Le bouvreuil pivoine.

Le Bouvreuil pivoine est un passereau de la taille d’un moineau, mais plus trapu.


Le mâle adulte de la sous-espèce “europaea” est vivement coloré. Il a le manteau, le dos et les couvertures alaires petites et moyennes gris clair. Le croupion est blanc, contrastant avec les sus-caudales et la queue noir brillant. Les grandes couvertures et les rémiges sont noir brillant à reflets bleus. Les grandes couvertures noires sont largement terminées de blanc grisâtre, ce qui crée une barre bien visible. Les parties inférieures sont bicolores. La gorge, la poitrine, les flancs et le haut du ventre sont d’un rouge rosé assez intense tandis que le bas-ventre et les sous-caudales sont blancs. La tête est massive. Un noir intense couvre la calotte, les yeux, eux-mêmes noirs, les lores et descend jusque sur le menton. Les joues sont concolores à la poitrine. Le bec noir, conique et massif, semble faire partie intégrante de la tête. L’illusion vient du fait que la courbure du culmen prolonge celle de la calotte et que la limite du bec se fond dans le noir des lores. Les pattes sont rose brunâtre.

La femelle adulte est semblable au mâle, mais avec des couleurs moins vives. Le gris cendré du dessus est remplacé par un gris-beige assez terne et le rouge du dessous par un beige rosé discret.

Le juvénile ressemble à une femelle sans calotte noire. Son plumage est globalement plus chaud, nuancé de roux. Sa barre alaire est teintée de chamois.

Présent sur tout le nord de l’Eurasie, le bouvreuil y a développé 9 sous-espèces qui diffèrent par des variations assez notables des couleurs du plumage. Ainsi, le mâle de la ssp cineracea du centre-est du continent est entièrement gris dessous, il n’y a plus de rouge. “Griseiventris” est aussi très gris dessous, mais lui a gardé du rouge sur les côtés et le dessous de la tête.

En Europe moyenne, le cri habituel du bouvreuil est un “iuh” plaintif de tonalité assez basse et émis à intervalles réguliers. C’est avant tout un cri de contact entre individus. En revanche, les oiseaux du nord de l’Europe (ssp pyrrhula) émettent un “hip” de tonalité plus élevée et un peu claironnant, très différent du cri précédent. Cela permet de repérer parmi les bouvreuils hivernants ceux qui nous viennent de loin. On les a appelés pour les distinguer “bouvreuils trompeteurs ou trompetants”.

Le chant du bouvreuil est peu audible et peu élaboré. C’est un bavardage faible et grinçant, entrecoupé de courts sifflements.

Le Bouvreuil pivoine est un oiseau forestier, préférant les forêts claires, qu’elles soient de feuillus, de conifères ou mixtes.

C’est avant tout un oiseau de plaine et de moyenne montagne, mais dans l’est de son aire, il peut monter jusqu’à 2 500 m et plus, par exemple au Japon. Ce sont surtout les strates inférieures, herbacées et arbustives, qui l’intéressent pour l’alimentation et le nidification. Il s’est adapté secondairement aux milieux anthropisés comme le bocage riche en haies, les vergers, les plantations, les parcs et jardins, même en ville.

Bouvreuil, carte maximum, Allemagne.

Le Bouvreuil pivoine est un oiseau calme et timide. Il est émotif et les bagueurs le savent très bien. Il faut le manipuler avec précaution au risque de le voir mourir dans les mains d’un choc émotionnel.

A la belle saison, on le voit le plus souvent en couples ou en petits groupes familiaux. Même en intersaison, on n’observe jamais de grandes troupes, quelques dizaines d’oiseaux tout au plus et encore très rarement.

Discret, le bouvreuil se perche d’habitude sous le couvert des ligneux, ses petits cris dénonçant sa présence. En revanche, quand il veut être vu, il se perche volontiers au sommet des arbres le plus hauts, particulièrement quand il y a des branches mortes, et ses appels insistants ne passent pas inaperçus.

Le Bouvreuil pivoine se nourrit volontiers de bourgeons au printemps, particulièrement de bourgeons de fruitiers. C’est la raison pour laquelle il a pu être autrefois considéré comme une peste agricole du fait des dégâts sur les arbres, réels ou supposés.

Au cours de la parade nuptiale, le mâle met en valeur les belles couleurs de sa poitrine, et abaisse les ailes afin de montrer son croupion blanc, tandis qu’il se dandine autour de la femelle. Les partenaires émettent alors des sifflements doux. Ensuite, le mâle régurgite des graines dans le bec de la femelle. Elle gonfle ses plumes, se penche et tourne d’un côté à l’autre. Toute cette gestuelle est faite pour consolider les liens du couple. Ces liens sont forts et on pense qu’ils perdurent au-delà de la saison de nidification jusqu’à la suivante.

