Le jardin des plantes de Paris.

Le jardin des plantes de Paris, ou le Jardin des plantesa, est un parc et un jardin botanique ouvert au public, situé dans le 5e arrondissement de Paris. Il est le siège et le principal site du Muséum national d’histoire naturelle, qui possède aussi d’autres sites à Paris et en province. En tant qu’espace de l’institution de recherche qu’est le Muséum, le Jardin des plantes est, à ce titre, un campus. En plus des espaces verts propres à un jardin (parterres, espaces botaniques, arbres, jardin à l’anglaise, etc.), on trouve aussi au Jardin des plantes une ménagerie, des serres, et des bâtiments d’exposition scientifique faisant office de musées que le Muséum nomme « galeries » (la galerie de Minéralogie fait ainsi office de musée de minéralogie et la galerie de Paléontologie, par exemple, est un musée de paléontologie).

Le Jardin des plantes est encadré, dans le sens des aiguilles d’une montre et en commençant par le nord, par le quai Saint-Bernard le long de la Seine, la place Valhubert, une très courte section du boulevard de l’Hôpital, et les rues Buffon (vers l’ouest de laquelle il s’étend des deux côtés, cette rue étant une ancienne allée du Jardin sous l’intendance de Buffon jusqu’en 1788), Geoffroy-Saint-Hilaire et Cuvier, qui délimitent une étendue de 23,5 hectares. Le Jardin est immédiatement voisin de la mosquée de Paris, du campus de Jussieu et de la gare d’Austerlitz ; le quartier environnant a pris son nom.


L’emplacement de l’actuel Jardin des plantes était au xvie siècle sur des arpents de la terre d’Alez. En ce lieu, l’apothicaire, herboriste et pharmacien du roi Nicolas Houël donnait déjà des cours d’herboristerie depuis les années 1540. La Bièvre traversait alors le site, là où se trouvait l’actuelle allée des Jussieu, et sur la butte Coypeau (actuellement le grand labyrinthe) se trouvait le moulin de la Tournelle. Ces lieux et points de repère sont visibles sur le plan de Truschet et Hoyau, dit plan de Bâle, représentant tous ces terrains en l’état où ils étaient vers 1550, époque à laquelle Houël donnait encore ses cours.

Jardin des plantes, carte maximum, Paris, 19/09/2009.

Le Jardin royal des plantes médicinales a été quant à lui créé par Guy de La Brosse en janvier 1626 par un édit du roi, ratifié par le parlement le 8 juillet. Les premiers terrains de la terre d’Alez seront achetés le 21 février 1633 et les suivants en 1636, le tout couvrant alors 18 arpents. Il est ouvert au public en 1634 : Guy de la Brosse en fera l’inauguration solennelle en 1640. Le graveur Frédéric Scalberge avait déjà peint, dès 1636, une aquarelle qu’il intitula Jardin du Roy pour la culture des plantes médicinales. Cette peinture montre qu’en 1636 la montée en spirale du grand labyrinthe se trouvait déjà sur la butte Coypeau (voir image « B », plus bas).

L’un des plus célèbres directeurs du Jardin royal fut le naturaliste Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788). Nommé surintendant du Jardin du Roy en 1739, succédant à Charles François de Cisternay du Fay, il occupera le poste jusqu’à sa mort. Agrandissant le lieu sans hésiter à avancer les frais de ses deniers personnels, il en fera l’un des plus importants centres de recherche scientifique en Europe à cette époque.

Le Jardin du Roi présente dès le début le dessin général de l’actuel jardin. À la Révolution, le jardin est nommé « jardin des plantes de Paris ». L’établissement scientifique devient le Muséum national d’histoire naturelle par décret de la Convention en juin 1793.

Traditionnellement, le Jardin des plantes est ouvert au public du lever au coucher du soleil, ce qui fait que ses horaires ne sont pas les mêmes au long de l’année. Des catacombes s’ouvrent à gauche de l’entrée de l’hôtel de Magny, bâtiment du XVIIIe siècle abritant des bureaux et (de février 2008 à janvier 2017) le cabinet d’histoire du Jardin des plantes. En 1789, le capitaine marseillais Pierre Blancard rapporte d’un voyage en Chine, pour la première fois, en France des boutures de chrysanthèmes.

