1830, les suites colorées et dorées ne furent terminées que sous le règne de Guillaume IV.

À la mort de George IV, les coûts faramineux du palais encore en travaux suscitaient la polémique au Parlement et dans la presse. Guillaume IV renvoya l’architecte Nash et employa Edward Blore, qui adhérait mieux aux goûts plus sobres du nouveau roi. Architecte moins idéaliste mais plus entreprenant que Nash, Blore garda les contributions de Nash et termina le palais dans la même lignée, quoique plus massif et moins pittoresque. Le coût final de la reconstruction de Buckingham excéda 719 000 livres (18,13 millions de francs-or).

Bien que Guillaume IV et la reine Adélaïde donnassent des réceptions et reçussent la cour dans les suites royales, ils ne vécurent jamais dans le palais, préférant rester à Clarence House, le manoir plus modeste qu’ils firent construire avant leur succession. De plus, lorsque le palais de Westminster brûla en 1834, le roi offrit le palais encore inachevé à la nation en remplacement du siège du gouvernement. L’offre fut déclinée et l’ancien palais de Westminster reconstruit.

La plupart des petits salons de réception, qui sont restés en l’état, furent meublés pendant le règne de Guillaume IV en utilisant des chinoiseries, des cheminées, des décorations et du mobilier provenant des palais de George IV, du pavillon royal à Brighton et de Carlton House.

À l’arrière du palais se trouve le grand jardin (« Jardin de Buckingham Palace (en) ») qui est le plus grand jardin particulier de Londres. Le paysage est l’œuvre de Capability Brown mais le jardin fut redessiné à l’époque de la reconstruction du palais par William Townsend Aiton de Kew Gardens et Sir John Nash. Le grand lac artificiel fut terminé en 1828 et son eau provient du lac Serpentine de Hyde Park qui est tout proche.

Tout comme le palais, les jardins du palais de Buckingham comportent de nombreuses œuvres d’art. La plus notable est le vase de Waterloo, une grande urne commandée par Napoléon Ier pour commémorer ses victoires à venir qui en 1815 fut présentée inachevée au prince régent par Ferdinand III de Toscane. Le roi fit terminer le vase par le sculpteur Richard Westmacott, voulant en faire la pièce maîtresse de la nouvelle chambre de Waterloo au château de Windsor. Aucun plancher ne pouvant supporter une sculpture mesurant près de 4,5 mètres et pesant quinze tonnes, l’œuvre fut donnée à la National Gallery, laquelle rendit finalement ce cadeau empoisonné au souverain en 1906. Le roi Édouard VII résolut le problème en plaçant le vase dans le jardin où il demeure aujourd’hui encore. Dans les jardins se trouve aussi un petit pavillon attribué à William Kent, construit aux environs de 1740.

En juin 2002, la reine ouvrit les portes des jardins au public pour la première fois de son règne. Dans le cadre du week-end de son jubilé d’or, des milliers de Britanniques furent invités à se procurer un ticket pour le concert « Party at the Palace », où Brian May guitariste de « Queen » joua le God Save the Queen sur un solo de guitare, sur le toit du palais. Le concert pop fut précédé, la veille, d’un concert de musique classique « Prom at the Palace ». Pendant les célébrations du 80e anniversaire de la reine en 2006, le jardin fut le théâtre d’une fête, « Children’s Party at the Palace », organisée pour 2 000 enfants.

Jouxtant le palais, les écuries royales (Royal Mews), construites également sur les plans de Nash, abritent les attelages royaux, notamment le carrosse royal. Ce carrosse doré de style rococo, créé par Sir William Chambers en 1760, comporte des panneaux peints par G. B. Cipriani. Ayant servi pour la première fois lors de l’inauguration officielle du Parlement par George III en 1762, il est utilisé par le souverain uniquement lors de sacres ou lors de jubilés. Les chevaux sollicités pour les processions royales à Londres logent également dans ces écuries.

Buckingham devint finalement la résidence royale principale en 1837 lors de l’accession au trône de Victoria. Alors que les suites officielles n’étaient que dorures et couleurs vives, les besoins du nouveau palais étaient un peu plus terre à terre. Il fut rapporté que les cheminées fumaient tellement qu’on laissait les feux mourir, si bien que la cour frissonnait dans un palais magnifique. La ventilation faisait également défaut dans un palais aux odeurs omniprésentes et, lorsque la décision fut prise d’installer des lampes à gaz, on s’inquiéta sérieusement de l’accumulation de gaz aux étages inférieurs. On raconte également que le personnel était peu soigné et paresseux et que le palais était sale. Après le mariage de la reine en 1840, son mari le prince Albert s’occupa de la réorganisation du personnel, du service et des fautes de goût dans la décoration. Tout cela fut corrigé et les ouvriers quittèrent le palais en 1840.

