Le mulet.

Le mulet et la mule sont des hybrides statistiquement stériles de la famille des équidés, engendrés par un âne (Equus asinus) et une jument (Equus caballus).


Le mulet présente les caractéristiques de ses deux parents. D’une taille intermédiaire entre l’âne et la jument, il possède d’un côté la force du cheval et de l’autre la robustesse et la rusticité de l’âne. Il est réputé résistant, le pied sûr, endurant, courageux et intelligent. Il présente un nombre de chromosomes exactement intermédiaire entre celui de ses deux espèces parentales, soit 63 chromosomes.

Les mulets sont le plus souvent stériles. En cinq siècles, la société muletière britannique n’a enregistré que 60 naissances naturelles dues à des croisements spontanés entre mulets, ce qui montre la marginalité du phénomène et la quasi impossibilité en pratique de créer une nouvelle espèce commercialement viable pour les éleveurs.

On sait depuis 1999 que ce sont les différences de structures chromosomiques chez les deux espèces parentales qui sont responsables du problème d’appariement des chromosomes au cours de la méiose, plutôt que le nombre impair de chromosomes des mulets.

Le mulet et la mule présentent dans 10 % des cas une anémie hémolytique grave liée aux anticorps de la mère contenus dans le colostrum lors des premiers jours de l’allaitement. La cause a été identifiée depuis le milieu des années 1940 et résolue depuis par le biais d’un titrage des anticorps, d’un retard de l’allaitement, et de la transfusion de globules de la mère.

Les croisements ânes et chevaux remontent à l’antiquité et se sont largement répandus depuis le Ve siècle jusqu’à nos jours.

Mulet, carte postal, suisse, 1946.

En France, au XIXe siècle, l’industrie mulassière est des plus florissantes. Très réputé à l’étranger, le mulet s’exporte en Suisse, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, dans les pays nordiques et également en Amérique. Le développement de l’élevage français se fait sur plusieurs zones géographiques : le Poitou, où les mules poitevines sont puissantes et de grandes tailles, le Dauphiné, le Massif central et les Pyrénées, où la mule des Pyrénées est plutôt utilisée pour les travaux légers et pour un usage de luxe. Son déclin s’amorce au début de xxe siècle avec l’arrivée de la motorisation.

On distingue le mulet de bât, utilisé en montagne, le mulet de trait, qui rend les mêmes services que rendrait un cheval dans d’autres régions, et le mulet de selle, surtout aux États-Unis, qui est utilisé avec succès dans toutes les disciplines équestres.

En France, l’importance du commerce des muletiers du Velay est connue dès le XVIe siècle car les routes du Velay ou du Vivarais étaient peu praticables.

Dans l’armée française, le train muletier faisait partie des moyens de transports militaires en terrains montagneux dès la création des troupes alpines en Europe entre 1870 et 1890. L’animal est apprécié pour sa robustesse. En argot militaire français les mulets étaient appelés « brêles ». La mauvaise réputation du mulet – animal de bât très utile mais réputé pour son caractère agressif et la dangerosité de ses ruades, – a fait que le mot brêle est resté en argot pour désigner un bon à rien. En 1975, les derniers mulets disparaissaient des effectifs de l’armée française a l’exception d’un animal retraité des troupes de montagne allemandes qui deviendra la mascotte par le 110 régiment d’infanterie dissout en 2014. Mais en 2021, le 7ème bataillon de chasseurs alpins a réintroduit deux mulets en « auxiliaires logistiques ».

Les Alpini, troupes de montagne italiennes, ont également employé des mulets, depuis la fondation de leur corps en 1872, jusqu’en 1993.

Le bardot, parfois confondu avec les mules et les mulets, est issu du croisement entre une ânesse et un cheval. On a pu croire autrefois à l’existence du joumart, produit du croisement entre un cheval ou un âne et une vache, ou entre un taureau et une ânesse ou une jument. Ce nom désigne, par extension, tout animal de sang mêlé, issu du croisement de deux espèces voisines. Il existe aussi le cerf mulet, qui n’a de rapport que par le nom, et qui est désigné ainsi à cause de ses oreilles similaires à celles d’un mulet. Selon l’historien Thierry Murcia, qui cite diverses sources antiques, on appelait autrefois mule de Libye (ou parfois “âne de Libye”), le fruit du croisement entre un onagre et une jument.

Compagnon utilitaire de l’homme, le mulet a longtemps été utilisé dans la langue française où de nombreuses expressions et proverbes y font référence. Les expressions « être chargé comme une mule » ou « être têtu comme une mule » sont rentrées dans le langage courant et renvoient directement aux qualités et défauts de l’animal. Le mulet est également présent en littérature, et ce dès l’antiquité, comme dans les Fables d’Ésope ainsi que chez Phèdre. Jean de La Fontaine l’utilise également dans ses Fables et Alphonse Daudet lui dédie l’une des nouvelles du recueil des Lettres de mon moulin, La Mule du pape.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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