Le gui.

Le gui (aussi appelé Gui blanc ou Gui des feuillus, même si on le trouve parfois et localement sur des résineux), Viscum album, est une espèce de plantes parasites (hémiparasite), qui ne possède pas de racines mais se fixe sur un arbre hôte dont elle absorbe la sève à travers un ou des suçoirs.

Il s’agit d’un sous-arbrisseau de la famille des Santalaceae. C’est une plante épiphyte ; elle est dite « hémiparasite » parce qu’elle ne prélève presque que de la sève brute (eau et sels minéraux) puisque grâce à ses chloroplastes, elle est capable d’assimilation chlorophyllienne y compris en hiver. En principe, le gui n’attaque pas les cellules de l’arbre parasité, il ne décompose pas le bois même s’il en diminue la qualité pour l’utilisation par l’homme.

Viscum album est originaire des régions tempérées d’Europe. D’autres espèces existent, y compris en Australie4, dont certaines parasitent les racines d’arbres. Ses fruits apparaissent en hiver quand la nourriture se fait rare. Toxiques pour l’homme, les fruits du gui sont appréciés de certains oiseaux, des grives notamment, mais aussi de la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et de la sittelle torchepot (Sitta europaea). Ces oiseaux participent à la dissémination du gui par leur fiente contenant des graines non digérées.

Gui, carte maximum, Suisse, 1997.

Autrefois récolté par les druides, c’est en Europe une plante traditionnelle qui, avec le houx, sert d’ornementation pour les fêtes de Noël et de fin d’année. Les francophones l’appellent aussi bois de Sainte Croix, glu, verquet, blondeau, gu, vert de pommier, bouchon.


La ramification sympodiale (« croissance en zig-zag ») dichasiale (à deux rameaux) du gui prend initialement la forme d’un éventail avant de se ramifier en tous sens sous forme globuleuse. Le gui prend ainsi, après quelques années, l’apparence d’une grosse « boule » vert jaunâtre de 50 cm à un mètre de diamètre.

Sempervirent (« toujours vert ») en hiver après la chute des feuilles des arbres, il devient facilement repérable.

Dépourvu de racines, il est fixé à son hôte par un suçoir primaire de forme conique qui s’enfonce profondément jusqu’au bois, sans pouvoir pénétrer le tissu ligneux. L’accroissement du bois en épaisseur par la formation des cernes annuels finit par l’englober plus profondément. Le suçoir émet alors des ramifications latérales, les cordons corticaux qui s’insinuent et se ramifient sous l’écorce à la limite du cambium et du liber et émettent à leur tour des suçoirs secondaires. L’observation sur une branche coupée de l’enfoncement de ces suçoirs dans les cernes du bois permet de déterminer l’âge de la touffe, qui peut atteindre trente-cinq ans.

Les tiges, cassantes, vertes et de section circulaire, ont un mode de ramification dichotomique (qui se divise en deux) par suite de l’avortement du bourgeon terminal. Cette dichotomie n’est toutefois pas absolue, il peut arriver que plus de deux rameaux partent du même nœud. Les ramifications successives conduisent à la forme de boule, leur nombre permettant d’évaluer l’âge de la plante.

Les feuilles, vertes ou tirant sur un vert-jaunâtre un peu glauque, sont simples, obovales (en ovale renversé) à oblongues, obtuses, sessiles, légèrement charnues et disposées par paires opposées à l’extrémité des rameaux. Leur limbe, coriace, de 2 à 8 cm de long, est parcouru par cinq nervures parallèles. Elles persistent de 18 mois à deux ans, faisant du Gui une plante toujours verte.

Le Gui est dioïque, avec des pieds à fleurs femelles et d’autres mâles. Les fleurs staminées (plus grandes) et pistillées (plus nectarifères) sont généralement groupées en triades avec une terminale et deux latérales.

Il fleurit en mars–avril.

Il peut arriver que les touffes voisines soient imbriquées donnant l’impression de pieds hermaphrodites. De même un pied mâle peut parasiter un pied femelle, ou vice versa, donnant l’impression d’un pied hermaphrodite.

Les fleurs discrètes, sessiles et jaunâtres, sont groupées en petites inflorescences (glomérules) insérées au niveau des nœuds des tiges et sous-tendues par deux bractées fusionnées.

Les fleurs mâles comportent quatre tépales disposées en spirale et qui portent les anthères sans filet. À la floraison, elles laissent apparaître le pollen sur leur face interne.

Les fleurs femelles comportent quatre tépales surmontant un ovaire infère soudé au réceptacle. Elles sont déjà formées en automne et passent l’hiver fermées ; elles s’ouvrent aux premiers rayons de soleil du printemps.

Les fruits donnés par les touffes femelles sont de fausses baies (pseudo-baies globuleuses ou pyriformes) de 6 à 10 mm de diamètre, d’un blanc vitreux – ou jaunâtres pour le Gui du sapin – charnues et visqueuses (caractéristique soulignée par Virgile et Pline) d’où le terme de viscum. La pulpe translucide est constituée d’un mucilage : la viscine, substance collante qui contribue à la fixation des graines sur les branches des plantes-hôtes. L’épicarpe est recouvert par un anneau de quatre lignes sombres représentant les cicatrices des tépales et un point central causé par le stigmate du pistil.

Les fruits mûrissent en deux ans, et ne tombent qu’au début de la troisième année.

