Le cyclisme sur piste.

Le cyclisme sur piste est une pratique sportive regroupant plusieurs épreuves et se déroulant sur un vélodrome. Il se pratique toujours sur des vélos à pignons fixes, c’est-à-dire qu’à l’inverse d’un vélo à roue libre le pratiquant est obligé de pédaler en permanence jusqu’à l’arrêt complet de son vélo.

Un vélodrome est une surface aménagée d’une piste ovale, généralement de 200 mètres, 250 mètres ou 333,33 mètres, ayant deux virages relevés à environ 40° et délimitée dans sa partie basse par une bande bleue appelée communément Côte d’azur.

Le cyclisme sur piste a été présent à tous les Jeux olympiques depuis 1896, à l’exception de ceux de Stockholm en 1912. La première épreuve féminine est apparue en 1958 avec la poursuite et la vitesse. Depuis 1993 et la réunification des titres professionnels et amateurs, un championnat du monde a lieu tous les ans aux environs de la fin mars et décerne désormais quinze titres répartis à neuf pour les hommes et six pour les femmes.


Cyclisme sur piste, carte maximum, Belgique, 2001.

L’histoire de la bicyclette remonte à la fin du xixe siècle. Les toutes premières machines, appelées Draisienne en 1818, puis Célérifère en 1891 ne sont pas munies du système de pédalier, le mouvement de la machine étant obtenu par l’impulsion des pieds sur le sol. Mais les premiers vélos proprement dit sont nés en 1855 grâce à Ernest Michaux qui invente le système de pédales fixées à un pédalier. Or ces premiers vélos sont très différents des machines actuelles. En effet, ils sont pourvus d’une roue avant de diamètre supérieur à la roue arrière et du pédalier directement fixé à l’axe de cette première. En 1865, M. Sergent invente le premier système de transmission : la chaîne de vélo. C’est avec ces premiers vélos que les compétitions cyclistes ont commencé. La première épreuve recensée date de 1868 dans le parc de Saint-Cloud, il s’agit d’une épreuve de 1 200 mètres. Le sport s’est peu à peu développé avec la distinction avec le cyclisme sur route. La première course de six jours eu lieu en 1878 avec les Six jours de Londres.

C’est en 1879 qu’un inventeur anglais, John Kemp Starley eut l’idée de transmettre l’impulsion des jambes sur le pédalier à la roue arrière par le biais d’une chaîne reliant le pédalier à un pignon fixé sur cette dernière. Ce sont ces premiers modèles qui ont été utilisés lors des premières courses. La roue avant était toujours la plus grande mais le système de transmission par chaîne avait permis de meilleures performances, une meilleure maniabilité et donc un rapide développement de la course cycliste. Les vingt années séparant 1880 et 1900 ont été très importantes pour la popularité du sport sur le continent européen et aux États-Unis. Mais la difficulté de posséder une bicyclette en faisait un sport quasiment limité aux coureurs professionnels. La Grande Dépression aux États-Unis, en 1929, mit fin à l’engouement populaire des habitants pour le sport cycliste.

Le cyclisme sur piste est l’un des seuls sports à avoir été présent à presque tous les Jeux olympiques. Sa seule absence remonte aux Jeux olympiques d’été de 1912 à Stockholm, où ne figure au programme qu’une épreuve de cyclisme sur route.

Le matériel s’est vite développé avec notamment les premiers pneus en caoutchouc développés en 1888 par John Dunlop. Ceux-ci ont considérablement amélioré le confort des vélos, en diminuant les secousses causées par les chocs des roues en bois avec les routes de l’époque. En 1895, le vélo obtient la forme qu’on lui connaît au début du XXIe siècle. Le cadre Humbert est le premier à adopter une forme triangulaire pourvue de roues d’égal diamètre. Ces vélos sont ensuite conçus dans des matériaux plus légers que l’acier forgé utilisé jusqu’alors. Le Duralumin, un alliage d’aluminium et de cuivre, est la première grande évolution en 1932. Elle est dépassée par l’apparition des vélos en titane et magnésium dans les années 1970 puis du dural en 1979 et finalement de la fibre de carbone en 1985.

Le confort du cycliste a été amélioré par l’apparition de nouvelles roues. Plus légères et plus rigides, elles sont faites en matières plastiques et proposées à partir de 1979. Les roues sont un élément essentiel de la performance cycliste, c’est ainsi que Francesco Moser, un coureur italien, est l’un des premiers à avoir utilisé des roues pleines, dites roues lenticulaires qu’il utilise lors de son record de l’heure en 1984. Finalement, la dernière évolution des roues pour le cyclisme sur piste est l’utilisation des roues à bâtons depuis 1991.

