Le musée du Quai Branly – Jacques-Chirac, Paris.

Le musée du Quai Branly – Jacques-Chirac, parfois appelé musée des Arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques (civilisations non européennes), est situé dans le 7e arrondissement de Paris, le long du quai de la Seine qui lui donne son nom et au pied de la tour Eiffel. Le projet, porté par Jacques Chirac et réalisé par Jean Nouvel, est inauguré le 20 juin 2006. La fréquentation se situe à près de 1 500 000 visiteurs en 2014 et franchit en 2016 le cap des 10 millions depuis son ouverture, ce qui le place parmi les plus fréquentés au monde dans sa catégorie.

Le 21 juin 2016, dix ans après son inauguration, le musée prend le nom de l’ancien président Jacques Chirac, à l’initiative du projet. Son emblème est une statuette Chupicuaro.


Le site accueille en 1852 le Garde meuble national, puis le Centre des métiers durant l’Exposition universelle de 1937. Alors qu’un parc devait ensuite y être créé, le ministère de l’Équipement installe après la Seconde Guerre mondiale des bâtiments provisoires sur son vaste terrain, qui demeure cependant grevé d’une servitude d’espace vert, reprise pour 7 500 m2 au POS de Paris. Les riverains et la mairie de Paris s’opposent ainsi au Centre de conférences internationales destiné à remplacer celui de l’avenue Kléber, le dernier des grands projets de François Mitterrand, dont le concours est remporté en 1990 par Francis Soler, au point que le gouvernement envisagera d’utiliser la procédure exceptionnelle du projet d’intérêt général pour en imposer la réalisation à la municipalité. La crise immobilière de 1993 et la cohabitation ont cependant raison du projet, qui est abandonné par le gouvernement Édouard Balladur en février 1994.

Musée du quai Branly, carte maximum, Paris, 6/07/2006.

Jacques Kerchache, marchand d’art et spécialiste en art africain, essaie dès le début des années 1990 de faire entrer les « art premiers » au musée du Louvre. En 1990, il signe dans le journal Libération un article sur ce sujet et rencontre ensuite Jacques Chirac, alors maire de Paris. Ce dernier, qu’on dit passionné par les « arts premiers », ayant une grande passion pour le musée Guimet, est élu président de la République en 1995. Dès son arrivée à la tête de l’État, il demande l’ouverture d’un département des arts premiers au musée du Louvre. Un an plus tard, il annonce le projet de création d’un nouveau musée, qui rencontre rapidement une opposition interne, suivie en 1999 d’une grève des agents du musée de l’Homme, qui contestent le démantèlement de ses collections et critiquent la primauté du choix esthétique au détriment des considérations scientifiques. En effet, les collections du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie (MAAO), fermé en 2003, sont également destinées à y être transférées depuis le palais de la Porte-Dorée.

Un nouveau concours international d’architecture est lancé en 1999, désignant Jean Nouvel comme lauréat, lequel choisit notamment de plus que doubler la surface d’espace vert initialement prévue, en la portant à 17 500 m2, par le biais d’un bâtiment-pont édifié sur pilotis. Le permis de construire initial est délivré le 25 janvier 2001, sur la base du POS de Paris révisé en novembre 1994 et son second modificatif en novembre 2003, alors que la construction est confiée à la société Joseph Paris. L’établissement est ensuite doté de ses statuts par le décret no 2004-1350 du 9 décembre 2004 , relatif au statut de l’Établissement public du musée du Quai Branly.

Le musée est inauguré le 20 juin 2006 par Jacques Chirac, en présence notamment de Kofi Annan, Rigoberta Menchú, Paul Okalik, Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin et Claude Lévi-Strauss. Il a le statut d’établissement public administratif, placé sous la double tutelle du ministère de la Culture et de la Communication et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Il ouvre au public le 23 juin 2006 avec une première exposition consacrée aux Mnong Gar, une ethnie des montagnes du Viêt Nam méridional étudiée par Georges Condominas, intitulée « Nous avons mangé la forêt : Georges Condominas au Viêt Nam », qui est présentée du 23 juin au 17 décembre 200610, puis reprise en 2007 à Hanoï avec un catalogue spécifique bilingue.

En mai 2009, le musée s’est associé avec trois autres musées proches pour former la Colline des musées.

