Le chat “Persan”.

Le persan est une race de chat à poil long. Ce chat de taille moyenne à grande est caractérisé par son poil long et abondant, sa silhouette toute en rondeur et son visage au museau très court. Reconnue depuis la fin du XIXe siècle, la race est d’abord modifiée par les Anglais, puis essentiellement par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale.

La sélection menée par les éleveurs a permis le développement d’une grande variété de robes, mais aussi d’une forme de visage très écrasée et controversée. De nombreuses races sont également issues ou améliorées par le persan, notamment l’exotic shorthair. L’élevage du chat persan se caractérise par un entretien régulier de sa fourrure, de ses yeux et de ses oreilles. Le persan peut également être atteint par une maladie héréditaire, la polykystose rénale type dominant (PKD).

Le caractère placide et casanier du persan lui confère une propension à la vie en appartement. Très populaire, cette race se retrouve dans toutes les expositions félines ; c’est également le chat de race le plus vendu dans le monde. Le persan fait de nombreuses apparitions dans les livres et le cinéma.


Chat persan, carte maximum, Hongrie, 1989.

Le nom de la race fait référence à l’un des ancêtres du persan, il s’agit de l’angora turc. Cette race, qui proviendrait des frontières de la Turquie et de l’Iran, à savoir la Perse, a donné au persan le gène responsable de son pelage à poils longs. C’est pour cela que le mot « persan » a été choisi pour nommer la race.

Un autre ancêtre présumé serait une race de chat trouvée au Khorassan qui possédait de longs poils gris. Buffon décrit les chats du Khorasan comme des chats qui « ressemblent par la couleur à ceux que nous appelons chats chartreux, et qu’à la couleur près, ils ressemblent parfaitement à ceux que nous appelons chats d’Angora ». En effet le persan correspondait à l’époque à la variété bleue de l’angora, qui lui était blanc.

Pietro della Valle aurait ramené en Italie de ses voyages en Perse durant le xvie siècle des chats à poil long qui n’existaient alors pas en Europe. Ces chats se seraient d’abord reproduits en Italie, puis introduits en France où ils ont été appréciés par les femmes de la bourgeoisie. L’initiateur de la mode des chats aux longs poils en Europe a été Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), conseiller au Parlement d’Aix-en-Provence6, qui en introduisit un couple en France. Il avait fait venir des chats de Damas comme des curiosités.

Par la suite, la race arriva en Grande-Bretagne où elle connut vite une grande popularité. La mode était à l’exotisme et on l’appela successivement « chat français », « chat chinois » puis « chat indien ». On finit par l’appeler simplement longhair (poil long en français), en rapport à sa fourrure.

Dans le courant du xixe siècle, les premiers persans sont créés par croisement des angoras déjà présents en Angleterre avec des chats de type européen. Les objectifs concernant la morphologie et la fourrure auraient été atteints par les Britanniques dès les années 1850.

Les premiers sujets ont été présentés lors de la première exposition féline du Crystal Palace de Londres en 1871. Ils figuraient en exposition à côté des british shorthair dont les Britanniques étaient très fiers.

À cette époque, un programme d’élevage avait déjà été mis en place par les éleveurs britanniques. On croisa le longhair de l’époque avec le british shorthair. Il en résulta un chat plus rond. Un long travail fut tout d’abord accompli pour améliorer la qualité du poil et arrondir la silhouette du chat. Les éleveurs britanniques travaillent par la suite à diversifier les robes : les premiers persans étaient unicolores, mais dès la fin du XIXe siècle, les persans particolores (bicolores ou tricolores), tabby, smokes, chinchilla, silver shaded et golden sont présentés aux expositions. En 1889, le premier standard est établi pour une race désormais nommée persan.

La popularité de la race gagna rapidement les États-Unis qui continuèrent le travail de sélection mené par les Anglais. Les Américains allèrent plus dans les extrêmes, en arrondissant encore le persan et en travaillant à la diversité des couleurs. La robe caméo est ainsi créée dans les années 1950 aux États-Unis10. C’est en 1930 que les éleveurs américains parviennent à créer une nouvelle variété de persan : le «peke-face» ou « pékinois » pour les éleveurs francophones11, qui fait allusion à la race de chien pékinois qui a une tête très plate. La création de cette nouvelle variété engendra de nombreuses controverses en Europe dès 1970, d’un côté les défenseurs du type « anglais » et de l’autre les adeptes du type « américain ». Cette polémique concernant ces types de persans existe encore de nos jours.