La première compétition étant reconnue comme championnats du monde s’est déroulée en 1893 à Chicago lors de l’exposition universelle. L’officialisation de son palmarès découle de la création, en 1892, de la première organisation mondiale de cyclisme nommée International Cycling Association. Ces championnats se sont disputés entre coureurs amateurs sur trois épreuves : le demi-fond, la vitesse, et les 10 kilomètres ; sur deux jours, les 11 et 12 août 1893. Les concurrents sont en majorité issu du continent américain, et plus précisément des États-Unis, et c’est ainsi que sur neuf médailles distribuées, sept ont été remportées par ces derniers. Le premier champion du monde, est un américain : Arthur Zimmerman, il réalise un doublé vitesse et 10 kilomètres, et finalement, un sud-africain, Lawrence Meintjes remporte la course de demi-fond. Le nombre de concurrents est assez restreint, avec seulement neuf coureurs recensés pour la course des 10 km, six pour la vitesse et une douzaine de coureurs pour le demi-fond.

Cyclisme sur piste, carte maximum, Norvège, 1993.

Les éditions des cinq années suivantes se sont déroulées en Europe, elles sont l’occasion pour les coureurs de ce continent d’accumuler les places d’honneur. Les championnats du monde de 1894 à Anvers sont les derniers ouverts aux seuls coureurs amateurs. Ils sont également la dernière apparition de l’épreuve des 10 kilomètres dans des championnats6. L’année suivante, à Cologne, quatre titres sont décernés, deux pour les amateurs, et deux pour les professionnels. Il s’agit des épreuves de vitesse et de demi-fond, il en est de même jusqu’en 1898 à Vienne. Ainsi, tous les titres ont été remportés par des Européens à l’exception du championnat de vitesse de 1898 remporté par un Américain A. Banker George. Le bilan de cinq années de championnat en Europe est favorable aux coureurs anglais avec cinq titres sur dix-huit, trois titres pour des coureurs allemands et hollandais, deux pour des français et le premier titre pour un coureur norvégien, belge, irlandais et danois. Le premier titre professionnel de demi-fond est attribué à Jimmy Michael et le premier titre professionnel de vitesse à Robert Protin.

L’édition 1899 s’est déroulée au Canada, à Montréal. L’occasion a été prise par les coureurs nord-américains pour refaire apparition dans les meilleures places. Ainsi, sur quatre titres, deux sont remportés par des Américains8 et deux par des Anglais. De plus, sur les douze médailles distribuées, six ont été remportées par des Américains et deux par des Canadiens, le reste étant réparti entre les Anglais, Français et Canadiens.

Douze nouvelles éditions se sont déroulées sur le continent européen, de 1900 à Paris jusqu’en 1911 à Rome. C’est ainsi que les coureurs européens ont repris leur mainmise sur les titres mondiaux, il s’agit en particulier des coureurs français ayant raflé trois titres sur quatre à Paris en 1900 et en 1907. La tendance a exceptionnellement été inversée lors des championnats de Londres en 1904 avec trois victoires américaines. Les titres de ces championnats ont été répartis entre les Français avec treize titres, les Anglais avec neuf titres, les Danois, cinq titres, les Allemands et les Américains avec quatre titres, puis deux pour les Suisses et finalement un titre pour la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie.

L’année suivante, en 1912, Newark aux États-Unis accueille la nouvelle édition pour la distribution de trois titres. Exceptionnellement, l’épreuve de demi-fond amateur n’est pas courue et c’est ainsi que les trois titres décernés sont gagnés par des Américains. De plus, ils réalisent un triplé sur les épreuves de vitesse amateur et de demi-fond professionnel. Les deux dernières médailles sont remportées sur la vitesse professionnelle par un Australien et un Français. Les deux dernières éditions avant guerre eurent lieu à Leipzig en Allemagne puis Copenhague au Danemark. La première a offert deux titres à la Grande-Bretagne, un à la France, et à l’Allemagne. L’année suivante, en 1914 à Copenhague, n’a permis de décerner qu’un seul titre, celui du demi-fond amateur remporté par le Hollandais Cor Blekemolen. Il fut par l’occasion, et jusqu’en 1957, le dernier champion du monde amateur de demi-fond. Cette épreuve n’étant pas reconduite.

La Première Guerre mondiale est la cause de cinq années d’interruption.

