Le Moringa oleifera.

Moringa oleifera, souvent appelée simplement moringa ou ben ailée3, est l’espèce la plus cultivée du genre Moringa de la famille monotypique des Moringaceae.

Originaire d’Inde et du Sri Lanka, elle est maintenant acclimatée dans presque toutes les régions tropicales : ce petit arbre mellifère à croissance rapide, résistant à la sécheresse, peut mesurer jusqu’à 10 mètres. Ses jeunes gousses et les feuilles sont utilisées comme légumes. Les bourgeons axillaires sur la tige verte apparaissent à partir de la mi-mai, moment de reprise de la croissance végétale. Les graines sont aussi utilisées pour purifier l’eau, comme détergent, ou comme plante médicinale.

Ci-dessous, sauf précision contraire, le mot « moringa » se rapporte à l’espèce Moringa oleifera.

« Moringa » vient du mot tamoul (Morungai/ muruṅga / முருங்கை /முருங்க), en référence à ses jeunes capsules tordues. La plupart des langues utilisent un dérivé phonétique de ce mot pour désigner la plante.

Il porte les noms de brède mouroum à la Réunion et à l’île Maurice, ananambo à Madagascar, nébédaye au Sénégal ou néverdier parfois utilisé en français (ces deux dernières appellations viendraient de l’anglais « never die », qui signifie « ne meurt jamais », en raison de la capacité de ses pousses desséchées à reverdir dès les premières pluies). Au Cameroun, on le nomme Gligandjah en fulfulde dans le nord et horseradish-tree en zone anglophone (arbre raifort, en raison de la saveur de ses racines, qui ressemble à celle du raifort). Parmi ses autres noms dans les régions anglophones, on l’appelle aussi moringa1, drumstick tree (arbre pilon, en raison de la forme de ses longues et minces capsules trigones), ben oil tree, benzoil tree, benzolive (en raison de l’huile extraite de ses graines), ou encore drumstick tree, kelor, marango, mlonge, mulangay, nébéday, saijhan ou sajna.

Au Tchad cette plante est omniprésente surtout dans la partie sud du pays. On le nomme Haalem en langue daye (”Daye” ethnie du sud du Tchad et des grands consommateurs des feuilles de moringa).

Plante succulente xérophyte à caudex, Moringa oleifera est un arbre à croissance rapide, à feuillage caduc, qui peut atteindre une hauteur de 10-12 mètres pour un diamètre du tronc de 45 centimètres. L’écorce de couleur gris blanchâtre est entourée par une épaisse couche de liège.

Les jeunes pousses sont rouge violacé ou d’un blanc verdâtre, et la tige est pubescente. Les fines branches fragiles composant la couronne de l’arbre sont aérées et retombantes. La plante elle-même est un petit arbre à tronc résineux et écorce vert pâle, à cime légère.

Ses feuilles d’apparence plumeuse sont tripennées avec de petites folioles elliptiques.

Les fleurs odorantes et bisexuées comptent 5 sépales et 5 pétales de tailles inégales, blanc jaunâtre finement veinés, 5 étamines et 5 staminodes, un ovaire stipidé à une seule loge garnie de 3 placentas pariétaux portant de nombreux ovules10. Elles mesurent environ 1,0-1,5 centimètre de long et 2,0 centimètres de large. Elles sont disposées en grappes diffuses ou tombantes, longues de 10-25 centimètres, sur un axe principal mince et poilu. C’est une plante mellifère. Ses pollen et nectar permettent la production de « miel de Moringa ».

La floraison peut se produire dès les six premiers mois suivant la plantation. En zone plus tempérée la floraison ne survient qu’une fois par an (entre avril et juin dans l’hémisphère nord). Selon les conditions saisonnières de températures et de pluviométrie, la floraison peut se produire deux fois par an, voire toute l’année.

