Le Bambou.

Les bambous sont des plantes monocotylédones appartenant à la famille des Poaceae (graminées), sous-famille des Bambusoideae. Ils se distinguent des autres graminées par leur port arborescent et leurs tiges ligneuses souvent de grande longueur, et sont répartis dans la classification botanique en deux tribus : les Bambuseae, originaires des régions tropicales et subtropicales, et les Arundinarieae, originaires des régions tempérées. Ils sont caractérisés notamment par leurs tiges formées d’un chaume,

généralement creux, lignifié, à la croissance très rapide. Les bambous se sont adaptés à de nombreux climats (tropicaux, subtropicaux, et tempérés) et sont présents naturellement dans tous les continents à l’exception de l’Antarctique. Il existe une troisième tribu de Bambusoideae, celle des Olyreae, qui rassemble des bambous herbacés, originaires des régions tropicales d’Amérique latine.

Le bambou a été et reste très largement utilisé en tant que plante  ornementale, plante alimentaire et matériau de construction (échafaudage).


Tous les bambous ont des tiges souterraines, appelées rhizomes. Ils  permettent à la plante de croître en formant des touffes plus ou moins serrées. C’est aussi un organe de réserve. Les racines sont adventives et se développent autour des nœuds du rhizome.

On peut distinguer généralement deux grands types de système de rhizome.

Les rhizomes pachymorphes : Ils sont courts et épais et se rencontrent chez les bambous cespiteux (Bambusa glaucescens, Bambusa vulgaris, Fargesia murielæ, Fargesia nitida) ;

Les rhizomes leptomorphes : Ils sont longs et minces et se rencontrent chez les bambous traçants.

Les jeunes pousses de bambous s’appellent des turions. Le turion est un type de bourgeon qui se développe sur la partie souterraine des bambous (les rhizomes). Turion vient du latin turio : « jeune pousse, tendron, rejeton ». Le turion est un bourgeon enterré, donnant naissance à une jeune pousse, qui deviendra chaume.

Comme pour toute Poaceae (graminée), les feuilles comprennent une gaine ou fourreau, enveloppe du chaume, qui présente à son sommet une ligule et des oreillettes plus ou moins développées. Le pétiole est assez court et le limbe très allongé, à nervures parallèles, constitue la partie la plus  apparente de la feuille.

La feuille du bambou est donc clairement découpée, fait assez unique chez les monocotylédones, chez les Poacées. Les bambous n’étant pas des arbres, ils n’ont pas de branches et il ne faut pas parler, à tort, de « branche » de bambou, pour nommer en réalité la feuille du bambou.

Les feuilles des bambous permettent de les distinguer des cannes de Provence, ces dernières ayant des feuilles effilées ressemblant plus à celles des feuilles de maïs.

La tige principale est un chaume, ou canne, lignifié, fistuleux (c’est-à-dire en tube) cloisonné aux nœuds. La cicatrice visible aux nœuds est la trace de la gaine des feuilles tombées. Le chaume peut se diviser en rameaux feuillés, eux-mêmes divisés en ramuscules.

Le bois des chaumes, riche en silice, est très dur et très résistant. La taille des tiges varie selon les espèces de moins d’un mètre jusqu’à 30 m. La vitesse de croissance peut chez certaines espèces être spectaculaire, jusqu’à un mètre par jour (vigueur que les Chinois auraient utilisée pour en faire un supplice).

Les chaumes se balancent aux vents forts et se plient sous le poids de la neige mais ils ne se cassent que rarement. Cette flexibilité est due aux entrenœuds creux de chacun des chaumes.

Le bambou appartient à la sous-famille des Bambusoideae de la famille des graminées vivaces à feuilles persistantes Poaceae. Le bambou est donc bien une herbe et non un arbre. Cependant, la FAO inclut les espèces non ligneuses dans ses calculs, prenant donc les bambous et les palmiers comme des arbres.