Le retour des championnats eut lieu à Anvers en Belgique, en 1920. Après l’arrêt du demi-fond amateur, seules trois épreuves sont au programme et il en sera de même jusqu’en 1939. Ces vingt éditions se sont toutes déroulées en Europe, permettant aux coureurs du continent de conserver leur supériorité sur la discipline. Quatre nations ont dominé le cyclisme sur piste. Il s’agit des Pays-Pas et de la France avec quatorze titres, de la Belgique avec onze titres puis de l’Allemagne avec neuf victoires. Il est à noter les quatre titres consécutifs en vitesse professionnelle du Français Lucien Michard puis les six victoires consécutives dans la même discipline de Jef Scherens, un Belge. Mais la dernière édition à Milan en Italie est interrompue à cause de la déclaration de guerre, la finale de la vitesse individuelle n’a pas été courue, malgré la troisième place de l’Allemand Albert Richter, et le demi-fond non plus.

Une nouvelle fois, la Seconde Guerre mondiale marque une pause dans l’histoire du cyclisme sur piste. Mais cette interruption permet un renouvellement des championnats avec de nouvelles disciplines. Le bilan de ces premières années de championnats montrent nettement une domination des nations européennes dans le cyclisme mondial. Les pays comme l’Allemagne, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont été les acteurs principaux de ces compétitions.

Les championnats du monde refont leur apparition à Zurich en 1946 dans le pays de l’Union cycliste internationale, la Suisse. Deux nouvelles épreuves ont été présentées dans cette édition. Il s’agit de la poursuite individuelle qui est proposée aux coureurs professionnels sur une distance de 5 000 mètres et aux amateurs sur 4 000 mètres. Les douze éditions entre 1946 et les championnats de 1957 à Rocourt en Belgique sont courus, comme souvent, le continent européen. Ils sont par ailleurs les derniers championnats ouverts uniquement aux hommes.

Les premiers champions du monde de poursuite sont le Hollandais Gerrit Peters pour la course professionnelle et le Français Roger Rioland pour la course amateur. Cette période est également l’occasion pour le cyclisme sur piste italien de s’imposer sur la scène mondiale. Avec 24 titres en douze éditions, ces derniers devancent de loin les Anglais et les Français dont le nombre de titre est de huit puis les Hollandais et les Belges avec respectivement six et cinq titres. Les Européens restent leaders sur le plan mondial, mais une nation émerge, c’est l’Australie avec Sydney Patterson quatre fois champion du monde. Ses titres sont répartis sur la vitesse amateur en 1949, la poursuite amateur en 1950 et deux en poursuite professionnelle en 1952 et 1953. Graham French apporte également un titre pour son pays en 1956 dans le demi-fond. Le Danemark avec trois titres, la Suisse avec deux et l’Espagne avec un titre complètent les nations championnes dans cette période.

Cyclisme sur piste, entier postal, Russie.

Il a fallu attendre 1958 pour voir les premières féminines sur les championnats du monde. La compétition se déroule à Paris et propose huit disciplines : la vitesse et la poursuite pour les professionnels, les amateurs et les féminines, et le demi-fond pour les professionnels et amateurs messieurs. Les premières féminines de l’histoire à être championnes du monde sont les Soviétiques Galina Ermolaeva en vitesse et Ludmila Kotchetova en poursuite. Ces neuf épreuves seront présentes comme telles jusqu’au championnat de Zurich en 1961.

L’année suivante, à Milan, apparait l’épreuve de poursuite par équipes ouverte aux coureurs amateurs. L’Allemagne de l’Ouest est la première équipe victorieuse de cette épreuve par équipes. Le podium est complété par le Danemark et l’Union des républiques socialistes soviétiques. Toutes ces épreuves ont lieu jusqu’au championnat de Saint-Sébastien en Espagne. La Belgique et l’Union soviétique sont les nations émergentes de cette période, la première en remportant huit titres et la deuxième, à égalité avec l’Italie, en remportant sept titres. À l’inverse, l’Angleterre et la France, ne sont plus en état de force, ils ne remportent respectivement que deux et un titre.

