Le durian.

Le durian, du malais : durian, issu de duri « épine », également en indonésien : durian ou thaï : ทุเรียน , thurian) ou durion, Durio zibethinus (Murray) est un arbre tropical à feuillage persistant de la famille des Bombacaceae (classification classique) ou des Malvaceae (classification phylogénétique) qui produit des fruits comestibles.

Ce fruit, lui aussi appelé durian, est récolté dans le sud-est de l’Asie mais également dans les îles du Pacifique et en Amérique du Sud. On en trouve par exemple sur les marchés de Guyane fin mars début avril. Il se présente comme une grosse baie ovoïde (parfois plus de 40 cm de longueur), pesant jusqu’à 5 kg, avec une carapace de grosses épines, et poussant en haut de grands arbres. Il est connu pour son goût particulier et sa forte odeur (à tel point que de nombreux pays d’Asie du Sud-Est l’interdisent dans les lieux publics et dans les transports en commun).

Le genre Durio compte trente espèces, toutes originaires du sud-est asiatique. Au moins neuf d’entre elles produisent des fruits comestibles2. L’espèce Durio zibethinus est la seule disponible sur le marché international, la vente des autres espèces restant confinée aux régions où elles sont produites.

Le nom vient du malais durian, qui signifie « épineux » en français, dérive de duri, « épine ».


C’est un grand arbre, qui peut atteindre 25 mètres de haut.

Les feuilles alternes, entières, sont de forme oblongue acuminée et mesurent environ 10 centimètres.

Les fleurs sont hermaphrodites et fixées directement sur le tronc (cauliflorie). Elles dégagent une odeur âcre et forte de beurre rance (poubelle, décharge). Cette émanation est typique pour les fleurs qui sont pollinisées par une certaine espèce de chauve-souris : un macroglosse exclusivement nectarivore, nommé Eonycteris spelaea. Elles apparaissent groupées en cymes de 3 à 30 fleurs qui poussent sur les grosses branches et le tronc. Elles comportent de 3 à 5 pétales (rarement 4 ou 6) et un nombre indéterminé d’étamines, soudées à la base par leurs filets. L’ovaire à cinq loges renferme un nombre variable d’ovules. Les arbres fleurissent une ou deux fois par année et la période dépend de l’espèce et du lieu. Un arbre porte des fruits dès sa quatrième ou cinquième année.

Le fruit, très volumineux, avec une longueur et un diamètre de respectivement 30 et 15 centimètres, se lignifie à maturité. Il faut trois mois après la pollinisation pour qu’il soit mûr. Il est de couleur verdâtre et est hérissé de nombreuses épines coniques. Selon les espèces, cette teinte peut varier et tirer sur le brun, le rouge ou le jaune. Il s’ouvre en cinq valves contenant chacune jusqu’à cinq graines noyées dans une pulpe blanche onctueuse comme de la crème et à l’odeur puissante. Ces graines à gros cotylédons sont également comestibles.

Il est possible toutefois que certaines espèces qui n’ont jamais été découvertes, récoltées ou étudiées soient également comestibles.

L’espèce Durio zibethinus est la seule espèce vendue à grande échelle et disponible en dehors de sa région. Le terme Zibethinus est une référence à la civette indienne, Viverra zibetha. Il existe une discorde quant à la signification de cette association que l’on doit à Carl von Linné : elle pourrait être une allusion à l’odeur de la civette ou à la civette qui apprécie particulièrement les durians, lesquels servaient de piège pour l’attraper.

Comme les espèces se pollinisent entre elles, le durian présente une grande richesse en termes de couleur, d’odeur, de consistance de la chair, de taille ou de forme des graines. La phénologie des arbres est également très variable.

D’après une étude menée dans les années 1970 en Malaisie, les durians sont pollinisés presque exclusivement par les chauves-souris de l’espèce Eonycteris spelaea. Une étude parue en 1996 indique que deux espèces du fruit Durio grandiflorus et Durio oblongus étaient pollinisées par des oiseaux de famille Nectariniidae et que d’autres espèces comme Durio kutejensis, étaient fécondées grâce aux abeilles, aux oiseaux et aux chauves-souris7. La floraison du durian ne dure qu’environ 3 semaines par an. Les chauves-souris pollinisatrices s’alimentent pendant le reste de l’année avec les fleurs trouvées dans la mangrove mais celle-ci est souvent détruite par l’homme, ce qui a une influence sur la population des chauves-souris et donc sur la pollinisation des durians.

