Le calisson d’Aix-en-Provence.

Le calisson (de la langue d’oc calissoun) est une confiserie faite d’une fine pâte de melon confit (ou d’autres fruits confits) et d’amandes broyés ensemble, nappée de glaçage royal et posée sur un fond de pain azyme. Cette friandise souvent parfumée à la fleur d’oranger et en forme de navette est une spécialité d’Aix-en-Provence depuis le XVe siècle.


La première allusion au calisson semble remonter au XIIe siècle. Un texte en latin médiéval italien utilise le terme calisone pour désigner un gâteau d’amandes et de farine proche d’un massepain moderne. Une autre évocation du calisson provient de Martino di Canale qui, dans sa Chronique des Vénitiens (1275) cite nommément une spécialité au nom de « calissons ». Cette confiserie se retrouve ensuite dans des territoires que les Vénitiens possèdent, comme la Crète où l’on retrouve des kalitsounia, faits de pâte d’amande et de noix auxquelles sont ajoutées diverses épices (cannelle et girofle).

Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour expliquer l’origine du mot « calisson ». La première est que la cérémonie de bénédiction se déroulait autrefois à Notre-Dame de la Seds trois fois par an : à Noël, à Pâques et le 1er septembre. Le prêtre prononçait alors la formule latine « venite ad calicem » (« venez au calice »), qui se traduit en provençal par « venes touti au calissoun ».

Calisson, carte maximum, Aix-en-Provence, 6/09/2008.

Selon d’autres sources, le calisson aurait été importé en Provence et affiné par un cuisinier du roi René au milieu du xve siècle. Au cours du second mariage de René d’Anjou avec Jeanne de Laval en 1454, le patron des confiseries du Roi en aurait servi à la future reine, réputée peu gracieuse. Ayant pour une fois le sourire, un de ses proches aurait dit : Di calin soun (« Ce sont des câlins »). Le nom lui est resté. Même s’il est impossible que l’expression Di calin soun soit authentique (en provençal on dirait « Es de caranchouno »), il n’empêche que la cour du roi René aurait favorisé les échanges de tous ordres entre Provence et Italie et que les calissons modernes sont arrivés dans la ville d’Aix sous son règne.

On a longtemps pensé que le mot employé en italien provient du latin « calycion » (« chausson sucré ou salé ») ou du grec « kalycion » (« cacher, couvrir »).

Calisson, prêt-à-poster.

Mais son étymologie la plus probable, établie par le sociolinguiste spécialiste du provençal Philippe Blanchet en 1998, est que le provençal calissoun est formé sur « calice » et du diminutif « -oun », soit « petit calice ». Petit en taille et petit en valeur sacrée. Le mot « calice », en effet, en provençal comme en français (on a la forme « calitz » dès l’ancienne langue d’oc), a d’abord désigné la coupe sacrée de l’eucharistie, et par extension la communion elle-même. Or la communion, c’est le vin et l’hostie, distribués dans une coupe. Et le calisson est, rituellement, une sorte d’hostie. C’est l’étymologie que S. Battaglia choisit de son côté, pour l’italien « calicione ». Il est probable, de plus, que le mot ait circulé (avec la confiserie) entre Italie du Nord et Provence, très proches géographiquement et culturellement.

Chaque année depuis 1995 à l’église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence se déroule la bénédiction des calissons.

À base de melons confits, d’amandes blanchies et d’écorces d’oranges : cette pâte est posée sur une feuille de pain azyme (fécule de pomme de terre et eau) et couverte d’un glaçage (blanc d’œuf et sucre glace appelé aussi glace royale). À l’aide d’un emporte-pièce, on lui donne la forme effilée d’une amande, avant de la cuire à feu doux. Cette spécialité est préparée avec des ingrédients assez coûteux et sa préparation est longue, ce qui explique son prix de vente relativement élevé.

Dès 2002, le calisson d’Aix-en-Provence bénéficie d’une Indication géographique protégée (IGP). Pour en bénéficier le calisson doit être produit à Aix d’une part, et respecter la recette (cahier des charges) d’autre part.

Un « Calisson de Provence – Tendre – Recette traditionnelle du calisson d’Aix », ou « Calisson de Provence – Tendre – Grande Tradition », peut être fabriqué partout dans le monde, s’il ne possède pas le logo Indication géographique protégée. Le fait qu’un calisson soit vendu sur un marché communal au cœur rural de la Provence n’interdit pas qu’il soit fabriqué à Shanghai. Il faut bien sûr que la recette ci-dessus soit respectée, sinon il s’agit de fraude. En France ces fraudes sont punies au maximum d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 300 000 €.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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