Le moineau domestique.

Le Moineau domestique (Passer domesticus) est une espèce de petits passereaux de la famille des Passeridae. C’est un petit oiseau assez trapu, mesurant environ 16 cm de long pour un poids allant de 24 à 39,5 g. Il présente un dimorphisme sexuel, comparable à celui du Moineau rutilant.

Les femelles et les jeunes oiseaux sont pâles, colorés de brun et de gris, tandis que les mâles ont le teint plus vif, avec des marques noires, blanches et brunes. Granivore, il se nourrit majoritairement de céréales et d’autres graines, mais se montre opportuniste, consommant divers invertébrés, les insectes en premier lieu, qui servent par ailleurs d’alimentation de base aux oisillons. Ses prédateurs principaux sont les chats domestiques et les rapaces.

Moineau, carte maximum, Paris, 10/06/2018.

Ce moineau est très commun dans la plupart des parties du globe : originaire du bassin méditerranéen et d’une grande partie de l’Asie, il a été introduit accidentellement ou volontairement dans beaucoup d’autres régions du monde. C’est l’oiseau à l’aire de répartition la plus vaste. Le Moineau domestique côtoie largement l’humain, avec lequel il entretient souvent une forte relation de commensalisme, et peut vivre en milieu urbain ou rural. Bien qu’on trouve cet oiseau dans des habitats et sous des climats très variés, il évite généralement les vastes forêts, les prairies et les déserts éloignés de l’habitat humain.

En raison de ses grands effectifs et de son omniprésence là où les hommes se sont établis, et ce depuis la préhistoire, cet oiseau occupe une place importante dans notre culture. Il est amplement chassé pour les dommages qu’il cause aux terres agricoles, le plus souvent sans succès, mais il a aussi souvent été gardé comme animal de compagnie, considéré comme un produit alimentaire, ou comme un symbole de la luxure et de la puissance sexuelle, ainsi que de la banalité et la vulgarité. Bien qu’il soit largement répandu et abondant, ses effectifs ont diminué dans certaines régions, en particulier dans certaines grandes agglomérations. Il est considéré comme espèce suscitant une « préoccupation mineure » selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.


Le Moineau domestique est un oiseau trapu, mesurant de 14 à 18 cm, généralement 16 centimètres, pour une envergure deux fois plus grande. L’adulte pèse de 24 à 39,5 g, les femelles étant en moyenne un peu plus petites que les mâles. Les mâles sont plus gros durant l’hiver et les femelles lors de la saison de reproductions. Conformément à la règle de Bergmann, les oiseaux des latitudes inférieures sont plus petits, que ce soit entre sous-espèces ou au sein de l’une d’elles, comme c’est le cas en Amérique du Nords. Le poids médian pour les deux sexes sur le continent européen est d’environ 30 g, alors que les sous-espèces les plus méridionales pèsent environ 26 g. Les oiseaux des latitudes plus élevées ont tendance à être plus grands. La tête est grosse et ronde, avec un bec conique, court et fort mesurant entre 1,1 et 1,5 cm. La queue est courte, et mesure de 5,2 à 6,5 cm de long ; l’aile pliée mesure de 6,7 à 8,9 cm, le tarse de 1,6 à 2,5 cm.

Le plumage du Moineau domestique est principalement coloré en nuances de gris et de brun. Le dimorphisme sexuel est très marqué, notamment durant la saison de reproduction, les femelles et les jeunes étant de couleur beige-chamois, et le mâle arborant des couleurs au contraste plus marqué, notamment au niveau de la tête.

En plumage nuptial, le mâle a une couronne grise bordée d’un brun sombre aux reflets châtains recouvrant les yeux et allant jusqu’à l’arrière le cou, ainsi qu’une gorge ornée d’une bavette noire se noyant progressivement dans la poitrine. Un point presque blanc se trouve à l’arrière de l’œil ; le bec est gris sombre, les joues comme le ventre sont gris pâle et les côtés du cou sont blancs. Le haut du dos est brun chaud, strié de noir, tandis que le bas du dos, le croupion et la base de la queue sont gris-brun. Les épaules (plumes scapulaires) sont châtain, les ailes aux couleurs boisées sont parcourues par une barre alaire blanche ; la queue est marron foncé. En dehors de la saison de reproduction, le mâle est plus terne marqué de chamois sur de nombreuses plumes et perd sa bavette noire. Le passage en plumage nuptial ne se fait pas via une mue mais par l’usure naturelle des plumes.