Un certain nombre de cultivars du durian sont apparus dans le sud-est asiatique au cours des siècles. La sélection s’opérait en triant les graines. Désormais, le durian est cultivé selon les techniques modernes, avec notamment des greffes sur des espèces robustes. Les cultivars peuvent être distingués d’après la forme du fruit et de ses pointes. Les habitudes des consommateurs et la recherche de certaines saveurs font que les cultivars peuvent atteindre un prix élevé sur le marché.

La plupart des cultivars ont un nom commun et un code qui commence avec la lettre D. On peut notamment citer le Kop (D99), le Chanee (D123), le Tuan Mek Hijau (D145), le Kan Yao (D158), le Mon Thong (D159), le Kradum Thong. Certaines variétés n’ont pas de nom comme le D24. On compte plus de 200 cultivars de Durio zibethinus en Thaïlande, le Chanee étant apprécié pour supporter les greffes en raison de sa robustesse et de sa résistance à Phytophthora palmivora (un champignon du genre Phytophthora). Parmi les variétés susmentionnées, seules quatre d’entre elles sont vendues à une plus large échelle : Chanee, Kradum Thong, Mon Thong et Kan Yao. En Malaisie, on compte plus de 100 cultivars et certains cultivars de très bonne qualité participent à des concours organisés lors du salon annuel de l’agriculture, de l’horticulture et de l’agrotourisme malais. Au Viêt Nam, le même genre de sélection a lieu lors de compétitions organisées par le Southern Fruit Research Institute.

Un scientifique thaïlandais, Songpol Somsri, a croisé 90 variétés de durian pour obtenir la variété Chantaburi N°1, un cultivar sans l’odeur caractéristique du durian. Ce croisement doit encore être approuvé par le ministère de l’agriculture9. Un autre hybride, le Chantaburi N°3, ne développe pas tout de suite son odeur après la récolte. Ce n’est qu’après trois jours qu’il exhale le parfum du durian classique. Ce type d’hybride permet de transporter le fruit sans incommoder d’éventuels passagers, tout en satisfaisant la demande pour un fruit plus odorant.

Le durian est natif d’Indonésie, de Malaisie et de Brunei. Sa présence aux Philippines demeure mystérieuse et on ne sait pas s’il y a été importé ou si des espèces peuplaient déjà l’archipel. Le durian est cultivé dans des zones tropicales et cesse sa croissance si la température descend en dessous de 22 °C.

La plus grande diversité de durians se rencontre sur l’île de Bornéo avec sur les marchés locaux les variétés D. zibethinus, D. dulcis, D. graveolens, D. kutejensis, D. oxleyanus et D. testudinarium. Au Brunei, D. zibethinus n’est pas cultivée, les consommateurs lui préférant d’autres espèces comme D. graveolens, D. kutejensis et D. oxyleyanus. Elles sont présentes un peu partout au Brunei et contribuent à une riche diversité génétique auprès d’autres espèces comme D. testudinarium et D. dulcis10. Aux Philippines, la production est concentrée dans la région de Davao où a lieu chaque année le festival de Kadayawan consacré au durian.

La production mondiale de durian s’élevait à 1,4 million de tonnes en 1999. Il est cultivé principalement dans 3 pays : Thaïlande, Indonésie et Malaisie. Si le durian n’est pas natif de Thaïlande, ce pays est le principal producteur du fruit, avec 781 000 tonnes. L’Indonésie et la Malaisie suivent avec respectivement 267 000 et 265 000 tonnes. La production philippine s’élève elle à 26 700 tonnes. La production du durian existe aussi dans d’autres pays et régions mais en quantité très restreinte : Cambodge, Laos, Viêt Nam, Birmanie, Inde, Sri Lanka, Floride, Hawaii, Nouvelle-Guinée occidentale, Polynésie, Madagascar, Chine et Australie.

Au niveau des exportations, la Thaïlande est en tête avec 111 000 tonnes, suivie de la Malaisie (35 000 tonnes).

Le fruit a été introduit en Australie au début des années 1960 et des hybrides arrivèrent en 1975. La Chine est un importateur majeur avec 65 000 tonnes en 1999, suivi par Singapour (40 000 tonnes) et Taïwan (5 000 tonnes). Les États-Unis en ont importé 2 000 tonnes, la plupart du temps sous forme congelée et l’Union européenne environ 500 tonnes. Les durians peuvent être achetés en Europe dans des magasins asiatiques. Au Japon, on peut également trouver des durians dans les supermarchés.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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