Le cricket.

Le cricket est un sport collectif de balle et de batte opposant deux équipes composées normalement de onze joueurs chacune. Il se joue généralement sur un terrain de forme ovale, en herbe, au centre duquel se trouve une zone d’une vingtaine de mètres de longueur, à chaque extrémité de laquelle on trouve une structure de bois, le guichet. Une rencontre est divisée en plusieurs manches. Au cours de chacune d’entre elles, l’une des équipes essaye de marquer des points (courses), et possède simultanément deux batteurs sur le terrain, chacun devant l’un des guichets. Un point est notamment marqué à chaque échange de position de ces deux joueurs

lorsque la balle est en jeu. Leurs onze adversaires sont également présents sur l’aire de jeu. La balle est lancée par l’un de ceux-ci en direction du guichet d’un des deux batteurs. L’objectif de la seconde équipe est d’empêcher la première de marquer, principalement en éliminant les batteurs adverses, par exemple en détruisant le guichet avec la balle sur le lancer.

Plus de cent pays sont affiliés à l’International Cricket Council, qui organise notamment la Coupe du monde de cricket. De par son histoire, c’est dans les nations de l’ancien Empire britannique que le cricket est le plus populaire.


Cricket, carte maximum, Australie, 1997.

Les origines du cricket sont obscures. Le prince Édouard, futur Édouard II d’Angleterre, pratique en 1300 le « creag et d’autres jeux », mais rien ne prouve que ce creag soit l’ancêtre du cricket1. L’une des principales théories sur ses origines indique qu’il a évolué à partir d’un passe-temps d’enfants, dans le sud-est de l’Angleterre. Un poème attribué à John Skelton et écrit de manière présumée en 1533 suggère une origine flamande et une pratique originelle par des bergers.

C’est en France que l’on trouve la plus ancienne trace mondiale liée au cricket (1478) dans une lettre de doléance adressée au roi Louis XI qui mentionne une dispute liée à ce jeu dans le village de Liettres, près de Saint-Omer. Un tournoi célèbre cet héritage tous les ans, le Liettres Challenge 1478. L’auteur Jean-Jules Jusserand mentionne dans Les Sports et jeux d’exercice dans l’ancienne France (1901) la référence de Liettres en 1478 et stipule que le cricket n’est autre chose qu’une variété du jeu de crosse ou de soule à la crosse. La première référence avérée au cricket en Angleterre date de 1597 : le médecin légiste John Derrick témoigne au cours d’un procès que ses amis et lui ont joué au « creckett » alors qu’il étudiait à la Royal Grammar School de Guildford, dans le Surrey, aux environs de 1550.

Il existe plusieurs théories quant à l’origine du mot « cricket ». Étant donné qu’il existe au Moyen Âge de nombreux échanges entre le sud-est de l’Angleterre et le comté de Flandres, il pourrait venir du moyen néerlandais krick (bâton). Une autre possibilité est l’Anglo-Saxon cricc ou cryce (béquille, bâton). Samuel Johnson fait dériver cricket de cryce dans son Dictionary of the English Language (1755). En ancien français, criquet désignait un bâton de but au jeu de boule, massue. Le moyen néerlandais krickstoel désigne un tabouret utilisé dans les églises pour s’agenouiller, et dont la forme rappelle celle des premiers guichets. Le linguiste allemand Heiner Gillmeister soutient que l’origine du mot cricket est une expression de moyen néerlandais désignant le hockey, met de krik ketsen.

La première tournée internationale jamais organisée a été annulée pour des raisons politiques. En 1789, l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en France, John Sackville, 3e duc de Dorset, prévoit une tournée en France. Les joueurs se rassemblent à Douvres, où ils croisent le duc, qui fuit la Révolution française, et n’iront pas plus loin. Le premier match international de l’histoire oppose, le 24 et le 26 septembre 1844, des joueurs américains et des joueurs canadiens à Bloomingdale Park à Manhattan. Il est annoncé comme un affrontement entre États-Unis et Canada alors que les joueurs proviennent majoritairement de deux clubs. Le Canada remporte cette opposition par 23 runs. Cinq mille personnes assistent au premier jour de jeu, qui fut l’occasion d’importants paris. Les équipes se retrouvent deux fois l’année suivante, à Montréal en juillet et à New York le mois suivant, pour deux victoires canadiennes, puis une fois en 1846, à Harlem, où le match s’achève quand les Canadiens abandonnent la partie, un joueur américain ayant jeté la balle sur le batteur canadien qui l’avait chargé pour l’empêcher d’attraper la balle au vol. À la suite de cet incident, il s’écoulera sept ans avant que les deux équipes ne se retrouvent.

En septembre 1859, une sélection de douze joueurs professionnels anglais embarque pour les États-Unis. Plusieurs matchs sont organisés et opposent systématiquement onze Anglais à vingt-deux Américains. Si la Guerre de Sécession marque le déclin de la popularité du cricket aux États-Unis au profit du baseball, des équipes compétitives se développeront dans certaines villes, notamment à Philadelphie. Les équipes d’Angleterre et d’Australie effectueront occasionnellement des tournées en Amérique du Nord jusque dans les années 1920 et l’équipe de Philadelphie se déplacera plusieurs fois en Angleterre.