Pendant la nidification, le bouvreuil apporte de la nourriture aux poussins dans des poches spéciales situées à la base de son bec, de part et d’autre de la langue. La plupart des autres fringillidés stockent la nourriture dans la gorge.

Le Bouvreuil pivoine a un vol typique de fringille, alternant séquences de battements et brefs replis d’ailes.

La silhouette compacte, associée à la longue queue et la grosse tête, permet de le reconnaître. Le croupion blanc et le cri typique aident à la reconnaissance.

Même si elle n’est pas taillée pour la migration au long cours, l’espèce fait partie du flot de migrateurs qui déferle sur l’Europe en direction du sud-ouest en fin d’été et en automne, mais isolément ou en tout petits groupes.

Le Bouvreuil pivoine se nourrit principalement de graines diverses dont la taille varie de 0,5 à 14 mm.

Les petites graines sont plutôt celles de plantes herbacées récoltées près du sol et les grosses, celles d’arbres comme le charme ou les conifères (sapin, pin). En début de saison, il est friand de bourgeons d’arbres gonflés par la sève, particulièrement les fruitiers, y compris dans les vergers. En fin de saison, il s’intéresse aux baies des arbres et arbustes, mais pas pour la pulpe qu’il rejette le plus souvent, mais pour les graines qu’elles contiennent. Enfin, il consomme quelques invertébrés, chenilles, divers insectes, mais cette part est minime, excepté pour les jeunes qui ont un régime majoritairement insectivore.

Le bouvreuil n’est pas la plupart du temps un assidu des postes de nourrissage hivernal.

Lorsqu’il se nourrit, le bouvreuil peut adopter des postures acrobatiques pour accéder aux graines convoitées. Il descend rarement au sol.

L’espèce est monogame. C’est la femelle qui a le rôle dominant dans le couple. Le couple se forme à l’issue de parades assez discrètes ponctuées de petits cris.

Au mâle revient semble-t-il le choix du site de nidification tandis que la construction est le fait de la femelle. Le nid est toujours construit assez bas (2 m ou moins) dans un arbuste ou un buisson, occasionnellement jusqu’à 5 m de hauteur. L’assise du nid est constituée de brindilles sèches. La coupe est abondamment tapissée intérieurement de radicelles et de fibres végétales. Il a l’aspect d’un mini-nid de corvidé, de geai par exemple.
La femelle dépose en avril-mai 4 à 6 œufs bleu pâle, maculés de taches légères à peine marquées et d’autres bien plus nettes, d’un brun-pourpre. L’incubation dure 12 à 14 jours, assurée par la femelle, aidée et nourrie par le mâle. Les poussins sont nourris majoritairement d’invertébrés, apportés par le mâle les premiers jours. Ils quittent le nid à l’âge de 14 à 16 jours mais restent encore dépendants des adultes un quinzaine de jours, voire plus.

L’aire de nidification du Bouvreuil pivoine s’étend de l’Atlantique au Pacifique sur tout le continent eurasiatique aux latitudes tempérées. Il est rare dans le biome méditerranéen et est absent des zones steppiques du cœur du continent. Sa présence y est liée aux milieux d’altitude (montagnes d’Europe du Sud, d’Asie mineure et du Caucase).

C’est un migrateur partiel. Les oiseaux du nord-est de l’aire quittent les sites de nidification, inhospitaliers en hiver, et rejoignent les sédentaires du sud. Certains outrepassent l’aire vers le sud, mais sans atteindre le continent africain, ni la Péninsule arabique, ni le continent indien.

Globalement, l’espèce n’est pas classée “menacée”. Ses populations restent conséquentes. Le bouvreuil est un oiseau régulier, mais jamais abondant comme le pinson par exemple.

L’impression de baisse que l’on ressent en France par exemple s’explique facilement. Avec la gestion des terres qui a été menée au siècle dernier où on cherchait à optimiser les exploitations et les rendements, il ne pouvait en être autrement. La politique des remembrements a entraîné la suppression d’un linéaire de haies inimaginable, de bosquets et petits bois, de petites zones humides qui ont été drainées, bref, de nombreux refuges de la faune sauvage. Le déclin du bouvreuil était inévitable. Le réchauffement climatique lui porte tort également car l’espèce est plutôt d’affinité septentrionale.

On peut envisager d’inverser la tendance en limitant les emprises agricoles, par exemple en préservant des bandes incultes, voire en replantant des haies, en gérant mieux les écotones comme les lisières forestières, les ripisylves, etc.

Comme leur entretien suppose du temps, donc de l’argent, il faudrait prévoir des subventions dédiées.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Oiseaux.net, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.