Femelles et jeunes sont très similaires, le détail purement morphologique permettant de les distinguer étant les commissures du bec encore jaunes — parfois roses — du jeune oiseau qui contrastent avec le reste du bec. Ils ont un plumage plus cryptique que le mâle, c’est-à-dire sans les zones sombres de ce dernier et globalement plus grisâtre, les parties supérieures striées de brun. Le bec des femelles est brun clair, tout comme les pattes. Le sommet de la tête est brun grisâtre et l’œil est surmonté d’un sourcil gris chamoisé.

Le plumage varie légèrement parmi la douzaine de sous-espèces que compte le Moineau domestique. Celles-ci sont réparties en deux grands groupes : le groupe indicus rassemblant les oiseaux de répartition orientale, le groupe domesticus les espèces du Paléarctique. Les oiseaux du groupe domesticus ont les joues grises, alors que ceux du groupe indicus les ont blanches, ainsi qu’une couronne plus claire, un bec plus petit et la bavette noire des mâles plus longue. La sous-espèce Passer domesticus tingitanus diffère peu de la sous-espèce type (P. d. domesticus), mais lorsque le plumage nuptial du mâle s’use, la tête est tachetée de noir et les parties inférieures sont plus pâles. P. d. balearoibericus est légèrement plus pâle que domesticus, mais plus sombre que P. d. bibilicus. P. d. bibilicus est plus pâle que la plupart des sous-espèces, mais a les joues grises des oiseaux du groupe domesticus. Le similaire P. d. persicus est plus pâle et plus petit, et P. d. niloticus est presque identique mais encore plus petits. Parmi les sous-espèces les moins répandues du groupe indicus, P. d. hyrcanus est plus grande que P. d. indicus, P. d. bactrianus est plus grande et plus pâle, P. d. parkini est plus grande et plus sombre avec plus de noir sur la poitrine que n’importe quelle autre sous-espèce, et P. d. hufufae est plus pâles.

Le Moineau domestique peut être confondu avec un certain nombre d’autres oiseaux granivores, mais surtout avec ses parents du genre Passer. La plupart de ceux-ci sont plus petits, avec une apparence plus élégante, comme le Moineau de la mer Morte (Passer moabiticus). Les femelles, de couleur terne, ne peuvent souvent pas être distinguées des autres espèces, et elles sont par exemple presque identiques aux femelles du Moineau espagnol (Passer hispaniolensis) ou du Moineau cisalpin, pour autant que l’on considère ce dernier comme une espèce à part entière ; les mâles de ces mêmes espèces se distinguent du domestique par leur calotte châtaigne. Le Moineau friquet (Passer montanus) est plus petit et plus mince avec également une calotte couleur châtaigne, et une tache noire sur chaque joue. La voix du friquet est également bien distincte, aux cris plus brefs que le Moineau domestique. Le Moineau du Sind (Passer pyrrhonotus) est plus petit, les mâles moins tachés de noir sur la gorge et la femelle ayant généralement un sourcil pâle distinctif.

L’adulte se nourrit principalement de graines de céréales et d’herbes folles, mais il est opportuniste et sait s’adapter, consommant tout aliment disponible. Il peut effectuer des manœuvres complexes et inhabituelles pour obtenir sa subsistance, comme ouvrir les portes automatiques afin d’entrer dans les supermarchés, s’accrocher aux murs des hôtels pour voir les vacanciers sur leurs balcons, manger les insectes sur les radiateurs automobiles ou consommer le nectar de certaines fleurs des plantes du genre Sophora.

Plusieurs études sur le Moineau domestique menées dans des zones agricoles au climat tempéré ont mesuré que les graines représentaient près de 90 % du régime de l’oiseau. Il consomme à peu près toutes les graines, mais s’il a le choix, il préfère l’avoine et le blé. Dans les zones urbaines, le Moineau domestique se nourrit principalement des denrées alimentaires fournies directement ou indirectement par l’humain, comme le pain, bien qu’il préfère les graines à l’état brut. Il mange également des baies, des fruits et des bourgeons, et peut survivre sans eau dans les zones arides grâce à la seule humidité des baies ingérées.

