Le lamantin.

Les lamantins (Trichechus) sont un genre de gros mammifères aquatiques herbivores, au corps fuselé, vivant en eaux littorales peu profondes, dans les lagunes ou l’embouchure des fleuves et les marais côtiers de la zone tropicale de l’océan Atlantique. Ce sont des animaux paisibles qui ont besoin d’une eau d’au moins 20 °C pour vivre.

Leur large mufle et leur mode d’alimentation (brouteur) leur vaut parfois d’être surnommés « vaches de mer » ou « vaches marines ».


Les lamantins ont une masse de 400 à 550 kg, pour une longueur allant de 2,8 à 3,0 m, avec des maxima de 3,6 m et 1 775 kg ; les femelles ont tendance à être plus grandes et plus lourdes. À la naissance, les lamantins ont une masse moyenne de 30 kg.

Lamantin, carte maximum, Niger, 1962.

Les lamantins ont un museau plus court que leurs compatriotes siréniens, les dugongs. Leurs petits yeux largement espacés ont des paupières qui se ferment de façon circulaire. Bien que ces yeux soient minuscules et froncés, l’animal n’est pas aussi myope qu’il le paraît : il distingue à vue les formes et les couleurs des objets. Les lamantins sont les seuls animaux connus pour avoir une cornée vascularisée. Leur lèvre supérieure, très souple, est préhensile. Ils l’utilisent pour recueillir la nourriture en vue de la manger, ainsi que pour les interactions sociales et la communication. Les adultes n’ont pas d’incisives ni de canines mais un ensemble de dents à l’intérieur des joues; les molaires ne sont pas clairement différentiables des prémolaires. Ces dents sont constamment remplacées tout au long de leur vie par des nouvelles qui poussent en arrière de la mâchoire : les dents les plus jeunes poussent les plus vieilles vers l’avant, jusqu’à ce qu’elles tombent. Ce processus est connu sous le nom polyphyodontie. Parmi les autres mammifères, seuls les kangourous5 et les éléphants connaissent un même mécanisme. À un moment donné, le lamantin n’a pas plus de six dents de chaque côté des mâchoires.

Les lamantins n’ont que six vertèbres cervicales, caractéristique très inhabituelle parmi les mammifères, et qui pourrait être due à des mutations dans les gènes homéotiques. Tous les autres mammifères ont sept vertèbres cervicales, à l’exception des lamantins et des paresseux.

La queue du lamantin est en forme de pagaie arrondie. Elle constitue l’un des signes les plus manifestes pour distinguer les lamantins et les dugongs (la queue du dugong ressemble généralement à celle des baleines). Cette queue peut compter plus de vertèbres que le reste du corps du lamantin. Les femelles ont deux mamelles, une sous chaque nageoire, caractéristique qui a été utilisée dans un premier temps pour faire les liens entre le lamantin et les éléphants. Le lamantin se déplace sous l’eau à l’aide de sa puissante nageoire caudale, ses deux membres antérieurs lui servant de gouvernail.

Comme les chevaux, les lamantins ont un estomac simple, mais un grand cæcum, dans lequel ils peuvent digérer les matières végétales difficiles. En général, leurs intestins ont une longueur d’environ 45 m, ce qui est exceptionnellement long pour des animaux de leur taille. Les lamantins produisent d’énormes quantités de gaz, ce qui contribue à préserver leur corps en forme, pour aider à la digestion de leur nourriture.

L’animal a des narines en haut de la tête. Il peut alors respirer sans se faire remarquer.

Le lamantin a une peau épaisse et rugueuse. Certains poissons, qui vivent en symbiose ponctuelle, le débarrassent de ses hôtes indésirables.

Les lamantins sont exclusivement herbivores, non ruminants, et consomment des plantes flottantes ou immergées. Les plantes aquatiques ont un faible contenu énergétique, ce qui explique peut-être que les lamantins ont un taux métabolique très bas, et ne peuvent vivre au-dessous de 20 °C.

Les lamantins se nourrissent de plantules de palétuviers (Rhizophora), de jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes), du bourgou (Echinochloa pyramidalis) ou des graminées (p. ex. Paspalum vaginatum). Un lamantin peut manger jusqu’à 50 kg de végétaux par jour. Bien qu’il soit diurne, il ne semble se nourrir que la nuit. Les plantes qu’il consomme contiennent souvent de la silice, qui provoque l’abrasion des dents. Ce phénomène est compensé par le renouvellement permanent de la dentition du lamantin.

La femelle commence généralement à se reproduire vers l’âge de 7 ans. Au terme d’une gestation d’environ 13 mois, elle donne naissance à un petit d’environ 30 kg.

Une femelle lamantin peut nourrir deux petits à la fois. Toutefois, ce phénomène est exceptionnel car ces siréniens ont rarement deux petits à la fois, mais il arrive qu’un orphelin soit adopté par une nourrice qui n’est pas sa mère.

Les fossiles les plus anciens de siréniens ont été trouvés en Jamaïque. Ils ont été datés de l’Éocène inférieur (ce sont les Prorastomatidae). Cet ordre se diversifie à partir de l’Éocène moyen. D’abord amphibies, ils deviennent complètement aquatiques à la fin de l’Éocène selon Daryl Paul Domning alors présents dans les zones chaudes de l’ouest-Atlantique et du Pacifique-ouest en passant par la Téthys. Les ancêtres des siréniens actuels (Trichechidae et Dugongidae) sont dits Protosiréniens. Des fossiles d’Halithériinae, ancêtres les plus proches des dugongs que nous connaissons de nos jours, ont été trouvés dans les couches datées de l’Oligocène de l’actuelle Europe (au-delà de la mer Thétys alors en recul) et dans l’Atlantique Nord-Ouest.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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