Un point sur la fréquentation du musée est établi régulièrement et permet de mesurer l’évolution du nombre de visiteurs11. Après le premier mois d’ouverture, qui a compté 151 000 visiteurs, la moyenne de fréquentation depuis son ouverture s’est établie autour de 125 000 visiteurs par mois et 1 380 000 par an. En 2013, la fréquentation annuelle s’est située autour de 1 350 000 visiteurs et jusqu’à 1 500 000 en 2009 et 2014.

L’exposition Tatoueurs, tatoués, qui a eu lieu entre 2014 et 2015, a attiré 702 138 visiteurs en 18 mois d’ouverture.

Pour les festivités marquant son dixième anniversaire, le musée enregistre une fréquentation record de 34 586 visiteurs à l’été 2016.

Le plus grand bâtiment du musée, recouvert de façades vitrées sérigraphiées et partiellement habillé de bois, abrite principalement les expositions permanente et temporaires. L’architecte ayant voulu faire en partie référence à la tour Eiffel toute proche, sa structure est un pont métallique de 3 200 tonnes fixé par 500 000 boulons, qui est soutenu à 10 m de hauteur par les deux piliers Est et Ouest et 26 pilotis intermédiaires en acier, afin de respecter la servitude d’espace vert du POS de Paris. Sur ce pont sont arrimées trente et une cellules multimédias ou techniques exprimées en façade nord par une succession de « boîtes » colorées en porte-à-faux.

À l’intérieur, une longue rampe sinueuse de faible pente parcourue par une installation d’art vidéo de Charles Sandison (fi), The River composée de mots en mouvements, conduit les visiteurs du hall d’entrée du rez-de-chaussée jusqu’au plateau des collections permanentes, situé au premier étage du bâtiment-pont, en offrant des points de vue sur les salles en contrebas. La galerie d’exposition permanente longue de 200 mètres, est plongée dans la pénombre par des façades vitrées sérigraphiées, afin que la lumière du soleil n’attaque pas les pigments des objets exposés les plus fragiles, constitués de matières organiques végétales ou animales (fibres, peaux, plumes, etc). Ceux-ci sont alors éclairés par des spots dans une scénographie à l’esthétique affirmée voulue par l’architecte, tirant sur les tons d’ocre, de rouge et de noir, qui vise à évoquer pour certains d’entre eux leur charge spirituelle originelle. La galerie est un immense espace non cloisonné de 5 300 m2, traversé par un couloir longitudinal gainé de cuir où de petites cellules multimédias permettent de consulter certains des 150 programmes vidéos du parcours muséographique, et s’ouvre au nord sur près de trente salles thématiques correspondant aux « boîtes » colorées visibles à l’extérieur.

La galerie est surplombée de trois mezzanines. La mezzanine centrale de l’atelier Martine Aublet accueille sur 200 m2 des installations pour comprendre la recherche en anthropologie. Les deux autres mezzanines sont dédiées aux expositions temporaires du plateau des collections. Celle de l’Ouest, de 750 m2, accueille une grande exposition thématique pour 18 mois, celle de l’Est, de 700 m2, plusieurs expositions par an.

Au rez-de-chaussée, une galerie modulable de 2 000 m2 est destinée aux grandes expositions temporaires et contraste par ses murs et plafonds blancs avec la galerie supérieure. Dans l’entrée, qui présente quelques œuvres monumentales, la collection de près de 10 000 instruments de musique, classés par familles, est visible à travers les parois vitrées d’une tour de réserves circulaire de 700 m2 et 16 mètres de diamètre traversant tous les niveaux. Un escalier hélicoïdal qui s’enroule autour de celle-ci mène au niveau inférieur du rez-de-jardin, qui comporte un auditorium de 490 places ouvrant sur un amphithéâtre extérieur végétalisé, une salle de cinéma de 100 places, 6 salles de cours et de recherche et un snack-bar.

Un restaurant, « Les Ombres », accessible par le pilier Est du bâtiment-pont, est également aménagé sur le toit-terrasse, le plus grand de Paris ouvert au public, qui offre une vue dégagée sur la Seine, le Trocadero et la tour Eiffel ; tandis que le rez-de-chaussée de ce pilier est occupé par le « Café Branly ».

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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