Le fruit est une longue capsule pendante, trigone, marron, à section anguleuse, formée de 3 valves, contenant des graines huileuses garnies de 3 ailes. Le fruit devient brun foncé à maturité, mesure de 20-45 centimètres pour un diamètre d’environ 1 centimètre et peut contenir une trentaine de graines. Les graines globuleuses portant trois ailes blanchâtres papyracées se développant sur une coquille semblable à celle de la cacahuète. Elles sont disséminées par le vent et l’eau.

En culture, il est souvent émondé de 1 à 2 mètres chaque année, ce qui permet de garder les capsules et les feuilles à portée de bras sur les rejets.

Originaire du sous-continent indien (Afghanistan, Inde, Pakistan, Sri Lanka) Moringa oleifera est cultivée sur une répartition pantropicale11. Elle se comporte comme une plante envahissante à Cuba.

Le moringa a nombreuses applications en cuisine du fait de sa répartition mondiale. Il peut être consommé cru, sans préparation supplémentaire, mais est souvent employé dans une variété de plats.

En Inde, le moringa est une plante vivrière cultivée pour ses fruits, qui sont mangés cuits et exportés frais ou en conserve. On l’emploie dans les currys, les sambars, kormas, et dals, mais il est également utilisé comme assaisonnement pour les escalopes et autres recettes. Les jeunes capsules tendres et les feuilles finement hachées, sont utilisées comme garniture pour les plats de légumes et les salades. Elles sont également utilisées à la place ou avec la coriandre. Dans certaines régions, les fleurs sont récoltées et nettoyées pour être préparées avec de la farine de pois chiche et d’autres épices pour confectionner des beignets servis en amuse-gueule ou ajoutés à des caris : les pakoras. Les feuilles peuvent être frites et mélangées à du thon séché-frit, des oignons et des piments secs, constituant un équivalent de sambal, qui accompagne le riz au curry. Une soupe faite de feuilles de moringa et de riz, est particulièrement consommée pour le petit déjeuner pendant le mois de Ramadan. Il est également un ingrédient commun dans les omelettes. Les capsules sont utilisées pour cuisiner un curry doux. Les fleurs séparées de la tige, peuvent être bouillies, réduites en purée et cuites. Dans d’autres régions, la cuisine indienne utilise souvent les capsules et les feuilles de moringa en curry. Les longues capsules de moringa sont coupées en morceaux, et compotées dans les currys et soupes. Les capsules fibreuses sont souvent mâchées pour extraire le jus et les nutriments, avant d’être recrachées.

En Thaïlande, les jeunes capsules vertes, les feuilles et les fleurs sont utilisées dans une variété de plats, comme les currys, les sautés, les soupes, les omelettes et des salades. Un des plats traditionnels thaïs est un curry acidulé fait à base de capsules de moringa et de poisson.

Aux Philippines, les feuilles de moringa sont couramment ajoutées au bouillon comme une simple soupe. Les feuilles sont aussi un des ingrédients typiques des plats traditionnels comme la tinola, composée de poulet dans un bouillon de feuilles de moringa, de papaye verte ou d’autres légumes, ou comme les utan, ensemble de plat de légumes. Les feuilles peuvent également être cuisinées avec de l’huile d’olive et du sel pour obtenir une sorte de sauce pesto pour les pâtes. Le jus de moringa peut être mélangé avec du jus de lemonsito pour faire des bonbons glacés ou des boissons rafraîchissantes.

En Indonésie, les feuilles sont consommées dans une soupe claire de légumes, souvent accompagnée de maïs, d’épinards et de lait de coco.

Au Cambodge, où le moringa porte le nom de ម្រុម /mərum/, ses jeunes feuilles peuvent être utilisées dans la soupe de légumes appelée ស្រឡក់ /srəlɑʔ/, mais aussi dans la très populaire soupe de légumes variés appelée សម្លកកូរ /sɑmlɑː kəkɔo/. Les fruits peuvent être ajoutés aux soupes acidulées appelées សម្លម្ជូរ /sɑmlɑː məcuː/. La chair contenue dans les capsules et les jeunes graines, sont utilisées pour la soupe. Les jeunes feuilles peuvent être frites aux crevettes ou ajoutées comme garniture dans la soupe de poisson. De nombreux plats traditionnels utilisent des feuilles (sluc) du moringa connu comme daum m’rum, comme korko (un mélange de légumes de la soupe). Comme c’est un des légumes préférés des Cambodgiens, ces arbres sont traditionnellement plantés à proximité des habitations.