La Révolution éclate un an après la mort de Buffon, intendant du Jardin du Roi, et entraîne de nombreux changements dans l’organisation du Jardin. Voici le début du texte fondateur rédigé par les savants eux-mêmes, à la demande de l’Assemblée constituante en 1793 :

  • article Ier : l’établissement sera nommé Muséum national d’histoire naturelle ;
  • article II : le but principal de l’établissement sera l’enseignement public de l’histoire naturelle, pris dans toute son étendue et appliquée à l’avancement de l’agriculture, du commerce et des arts ;
  • article III : le Muséum d’histoire naturelle sera sous la protection immédiate des représentants de la Nation ;
  • article IV : tous les officiers du Muséum d’histoire naturelle porteront le titre de professeurs ;
  • article V : tous les professeurs du Muséum seront égaux en droits et en appointements.

Afin de conserver le salaire élevé de Daubenton, les savants le nomment avec Buffon fondateur du Muséum, et Daubenton, alors âgé de 74 ans, est nommé directeur à vie. Il s’ensuit des temps plutôt confus, le gouvernement révolutionnaire ayant des affaires plus urgentes à traiter. En 1791, Bernardin de Saint-Pierre est nommé intendant du Jardin. C’est à son initiative qu’est alors créé, en 1793, la ménagerie du Jardin des plantes. Sous le Muséum, d’autres lieux d’exposition ouverts au public voient le jour : en 1802 Georges Cuvier, nommé l’année même professeur titulaire de la chaire d’anatomie comparée, s’empare d’un ancien bâtiment qui au XVIIIe siècle avait appartenu à la compagnie parisienne des fiacres pour en faire les premières galeries d’anatomie comparée, qu’il ouvre au public en 1806. Ce bâtiment rectangulaire, est actuellement partiellement conservé et surnommé « bâtiment de la baleine ». Après la chute de Napoléon Ier, le nouveau régime, sous la Restauration, commande à Gabriel Thouin, frère du botaniste André Thouin, d’élaborer un projet d’agrandissement du Jardin, mais ce projet ne voit jamais le jour. En 1836 sont inaugurées les grandes serres (deux pavillons jumeaux, encore conservés de nos jours), et en 1837 vient le tour d’être inaugurée à la galerie de Minéralogie et de Géologie, le premier bâtiment en France à avoir été conçu en tant que musée. De nouveaux bâtiments voient ensuite le jour : la galerie de Zoologie en 1889 (devenue en 1994 la grande galerie de l’Évolution), la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée en 1898 (qui remplace les galeries que Cuvier avait ouvertes en 1806) ou la galerie de Botanique en 1935.

La Bièvre coulait jadis au sud du Jardin des plantes ; des tanneries et des mégisseries s’y étaient installées. À l’est de celles-ci, Buffon acheta une grande parcelle sise de part et d’autre de la rivière, entre l’allée du Jardin des Plantes qui allait devenir la rue Buffon, et la rue Poliveau : le clos Patouillet, rattaché depuis lors à l’établissement. Recouverte au milieu du XIXe siècle, la Bièvre devint ultérieurement une rue, nommée « Nicolas-Houël » ; lors de la guerre de 1870 un hôpital de campagne fut bâti à la hâte dans ce clos Patouillet ; enfin la Troisième République rendit au Muséum l’usage de cet ensemble de terrains (aujourd’hui nommés « îlot Poliveau ») dont les bâtiments abritent des laboratoires, des collections parmi les plus importantes au monde (lithothèques, entomothèques, malacothèques et carcinothèques) et des bibliothèques. Pendant la Première Guerre mondiale, la partie ouest de la rue Nicolas-Houël devint l’allée centrale de cet ensemble qui fut alors clos.

La roseraie a pour but de présenter au public la diversité des roses cultivées. Elle comprend 170 variétés horticoles (cultivars) de roses, classées de manière raisonnée. La roseraie s’étend entre l’allée Haüy (du nom de l’abbé Haüy, pionnier de la minéralogie) et la galerie de Minéralogie et de Géologie qui lui est parallèle. Cette roseraie est ornée de deux statues, L’Amour captif marbre de Félix Sanzel et Venus genitrix de Charles Dupaty.

Thouin au XVIIIe siècle. Regroupant 2 500 variétés d’arbustes et de plantes herbacées, c’est un jardin systématique qui a donc pour but de présenter les végétaux selon la classification botanique et permet d’appréhender leur phylogénie. Elle comprend également des arbres historiques, dont un Pin laricio (Pinus nigra subsp. laricio) qui a été frappé par la foudre et présente depuis une silhouette caractéristique.