Une autre part importante du régime alimentaire du Moineau domestique est d’origine animale : elle est principalement constituée d’insectes, où coléoptères, chenilles, diptères et pucerons sont prédominants. Cet oiseau consomme également divers arthropodes, des mollusques et crustacés quand il peut en trouver, mais aussi des vers de terre, et même des vertébrés comme les lézards, les grenouilles ou les souris. Au nid, les oisillons sont majoritairement nourris d’insectes durant une quinzaine de jours après l’éclosion. Ils sont également nourris d’un peu de blé et de graines d’adventices, d’araignées et des caryopses. Souvent les sauterelles et les grillons sont les plus consommés. Les hémiptères, fourmis, mouches à scie, et les coléoptères sont également importants, mais les Moineaux domestiques tirent parti de la nourriture la plus abondante quelle qu’elle soit pour nourrir leurs petits.

Le Moineau domestique attrape les insectes en vol au début du printemps et au début de l’automne, et déchire les fleurs, surtout les jaunes, au printemps. Il dépend du grain pour digérer les graines dures, ou celui-ci peut être remplacé par des gravillons, souvent provenant de la maçonnerie, ou des morceaux de coquilles d’œufs ou d’escargots ; les grains rugueux et de forme oblongue sont privilégiés.

Le Moineau domestique est sexuellement mature dès la saison de reproduction suivant sa naissance, et peut parfois tenter de se reproduire dès ce moment. Certains oiseaux se reproduisant pour la première fois sous les tropiques sont seulement âgés de quelques mois, et présentent encore leur plumage de juvénile. Cependant les couvées des jeunes parents n’arrivent souvent pas à terme et le succès reproducteur augmente avec l’âge, car les oiseaux plus vieux se reproduisent plus tôt dans la saison que ne le font les jeunes couples, et mènent plus de jeunes à l’envol. La saison de reproduction du Moineau domestique est variable, dépendant principalement de la disponibilité des insectes.

Le Moineau domestique est monogame, et s’apparie généralement pour la vie. Les oiseaux d’un couple réalisent souvent des copulations extra-conjugales, avec près de 15 % d’oisillons non apparentés au compagnon de leur mère. La bigamie existe, mais est limitée par les agressions entre femelles. Les mâles surveillent de près leur compagne avant la reproduction pour éviter les infidélités. De nombreux oiseaux ne trouvent ni de nid ni de partenaire, et peuvent alors servir d’aides auprès de couples, ce qui augmente alors leur chance d’être choisi en remplacement si un partenaire vient à disparaître. Quel que soit le sexe d’un partenaire disparu il est rapidement remplacé durant la saison de reproduction. La formation d’un couple et le lien entre les deux oiseaux est liée à l’exploitation d’un site de nidification, bien que les oiseaux d’un même couple peuvent se reconnaître loin de leur nid. Avant la saison de reproduction, les mâles non appariés investissent un site de nidification et crient sans cesse pour attirer une compagne. Quand une femelle approche alors d’un mâle, celui-ci abaisse ses ailes en les faisant frémir, relève la tête en mettant en évidence son plastron noir, redresse sa queue en étalant les plumes de cette dernière. Le moineau mâle tente ensuite de s’accoupler avec la femelle, qui adopte une attitude menaçante et l’attaque avant de s’envoler. Le mâle vole alors à la suite de la femelle et parade devant elle, attirant d’autres mâles, qui paradent aussi face à la femelle. Ces autres mâles ne se reproduisent généralement pas avec la femelle, mais cela a déjà été observé. Quand la femelle est prête à copuler, elle sollicite le mâle en émettant un léger cri en dee-dee-dee. Le couple copule fréquemment et le mâle monte la femelle plusieurs fois d’affilée.

Le Moineau domestique préfère trouver abri dans un trou pour établir son nid, mais utilise des sites de nidification variés. Les nids sont souvent construits sous les avant-toits ou les chéneaux et divers emplacements creux des maisons. Les trous dans les falaises ou les berges et les cavités dans les arbres peuvent aussi être utilisées. Le moineau bâtit son nid en mars, de préférence dans une cavité (fissure, gouttière, etc.), à partir de paille, de plumes, de brins de textile. Il peut lui arriver d’occuper des nids d’hirondelle, parfois en délogeant les habitants. La femelle pond de trois à huit œufs, ayant pour dimensions extrêmes 19,1-25,4 mm × 13,0-16,9 mm. Ils seront couvés par les deux parents pendant 14 à 17 jours.

Vingt jours après leur éclosion, les jeunes peuvent quitter le nid, ce qui permet aux parents de nicher une nouvelle fois. Un moineau peut vivre jusqu’à treize ans.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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