Le gobemouche.

Les Muscicapidés sont des passereaux de taille petite à moyenne (10 à 20 cm de longueur). Dans un premier temps, ils regroupaient principalement les gobemouches au sens large. Mais les recherches récentes ont montré qu’il fallait leur adjoindre certains taxons appartenant jusqu’alors aux Sylviidés, Turdidés et Timaliidés, ce qui a bouleversé la systématique de ces groupes insectivores. Tous nos petits Turdidés d’antan (Rougegorge, rougequeues, traquets et autres rossignols) sont devenus des Muscicapidés.

A présent, les Muscicapidés sont forts de 51 genres et 331 espèces, répartis sur l’Eurasie et l’Afrique.

Ce sont des insectivores à gros oeil et bec fin chassant leurs proies au sol ou au vol. La majorité des espèces requièrent arbres et buissons dans leur habitat. Du fait de leur régime insectivore, on compte parmi eux beaucoup de migrateurs.

Le Gobemouche gris a un plumage très discret et passe-partout. Les parties supérieures sont d’un brun-gris, uniforme sur le manteau. Les ailes, à longue projection primaire, sont brun sombre et contrastent avec leurs couvertures, de la couleur du manteau et liserées de blanchâtre, comme les tertiaires. La tête se distingue par une calotte striée de brun, un gros œil sombre qui ressort bien sur l’ensemble lores-parotiques uni, un bec large avec la base de la mandibule inférieure jaune, enfin une gorge légèrement striée avec un trait malaire brun plus ou moins appuyé suivant les individus. Les parties inférieures sont blanchâtres, lavées de roussâtre sur les flancs. La poitrine est nettement marquée de fines stries brunes, surtout visibles de près et qui lui ont donné son nom spécifique “striata”. Les sous-caudales sont la partie du corps la plus blanche. La queue est de la couleur des ailes. Les petites pattes sont noires.

Gobemouche, carte maximum, Belgique, 2004.

Le juvénile, à la façon de la plupart des jeunes muscicapidés à la sortie du nid, a un plumage distinctement maculé, ici de clair dessus et comme écailleux dessous, mais ce plumage est fugace et cèdera la place dès la mue post-juvénile suivante, à un plumage très semblable à celui de l’adulte, mais avec une teinte roussâtre autour de l’œil et aux sus-caudales, et une barre claire marquée au niveau de l’extrémité des grandes couvertures alaires.La sous-espèce balearica (Baléares) est plus pâle et moins striée que la sous-espèce nominale, et la sous-espèce tyrrhenica (Corse et Sardaigne) est d’un brun plus chaud sur le dessus et est moins striée également sur le dessous.

Une étude récente (Pons et al. 2015) montre que ces deux sous-espèces sont génétiquement suffisamment éloignées de la sous-espèce nominale pour être considérées comme des sous-espèces d’une espèce à part entière que les auteurs proposent d’appeler Muscicapa tyrrhenica. Mais cette distinction n’est pas encore avalisée par les instances compétentes.

Le Gobemouche gris ne s’impose pas non plus à la voix dans son habitat arboré. Il faut une oreille exercée pour discriminer son chant ou ses cris des autres émissions vocales dans le concert qui caractérise le milieu forestier au printemps. Son chant, très peu élaboré, est une suite tranquille de notes aiguës et de tonalité un peu éraillée, “tsiii tsrii”, avec peu de variation de timbre ou de rythme. Les cris sont très semblables aux strophes de chant pour une oreille humaine. Le cri d’alarme est un “huit tit” typique, répété à une fréquence d’autant plus grande que s’intensifie le danger. Les juvéniles quémandent leur nourriture avec des cris roulés de pinson.

Le Gobemouche gris est avant tout un oiseau forestier. On le trouve aussi bien en feuillus qu’en conifères ou en peuplement mixte.

La condition est que le boisement ne soit pas trop fermé. Il apprécie les clairières, chablis et allées forestières où pénètre le soleil. Il s’est bien adapté secondairement aux milieux arborés d’origine anthropique comme les parcs, les arboretums, les courts urbains avec leurs alignements d’arbres, les bosquets d’agrément, etc. Occasionnellement, on peut le trouver jusque dans les villages à la faveur des vergers, rangées d’arbres, vieux arbres épars. Il peut aller jusqu’à établir son nid dans des endroits inhabituels comme sur une poutre sous un toit ou dans une plante grimpante (rosier, lierre, vigne vierge, etc.) contre une façade.

Il reste souvent immobile sur une branche dégagée, puis s’élance subitement, d’un vol rapide, pour capturer un insecte, en l’air, dans un arbre ou à terre. Il agite souvent la queue et les ailes. Migrateur strict, il arrive très tard en Europe, pas avant le mois de mai (dès le mois de mars en Corse) et des migrateurs passent encore à la fin de ce mois, voire début juin, en région méditerranéenne. Les mouvements post-nuptiaux sont à leur maximum durant le mois de septembre.

L’aire d’hivernage du Gobemouche gris s’étend sur toute l’Afrique au sud des régions sahéliennes, les populations les plus orientales hivernant le plus au sud.

Il se nourrit surtout d’insectes volants, diptères et hyménoptères tout particulièrement, mais aussi papillons, punaises, odonates, etc. Son régime peut se diversifier beaucoup en fonction de la ressource et il peut échantillonner la plupart des groupes invertébrés. Il est également porté sur les petits fruits quand l’occasion se présente, en particulier pendant les migrations.

La femelle construit une coupe légère, composée de mousse, de fils, de lichen et garnie de crin, de laine, de plumes.

Il est établi dans la végétation ou dans une cavité. Elle pond en mai-juin de 4 ou 5 œufs verdâtres ou bleuâtres tachetés de brun-rouge. L’incubation dure 13 jours environ et elle est assurée par la femelle. Les deux parents nourrissent les poussins pendant 15 jours, jusqu’à ce qu’ils aient leur plumage définitif. Les deux adultes s’occupent encore des jeunes pendant 15 jours.

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Sources : Oiseaux.net, YouTube.

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