Le bridge.

Le bridge est un jeu de cartes, de type jeu de levées, consistant à comptabiliser le nombre de levées réalisées. Il se pratique avec un jeu de 52 cartes, par quatre joueurs, opposant deux équipes composées de deux partenaires.

Il se déroule en deux phases :

  • les enchères qui déterminent le contrat à jouer par le déclarant ;
  • le jeu de la carte pendant lequel le déclarant tente de réaliser au moins le nombre de levées (plis) annoncé par le contrat.

Plusieurs jeux de cartes comparables au whist sont répertoriés depuis le début du XVIe siècle. Ce sont tous des jeux de levées, avec beaucoup de variations mineures. Le whist devint le jeu dominant et compta de nombreux pratiquants pendant trois siècles.

Dans les années 1890, la possibilité pour le donneur de choisir l’atout devint populaire aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le jeu qui en résultait fut appelé bridge whist dont l’origine étymologique viendrait du russe biritch bien qu’il existe d’autres théories. En 1904, se mit en place une phase d’enchères pour déterminer quel joueur désignera la couleur d’atout.

Bridge, entier postal, Italie.

Le Whist est exporté sur le continent en 1750, apportant les termes partenaires et chelem. 30 ans plus tard, les États-Unis développent une version « bostonienne » du whist, appelée le Boston, codifiant des enchères par levées.

La hiérarchisation des couleurs ♣ ♦ ♥ apparaît en 1810 dans une version appelée le Boston de Fontainebleau. Le sans-atout sera créé 8 ans plus tard.
Au XIVe siècle, les cartes à jouer arrivent en Europe depuis le Moyen-Orient, via l’Italie et l’Espagne. Au XVe siècle, le principe de l’atout du tarot adapté aux cartes ordinaires est appelé « Triomphe », « Triunfo » en Espagne et « Trumpf » en Allemagne ; il devient le « French Trump » en Angleterre. Au XVIIe siècle, le Trump est renommé Whisk, qui deviendra Whist en 1674. Le schéma ci-dessous représente la naissance et l’évolution à partir de différents jeux de cartes, qui aboutira au Bridge : une synthèse du Trump anglais, du Quadrille français, de l’Hombre espagnol et du Biritch russe.

Sous la forme Biritch, le Bridge apparaît en Angleterre en 1885 : l’innovation distinguant ce jeu du Whist est la présence d’un jeu visible, appelé par la suite le mort, et de trois jeux cachés. Le Bridge-plafond marqua en 1886 l’apparition des enchères entre les deux camps et de la prime spéciale pour l’équipe qui demande et réalise une manche. Dans la version Bridge aux enchères (ou Auction bridge) de 1890 (qui introduisit entre autres  l’innovation du « contre d’appel »), le donneur désigne l’atout, ou passe pour laisser ce choix à son partenaire : cette action correspond à  l’expression anglaise to bridge : « jeter un pont ».

Plusieurs hypothèses fondent le développement du bridge : il s’agirait par exemple de diplomates britanniques en poste à Constantinople qui auraient exporté le jeu en Occident. Dans les années 1880, il apparaît sur la Riviera française, où séjournent de nombreux officiers du Royaume-Uni, puis la décennie suivante aux États-Unis, les premières compétitions étant organisés à New York. Le premier code officiel de bridge est rédigé en 1897. Grâce à des militaires anglais, il passe en Inde en 1904, d’où il revient avec un premier système d’enchères. Il est alors prisé par l’aristocratie et la haute bourgeoisie.

Le jeu contemporain résulte d’innovations introduites par Harold Stirling Vanderbilt, qui emprunte beaucoup de ses idées ailleurs, notamment aux règles du commerce. Il écrit les règles pour le bridge-contrat en 1925, en introduisant notamment la notion de « vulnérabilité », et cette forme devient rapidement dominante. On doit l’évaluation en « points d’honneur » à Milton Work et la modification de la marque à Sans-Atout à Ely Culbertson.

Parmi les joueurs les plus célèbres, on peut citer l’Italien Giorgio Belladonna, décédé en 1995, ou encore les Américains Jeff  Meckstroth et Eric Rodwell (en). Aujourd’hui, une génération plus jeune tend à dominer ce sport de l’esprit.

Le succès mondial de ce jeu de cartes ne se dément pas. On dénombre 99 015 licenciés en France en 2013, qui se classe ainsi au 2e rang mondial derrière les États-Unis qui compte 160 000 licenciés. Parmi les grandes nations du bridge, on retrouve également le Royaume-Uni, la Pologne, la Norvège, les Pays-Bas, le Brésil ou l’Italie. Parmi les adeptes du jeu : Bill Gates, Warren Buffett, Deng Xiaoping, Omar Sharif.

Assez complexe, le bridge conserve une image plutôt élitiste (à la fois intellectuelle et sociale) et donne lieu à la publication d’une abondante littérature technique.

La World Bridge Federation (Fédération Mondiale de Bridge) est reconnue en tant qu’organisation par le Comité international olympique en 1995 et le bridge en tant que sport en 1999. Cependant, c’est la nature de sport dit « cérébral » du bridge qui ne permet pas sa représentation comme sport aux Jeux olympiques.

Il existe néanmoins des compétitions internationales :

  • les années impaires a lieu la Bermuda Bowl, à l’occasion de laquelle s’affrontent tous les pays qualifiés dans leur zone géographique respective ;
  • les années paires se déroulent :(années non multiples de 4) les Championnats du Monde Open, ouverts à tous les prétendants,
    et, l’autre année (comme les Jeux Olympiques d’été), les World Mind Sports Games, équivalent des Olympiades.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.