Les persans unicolores arrivent en France au début du XXe siècle et les premiers élevages commencent durant l’entre-deux-guerres.

Dans les années 2000, le persan est le chat de race le plus populaire dans de nombreux pays, bien qu’il perde de plus en plus de terrain face à d’autres races, notamment le maine coon et le bengal. En France, il représente un tiers des chats de race enregistrés en 2007, c’est également la race la plus élevée aux États-Unis et en Angleterre il se place en quatrième position depuis 2006. Toutefois, le persan est la seule race dont les inscriptions au LOOF ont diminué entre 2003 et 2007, et cela de plus d’un quart.

Le développement des persans trop typés a été ralenti. En effet, ces variétés ne semblent pas être très appréciées à cause de leurs particularités physiques. À savoir une tête très plate et des yeux globuleux. De plus, ces chats ont souvent des problèmes aux yeux à cause d’un mauvais fonctionnement de leurs canaux lacrymaux et respiratoire.

C’est aussi le chat de race le plus abandonné, il représente 70 % du total des chats racés abandonnés, probablement à cause de l’entretien quotidien qu’il demande et des maladies rénales dont il peut souffrir.

Le persan est un chat tout en rondeur de type bréviligne. Son allure générale montre un chat de taille moyenne à grande, massif et court sur pattes. Le corps doit être musclé et sans obésité, avec un dos droit mais pas trop long. Une longueur excessive du dos entraîne des pénalités de la part des juges. Les hanches et les épaules sont rondes et d’une même largeur, avec une poitrine profonde et large, et le reste de l’abdomen arrondi également. L’encolure doit être courte et massive, donnant l’impression que la tête est directement encastrée dans les épaules. Une poitrine trop étroite et un cou court sont considérés comme des défauts en exposition.

Les pattes sont courtes, robustes et bien droites. Les pieds sont grands, ronds et fermes avec des doigts bien serrés. Les standards australien (ACF) et de la World Cat Federation (WCF) précisent que des touffes de poils entre les coussinets sont préférables. La queue, droite et bien fournie, est plutôt courte, mais elle doit tout de même rester proportionnelle à la longueur du corps car une queue trop longue est un défaut.

La tête du persan est typique de la race et c’est probablement ce qui permet de le reconnaître de loin. Elle est ronde et massive, avec des pommettes saillantes, un museau rond et le crâne formant un dôme. Le menton est fort. D’une manière générale, l’expression du visage est douce. Pour ceci, les os du visage doivent être ronds. Le nez est aussi large que long, aplati et marqué par un stop profond. Si on le regarde de profil, le menton et le nez sont sur une même ligne verticale. Idéalement, le stop est placé entre les yeux21 et les narines doivent être bien ouvertes pour une bonne respiration. Les sujets présentant une gêne respiratoire sont interdits de tout titre en exposition et donc les narines doivent être bien ouvertes pour permettre une respiration normale.

La mâchoire du persan est plus courte que celles des autres chats. En moyenne, la mâchoire inférieure mesure 2,6 cm de long pour 2,5 cm de large tandis que celle d’un chat de gouttière mesure 3,1 cm de long pour 2,9 cm de large. La mâchoire supérieure mesure 2,75 cm de long pour 2,95 cm de large et respectivement 3,45 cm et 3,5 cm pour un chat de gouttière. Cette différence de taille des mâchoires sans qu’il n’y ait de différence significative de taille corporelle a des conséquences sur la préhension du persan : les croquettes sont avalées en les entraînant avec la face inférieure de la langue, ce qui est très inhabituel chez les chats.

Les yeux sont placés éloignés l’un de l’autre sur la tête. Ils sont grands et ronds et d’une couleur assortie à la robe. La couleur doit être la plus intense possible car trop pâle elle est considérée comme un défaut. Les oreilles sont presque rondes, petites et peu ouvertes à la base et bien espacées sur le crâne. Le contraire entraîne des pénalités. L’intérieur de l’oreille doit être bien fourni en poils.

Certaines associations défendent une forme du visage plus traditionnelle le « doll face » ou « tête de poupée », arguant que les « peke-face » ont d’importants problèmes lacrymaux et respiratoires et qu’il est donc inconvenant de développer de telles variétés. À l’inverse, la fédération canadienne CCA-AFC reconnaît le peke-face comme une classe à part dans la race du persan, où ne sont autorisées que les robes uniformes rousses et tabby rousse.

