Le mammouth.

Mammuthus (les Mammouths) est un genre éteint d’éléphants, mammifères proboscidiens de la famille des éléphantidés. Ils sont plus proches des éléphants d’Asie que des éléphants d’Afrique. Ils formaient un groupe largement répandu dont certains membres, comme le Mammouth laineux, étaient particulièrement bien adaptés au froid.

Venant d’Afrique, les mammouths se sont dispersés vers l’Eurasie, puis vers l’Amérique du Nord au Pléistocène inférieur. Les dernières espèces se sont éteintes à partir du Tardiglaciaire et au début de l’époque géologique actuelle qu’est l’Holocène. La plupart des espèces de mammouths se sont éteintes il y a 15 000 à 12 000 ans. Une dernière espèce de mammouth nain est attestée au nord de la Sibérie, dans l’île Wrangel, entre 5 700 et 1 700 av. J.-C..


Les ossements de mammouths sont connus depuis la fin du XVIIIe siècle. Georges Cuvier voyait en eux les ancêtres des éléphants (ils en sont en réalité de proches cousins). Les premiers exemplaires de mammouths congelés ont été découverts en Sibérie en 1799.

Mammouth, carte maximum, Paris, 19/04/2008.

Dans L’Histoire de l’Amérique, il est fait état de la découverte d’ossements de grande taille au confluent de la rivière Scioto avec l’Ohio : « Les naturalistes (…) n’ont jamais connu d’animal vivant d’une pareille nature. (…) les dents qu’on a trouvées ressemblent beaucoup à celles des éléphants. (…) Le Docteur Hunter (…) après avoir examiné plusieurs morceaux des défenses, des dents mâchelières & des mâchoires a prétendu qu’elles n’appartenaient pas à l’éléphant, mais à quelque grand animal carnivore d’une espèce inconnue. On a trouvé des os de la même espèce & d’une grandeur aussi remarquable près des embouchures de l’Oby, de la Jenifeia, & de la Lena, trois grandes rivières de Sibérie. »

Le mot « mammouth » vient du russe мамонт mamont, depuis le mansi mang ont, signifiant « corne de terre ». Le mot apparu pour la première fois en anglais dans le Dictionariolum Russico-Anglicum de 1618 de Richard James.

Comme tous les éléphantidés, les mammouths étaient de grands mammifères présentant une tête volumineuse avec une trompe et un corps massif pourvu de membres en piliers munis de cinq doigts. L’une des plus grandes espèces de mammouth, Mammuthus sungari, pesait en moyenne entre 6 et 8 tonnes, soit autant qu’un gros éléphant d’Afrique, mais des mâles auraient atteint le poids de 12 tonnes. Certains mammouths atteignaient 5 mètres au garrot.

Au cours de leur évolution, ils ont développé une importante adaptation au froid. La taille des oreilles et de la queue a fortement diminué, un clapet anal est apparu et trois couches ont permis de les protéger : une couche de graisse de 8 cm, une peau de 2 cm d’épaisseur et trois types de poils. Les poils extérieurs, exposés aux chocs thermiques, pouvaient atteindre un mètre de longueur. Ce lainage était composé de poils six fois plus épais qu’un cheveu humain. La tête, allongée et en forme de dôme, abritait des sinus très développés, permettant ainsi le traitement d’une grande quantité d’air froid.

Ces caractéristiques d’adaptation au froid ont été découvertes après séquençage du génome du mammouth en 2015 par Vincent Lynch, dont les travaux ont pour point de départ la comparaison entre le génome de deux mammouths et celui de trois éléphants d’Asie actuels.

Les mammouths sont en général caractérisés par des défenses proéminentes. La plus grande défense jamais retrouvée mesure près de 5 mètres. Les mammouths utilisaient ces longues défenses pour fouiller dans la neige les herbes à brouter. Des quartiers de la base et de la partie médiane de ces défenses ont été utilisés par l’homme pour la confection de sculptures.

Les mammouths ont sans doute disparu à la suite d’un réchauffement climatique rapide (en l’espace d’environ mille ans), ce qui a contribué à faire disparaître la steppe à mammouth, faite d’herbe et d’arbustes, au profit des forêts de conifères, au sud, et des régions couvertes de neige, au nord. Les molaires du mammouth étaient parfaitement adaptées pour brouter de l’herbe, mais sans doute pas pour consommer des feuillages d’arbres. Plusieurs hypothèses ont été proposées concernant l’extinction des mammouths, des tigres à dents de sabre et des mastodontes), ainsi que la glaciation du Dryas récent : maladie infectieuse, surchasse des chasseurs de Clovis, théorie du géocroiseur tueur (astéroïde ou comète) du géophysicien Allen West.

Auparavant le mammouth s’était adapté à plusieurs glaciations et réchauffements successifs par modification de sa pilosité, ainsi que de la taille et de la forme de ses défenses. La responsabilité de l’homme dans sa disparition est parfois avancée, mais n’est pas clairement démontrée.

