Le brontosaure.

Brontosaurus (brontosaure en français) est un genre de dinosaures herbivores sauropodes géants de la famille des diplodocidés. Éteint, il a vécu en Amérique du Nord au Jurassique supérieur (Kimméridgien et Tithonien) entre 156,3 et 146,8 Ma (millions d’années) environ. Ses restes fossiles ont été découverts dans les États de l’ouest et du centre des États-Unis dans la formation de Morrison.

C’est un des dinosaures herbivores les plus connus du grand public. Il est proche du genre Apatosaurus et, jusqu’en 2015, les paléontologues considéraient même que le genre Brontosaurus n’était plus valide (synonyme junior), et que tous les spécimens rattachés à ce genre étaient en fait des apatosaures. En 2015, Emanuel Tschopp, Octavio Mateus et Roger B.J. Benson réalisent une grande synthèse des Diplodocidae et proposent de réhabiliter le genre Brontosaurus, auquel ils affilient trois espèces6. Cette proposition soulève de nombreux commentaires parmi les paléontologues.


La confusion entre Brontosaurus et Apatosaurus vient du fait que le paléontologue américain Othniel Charles Marsh, après avoir nommé les premiers fossiles attribués au nouveau genre Apatosaurus en 1877, découvre, deux ans plus tard, les restes d’un autre individu, qu’il n’identifie pas comme appartenant au même genre et qu’il nomme Brontosaurus.

En 1903, un autre paléontologue américain, Elmer Samuel Riggs, réétudie les restes des deux spécimens et conclut qu’en réalité ils doivent être rangés dans le même genre. Le genre Apatosaurus ayant été nommé en premier, le principe d’antériorité du code international de nomenclature zoologique (CINZ) lui donne la priorité, en reléguant Brontosaurus au rang de simple synonyme junior.

Le terme de brontosaure reste cependant courant dans la littérature non-scientifique ainsi que dans les films, et bien connu du grand public, pour qui il apparaît même parfois comme un synonyme du mot « dinosaure ». Le service postal gouvernemental des États-Unis (United States Postal Service) imprime même en 1989 des timbres figurant des dinosaures incluant Brontosaurus aux côtés de Tyrannosaurus, Stegosaurus, Pteranodon, ce dernier n’étant d’ailleurs pas un dinosaure. Cet usage tardif du terme Brontosaurus à la place de celui d’Apatosaurus soulève une polémique de scientifiques qui critiquent l’institution comme « favorisant l’analphabétisme scientifique ». Le célèbre paléontologue américain Stephen Jay Gould en fera même le sujet d’un de ses livres en 1991 Bully for Brontosaurus (« La Foire aux dinosaures : réflexions sur l’histoire naturelle »), où il reconnaît l’importance du mot Brontosaurus dans l’imaginaire populaire, même si, d’un point de vue scientifique il ne peut qu’être d’accord avec la mise en synonymie de Riggs en 1903.

En 2015, Emanuel Tschopp, Octavio Mateus et Roger B.J. Benson, au terme d’une synthèse de cinq ans sur les Diplodocidae, concluent qu’Apatosaurus excelsus était en fait suffisamment différent de l’espèce type du genre Apatosaurus pour conserver son attribution originale de Brontosaurus excelsus. Leur étude s’appuie sur l’analyse de 81 spécimens sur lesquels ils comparent les variations de 477 caractères morphologiques. Brontosaurus se distinguerait d’Apatosaurus par :

  • un cou moins large, supposé moins fort ;
  • des vertèbres dorsales postérieures présentent un corps vertébral plus long que large ;
  • une omoplate dont la partie arrière jusqu’au bord acromial et à la lame distale présente un sillon ;
  • le bord acromial de la lame scapulaire distale porte un renflement arrondi ;
    un rapport de la longueur/largeur de l’os astragale supérieur à 0,55.

Cette proposition, qui va à l’encontre des règles habituelles de la taxonomie, a ouvert une polémique8. Des experts comme Paul Barrett, responsables des dinosaures au Musée d’histoire naturelle de Londres, semblent dépités : « Ça nous a pris beaucoup de temps pour convaincre les gens qu’ils ne doivent pas utiliser le nom brontosaure. Et maintenant que l’on y est arrivé, il semble qu’il va falloir revenir en arrière et dire “En fait, vous pouvez le faire”. « La seule façon de mettre un terme définitif au débat serait sans doute de trouver un crâne de brontosaure, ce qui n’est jamais encore arrivé.

Brontosaurus est un très grand dinosaure, un quadrupède à très long cou, herbivore, avec une queue en forme de fouet et des membres antérieurs légèrement plus courts que les postérieurs.

