Le cirque de Mafate (Réunion).

Mafate est l’un des trois grands cirques naturels du massif du Piton des Neiges, sur l’île de La Réunion. Ce cirque a été formé par la combinaison d’effondrements tectoniques et d’une forte érosion torrentielle, créant un relief particulièrement escarpé et chaotique et constituant le bassin versant de la rivière des Galets.

Le cirque de Mafate est à cheval sur les territoires des communes de Saint-Paul et de La Possession. Quelques centaines d’habitants, les Mafatais, occupent et cultivent divers replats, appelés « îlets ».

Mafate est situé dans la zone centrale du parc national de La Réunion, créé en 2007, les îlets faisant partie du « Cœur habité » de ce même parc. Il est également inclus dans le bien classé depuis 2010 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO des pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion.

Aucune route ne dessert l’intérieur du cirque : l’accès n’est donc possible que par les sentiers, à pied, ou par les airs, en hélicoptère. C’est un haut-lieu du tourisme de randonnée à La Réunion.


Mafate est à rapprocher de l’adjectif malgache mahafaty qui signifie « mortel, mortifère, qui tue » et qui pourrait s’appliquer directement à la dangerosité des lieux.

Cirque de Mafate, carte maximum, 29/03/2009.

Mais ce sont les récits rapportés de la tradition orale, romancés et publiés par le poète Eugène Dayot à partir de 1848, qui ont popularisé le nom de Mafate, chef marron et vieux sorcier des eaux puantes, épris de liberté et de pacifisme. Celui-ci aurait tenu son camp dans le fond de la rivière des Galets près d’une source thermale qui fut identifiée par l’expression Ran mafac pour signifier « eau puante ». Le chasseur d’esclaves François Mussard rapporte en effet qu’il a tué un certain Maffack au pied du Bronchard en septembre 1751. Sur un plan de 1834, parmi les affluents de la rivière des Galets, figure bien un « bras de Mafaque ». Quant au site de la source, on y a implanté à partir de 1853 sous l’impulsion du gouverneur Hubert Delisle une station thermale autour de laquelle s’est développé l’îlet de Mafate qui donnera ensuite son nom à l’ensemble du cirque.

Celui-ci, auparavant appelé cirque de la Rivière des Galets, voire cirque d’Aurère, n’acquiert ainsi qu’à la fin du xixe siècle le nom actuel de cirque de Mafate qui apparait pour la première fois sur une carte des Eaux et forêts en 1878.

Cirque de Mafate, prêt-à-poster.

La rivière des Galets sort du cirque de Mafate par un long défilé au balcon duquel est accrochée la canalisation des Orangers.
Le cirque de Mafate a grossièrement la forme d’un ovale qui s’étire sur 14 km selon l’axe nord-sud pour une largeur est-ouest d’environ 7 km. La rivière des Galets en sort au nord-ouest par un défilé de plus de 7 km.

Il est cloisonné en trois compartiments principaux séparés par deux crêtes infranchissables. La crête de la Marianne isole au nord-est la vallée inhabitée et longiligne du bras de Sainte-Suzanne. Celle des Calumets, qui court du Morne de Fourche au piton des Calumets, sépare la partie basse du cirque (côté Aurère), très entaillée, de la partie haute (côté La Nouvelle), aux plus larges replats.

Tout au long de la rivière des Galets, l’intensité de l’érosion est manifeste : les éboulements et les ravinements sont fréquents et clairement visibles dans le paysage.

Cirque de Mafate, prêt-à-poster.

La formation du cirque de Mafate, comme celle des deux autres cirques actuels du piton des Neiges, Cilaos et Salazie, est attribuable à des phénomènes gravitaires. Les avalanches de débris, ces déstabilisations subites et massives des flancs d’un volcan, ont notamment joué un rôle important dans le creusement du cirque. Elles ont été complétées par d’autres types plus classiques d’érosion, celle-ci étant particulièrement active à La Réunion en raison du régime de pluies cycloniques et du manque de cohésion des dépôts d’avalanches. Les géologues ont longtemps pensé que des caldeiras avaient été à l’origine des cirques : les analyses stratigraphiques démontrent que ce n’est pas le cas.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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