Le cuirassé Clémenceau

Ce n’est qu’au début des années trente que la France se décide à construire des navires de ligne. Ce changement à pour origine la construction par l’ Allemagne du cuirassé de poche Deutschland armés de 6 canons de 280mm en trois tourelles triples. Ce nouveau type de navire serait bien incapable d’affronter un cuirassé conventionnel mais pourrait faire peser de lourdes menaces sur les forces légères et même sur les nouveaux croiseurs lourds armés de canons de 203mm.

Cela explique pourquoi les nouveaux cuirassés ou croiseurs de bataille français sont d’un tonnage bien inférieur à celui alloué au traité de Washington. Il s’agit aussi d’éviter un certain déclassement en cas de nouvelle réduction des plafonds des traités. Les Dunkerque et les Strasbourg sont ainsi mis en service en 1937 et en 1939.

Ces deux croiseurs de bataille sont destinés à affronter les Deutschland allemand mais ils doivent pouvoir également affronter les cuirassés italiens car jusqu’ici feutrée, la rivalité navale franco-italienne devient ouverte à partir de 1934.

Cette année là en effet, Mussolini annonce la mise en chantier de deux cuirassés de 35000 tonnes de classe Vittorio Veneto alors que les clauses du traité de Washington doivent expirer le 31 décembre 1936. Le 31 décembre 1934, la France annonce à son tour qu’elle ne souhaite pas reconduire le traité en question.

La France doit se prémunir à la fois contre l’Italie mais aussi l’Allemagne dont le réarmement terrestre, aérien et naval devient évident : le 18 juin 1935, l’accord naval anglo-allemand conclu sans consultation de la France et de l’Italie permet à la Kriegsmarine d’atteindre 35% de la flotte britannique et surtout que les sous marins allemands pourront être aussi nombreux que ceux de l’Angleterre.

Epreuve d’artiste du Cuirassé Clemenceau signée par son graveur A. Decaris

Conséquence, le 30 mars 1935, deux cuirassés de 35000 tonnes de classe Richelieu sont commandés. Le premier baptisé Richelieu est mis sur cale à l’ Arsenal de Brest le 22 octobre 1935 et lancé le 17 janvier 1939. Admis au service actif en septembre 1940, il est affecté à l’ Escadre de la Méditerranée et basé à Toulon. Le second baptisé Jean Bart est mis sur cale aux chantiers de la Loire à St Nazaire le 12 décembre 1936, lancé le 12 mars 1940 et admis au service actif en septembre 1941. Il est affecté à la Force de Raid et basé à Mers El Kebir.

Le traité de Washington autorisait la France à posséder 10 cuirassés. Avec les deux croiseurs de bataille de classe Dunkerque et les deux Richelieu, la France pouvait encore en construire 6. Le plan initial prévoyait un total de 6 classe Richelieu et de 2 classe Province (future classe Alsace).

Une première modification prévoyait la construction de deux Richelieu, d’un Richelieu modifié (le futur Clémenceau) de trois cuirassés d’un nouveau modèle (le futur type Gascogne) et de deux cuirassé de type Province.

Finalement le programme de construction final se composa des deux Richelieu (Richelieu Jean Bart) d’un Richelieu modifié (le Clémenceau) d’un Gascogne (Gascogne) et de six classe Alsace sans parler des programmes destinés à remplacer les Dunkerque (CB2) et les Bretagne (CR3).

Le Clémenceau est mis sur cale à l’Arsenal de Brest à la forme 10 du Laninon en janvier 1939, lancé en juin 1942 et admis au service actif en septembre 1943. C’est le premier navire à avoir été construit dans la forme 10 du Laninon à l’époque la plus grande de France avec ses 350m de long.
Après des essais dans l’Atlantique, il rejoint Toulon et l’Escadre de la Méditerranée.

Coin daté du 17/03/39

Déplacement : Standard 37832 tonnes Pleine Charge : 44698 tonnes

Dimensions : longueur : 247.85m largeur : 33.08m Tirant d’Eau 9.22 à 9.90m

Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par six chaudières Sural timbrées à 27 bars dévellopant une puissance totale standard de 150000 ch (179000 ch atteint aux essais) et entrainant 4 hélices.

Performances : Vitesse maximale : 32 noeuds Distance Franchissable : 3023 miles nautiques à 32 noeuds 8253 miles nautiques à 20 noeuds

Electronique :

un radar de veille aérienne lointaine, un radar de veille surface, deux radars pour la conduite de tir de l’artillerie principale, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie secondaire
différents systèmes de transmission

Protection : Ceinture de 330mm Pont blindé supérieur de 150mm ponts blindés inférieurs de 40mm Tourelles 445mm

  •  8 canons de modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant.
    Le canon de 380 de 45 calibre tire un obus de 884kg à 41700m à raison de 1.3 coups par minute.
  •  15 canons de 152mm modèle 1930 en cinq tourelles triples (deux latérales et trois arrières). Ce canon de 55 calibres tire des obus de 54 kg à 26474 m à raison de 8 coups par minute.
  • 12 canons de 37mm Schneider modèle 1935 automatiques. Ce canon de 48 calibres tire des obus de 0.7kilos à une distance de 8000m à raison de 162 coups/minute. Ils sont répartis en six affûts doubles
  • 32 mitrailleuses de 13.2mm Hotchhkiss modèle 1929 en huit affûts quadruples (Contre Avions Quadruples CAQ). La mitrailleuse à refroidissement par air à un canon de 76 calibres tirant des cartouches de 122 grammes en bandes chargeurs de 30 coups à une cadence de 700 coups/minute à une portée de 6500m (pratique :2500m) et un plafond pratique de 1500m.

(A la déclaration de guerre en 1948)

  • 8 canons de modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant.
    Le canon de 380 de 45 calibre tire un obus de 884kg à 41700m à raison de 1.3 coups par minute.
  • 16 canons de 130mm modèle 1932 en huit tourelles doubles modèle 1936 identiques à celle des porte-avions Joffre, Painlevé et Gallieni. Ce canon de 45 calibres tire un obus de 32kg à 20870m à raison de 10 coups par minute. Les huits tourelles sont répartis en deux groupes latéraux (deux tourelles à tribord et deux tourelles à babord) et quatre tourelles à l’arrière. Le Clemenceau est le premier cuirassé français à recevoir ses tourelles qui vont devenir l’armement standard des cuirassés et croiseurs de bataille français.
  • 16 canons de 37mm Schneider modèle 1935 automatiques. Ce canon de 48 calibres tire des obus de 0.7kilos à une distance de 8000m à raison de 162 coups/minute. Ces 16 canons sont regroupés en quatre affûts quadruples juste en arrière de la cheminée.
  • 24 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1938 automatiques. Ce canon de 77 calibres tire des obus de 0.3kg à une distance de 1800m à raison de 250 à 300 coups/minute avec des chargeurs de quinze coups. Ces 24 canons sont regroupés en douze affûts doubles, quatre assure la défense rapprochée de la plage avant (deux au dessus des deux tourelles de 380 et deux sur le château), les huit autres sont installées sur la plage arrière avec les affûts quadruples de 37mm.

Voir aussi cette vidéo :

Source : Navires de guerre

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