Le mouflon à manchettes.

Le Mouflon à manchettes est un animal robuste avec un cou court et gras et une tête allongée avec un front large. Son pelage est fauve, avec des poils durs, gros, raides et avec un duvet fin et bouclé. Des poils fauves pendent le long de la gorge jusqu’à la face antérieure des pattes. Chez les mâles, ils sont très longs et plus longs que chez les femelles. Ses cornes (jusqu’à 88 cm chez le mâle et 45 chez la femelle) s’enroulent en demi-cercle avec une
courbure assez ouverte. Elles sont triangulaires à la base et plutôt de type hétéronyme. Elles peuvent servir à la détermination de l’âge dans les populations sauvages du fait des arrêts de croissance annuels. En Espagne, les mâles et les femelles peuvent atteindre respectivement une hauteur au garrot de 110 cm et de 90 cm, et un poids de 150 kg et de 70 kg.

Le Mouflon à manchettes habite des régions rocheuses et escarpées entre 200 et 4100 m, évitant toutefois les zones enneigées. Sa stupéfiante agilité sur les supports les plus difficiles et son mimétisme faisaient dire aux habitants du Tibesti « mouflon comme le diable ». Dans ses habitats d’introduction, il utilise l’espace en fonction de la saison. Il recherche en hiver les pentes exposées plein sud, plus chaudes, et en été les versants nord, plus frais et avec de meilleurs pâturages. Il préfère des zones plus ouvertes et pentues pendant la saison de reproduction (printemps), les zones boisées en été et les pâturages en automne (rut) et en l’hiver. En Espagne, le maquis et la forêt représentent 45 à 65% des habitats utilisés. Dans les régions arides, il fréquente également des zones boisées pendant le rut.

Mouflon à manchettes, carte maximum, Tchad, 1988.

La période de rut principale se situe à l’automne (septembre – novembre) avec un pic de naissances de mars à mai (gestation de 5,5 mois). Des naissances peuvent être néanmoins observées tous les mois de l’année. Les premières mises-bas sont notées chez les femelles âgées de 14,4 – 48,6 mois.

Les portées sont de 1 ou 2 petits, exceptionnellement 3 en nature avec une sex-ratio de 1:1. En captivité, 37 des 201 mises bas suivies concernaient des naissances gémellaires avec un sex-ratio 1:1. Les petits peuvent suivre leur mère quelques heures après la naissance. Le sevrage a lieu vers l’âge de 5,5 mois (Cassinello, 1998 et 2012). Une longévité maximale de 16 ans a été constatée en nature. Hormis l’Homme, ses prédateurs sont les grands carnivores. En Espagne, des jeunes mouflons sont capturés occasionnellement par l’Aigle royal (Aquila chrysaetos) et surtout par des chiens (J. García in Cassinello, 2012). En revanche, l’épidémie de gale a entraîné une baisse de population de 90% en 1991. La reprise a toutefois été
spectaculaire. Pendant la phase de régression, il y a eu un taux plus élevé d’infection chez les mâles (21,9%) que chez les femelles (16,6%) ou des jeunes (5,1%). Les suivis ont permis de détecter la prévalence d’anticorps de Neospora caninum chez 7,7% de 13 individus et la présence d’anticorps du
virus de la « blue tongue » chez un des 22 mouflons examinés.

L’accroissement annuel a été de 30% dans la Sierra d’Espuňa. Dans le Canyon de Palo Duro (Texas), le lâcher de 42 individus en 1957 a abouti à une population de 600 individus en 1967.

Le Mouflon à manchettes est une espèce grégaire non territoriale, caractérisée par la ségrégation  des sexes en dehors de la saison du rut. La taille du groupe ne dépasse généralement pas 11 individus.

Il a au cours de l’année deux périodes d’activité essentiellement consacrées à l’alimentation: au lever du jour et en fin d’après-midi. Au Maroc, ce comportement a été observé dans des réserves interdites au parcours et où les animaux bénéficient d’une certaine quiétude. Dans les zones ouvertes pâturées en journée, les mouflons s’alimentent de nuit.

Le domaine vital peut atteindre 3300 ha. Celui de mâles radiopistés était deux fois plus grand que celui de femelles : 1547,4 ha / 764 ha. Il variait en taille saisonnièrement mais le centre d’activité restait approximativement le même.

Le Mouflon à manchettes développe un comportement de dispersion (1,8 km /an en moyenne au Nouveau Mexique) indépendant de la taille de la population et de la densité, à l’initiative exclusive de mâles matures suivis de petits groupes de reproducteurs. Il atteint 7,25 km par an au canyon de Palo Duro (Texas), taux de dispersion qui lui permet de se propager rapidement et largement sur une seule année. Des déplacements de long cours sont observés chez cette espèce de façon régulière jusqu’à plus de 100 km, voire 300 km pour un mâle. Cette forte dispersion d’animaux solitaires ou en petits groupes a été observée également à partir de la Sierra d’Espuňa.

Le Mouflon à manchettes est un herbivore généraliste peu exigeant qui effectue des choix en fonction de la disponibilité saisonnière : 74 plantes (19 ligneux, 39 herbacées et 16 graminées) ont été identifiées au Nouveau Mexique où la ration annuelle se compose de 42% de ligneux, 38%
d’herbacées et 20% de graminées (Simpson et al 1980). Il peut ainsi résister aux conditions climatiques défavorables, en particulier à la sécheresse (report sur les ligneux) et aux températures élevées. Il est capable de survivre de longues périodes dans les endroits rocheux avec une végétation très réduite et quasiment sans eau. C’est son biotope naturel.

L’effectif de la population totale dans son aire d’origine est compris entre 5 000 et 10 000 individus et pourrait diminuer de plus de 10 % en 15 ans, ce qui lui a conféré le statut de vulnérable depuis son classement en 1986.

Les individus de la Sainte Victoire résultent peut-être du brassage de plusieurs sous-espèces et, dans tous les cas, ils ont cohabité avec diverses espèces d’ongulés. Leur état sanitaire et leur qualité génétique nous sont inconnus. En l’état, ces individus ne présentent pas d’intérêt pour la
conservation de l’espèce qui, par ailleurs, fait l’objet d’élevages conservatoires.

Le Mouflon à manchettes n’est pas une espèce chassable au titre de l’arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée. Seul le Mouflon est mentionné, toutefois cela fait référence à celui naturellement présent sur notre territoire, c’est-à-dire le Mouflon
méditerranéen.

Ensuite, il ne s’agit pas non plus d’une espèce protégée puisqu’elle ne figure ni à l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection, ni à celui du 9 juillet 1999 fixant la liste des espèces de vertébrés protégées menacées d’extinction en France et dont l’aire de répartition excède le territoire d’un département.

L’espèce Mouflon à manchettes est originellement présente en Afrique et plus particulièrement dans l’Atlas. Il a par la suite été introduit à des fins cynégétiques aux Etats-Unis et en Espagne où il est considéré comme une espèce exotique envahissante.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Espèces exotiques envahissantes, YouTube

Consulter le document complet (au format PDF) :

mouflon_manchettes_bdr

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