Le grand dauphin.

Le grand dauphin également appelé souffleur, dauphin à gros nez ou tursiops (Tursiops truncatus) est un cétacé à dents (odontocète) appartenant à la famille des Delphinidae. C’est l’espèce la mieux connue de sa famille, notamment parce qu’elle a été longuement étudiée en captivité et, à l’état naturel, le long des côtes qu’elle fréquente (en Floride notamment). C’est aussi l’une des rares espèces de dauphins à pouvoir survivre pendant un temps aux conditions de vie controversées des delphinariums. C’est celle que le grand public associe généralement aux dauphins (surtout grâce à la série télévisée Flipper le dauphin). On la reconnaît à son « sourire » assez caractéristique, dû aux plis de son rostre.

Le grand dauphin est présent dans toutes les mers du monde, à l’exception des zones arctiques et antarctiques. Il existe deux populations assez distinctes : une côtière et une pélagique. Les grands dauphins chassent en utilisant leur capacité d’écholocalisation. Ils se nourrissent principalement de poissons qu’ils saisissent grâce à une centaine de petites dents pointues non différenciées. Les dauphins communiquent grâce à une variété de sons émis par l’intermédiaire du melon, un sac nasal situé sur le front. Ils atteignent la maturité sexuelle vers l’âge de 12 ans. Les femelles donnent naissance à un seul petit par portée. Les grands dauphins vivent généralement en groupe formé des femelles et des jeunes, alors que les mâles forment des associations appelées alliances. C’est un animal qui montre une certaine curiosité lors de ses rencontres avec des humains.

Grand dauphin, carte maximum, Paris, 5/05/2002.

Les dauphins vivent dans les zones tempérées et tropicales des océans autour du globe. Des populations ont été recensées dans l’océan Pacifique, du sud du Japon jusqu’à l’Australie, ainsi que du Chili jusqu’au golfe de Californie. On les retrouve également dans l’océan Atlantique, du sud de l’Écosse et de la Norvège jusqu’à la Patagonie et à l’Afrique du Sud, ainsi que le long des côtes de l’Amérique du Nord jusqu’au golfe du Mexique. Du côté de l’océan Indien, les populations s’étendent de l’Australie jusqu’à l’Afrique du Sud. Dans la mer Méditerranée, le grand dauphin est le cétacé le plus abondant. Ses populations s’y étendent de la mer Noire jusqu’à la mer Rouge. Alors qu’on en voit beaucoup le long des côtes de la Sicile et dans la mer Adriatique, ils sont moins visibles dans le Sanctuaire Pelagos, une région marine protégée, située entre la Ligurie, le nord de la Sardaigne et le sud de la France.

Certaines populations de ces dauphins vivent au grand large, particulièrement dans les zones entourant les îles océaniques. D’autres groupes, par contre, demeurent dans les régions côtières, où l’eau est chaude et ne dépasse pas les 30 m de profondeur. Il existe donc deux écotypes de truncatus. L’écotype côtier peut être migrateur. Celui du grand large est généralement sédentaire. Dans certaines régions, les migrations sont saisonnières et semblent causées par les changements de température de l’eau et par l’abondance et la distribution des proies. Des chercheurs ont remarqué que les zones côtières étaient également utilisées comme pouponnières.

Les grands dauphins occupent presque tous les types d’habitats marins puisqu’ils vivent au large des océans, dans les lagunes, près des estuaires, sur des fonds sableux, boueux ou rocheux.

Les grands dauphins mesurent généralement de 2 à 4 mètres de longueur, pour un poids : de 150 à 400 kilogrammes. Leur corps fusiforme, semblable à celui d’un poisson, est le résultat d’une convergence évolutive qui lui assure une grande motricité dans l’eau grâce à la réduction du frottement avec l’eau lors de ses déplacements. Comme tous les cétacés, le grand dauphin n’a pas de fourrure, même si quelques poils sont présents durant les premiers mois de sa vie.

Il existe des différences physiques entre les grands dauphins océaniques et ceux du littoral. Les premiers sont plus grands et plus robustes que ceux vivant le long des côtes. La composition de l’hémoglobine est différente dans chacun des deux groupes. Cela semble s’expliquer par les plus longues durées d’immersion des dauphins océaniques, par rapport à ceux des côtes.

La couleur de la peau est la même pour les deux groupes : diverses teintes de gris sur le dos, et blanc sur le ventre. Sur les côtés, le gris est plus pâle. Cette coloration procure un effet de camouflage rendant les dauphins difficiles à identifier lorsqu’on regarde du bas vers le haut ou du haut vers le bas.

La peau des dauphins amortit les turbulences de l’eau, grâce à une structure alvéolaire et à des micro-déformations de sa surface, ce qui leur permet de nager plus vite, jusqu’à plus de 45 km/h, à effort musculaire égal. Cette particularité a été imitée sous forme d’un revêtement spécial qui améliore l’efficacité de certains sous-marins.