Avec la guerre civile aux États-Unis, les organisateurs de tournées anglaises portent leur attention sur l’Australie. En 1861-62, Heathfield Stephenson mène la première équipe anglaise en tournée en Australie, et d’autres feront le même chemin dans les années qui suivent. Ces tournées privées, qui impliquent des joueurs professionnels, ont pour vocation de faire du profit. La tournée menée par Stephenson rapporte ainsi 10 000 £ de l’époque. La première équipe australienne à effectuer une tournée en Angleterre est composée exclusivement de joueurs aborigènes, en 1868. Elle dispute quarante-sept matchs sur le sol britannique, et effectue des démonstrations de lancer de boomerang et de lance. L’équipe a pour entraîneur Tom Wills, joueur de cricket qui a par ailleurs instauré en 1858 les premières règles du football australien.

En 1876-77, James Lillywhite emmène une équipe entièrement professionnelle en Nouvelle-Zélande puis sur le sol australien. Le 15 mars 1877 débute un match organisé sous l’appellation All England v A Combined New South Wales and Victoria XI et oppose l’équipe de Lillywhite à une sélection de joueurs de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria. Remportée par les Australiens le 19 mars, cette rencontre sera rétrospectivement considérée comme étant une rencontre entre l’équipe d’Angleterre et l’équipe d’Australie, et comme étant le premier match de Test cricket de l’histoire. Les tournées anglaises en Australie et australiennes en Angleterre deviennent alors régulières. En 1882, la victoire surprise des Australiens à The Oval contre une équipe anglaise qui rassemble amateurs et professionnels donne lieu à un faire-part de décès satirique dans le Sporting Times, qui annonce la mort du cricket anglais, dont les cendres « seront transportées en Australie ». C’est la naissance des Ashes (littéralement, « les Cendres »), une compétition qui se tient tous les deux ans en moyenne et oppose depuis les deux sélections.

Le peintre et paysagiste anglais William Andrews Nesfield commémore le premier match de cricket des Australiens sur le sol anglais dans une toile intitulée Première équipe australienne à visiter l’Angleterre pour jouer un match de cricket contre les Willsher’s Gentlemen à Chilham Castle, Kent, août 1878 conservée à la National Library of Australia.

Le cricket oppose deux équipes de onze joueurs sur un terrain généralement de forme ovale. Un match peut durer, selon la forme jouée, de quelques heures à plusieurs jours. Une rencontre est divisée en plusieurs manches. Au cours de chacune d’entre elles, l’une des équipes essaye de marquer des points (runs ou courses), l’autre essaye de l’en empêcher. Le but du jeu est de marquer plus de runs que l’équipe adverse.

Au cours d’une manche, l’équipe qui doit marquer des points dispose de deux joueurs à la fois sur le terrain : les batteurs (batsmen). Ils sont équipés chacun d’un accessoire de bois appelé batte. Les onze joueurs de l’équipe adverse sont également dans l’aire de jeu. Les deux batteurs se trouvent au centre du terrain, aux extrémités d’une portion rectangulaire de l’aire de jeu appelée pitch. Chacun de ces batteurs se trouve devant un ensemble de trois piquets de bois verticaux surmontés de deux témoins : le guichet (wicket). Les deux guichets sont séparés d’une vingtaine de mètres.

Parmi les onze joueurs de l’équipe au lancer, un gardien de guichet est désigné. Il est placé juste derrière le wicket d’un des batteurs adverses. Il porte des gants. Les dix autres joueurs sont susceptibles d’être lanceurs (bowlers), c’est-à-dire d’avoir à lancer la balle. Lorsqu’un de ces dix joueurs est désigné pour lancer la balle, il prend une course d’élan et, arrivé au niveau d’un des guichets, lâche la balle en direction de l’autre guichet. Le lancer se fait bras tendu au-dessus de l’épaule et, la plupart du temps, la balle effectue un rebond sur le terrain avant d’atteindre le batteur situé au niveau du guichet cible.

Le batteur qui fait face au lancer doit essayer de taper la balle avec sa batte. Une fois le lancer effectué et, éventuellement, la balle tapée par le batteur, son coéquipier et lui peuvent échanger leur position. Chaque échange de position rapporte un run, et plusieurs échanges successifs sont possibles. Les batteurs gardent ensuite la position qu’ils occupent après les échanges : si le nombre d’échanges effectué est impair, c’est le batteur qui n’a pas fait face au lancer précédent qui fait face au suivant. Si la balle tapée par le batteur sort du terrain sans toucher le sol, son équipe marque six runs. Si elle sort après avoir touché le sol, elle marque quatre runs. Dans ces deux cas, les batteurs reprennent ensuite la position qu’ils occupaient avant le lancer.

Si la balle lancée par le bowler touche le guichet, le batteur qui fait face au lancer est éliminé. Il est éliminé également si la balle qu’il tape avec sa batte est attrapée au vol par l’un des onze joueurs adverses. De même, si les batteurs sont en train de courir pour essayer de marquer un run et que l’un des guichets est détruit avec la balle par l’un des onze adversaires, celui qui se dirige vers le guichet détruit est éliminé. Il y a en tout neuf modes d’élimination possibles. Lorsqu’un batteur est éliminé, c’est l’un de ses coéquipiers qui n’a pas encore joué qui le remplace sur le terrain.

L’équipe qui effectue les lancers change de lanceur toutes les six balles. Le nouveau lanceur désigné effectue son lancer depuis le côté opposé à celui du lanceur précédent et ainsi de suite jusqu’à la fin du match.

Lorsque dix des onze batteurs d’une équipe ont été éliminés, les deux équipes échangent leur rôle.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.