Le château de Sédières (Corrèze).

Le château de Sédières est un château du département de la Corrèze, situé sur la commune de Clergoux de 130 hectares de forêts, d’étangs et d’eaux vives.

Le domaine de Sédières possède un château médiéval du XIVe siècle qui a été remanié durant la Renaissance aux XVe et XVIe siècles. Il a été édifié par Jean Boutier.

Une cheminée Renaissance du deuxième étage porte une inscription latine peinte relatant le passage d’Henri IV. Des quatre corps de bâtiments construits en quadrilatère avec une cour intérieure construits dès l’origine de l’édifice, il ne reste aujourd’hui qu’un pont-levis enjambant les fossés et donnant accès à une porte. Cette dernière est flanquée de deux tourelles qui ouvrait sur la cour intérieure. Le donjon carré à quatre étages était situé à l’angle opposé, au nord.

Le château de Sédières a été racheté en 1965 par le Conseil général de la Corrèze et un festival, le festival de Sédières, y est organisé de juin à septembre depuis 1974.

Château de Sédières, carte maximum, Clergoux, 2/07/1988.

Un siècle et demi environ après la construction du château, Dominique de Sédières, arrière-petit-fils de Jean Boutier, abandonna définitivement le patronyme de Boutier et entreprit de réhabiliter la demeure de ses ancêtres. Les campagnes d’Italie l’avaient rendu sensible à l’architecture et à l’esprit de la Renaissance. Son mariage avec une demoiselle de Pierre-Buffière lui permit par ailleurs de disposer d’une fortune suffisante pour envisager des travaux d’envergure. Entrepris vers 1535, avec le concours très probable des artistes qui venaient d’œuvrer à Montal (Lot), le chantier du château de Sédières et de ses abords ne s’acheva qu’en 1569. Les fossés furent comblés et remplacés par une terrasse, le mur d’enceinte qui protégeait, mais, obscurcissait la cour d’arrivée, abattu, les bâtiments faisant face au logis principal démolis. Au dernier étage, une autre terrasse offre une vue exceptionnelle sur les étangs et les forêts du domaine. Des tourelles coiffées en poivrière vinrent agrémenter les façades. La partie inférieure de celle de l’entrée reçut trois grandes arcades surbaissées, ouvertes, décorées de colonnes corinthiennes. Des fenêtres moulurées et ornées vinrent remplacer les anciennes ouvertures : la lumière entrait désormais à profusion dans le château. Seuls quelques mâchicoulis devenus inutiles et des restes de fossés témoignèrent encore du passé du château. Le château comprenait en tout une cuisine et 13 salles ou chambres, dont certaines étaient agrémentées d’une cheminée monumentale.

Château de Sédières, épreuve de luxe.

À la fin du XVIIe siècle, les Lentillac, héritiers des lieux, aménagèrent un jardin à la française. Une chapelle dédiée à Saint Laurent fut construite sur le domaine au XVIIIe siècle. Elle était publique, ouverte aux habitants de Clergoux et des environs. Détruite après la Première Guerre mondiale, on suppose qu’elle se trouvait à la place de la maison du gardien. L’héritière du château le vendit, en 1848, à Gabriel Delessert, préfet de police et beau-père du comte de Valon (propriétaire du château de Saint-Priest-de-Gimel), qui le garda quatre ans avant de le vendre à son tour. Le château fut enfin acheté en 1861 par le colonel Adolphe de Chanal, qui devint par la suite général de brigade (1870), commandeur de la Légion d’honneur et député de la Corrèze. Le château comme le domaine, de plus de trois cents hectares, avaient beaucoup souffert de leur abandon. Ils furent restaurés l’un et l’autre, avec le souci de préserver au château son style et son caractère.

Victor Adolphe de Chanal entreprit des travaux de restauration avec le souci de préserver le style et le caractère de l’édifice. En effet, en 1862, une importante restauration sera menée, certainement sous la direction du célèbre architecte-restaurateur Viollet-le-Duc. Même si rien ne permet de l’affirmer, la conception de l’ouvrage porte sa griffe. L’aile nord-ouest fut reconstruite de fond en comble, conçue dans un style médiéval austère, dénué de tout ornement, mais dans un ensemble cohérent qui ne porte pas ombrage à la partie Renaissance du château. Les terrasses des deux premiers étages furent murées pour former des galeries. Les plafonds furent ornés de poutres ou de caissons moulurés, les murs couverts de lambris et de tapisseries.