Le mâle est un peu plus grand que la femelle. En moyenne, le grand dauphin mesure 3 m et pèse 400 kg.

Il possède sur son front un melon, une masse graisseuse pouvant transmettre et focaliser des ultrasons, lui permettant donc de repérer la position et la vitesse de sa proie (voir plus bas, la section Écholocation). L’os maxillaire et la mandibule allongée forment un rostre court et large. L’adjectif latin troncatus (littéralement tronqué) utilisé dans son nom binomial (Tursiops Truncatus) ainsi que le nom anglais Bottlenose Dolphin (littéralement Dauphin au nez en forme de bouteille) font tous deux références à ce rostre. Les mouvements de la mâchoire sont limités, ce qui lui donne cette apparence de « sourire » si caractéristique de cette espèce animale. Le « nez » du dauphin, appelé évent, est situé au sommet de la tête et lui sert à respirer. Il est contrôlé par un muscle volontaire et ne s’ouvre que lorsque l’animal est au-dessus de l’eau.

La nageoire dorsale, de forme triangulaire et recourbée, mesure en moyenne 23 cm. Les nageoires pectorales mesurent environ 30 à 50 cm. La nageoire caudale, divisée en deux lobes, est d’une largeur moyenne de 60 cm. Ces nageoires dorsales et caudales sont entièrement constituées de tissu conjonctif et ne contiennent ni muscle, ni os. Inversement, les nageoires pectorales contiennent des os dont la structure embryonnaire s’apparente à celle des mammifères terrestres, à partir desquels les cétacés ont évolué il y a environ 50 millions d’années7 (Voir Histoire évolutive des cétacés). Chaque mâchoire possède de 20 à 28 dents, d’un diamètre d’environ 1 cm.

Parmi tous les dauphins, les individus du genre Tursiops sont les plus difficiles à différencier l’un de l’autre, malgré leur tendance à s’approcher des embarcations. Leur nageoire dorsale, ainsi que les éclaboussures qu’ils produisent lorsqu’ils nagent et qu’il sautent, permettent de repérer leur position1. Les chercheurs utilisent ensuite la technique de la photo-identification, c’est-à-dire la photographie de la nageoire dorsale et l’inventaire des cicatrices et signes distinctifs qui s’y trouvent. Cette méthode est très utilisée pour les recherches du domaine écologique. Les marques d’ailerons peuvent cependant parfois brutalement changer, et les juvéniles ont des nageoires souvent « neutres » qui ne permettent pas de les distinguer des autres ; Certains mammifères marins n’ayant pas d’ailerons dorsaux, d’autres critères d’identification morphologiques seraient utiles. On a montré en 2017 avec le cas du grand dauphin en Italie que la tête et le « visage » de l’animal présentent également des caractéristiques telles qu’à partir de photos de face et de profil un individu peut être reconnu (sur une période de 8 ans dans le cas de cette expérience). On ignore encore si les dauphins se reconnaissent aussi selon leur physique, et pas seulement d’après leurs vocalises.

Le dauphin est opportuniste. Il se nourrit principalement de poissons (anchois, maquereau commun, mulet, cabot, etc.) et de céphalopodes (calmar commun, seiches et pieuvre), mais il ne dédaigne pas à l’occasion les crustacés. Des recherches compilant le contenu d’estomacs de grands dauphins de la mer Méditerranée ont révélé que celui-ci se nourrit surtout de Merlucciidae, Lepidopus, Merlu (?) et calmar commun.

Ses dents en forme de cône sont utilisées pour attraper ses proies, et non pas pour les mastiquer.

Souvent les grands dauphins coopèrent entre eux pour chasser. La coopération entre pêcheurs et dauphins existe également. Les tursiops suivent les bateaux-pêcheurs et se nourrissent des pièces de poissons rejetées ou perdues.

Une technique de chasse particulière utilisée par quelques grands dauphins se nomme l’échouement, une tactique semblable à celle utilisée par les orques. Les dauphins rassemblent d’abord les poissons à proximité d’une plage sableuse, en nageant parallèlement à eux, puis ils les repoussent sur le sable et les mangent en sortant partiellement ou complètement de l’eau. Une fois nourris, ils retournent vers la mer. L’échouage volontaire est une technique plutôt dangereuse qui n’est généralement pratiquée qu’à marée haute par un individu seul ou par un groupe de dauphin qui collaborent. Il s’agit d’un comportement qui ne se développe que chez les grands dauphins dont les parents pratiquaient la même méthode de chasse à la plage. Des études effectuées sur l’ADN mitochondrial portent à croire qu’il ne s’agit pas d’une transmission génétique mais plutôt d’un apprentissage par observation du comportement de la mère.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube

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