Pour Gregory Paul en 2010, la plus grande espèce, Brontosaurus excelsus mesurait jusqu’à 22 mètres de long, pour une masse de 15 tonnes.

Thomas Holtz en 2011, indique pour Brontosaurus  yahnahpin (Eobrontosaurus yahnahpin) une longueur de 21 mètres et une masse de l’ordre de 18 tonnes.

Aucun crâne de Brontosaurus n’a été découvert ; il est sûrement similaire à celui d’Apatosaurus, qui comme chez la plupart des sauropodes, est relativement petit par rapport à la taille de l’animal. Les mâchoires sont garnies de dents spatulées (en forme de ciseau) adaptées à un régime herbivore. Le museau d’Apatosaurus, comme celui des diplodocoïdes proches est de forme carrée, sans toutefois être aussi géométrique que le rebbachisauridé Nigersaurus.

Comme chez les autres sauropodes les vertèbres cervicales sont profondément divisées (bifurquées) ; elles portent des épines neurales séparées par un large sillon qui donne un cou très large à l’animal.

Les vertèbres cervicales de Brontosaurus, comme celles d’Apatosaurus, sont plus larges et plus robustes que chez les autres diplodocidés ; elles ressemblent à celles de Camarasaurus. De plus, elles portent des côtes cervicales plus allongées vers le sol que chez les diplodocinés. Le cou est cependant allégé par une grande pneumatisation des vertèbres cervicales qui renferment de nombreux sacs à air.

Brontosaurus possède de plus longues côtes que celles de la plupart des diplodocidés, ce qui lui donne une cage thoracique particulièrement haute.

La forme de la queue est inhabituelle pour un diplodocidé, car la hauteur des processus épineux des vertèbres décroît rapidement depuis les hanches pour donner une queue relativement fine. Comme chez les autres diplodocidés, la queue de ce quadrupède ressemble dans sa partie finale à un fouet.

Ses pattes sont très robustes avec les pattes avant un peu plus courtes que les postérieures.

La ceinture pelvienne montre des ilions robustes et des pubis et ischions fusionnés.

Les fémurs de Brontosaurus sont très solides et sont parmi les plus robustes chez les sauropodes. Les os du tibia et du péroné sont différents des os élancés de Diplodocus, mais sont presque indiscernables de ceux de Camarasaurus. Le péroné est plus long et plus mince que le tibia.

Chaque patte avant porte une seule grande griffe légèrement courbée et tronquée à son extrémité ; un trait partagé par tous les sauropodes plus évolués que le genre Shunosaurus. Par contre, aux pattes arrière, les trois premiers orteils (vers l’intérieur) possèdent chacun une griffe.

Au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les sauropodes étaient supposés être trop massifs pour soutenir leur propre masse à terre. Il avait été théorisé qu’ils ne pouvaient vivre qu’en partie immergés dans l’eau. Ces théories ont été réfutées au cours du XXe siècle et au début du XXIe siècle, et les sauropodes sont aujourd’hui considérés comme des animaux franchement terrestres.

La morphologie du museau et des dents, disposées de façon rectiligne, plaide pour un régime non sélectif de plantes herbivores à hauteur du sol. Des analyses de la morphologie des vertèbres du cou de l’animal ont montré que, contrairement à l’image classique d’animaux au cou redressé pour attraper de la végétation à grande hauteur, celles-ci n’étaient pas très flexibles et que Brontosaurus était adapté pour consommer une végétation basse. Cette hypothèse est toutefois remise en cause en 2014 par Taylor qui, après avoir étudié la quantité et la position des cartilages intervertébraux, conclut à l’opposé que le cou d’Apatausaurus / Brontosaurus, comme celui de Diplodocus était très flexible. Stevens et Parrish en 1999 estiment que Brontosaurus pouvait manger des fougères, des Bennettitales, ptéridospermes ou « fougères à graines », des Equisetales (sortes de prêles) et des algues. Ces mêmes auteurs en 2005 envisagent qu’il se nourrissait de plantes sub-aquatiques à partir des rives.

Une étude en 2015 de Taylor et ses collègues sur les cous d’Apatosaurus et Brontosaurus montrent qu’ils sont très différents de ceux des autres diplodocidés et que cette différence serait due à l’utilisation par ces deux genres de leur cou comme d’une arme dans des combats lors de compétitions intraspécifiques.

L’étude des pistes fossiles des sauropodes comme Brontosaurus, démontrerait à partir de l’analyse des leurs empreintes de pas, qu’ils pouvaient marcher entre environ 25 et 40 kilomètres par jour et que leur vitesse maximale pouvait atteindre de 20 à 30 kilomètres par heure.

Source : Wikipédia.

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