À sa mort, sa fille Béatrice et son gendre, le baron et la baronne de Neukirchen de Nyvenheimn, poursuivirent l’aménagement intérieur en introduisant des tableaux et des objets d’art : tapisseries de Flandres, faïences de Delft, plafonds italiens, mobilier Renaissance. La décoration intérieure s’accompagne également de l’installation du chauffage et de l’éclairage au gaz.

N’ayant pas d’enfant, ceux-ci créèrent, à partir de 1882, un orphelinat sur leurs terres, dont la mise en valeur devait assurer les revenus. Les enfants étaient accueillis à titre gracieux, sauf exceptions, comme pensionnaires et recevaient une bonne éducation et une formation achevée d’ouvriers agricoles. Confié à des religieux (frères de Saint-Gabriel puis franciscaines de la Providence de Seillon du Mesplier), l’orphelinat appelé aussi “Institut agricole”, permettait de fournir une main d’œuvre gratuite à l’exploitation. Les orphelins quant à eux bénéficiaient en contrepartie de la nourriture, de l’entretien, d’un hébergement et d’une certaine sécurité. L’orphelinat était un bâtiment long de 43 mètres constitué de deux pavillons à trois étages et pouvait accueillir environ cent enfants. Il fut fermé en 1904 à la suite de la promulgation des lois sur la laïcité de l’enseignement. Les anciens propriétaires firent alors valoir leur droit de préemption et réintégrèrent les lieux pour les vendre dans la foulée, le 5 septembre 1904. C’est vers 1978 que fut détruit l’orphelinat qualifié de vétuste.

Abandonné, il continua à se dégrader après la guerre. Du mobilier Renaissance et des boiseries, il ne restait déjà plus rien et la bibliothèque avait été complètement pillée. Une des quatre tourelles menaçait de s’effondrer sous l’effet de la végétation, la toiture d’ardoise était en partie éventrée, les cheminées se disloquaient, les huisseries étaient soit arrachées soit dépourvues de leurs vitres. La voûte de la grande salle du rez-de-chaussée ne tenait plus que grâce à des étais. Les différents propriétaires qui succédèrent à M. Valon de La Vilette n’eurent ni les moyens ni la volonté de lutter contre l’inexorable dégradation des lieux. Pendant la Première Guerre mondiale, réquisitionné par le Ministère de la Guerre, l’orphelinat de Sédières servit d’hébergement à plusieurs centaines de prisonniers, d’officiers et d’officiers supérieurs allemands.

En 1965, grâce à l’intervention énergique de Charles Spinasse et du Dr Peuch, conseillers généraux des cantons d’Égletons et de La Roche-Canillac, le Conseil Général de la Corrèze se porta acquéreur du château et de ses abords, l’Office national des forêts des cent vingt-sept hectares de bois de son domaine. Lorsque le Département décide d’acheter le domaine, le bâtiment est en état de ruines, abandonné et pillé de tout son mobilier. Dès l’achat du château pour la somme de 40 000 Francs, les premières mesures d’urgence sont prises. Le château fut complètement réhabilité en plusieurs campagnes de travaux menées sous la direction successive des deux architectes en chef des Monuments historiques Gabor Mester de Paradj (1965) et Pierre Lebouteux (1965-1973). Dès que le château fut rénové, le Conseil Général se soucia de le faire vivre : au mois d’août 1974 fut organisé le premier festival, consacré à des concerts et des spectacles de danse. Depuis, le festival a pris une tout autre ampleur, porté par le Conseil Général et l’association des Amis de Sédières : autour d’une exposition d’artistes de renommée internationale, concerts et spectacles dans les dépendances, elles-mêmes restaurées et équipées, se succèdent pendant tout l’été. De plus, des expositions d’artistes de Corrèze ou de renommée nationale, voire internationale, sont organisées trois fois par an. Le Domaine attire désormais chaque année environ 30 000 visiteurs. En 2011, le festival réalisera sa 37e édition et les Musiques Actuelles fêteront leur 13e édition. Une exposition de tableaux prêtés par le Louvre (Visage(s) du Louvre) fut organisée durant l’été.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.