Au Sahel, les feuilles de Moringa oleifera sont consommées comme légumes et celles de Moringa stenopetala constituent le repas de base du peuple Konso en Éthiopie.

On peut également extraire de ses graines une huile alimentaire intéressante, notamment en Afrique, mais dont la composition change selon la provenance ou les conditions de culture.

Les feuilles cuites et utilisées comme des épinards, sont souvent séchées et broyées en une poudre utilisée dans les soupes et les sauces.

Ses racines servent à produire un condiment.

« Toutes les parties de cette plante sont des sources renouvelables de tocophérols (γ et α), de composés phénoliques, de β-carotène, de vitamine C et de protéines totales, y compris les acides aminés soufrés essentiels, la méthionine et la cystéine ».

Plusieurs études traitent de la valeur nutritive des fruits et des feuilles de Moringa oleifera.

Les feuilles de Moringa oleifera sont la partie la plus nutritive de la plante. Des analyses nutritionnelles ont montré qu’elles sont plus riches en vitamines (B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9, A, C, E), minéraux (potassium, calcium, magnésium, fer, manganèse, sélénium) et protéines que la plupart des légumes. Elles contiennent des acides aminés dont les acides aminés essentiels (isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane, valine). Elles contiennent deux fois plus de protéines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de bœuf ou les lentilles et deux fois plus de vitamine C que l’orange.

Elles constituent une source importante de vitamines B, C, proA (bêta-Carotène), K, de manganèse, de protéines et d’autres nutriments essentiels. Les feuilles de moringa cuites font partie des aliments contenant les taux les plus élevés en éléments nutritifs.

Cependant, certains éléments comme le calcium, présent sous forme de cristaux d’oxalate, sont présents à des niveaux de 1/25 à 1/45 de ce qu’on trouve dans les épinards, ce qui est une quantité négligeable.

À la Réunion, aux Comores et à Madagascar, elles sont consommées en brèdes.

Dans la mesure du possible, mieux vaut consommer des feuilles fraîches car les sachets de poudre de Moringa vendus en magasin en Occident contiennent souvent des taux de pesticides élevés.

Les capsules immatures sont couramment consommées dans le Sud de l’Asie. Elles sont étuvées et cuites en curry jusqu’à l’attendrissement. Ces fruits et graines immatures, même après leur cuisson à l’eau, restent particulièrement riches en vitamine C (qui peut être dégradée de façon variable par la cuisson). C’est également une bonne source de fibres alimentaires, de potassium, de magnésium et de manganèse.

Les graines mûres sont parfois retirées des capsules arrivées à maturité et consommées comme les pois ou grillées comme des noix. Elles ont une teneur élevée en vitamine C et contiennent des quantités modérées de vitamines B et d’oligo-éléments.

Les graines mûres présentent un rendement de 38 % à 40 % d’huile comestible appelée « huile de ben » du fait de sa forte teneur en acide béhénique. L’huile raffinée, claire et inodore, ne rancit pas.

L’huile est également très riche en acide oléique et se classe parmi les huiles végétales avec la concentration la plus forte de cet acide, avec l’huile de noisette et l’huile d’olive.

Sa production, majoritairement asiatique, se répartit entre l’huile raffinée et l’huile non raffinée, généralement utilisée en cuisine et cosmétique pour sa composition en vitamines et en acides gras essentiels.

Les racines broyées sont utilisées comme condiment au goût prononcé lié à leur importante teneur en polyphénols.

Beaucoup de programmes humanitaires utilisent les feuilles de Moringa oleifera contre la malnutrition et ses maladies associées (cécité, etc.). Il est particulièrement utile pour lutter contre la malnutrition chez les nourrissons et les mères allaitantes.

