Le Cutty Sark.

Le Cutty Sark est un navire à voiles britannique qui servit au commerce du thé de Chine et de la laine néo-zélandaise avec le Royaume-Uni. Dernier bâtiment du genre, il est gravement endommagé par un incendie le 21 mai 2007.


Le Cutty Sark doit son nom à la sorcière Nannie Dee qui apparaît dans Tam o’ Shanter, le poème de Robert Burns (1790). Comme Nannie porte une chemise trop courte, Tam la surnomme cutty-sark, ce qui signifie  littéralement « chemise courte » en scots (cutte ou kutte et sark pour shirt).

Le Cutty Sark est l’un des derniers clippers à avoir été cobstruits, en 1869, à Dumbarton en Écosse, par la société Scott & Linton, sur des plans de Hercules Linton pour l’armateur londonien John Willis (dit « Old White Hat » John « Jock » Willis). Il est le dernier spécimen de cette génération de navires à être resté en bon état de conservation.

Les clippers étaient des voiliers fins et rapides (vitesses moyennes de plus de 9 nœuds, soit environ 16,67 km/h) et manœuvrables. Construits au milieu du XIXe siècle, le Cutty Sark fait partie de l’avant dernière génération de voiliers marchands avant l’apogée des grands cap-hornier en acier. De construction composite, (donc équipés d’une structure métallique sous leur coque de bois), les clippers du thé étaient, à leur époque la plus fine technologie maritime existante.

L’approvisionnement en thé était un défi important, et faisait l’objet d’un concours annuel pour qui ramènerait en premier à Londres le thé  nouvellement récolté en Chine (the Tea race). Cutty Sark fut lancé sur les flots le 23 novembre 1869, commandé par le capitaine George Moodie (le frère de l’armateur John Willis était aussi à bord). Il fut engagé pendant deux saisons dans cette compétition, mais n’obtint que des résultats médiocres, en perdant son gouvernail lors de son affrontement avec Thermopylae en 1872, qui arriva à destination une semaine avant lui. Cutty Sark termina le voyage en 122 jours.

Plus tard, il fut également utilisé pour le commerce de la laine en  provenance d’Australie, réussissant à effectuer la traversée en 67 jours. On crédite également le Cutty Sark d’un record pour un navire de sa taille : avoir parcouru en 24 h une distance de 360 milles marins (une moyenne de 15 nœuds soit 27,75 km/h).

Comme tous les autres clippers, il finit par succomber devant la  concurrence des navires à vapeur. Bien que plus lents que les voiliers, ceux-ci bénéficiaient d’une régularité qui les prémunissait contre les aléas météorologiques. Ils pouvaient également emprunter le canal de Suez, nouvellement construit, et s’avérèrent finalement plus rentables et fiables.

Le Cutty Sark fut vendu en 1895 par Willis à la société portugaise Ferreira et prit le nom de la firme, bien que l’équipage préférât le surnommer Pequena Camisola (« petite chemise, » une traduction directe de l’écossais cutty sark). En 1916, il fut démâté au cap de Bonne-Espérance (près du port du Cap en Afrique du Sud), puis vendu, ré-armé au Cap comme barge de transbordement et renommé Maria do Amparo.

En 1922, après plusieurs avatars et modifications, le capitaine Wilfred Dowman l’acquiert pour lui redonner son nom et son apparence initiale et l’utilisera alors comme navire-école.

Depuis 1954, le Cutty Sark est installé en cale sèche au bord de la Tamise, sur un quai de Greenwich dans la banlieue de Londres, dans le quartier Maritime Greenwich classé en 1997 au patrimoine mondial par l’UNESCO.

Il est le premier monument visible des touristes, qu’ils viennent par la Tamise ou par le Docklands Light Railway (station Cutty Sark). Le navire les introduit dans le quartier classé de Maritime Greenwich dont fait partie le Musée maritime national. Un bureau d’informations pour les touristes se tient à l’est du navire.

Après des années où le bâtiment classé a été listé parmi les chefs-d’œuvre du patrimoine britannique en péril, un projet majeur de conservation du Cutty Sark a débuté. À la suite du lancement d’une souscription publique, ce projet débuté en 2006 devait se terminer au printemps 2009 (mais cette date devra être repoussée à cause du récent incendie, et un nouvel appel aux dons est lancé auprès du public). Le navire devait être surélevé de trois mètres pour permettre la circulation du public sous sa quille et mettre en évidence la forme élancée de sa coque. L’interstice libre entre la coque et le pourtour de la cale-sèche devait également être couvert pour parachever ce nouvel espace d’exposition.

Depuis le début des travaux de restauration, le Cutty Sark était fermé au public. Durant ces travaux, la mâture et les voiles furent retirés ainsi que les ancres, cloches et la majeure partie des éléments mobiliers, à l’abri dans un entrepôt au sud de Londres (à l’exception des éléments gardés sur le site d’exposition à côté du navire) ; les visiteurs pouvaient cependant connaître l’histoire de ce fameux navire-école de la marine royale dans un nouveau hall d’exposition à proximité de la cale sèche où se poursuivaient les travaux.

L’exposition expliquait pourquoi et comment le navire serait sauvé, et montrait un film de présentation, une recréation grandeur nature du salon d’honneur à l’intérieur du navire, et des animations interactives sur le projet de restauration. Des caméras filmaient également à distance les travaux de restauration en direct.

Le 21 mai 2007, entre 4 h 45 et 6 h 28 (heure locale), un violent incendie d’origine suspecte endommage gravement le navire, alors en cours de restauration. Les pompiers arrivés rapidement sur les lieux maîtrisent le sinistre en une heure et demie.

Heureusement, dans le cadre de travaux de rénovation, environ la moitié des éléments d’origine du bateau (les mâts, la majeure partie du plancher supérieur et le gouvernail), ainsi que le mobilier et l’armement étaient stockés à l’abri du sinistre. Les dommages ont affecté l’ensemble de la structure centrale du navire, mais apparemment très peu la coque ou les éléments de décoration extérieurs. La poupe si caractéristique du navire a aussi été épargnée.

Source : Wikipédia.

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