Le bourdon.

Les bourdons, genre Bombus, sont des insectes sociaux volants de la famille des Apidae. Comme l’abeille mellifère, les différentes espèces de bourdons se nourrissent du nectar des fleurs et récoltent le pollen pour nourrir leur larves. Ce sont des animaux utiles pour la faune et la flore en contribuant à la pollinisation.

Ils sont plus trapus et plus velus que les abeilles sauvages ou domestiques. Les colonies de bourdons sont créées annuellement tandis que les sociétés d’abeilles domestiques sont permanentes. Alors que la reine de bourdons fonde sa colonie en édifiant le nid et l’approvisionne au début, la reine d’abeilles domestiques est exclusivement occupée par la ponte. Plus velu et capable de produire sa chaleur corporelle, le bourdon vole à partir de 5 °C alors que l’abeille sort à partir de 15 °C. Des particularités morphologiques et biologiques bien tranchées différencient donc bourdons et abeilles.

Les bourdons, comme la plupart des autres insectes pollinisateurs sont en déclin mondial, notamment à la suite de la dégradation ou disparition de leurs habitats provoquées par l’agriculture intensive. Des initiatives mondiales et nationales visent à rétablir les habitats et les populations de pollinisateurs. À la différence des guêpes, taons ou abeilles, ils ne sont pas agressifs du tout vis à vis de l’Homme, et les femelles ne piquent que si on les agresse ou si on les prend entre les doigts. Ils ne manifestent pas de signes de territorialité ni de comportements agressifs entre individus ni espèces différents, hormis dans certains cas — rares — d’inquilinisme (quand une espèce « tricheuse » cherche à usurper une colonie existante pour lui faire élever sa propre progéniture). Quelques espèces de bourdons (du sous-genre Psithyrus) sont exclusivement parasites (elles ne produisent pas de caste ouvrière).


Ils se caractérisent et se différencient de la plupart des abeilles par une silhouette trapue et une importante pilosité. On peut aussi les confondre avec la « Volucelle bourdon » (Volucella bombylans) qui n’a pas de pilosité au niveau de la partie dorsale du thorax.

Il existe une variation (généralement territoriale) importante dans la coloration des individus à l’intérieur d’une même espèce.

Un examen à la loupe binoculaire est souvent nécessaire pour une identification correcte de l’espèce (via les genitalia).

Ils comptent parmi les plus petits animaux endothermes connus. Et leur endothermie (facultative) est inhabituellement élaborée et efficace dans le monde des insectes. Leur métabolisme (forte dépense énergétique), leur mode de vie (bourdonnière enterrée), leur couleur (bandes noires absorbant la chaleur du soleil) et leur « fourrure » isolante les aident à maintenir une température interne élevée. Ils sont ainsi les premiers et derniers  pollinisateurs apoïdes actifs par temps frais.

Le corps des bourdons est la plupart du temps coloré de noir et jaune. Ils ont un aspect robuste et sont couverts de poils. Ils mesurent habituellement entre 6 et 25 mm de long. La taille générale dépend de la caste :

  • La reine, le plus gros insecte de la colonie, mesure entre 13 et 32 mm de long.
  • Les ouvrières (femelles sexuées ou non) mesurent entre 7 et 18 mm de long.
  • Les mâles mesurent entre 10 et 17 mm de long.
Bourdon, carte maximum, Belgique.

Les bourdons femelles et les ouvrières ont un aiguillon lisse dépourvu de barbillon (contrairement aux abeilles) et ne risquent pas d’arracher une partie de leur abdomen en retirant le dard. Comme les guêpes, ils ne meurent donc pas après avoir piqué et peuvent infliger plusieurs douloureuses piqûres. Mais ils vivent de façon discrète et ne sont pas agressifs si bien qu’ils ne piquent pratiquement jamais, sauf si l’on marche dessus à pieds nus, s’ils sont saisis entre les doigts ou serrés dans la main dans un ultime réflexe de défense ou pour défendre leurs ruches.

Piqure ? Les mâles dépourvus d’aiguillon ne peuvent piquer. La femelle (Reine y compris), comme chez l’abeille peut injecter des peptides neurologiques mais non allergisantes (apamine, peptide neurotoxique, et un peptide dégranulant masocytaire [dit MCD pour mast cell  degranulating]) et des allergènes mineurs. Le venin de bourdon contient des allergènes identiques à ceux du venin d’abeille, incluant des protéines propres. En cas (rare) d’allergie au piqure de bourdon confirmée par des tests cutanés et/ou IgEs positifs à l’abeille : une désensibilisation est possible au venin d’abeille. Si l’allergie au bourdon suit une sensibilisation par piqûre d’abeille, l’allergie implique sans doute des allergènes communs aux abeille et bourdons, la désensibilisation est alors efficace. Si la sensibilisation est uniquement due à des piqûres de bourdon (souvent chez des professionnels), la désensibilisation avec le venin d’abeille peut échouer ou être incertaine, une prescription d’adrénaline auto-injectable est alors recommandée.