Le moringa pouvant pousser en zone aride ou semi-aride, il peut y constituer une source d’aliments nutritifs et variés tout au long de l’année.

Les feuilles de moringa ont souvent été mises en valeur pour leur richesse en fer (100 g de feuilles fournissent 31 % des apports nutritionnels journaliers recommandés) pour lutter contre la sidéropénie. Cependant, d’autres études sont nécessaires pour vérifier les applications pratiques de cet aliment comme source de fer assimilable et sa biodisponibilité.

Dans les pays en développement, le moringa a le potentiel d’améliorer la nutrition, de renforcer la sécurité alimentaire, de promouvoir le développement rural et le soutien durable des campagnes.

Selon les traditions indiennes Yunâni et ayurvedique, les feuilles du moringa pourraient guérir plus de 300 maladies. En phytothérapie, la poudre de feuilles de moringa est indiquée pour stimuler le système immunitaire, réduire la fatigue, abaisser la pression artérielle, améliorer la digestion et le transit, renforcer les capacités cognitives… Les formules des compléments alimentaires proposent soit de la poudre de feuilles de moringa seule, soit en association avec d’autres ingrédients. Les applications médicinales du moringa sont nombreuses et variées.

L’écorce, la sève, les racines, les feuilles, les graines et les fleurs sont utilisées depuis des siècles ou milliers d’années par la médecine traditionnelle32 pour soigner la peau, des maladies respiratoires, des infections dentaires ou ORL, l’hypertension, le diabète, le cancer ou pour purifier l’eau.

En 2003, une étude sur la souris de laboratoire a conclu à un effet potentiel contre les cancérogènes chimiques33. Cette même année, une autre étude a montré que la feuille de Moringa oleifera contient des glucosinolate et des composés phénoliques et que l’extrait de feuille contient une faible quantité de polyphénols ayant des propriétés (antioxydants notamment), étudiées à plusieurs stades de maturité.

En 2011 une étude confirme que des extraits (aqueux et éthanolique) de feuilles et de fruits de Moringa oleifera diminuent le stress oxydant grâce à de puissantes propriétés antioxydantes, dépendant de la concentration et observées in vitro comme in vivo). L’extrait éthanolique de fruit a présenté la plus haute teneur phénolique et « un fort pouvoir réducteur et une capacité de piégeage des radicaux libres. La capacité antioxydante de l’extrait éthanolique de fruits et de feuilles était plus élevée dans le test in vitro par rapport à l’extrait aqueux qui a montré un potentiel plus élevé in vivo ». Les effets antioxydants pourraient être dus aux teneurs en polyphénols, tanins, anthocyanes, glycosides et thiocarbamates de la plante, molécules qui éliminent les radicaux libres, activent les enzymes antioxydantes et inhibent les oxydases37,38. Les tests de toxicité ne montrent aucune toxicité de ces extraits jusqu’à une dose de 100 mg/kg de poids corporel.

D’autres auteurs estiment qu’en dépit d’usages très anciens et d’un potentiel agro-industriel reconnu, l’efficacité de Moringa oleracea n’a pas été démontrée pour le diagnostic, le traitement ou la prévention de certaines maladies humaines qu’il est réputé traiter, des recherches ayant montré une absence d’effet mesurable sur le taux de glucose et sur le profil lipidique. Les composants photochimiques de Moringa oleifera ont fait l’objet de nombreuses recherches en phytopharmacie, mais peu se sont révélées suffisamment sérieuses et fructueuses ; d’études de qualité sur des êtres humains peuvent justifier son utilisation pour le traitement des maladies humaines.

Divers effets indésirables peuvent survenir après la consommation de moringa (écorce, racines, fleurs et leurs extraits), car ces composants contiennent des substances potentiellement toxiques. le Handbook on Agro Based Industries considère que l’on ne court aucun danger à consommer des feuilles de moringa à raison de 6 g par jour pendant 3 semaines.

Source : Wikipédia.

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