Le jardin écologique est un secteur clos où l’intervention humaine se fait la plus discrète possible afin de laisser place à la biodiversité naturelle. Créé en 1932, il a été fermé au public en 1960. Totalement interdit d’accès aux humains jusqu’en 1982, il fait alors l’objet de plusieurs inventaires et de quelques aménagements. Accessible seulement aux jardiniers et aux chercheurs autorisés à en étudier la biodiversité, cette partie du Jardin des plantes n’est rouverte au public qu’à partir de 2004, à l’occasion de visites guidées régulièrement organisées. Ce jardin présente les reconstitutions de différents milieux naturels d’Île-de-France : sept milieux ouverts (vigne, prairies, mare, platière…), ainsi que quatre milieux forestiers différant par la composition du sol, où poussent presque librement des espèces végétales spontanées. Le secteur accueille en outre quelques essences d’arbres et arbustes exotiques, témoins des plantations ayant précédé la création du jardin. Cet espace est aussi un refuge ou une étape pour la faune sauvage parisienne.

Enfin, situé entre l’école de botanique et la Ménagerie, le jardin alpin a été créé en 1931 (à la place de la vallée suisse et d’une pépinière) : il vise à présenter les plantes arbustives et herbacées des milieux montagnards du monde entier (Himalaya, Alpes, Corse). Il compte plus de 2 000 plantes regroupées en massifs biogéographiques. Il est accessible depuis l’école de botanique par un passage souterrain. Ce jardin comporte un pistachier mâle à partir duquel le botaniste Sébastien Vaillant mit en évidence la sexualité des végétaux au XVIIIe siècle.

La Ménagerie est le second plus ancien parc zoologique du monde. Elle fut créée en 1793 à l’initiative de Bernardin de Saint-Pierre, par le transfert des animaux de la ménagerie royale de Versailles et des ménageries privées et foraines en déshérence. Lors du siège de Paris par la Prusse entre le 17 septembre 1870 et le 26 janvier 1871, la plupart des animaux furent mangés par les Parisiens assiégés.

Au cours de son histoire, elle a présenté d’innombrables espèces animales, dont la première girafe présentée en France (1827), des éléphants, des ours bruns et blancs, des phoques. Au XIXe et au début du XXe siècle, des visites à dos d’éléphant ou de dromadaire s’y effectuaient moyennant un supplément. Beaucoup de constructions, parfois sophistiquées pour l’époque, ont été édifiées à cet effet au XIXe et au début du XXe siècle, succédant aux enclos et cages sommaires du début : rotonde, fosses aux ours, singeries, fauveries, maisons des rapaces et des reptiles, faisanderies. La plus vaste d’entre elles est sans doute la grande volière édifiée en 1888 par Alphonse Milne-Edwards pour l’Exposition universelle de 1889 et toujours utilisée.

Au milieu du XXe siècle, la Ménagerie est entrée dans une période de déclin, éclipsée par des parcs zoologiques plus modernes (zoo de Vincennes, parc de Thoiry), puis contestée par les mouvements anti-zoos, alors que pratiquement aucune rénovation ne pouvait être entreprise, faute de moyens (c’était aussi l’époque où la galerie de Zoologie, rebaptisée « grande galerie de l’Évolution » depuis 1994, a dû fermer parce qu’il pleuvait à travers sa verrière). Les installations où vivaient les animaux étaient souvent dégradées et exiguës.

C’est à partir des années 1980 qu’une politique de réhabilitation de la Ménagerie a été mise en place, avec plusieurs rénovations successives (volières à Rapaces, rotonde, reptilarium…), et une nette préférence fut accordée à la présentation d’espèces de petite et moyenne taille, généralement peu connues et/ou menacées d’extinction.

Les plus grandes espèces (éléphant, girafe, lion, tigre, gorille, chimpanzé, ours, loup, zèbre, hippopotame, rhinocéros), qui ne vivaient pas correctement dans les installations de petite taille qu’on ne pouvait pas agrandir au centre de Paris, ont progressivement quitté la Ménagerie pour le zoo de Vincennes entre les années 1970 et 2000.

La Ménagerie héberge 1 100 animaux, mammifères, reptiles et oiseaux, sur 5,5 hectares. Elle s’est spécialisée dans plusieurs groupes d’animaux : chez les mammifères, le cheval de Przewalski, l’orang-outan, plusieurs espèces de caprins (chèvre des montagnes Rocheuses, takin, bharal, bouquetin d’Éthiopie), des petits carnivores, des rongeurs et des cercopithèques ; chez les oiseaux, les vautours et les rapaces nocturnes sont bien représentés, de même que les faisans et certains échassiers (spatules, ibis, grues, agamis et le très rare kagou huppé) ; de nombreux reptiles (dont des tortues géantes de plus de 100 ans), des batraciens et des insectes sont élevés dans le reptilarium et le vivarium (construit par souscription grâce à René Jeannel).

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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