La fourrure est longue, dense et uniforme sur tout le corps. Les poils doivent mesurer 10 cm en moyenne. Mais leur taille peut aller jusqu’à 20 cm, notamment autour du cou. C’est la seule race ayant les poils longs, toutes les autres étant reconnues comme mi-longues. Le poil est très soyeux, fin, avec un sous-poil abondant donnant un peu de volume. Une collerette est appréciée et elle doit se continuer entre les pattes et même jusque sous le ventre. Pour les expositions, le poil doit être soigneusement préparé et brossé pour éviter des pénalités. Un bon volume est également un bon point. En revanche, toute présence de nœuds est très peu appréciée.

Toutes les couleurs et toutes les robes sont acceptées. Actuellement, plus de 150 variétés de persans sont reconnues, mais il en existe plus de 300. Ce chiffre qui était de 13 variétés reconnues par la FIFé en 1970, n’a cessé d’augmenter puisqu’en 1980, il était déjà de 23. Il existe une explication à ce nombre de variétés important. En effet, chaque combinaison de type de robe et de couleur constitue une variété : un persan bleu tabby est une variété différente du persan roux tabby par exemple.

De nombreux termes techniques permettent de désigner toutes les robes de chat, certains mots sont toutefois propres aux persans. Ainsi, le terme « persans classiques » désigne les robes uniformes, écaille de tortue, smoke, particolore et tabby.

Les persans uniformes ou solids ou encore unicolores ont une robe de couleur unie. Les couleurs de robe sont le blanc, bleu, noir et roux, mais également crème, chocolat et lilas. La couleur de la robe ne doit pas varier : par exemple, un persan blanc ne doit pas présenter de taches brunes. En dehors du persan blanc, la seule couleur autorisée pour les yeux est le orange et ses variations (cuivre par exemple).

Les premiers persans étaient unicolores10. Les robes les plus anciennes sont le bleu, le blanc et le noir. Le persan bleu, apprécié par la reine Victoria, a connu rapidement le succès : la Société des persans bleus, créée au Royaume-Uni en 1901, est le premier club de race. Aux États-Unis et en France, cette couleur a également été à la mode au début du xxe siècle10. Il est probable que cette couleur ait été obtenue à partir de croisements entre persans noirs et blancs et les premiers individus avaient des traces tabby sur leur robe. Ayant été sélectionné depuis très longtemps, le persan bleu est en général bien typé et est utilisé pour améliorer les autres variétés.

Le persan blanc, né du croisement avec des angoras turcs et des persans bleus, existe depuis le XIXe siècle et a été présenté pour la première fois en exposition à Londres en 190329. Pour éviter la surdité des chats blancs aux yeux bleus, il fut croisé avec des british shorthair, afin d’obtenir des chats aux yeux jaunes ou vairons10. Les yeux verts ne sont pas autorisés (Vairon signifie un iris entouré d’un cercle blanchâtre ou des yeux de couleur différente).

Connu dès le xvie siècle, le persan noir, très recherché au XIXe siècle, est difficile à obtenir : on comptait, en 1910, seulement dix-sept persans noirs dans les expositions, mais cette robe s’est développée après la Première Guerre mondiale10. La rareté du persan noir s’explique par la difficulté d’obtenir un noir parfait, sans aucune tache grise ou brune ; l’entretien du persan noir est également plus ardu car l’humidité et le soleil ont tendance à modifier la couleur du pelage. Aux États-Unis, seul un persan noir a été élu trois fois « Chat de l’année ».

Le persan roux naît rayé : ces marques tabby doivent par la suite s’effacer complètement. Toutefois, il reste fréquemment des marques fantômes sur le visage, les pattes et la queue. On considère que les rayures sont en fait cachées par la longueur du poil. Apparus en Angleterre dès 1895, de nombreux persans roux périrent au cours de la Seconde Guerre mondiale, notamment en Allemagne. Ce n’est qu’après la guerre que l’intérêt porté par les Anglais et les Australiens à cette variété permit de relancer l’élevage sélectif.

Les couleurs chocolat et lilas sont plus récentes et sont les résultats de l’élevage du persan colourpoint dans les années 1940 ; encore rares, ces deux variétés ont nécessité une sélection très forte pour obtenir une couleur uniforme de la robe et retrouver la morphologie du persan, notamment la forme du visage modifiée par l’apport de sang siamois. Le persan crème, amélioré par les éleveurs des États-Unis, avait auparavant été écarté des portées par les Britanniques. Il est à l’origine issu de croisements accidentels entre persans bleus et persans roux ou entre persans écaille de tortue et roux tabby, et reste l’une des variétés les plus rares.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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