En 1966, à Francfort est couru pour la première fois la vitesse amateur en tandem mais également l’épreuve du kilomètre amateur. Il en est de même l’année suivante à Amsterdam. Exceptionnellement, en 1968, les championnats amateurs et professionnels ne sont plus disputés en même temps. Les premiers ont lieu à Montevideo, en Uruguay. Les prix décernés sont ceux de la vitesse, de la vitesse en tandem, du kilomètre, et de la poursuite individuelle et en équipe. Quant aux championnats professionnels, ils ont lieu à Rome avec les épreuves de vitesse et de poursuite pour les hommes et les femmes, mais également le demi-fond professionnel et amateur. Cette caractéristique de la division des championnats est renouvelée l’année suivante, mais la plupart des épreuves sont organisées à Brno en République tchèque. Seules la vitesse et la poursuite individuelle professionnelles ont lieu à Anvers en Belgique. C’est la raison pour laquelle elles sont remportées par deux coureurs locaux.

L’organisation des championnats a retrouvé une structure classique à Leicester en 1970, à Varèse en 1971 puis à Saint-Sébastien en 1973. Les onze épreuves ont eu lieu dans la même période. La quasi-totalité de ces titres ont encore été gagnés par des Européens, à l’exception de la poursuite amateur de 1971 où Martín Emilio Rodríguez offre un premier titre mondial à son pays, la Colombie12 et de la vitesse féminine de 1973 remporté par une Américaine Sheila Young. L’année 1972 est une année olympique, or à cette époque, seuls les coureurs amateurs sont autorisés à courir. Pour cette raison, seules les épreuves professionnelles sont organisées lors des championnats de Marseille. Les deux titres féminins sont remportés par des coureurs Soviétiques, deux sont décernés à des Belges, et l’Allemagne et la Grande-Bretagne se partagent un titre chacun.

Après plus de cinquante organisations consécutives sur le continent européen, les championnats s’exportent exceptionnellement au Canada à Montréal8. Mais contrairement aux derniers exports, les coureurs Américains ne raflent pas les titres, ils doivent se contenter d’une médaille de bronze en vitesse féminine. Le palmarès offre trois titres aux Allemands de l’ouest, deux titres aux Tchèques, aux Soviétiques et aux Hollandais et un aux Danois et aux Suisses. Mais cet export hors Europe n’est pas renouvelé l’année suivante, puisque l’édition 1975 a lieu en Belgique à Rocourt. L’année olympique 1976 marque la même dissociation Jeux olympiques pour les amateurs et championnat du monde pour les professionnels. Ces derniers ont lieu à Monteroni en Italie. Sur les sept titres décernés, deux sont Hollandais. L’Australie, les États-Unis, la Pologne, l’Italie et l’Allemagne remportent un titre.

En 1977, San Cristóbal, au Venezuela, accueille pour la première fois les meilleurs coureurs de monde. Douze épreuves sont proposées avec la course aux points qui fait sa première apparition. La victoire dans cette épreuve revient au Belge Stan Tourné, mais c’est une nouvelle nation qui émerge, le Japon. Ses représentants effectuent un doublé sur l’épreuve professionnelle de vitesse avec Kōichi Nakano et Yoshikazu Sugata respectivement premier et second. Les mêmes épreuves sont proposées à Munich et à Amsterdam avant qu’une nouvelle année olympique ne tronque la compétition organisée en France, à Besançon. Deux nouvelles épreuves sont malgré tout proposées : le Keirin et la course aux points professionnelle remportée respectivement par l’Australien Danny Clark et le Belge Stan Tourné. Ces quatorze épreuves sont dorénavant disputées lors des championnats de Brno en 1981 jusqu’à Zurich en 1983 puis de Bassano del Grappa 1985 en Italie jusqu’à Vienne en 1987. 1984 et 1888 étant de nouvelles années olympiques, les championnats de Barcelone et de Gand ne présentent en amateur que le demi-fond et la vitesse en tandem mais toutes les courses professionnelles.

Les championnats du monde de Lyon en 1989 sont l’occasion de décerner un nouveau titre : la course aux points féminine. La Britannique Sally Hodge devient la première championne de la discipline. L’édition suivante a lieu sur le continent asiatique, à Maebashi au Japon. Ce championnat, ainsi que le suivant à Stuttgart proposent pour la dernière fois quinze épreuves distinguant les coureurs professionnels et amateurs. Le championnat de 1992 à Valence se déroulent sans les épreuves olympiques mais conservent pour la toute dernière fois le demi-fond et la vitesse en tandem amateur.

En effet, l’Union cycliste internationale a décidé de réunir les deux fédérations que sont la FIAC et la FICP au sein de son organisation. Les noms de professionnel et amateur ne sont donc plus utilisés pour distinguer les titres, mais le terme open est introduit, il signifie que la compétition professionnelle est ouverte aux coureurs amateurs.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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