Le Gui est une plante hémiparasite, c’est-à-dire qu’il n’est pas totalement dépendant de son hôte. Il utilise les ressources de la plante hôte en lui soutirant eau et sels minéraux, mais il a de la chlorophylle et peut synthétiser ses propres sucres, protéines, etc. Les Guis présentent une évapotranspiration importante (nécessaire pour entretenir le gradient de pression leur permettant d’absorber de la sève de l’hôte). Mais en cas de sécheresse forte, ce phénomène n’est parfois plus suffisant et les Guis meurent alors habituellement avant leurs hôtes, ce qui explique — dans la nature — leur vitalité cyclique ; sauf cas exceptionnels, les Guis n’y vivent probablement que peu de temps, en fonction de facteurs tels que la disponibilité en eau, la présence d’oiseaux disséminateurs.

Chaque espèce de Gui est plus ou moins inféodée à certaines essences et à un type d’habitat. V. album qui parasite 120 espèces d’arbres et d’arbrisseaux, est réputé ne pousser que sur des feuillus, mais on le trouve exceptionnellement et localement sur des résineux introduits1 (ex : pin noir récemment de plus en plus touché dans certaines zones du sud des préalpes françaises) où ces arbres ont été intensivement plantés pour lutter contre l’érosion1. Des observations de terrain ont suggéré qu’il pousserait plus facilement sur le sapin quand ce dernier est âgé, mais ceci ne vaut pas pour le pin noir introduit dans les préalpes, qui peut être touché jeune. Par ailleurs, une période de croissance (de 10 à 15 ans) des boules de gui est souvent constatée ; après quoi le gui ne disparait pas, mais cesse de se développer rapidement dans l’arbre, peut-être à la suite d’une résistance acquise par l’arbre, ou parce que cet arbre serait moins attractif pour les grives qui en déposent les graines (au printemps), alors que les sittelles s’en nourrissent plutôt en hiver.

Pour des raisons encore mal comprises, sa répartition n’est pas homogène. Par exemple dans le nord de la France, la Flore de Flandre le considère comme commun dans une partie de la région (Artois et Boulonnais, et introduit en quelques points dans la communauté urbaine de Lille), mais il « manque totalement sur près des deux tiers du territoire régional ».

Plus d’une centaine d’espèces d’arbres ou grands buissons sont susceptibles d’être parasitées. Parmi les feuillus les arbres les plus fréquemment atteints sont les pommiers, les peupliers (surtout le peuplier noir ou certains de ses hybrides et le tremble), les aubépines, les saules, les robiniers, les sorbiers, les amandiers et les tilleuls.

On le trouve plus rarement sur les poiriers, les érables, les noisetiers, les charmes, les châtaigniers et les cerisiers. Encore plus rarement sur les noyers, les frênes ou les micocouliers.

On ne le trouve jamais sur les hêtres et les platanes. Sa présence sur les ormes et les chênes est exceptionnelle, d’où l’importance que les druides accordaient au Gui récolté sur les chênes : selon Pline l’Ancien, après l’avoir récolté le sixième jour du mois lunaire avec une serpe en or, ils utilisaient ce symbole d’immortalité au cours de leurs cérémonies religieuses de taurobole. La présence des « chênes à Gui » a été recensée dans 38 départements Français avec une présence plus important en Bretagne et Normandie. “Durafour A. Le gui. Les porte gui 1920 page 4-17” “Delaigue j. Inventaire des porte-gui du sud du département de la Loire, publication de la société Linnéenne de Lyon 1998, page 128-140 “. Le chêne opposerait une barrière chimique empêchant la pénétration du Gui dans le rameau. Il ne peut se développer que sur des chênes ayant une déficience génétique, ce qui explique sa rareté. Le Gui, parfois, peut aussi parasiter une autre touffe de Gui.

Le gui est pollinisé par les insectes. La dispersion des graines est essentiellement assurée par certains Turdidae, notamment la grive draine, qui raffolent des fruits du Gui et rejettent les graines non digérées dans leurs fientes, parfois à plusieurs kilomètres compte tenu du temps de la digestion.

Les fauvettes à tête noire qui décortiquent les baies sur place assurent une dissémination beaucoup plus localisée. Elles sont incapables d’avaler le fruit et se contentent d’en extraire la pulpe. Les graines sont ainsi abandonnées sur des branches et trouvent les conditions idéales pour germer. Les mésanges et les sittelles, se nourrissent des graines collées sur les rameaux par les fauvettes, grâce à leur bec court et massif capable de les casser. 8 ou 9 graines sur 10 sont ainsi repérées et mangées par ces passereaux, en hiver.

De la graine collée à l’arbre ou sur tout autre substrat, grâce à la viscine, émerge alors une ou deux excroissances vertes (hypocotyles) — rarement trois —, correspondant chacune à un embryon. En utilisant les réserves des cotylédons de la graine, l’hypocotyle s’allonge — son extrémité présente une protubérance et se dirige vers le substrat. Au contact du rameau, se développe un « disque ou cône de fixation » permettant l’adhérence. À l’issue de deux mois environ se développe toujours à l’extrémité de l’hypocotyle un coin, qui pénètre l’écorce de l’arbre-hôte jusqu’aux vaisseaux transportant la sève ; c’est la transformation de l’hypocotyle en « suçoir ». L’embryon peut donc ne pas rester longtemps à l’état d’épiphyte stricto sensu, c’est-à-dire totalement autonome (fonction chlorophyllienne) ; mais dans tous les cas, pendant la première année surtout et les suivantes le prélèvement de sève est faible. Lorsque l’écorce est trop épaisse empêchant l’accès vers la sève, la plantule se dessèche après avoir épuisé toutes ses réserves.

Au printemps suivant, de la graine initiale, dont il ne reste plus qu’une petite tige, correspondant au suçoir, vont alors émerger deux petites feuilles constituant le premier stade d’une nouvelle touffe.

Une boule de Gui peut fabriquer près de 30 000 graines en 35 ans, 1 seule sur 10 ou 15 000 donnera un nouveau pied.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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