Les bourdons sont strictement végétariens. Les larves et les adultes se nourrissent respectivement de miel ; de nectar et de pollen.

Comme les abeilles, ce sont des pollinisateurs de première importance.

Comme la majorité des abeilles, le bourdon est capable de voler grâce au tourbillon d’air créé par le mouvement descendant de ses ailes. Le bourdon vole à une vitesse de trois mètres à la seconde. Certains scientifiques comparent sa capacité de voler au déplacement d’un nageur dans l’eau, le bourdon étant très léger par rapport à l’air.

On les rencontre normalement dans les régions tempérées et plus fraîches que celles très fréquentées par les abeilles.

Ce sont presque les seuls insectes pollinisateurs d’un grand nombre de plantes (espèces à corolles bilabiées, genre Aconitum L. notamment, qui pourraient pâtir de la régression des bourdons, comme beaucoup d’autres plantes à fleur).

Ce sont des insectes sociaux. La reine, passant l’hiver seule, recherche au printemps une cavité soit naturelle comme un terrier de petit rongeur, soit artificielle comme un nichoir pour oiseaux pour y bâtir un nid à l’aide de mousse, de poils, de feuilles, d’herbe et y pond ses premiers œufs dans des cellules de cire. Là, les larves se transforment en nymphes puis en ouvrières stériles qui continueront le développement de la colonie en butinant pour la nourrir de nectar et de pollen de fleurs. À la fin de l’été, une couvée donnera naissance à de nouvelles reines qui devront passer l’hiver et recommenceront le cycle.

Généralement, les bourdons ne sont pas des insectes agressifs. Seules les femelles (c’est-à-dire la reine et les ouvrières) piquent par autodéfense quand elles se sentent menacées ou quand on dérange leur « nid ». Les espèces américaines sont réputées plus agressives.

Les bourdons sont de grands pollinisateurs encore actifs dans des conditions climatiques peu favorables et sont essentiels pour la biodiversité. Ils jouent un rôle important de pollinisateur des cultures de fraises, framboises, myrtilles où ils peuvent remplacer l’abeille. Certaines fleurs (cyclamens, bruyères, tomates) ont une « pollinisation vibratile » (les anthères libèrent le pollen par des petits pores et non des fentes de déhiscence, d’où la nécessité d’être pollinisés par des insectes capables de vibrer à la bonne fréquence, tels les bourdons et les anthophores). Les bourdons munis d’un proboscis court (Bombus lucorum, Bombus terrestris, Bombus wurflenii) ne peuvent accéder au nectar produit par les petits nectaires des calices ou des corolles en forme de long tube. Ils adoptent une stratégie différente, perforent la base du périanthe (laissant un trou caractéristique), quelquefois en même temps le calice et la corolle, et passent leur trompe dans ce jour pour atteindre le nectar, sans assurer la pollinisation (vol de nectar). Ces ouvertures profitent ultérieurement à des insectes anthophiles (d’autres bourdons, abeilles). Fruits de millions d’années de coévolution, les relations mutualistes entre fleurs et bourdons pourraient être bouleversées par le réchauffement climatique qui entraîne une raréfaction de toutes les espèces de fleurs. Confrontés à cette insécurité alimentaire, les bourdons à proboscis long ouvrent leur régime à d’autres types de fleurs, dont celles à corolle peu profonde. La sélection naturelle favorise ainsi les individus à langue plus courte, entraînant un rapide rétrécissement de l’organe chez ces espèces.

Les bourdons ont un cycle de vie largement régulé par la température, alors que les plantes sont souvent plus sensibles à la longueur du jour : il arrive que les bourdons soient déjà nombreux et les fleurs encore rares. Les bourdons sont alors capables de mordre les feuilles et les percer de trous, ce qui a pour effet d’avancer la floraison, de par exemple deux semaines pour la Moutarde noire et un mois pour la Tomate.

Des élevages sont organisés à grande échelle en France et dans d’autres pays et font l’objet d’un commerce national et international. Depuis les années 1980, on élève aux Pays-Bas et en Belgique plusieurs espèces pour une pollinisation horticole dirigée.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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