La plupart des mammouths ont disparu à la fin de la dernière glaciation. L’explication du phénomène n’est pas à ce jour définitivement établie. Une petite population a survécu sur l’île Saint-Paul, en Alaska, jusque vers 6000 av. J.-C., tandis que les mammouths nains de l’île Wrangel n’ont pas disparu avant 2000 av. J.-C. environ. Il existe plusieurs théories pour expliquer la disparition de la mégafaune du Pléistocène en général et celle des mammouths en particulier, mais la plus vraisemblable est que cette extinction n’est pas due à une cause unique mais à une combinaison de plusieurs facteurs.

Voici treize mille ans, la température et l’humidité ont commencé à augmenter globalement, permettant la migration vers le nord des plantes comestibles. Dans un premier temps, les grands mammifères du Nord ont pu tirer parti de cet accroissement de nourriture disponible, mais le changement climatique a fini par les mettre en danger. Les nouvelles conditions météorologiques avantageaient les arbres, qui ont prospéré au détriment des étages inférieurs dont se nourrissaient les mammouths et les autres grands mammifères. Certains animaux, comme le bison et le wapiti, se sont adaptés à la nouvelle situation, mais d’autres, comme les mammouths, ont été décimés et ont fini par s’éteindre.

Outre le changement dans la végétation et les écosystèmes, l’augmentation de la température (6 °C entre 13000 et 8000 av. J.-C.) aurait lourdement affecté les mammifères adaptés au froid, causant finalement leur extinction. Dans le cas d’animaux comme le mammouth laineux, sa fourrure épaisse, qui permettait à son corps de conserver sa chaleur sous des climats glaciaux, pourrait l’avoir empêché d’éliminer l’excès de chaleur et aurait causé la mort de l’animal par hyperthermie. Les grands mammifères, qui ont un rapport surface-volume inférieur, auraient souffert plus que les petits mammifères.

Toutefois des recherches récentes ont montré que la température moyenne annuelle de la période interglaciaire actuelle que nous connaissons depuis dix mille ans n’est pas supérieure à celle des interglaciaires précédents, et donc que ces mêmes grands mammifères avaient survécu à des augmentations semblables de la température. Dans ces conditions, l’augmentation de température n’est pas à elle seule une explication suffisante.

De nouvelles données, provenant d’études menées sur les éléphants vivants, suggèrent que, si la chasse par l’homme n’a pas pu être la cause principale de l’extinction des mammouths, elle y a probablement contribué de manière importante. Nous savons en effet qu’Homo erectus (qui vivait il y a entre 1 million et 140.000 ans) consommait déjà de la viande de mammouth.

Les partisans de cette théorie, avancée pour la première fois dans les années 1960 par Paul S. Martin, de l’université d’Arizona, font remarquer la coïncidence apparente de l’expansion de l’homme dans le monde entier avec l’extinction de nombreuses espèces animales. La preuve la plus convaincante de cette théorie est le fait que 80 % des espèces de grands mammifères se sont éteintes en Amérique du Nord mille ans après l’arrivée des humains sur le continent. Un autre exemple est celui de l’île de Madagascar, colonisée depuis environ 1500 ans et où les hippopotames qui y vivaient ont disparu pendant les siècles qui ont suivi l’arrivée des humains, de même que les grands primates comme le lémurien géant Megaladapis. Dans le cas des mammouths, cette hypothèse a été corroborée par la découverte de squelettes de mammouth dans lesquels étaient fichées des pointes de projectiles.

Cependant les adversaires de cette théorie font valoir que les méthodes de chasse des hommes préhistoriques n’ont pu avoir un tel impact sur les populations de mammifères et invoquent le cas de l’Afrique, où les humains sont arrivés beaucoup plus tôt sans entraîner d’extinction importante. Autre argument contre cette hypothèse : dans la nature, les prédateurs ont tendance à ne pas chasser leurs proies de façon excessive, parce qu’elles ont besoin de se nourrir et de se reproduire. Cependant l’homme pourrait constituer une exception en raison de sa capacité à chasser d’autres types de proies ou à s’alimenter avec des végétaux si une espèce déterminée disparaît.

L’hypothèse de l’épidémie attribue l’extinction des grands mammifères du Pléistocène supérieur aux effets indirects de l’arrivée des humains. La théorie de l’épidémie postule que les hommes, ou les animaux qui se déplaçaient avec eux, ont introduit des maladies hautement virulentes dans des populations vulnérables de mammifères indigènes comme celle des mammouths, et que ces populations ont fini par s’éteindre. Les mammouths et d’autres grandes espèces étaient plus vulnérables à l’extinction, alors que les petites espèces ont une résistance plus grande grâce à leur mode de vie (gestation plus courte, populations plus importantes, etc.). La preuve de la responsabilité de l’homme consisterait dans le fait que les migrations précédentes de mammifères en Amérique du Nord à partir de l’Eurasie n’avaient pas causé d’extinctions.

Cette théorie se heurte néanmoins au fait qu’on n’a trouvé aucune preuve de maladies de ce genre. En outre une maladie doit être extrêmement virulente pour exterminer tous les individus d’une espèce ou d’un genre. Même une affection aussi virulente que la fièvre du Nil occidental pourrait difficilement provoquer une extinction. Enfin il semble presque impossible que la maladie ait pu être à la fois assez sélective pour ne pas tuer des espèces proches mais de tailles différentes et, en même temps, susceptible de tuer des espèces d’animaux appartenant à de nombreux types différents (oiseaux, mammifères, reptiles, etc.).

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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