En 1847, le couple royal estima que le palais était trop petit pour la vie de cour et leur famille grandissante et fit construire la nouvelle aile conçue par Edward Blore, fermant la cour centrale. Cette grande aile à l’est, en face du Mall, est aujourd’hui l’image publique de Buckingham avec le fameux balcon en son centre, d’où la famille royale fait signe à la foule lors des grandes occasions et lors de la parade militaire annuelle qui se tient en juin. L’aile où se trouve la salle de bal ainsi que d’autres suites officielles a aussi été construite durant cette période, sur les plans de l’élève de Nash : Sir James Pennethorne.

Avant la mort du prince Albert, la reine Victoria avait la réputation d’aimer la musique et la danse. Les plus grands musiciens de l’époque venaient à Buckingham : Felix Mendelssohn y joua à trois reprises. Johann Strauss II et son orchestre y jouèrent également lors de leur passage en Angleterre. La polka « Alice » de Strauss fut jouée pour la première fois au palais en 1849 en l’honneur de la fille de la reine, la princesse Alice. Sous le règne de Victoria, de somptueux bals costumés furent organisés au palais, en plus des cérémonies royales habituelles, des investitures et des présentations.

Lorsqu’elle devint veuve en 1861, Victoria, accablée de chagrin, se retira de la vie publique et quitta le palais pour vivre aux châteaux de Windsor et de Balmoral, ainsi qu’à Osborne House. Pendant de nombreuses années le palais fut rarement utilisé, voire négligé. L’opinion publique la força à revenir à Londres, bien qu’elle préférât vivre ailleurs chaque fois que c’était possible. Les événements de cour se tenaient au château de Windsor plutôt qu’au palais, présidés par la reine endeuillée habituellement vêtue de noir.

Les pièces principales sont situées à l’étage noble, derrière la façade donnant sur les jardins ouest. Au centre de ces pièces richement ornées se trouve la « Salle de Musique », dont la grande arche constitue l’élément principal de la façade. Jouxtant la salle de musique se trouvent les salons de réception bleu et blanc. Au centre de la suite, la galerie de tableaux de 50 mètres de long sert de lien entre les différentes pièces. On peut admirer des œuvres de Rembrandt, Van Dyck, Rubens, Vermeer, parmi d’autres. D’autres pièces conduisant à la galerie sont la salle du trône et le salon de réception vert. Le salon de réception vert, qui sert de grande antichambre à la salle du trône et fait partie du trajet de cérémonie vers celle-ci en venant de la salle des gardes, contient une statue de marbre blanc du prince Albert, située en haut du grand escalier.

Juste sous les appartements officiels se trouve une série de pièces un peu moins solennelles, appelées appartements semi officiels, accessibles par le hall en marbre. Ces pièces sont utilisées lors d’occasions moins formelles, des déjeuners et des audiences privées. Certaines d’entre elles sont nommées et décorées en l’honneur de certains visiteurs, comme la « Salle de 1844 » qui fut décorée cette année-là pour la visite officielle de l’empereur Nicolas Ier de Russie. Puis au centre, la salle de l’arc, que des milliers d’invités traversent chaque année pour se rendre aux jardins lors des « garden parties ». La reine occupe une suite dans l’aile nord pour son usage privé.

Entre 1847 et 1850, lorsque les travaux de la nouvelle aile est étaient en cours, on utilisa encore de nombreux ornements provenant du pavillon à Brighton. C’est pourquoi plusieurs pièces de cette aile ont une atmosphère résolument orientale. La salle de déjeuner chinoise rouge et bleue est composée d’éléments des salles de banquet et de musique de Brighton, cependant la cheminée est de style indien, bien qu’elle provienne également de Brighton. On peut voir, dans la salle de réception jaune, une tapisserie du XVIIIe siècle, qui fut utilisée en 1817 pour le salon de Brighton. La cheminée dans cette pièce est une transposition européenne de ce que serait l’équivalent chinois, avec des mandarins hochant la tête dans les niches et des dragons effrayants.

Au centre de cette aile on reconnaît le célèbre balcon, et derrière ses fenêtres se trouve la Salle centrale. Il s’agit d’un salon de style chinois aménagé par la reine Mary à la fin des années 1920, bien que les portes laquées fussent apportées de Brighton en 1873. Malgré son appellation modeste de Couloir principal, l’immense galerie fait la longueur du piano nobile de l’aile est. Les portes y sont couvertes de miroirs, qu’on trouve aussi sur les murs, reflétant les pagodes en porcelaine ainsi que les autres objets de Brighton. La salle de déjeuner chinoise et le salon de réception jaune sont situés à chaque extrémité de la galerie, la salle centrale se trouvant évidemment au milieu.

Les chefs d’État en visite occupent la Suite belge lorsqu’ils sont reçus au palais. Elle se trouve au rez-de-chaussée face aux jardins nord. Ces pièces, dont les couloirs comportent des dômes, furent les premières décorées pour l’oncle du prince Albert le roi Léopold Ier des Belges. Le roi Édouard VIII y vécut durant son court règne.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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