Contrairement aux arbres et comme les herbes, les bambous n’ont pas de couche de cambium vasculaire ni de cellules méristématiques au sommet des tiges. Comme les herbes, la tige de bambou pousse et atteint sa hauteur définitive en une seule saison de croissance et persiste ensuite pendant plusieurs années. Sa hauteur et son diamètre ne varie plus mais le nombre de branches latérales et de ramifications augmente.

Le bambou a, par le passé, été considéré dans certaines régions comme un arbre. C’était le cas en Inde jusqu’en 2017. En effet, en Inde, pour couper, déraciner ou transporter un arbre, il y a des contraintes législatives. Le bambou perdant son statut d’arbre, son exploitation en devient facilitée.

C’est une graminée ligneuse qui forme un groupe végétal diversifié et écologiquement important notamment car pouvant moduler la structure, la composition et la fonction des forêts8. En croissance, une bambouseraie peut fixer 30 % de plus de CO2 que des arbres feuillus, jusqu’à 12 tonnes de CO2/ha/an (3 tonnes pour une forêt de feuillus). Elle libérerait alors 30 % d’oxygène de plus que des arbres. L’étroitesse de ses feuilles améliore l’infiltration de l’eau dans le sol (deux fois plus qu’une forêt de feuillus). Il limite l’érosion des sols (grâce à son réseau racinaire très dense sur 60 centimètres de profondeur) et restaure des sols appauvris. On l’utilise pour l’élimination de certaines toxines du sol (phyto-remédiation), et sa culture ne nécessite peu ou pas d’engrais, ni de produits phytosanitaires.

Dans le cadre d’une utilisation du bambou dans la construction comme matériel écologiquement performant, une équipe hollandaise a comparé l’empreinte écologique de l’acier, du béton, du bois local et exotique, et du bambou -importé du Costa Rica- pour des constructions aux Pays-Bas. Le bambou a l’empreinte la moins importante.

Les bambous sont cependant répertoriés parmi les espèces invasives. Par leurs aptitudes à coloniser rapidement un milieu via leurs rhizomes, certaines espèces peuvent, localement, porter un réel préjudice à la biodiversité.

Dans une partie du monde, la part du bambou est mal estimée dans les inventaires forestiers. Un protocole standardisé spécifique au monitoring du bambou dans les parcelles de recherche permanentes a donc été proposé (en 2020), car les plans d’échantillonnage faits pour les arbres ne  conviennent pas aux populations de bambou. Il doit aider à mieux dessiner et comprendre les modèles régionaux et mondiaux de la diversité du bambou et son rôle dans l’écologie forestière.

Compte tenu de la floraison aléatoire du bambou, la culture moderne se fait par bouturage d’un morceau de rhizome conservé avec ses racines. Le bambou doit avoir environ quatre ans pour pouvoir être bouturé efficacement. On détache un morceau de trois chaumes consécutifs pour en faire une bouture. Les jeunes plants demandent de l’ombre afin de rafraîchir les racines superficielles et les pousses tendres. Après quelques années, le feuillage suffit à apporter l’ombre nécessaire. On plante la motte de  rhizomes dans une terre fraîche et humide, bien drainée en hiver. La plantation se fait entre mars et avril après les dernières gelées ou en août et septembre. La motte est préalablement trempée en faisant attention qu’elle ne se casse pas puis placée dans un sol travaillé mélangé à du terreau. On recouvre enfin de trois bonnes couches de tourbe. Un tuteur peut être utile. Arroser une fois par semaine pendant l’été. Attention, les racines et rhizomes sont envahissants et gênent le reste de la végétation. En début de printemps, il faut couper les tiges inutiles au ras et amender le sol si celui-ci est pauvre.

Les turions de toutes les espèces sont comestibles, bien que certains puissent être assez amers. Phyllostachys viridiglaucescens a un goût doux et Phyllostachys edulis fait l’objet de cultures industrielles dans ce but (sa taille étant plus grande, donc plus rentable). Les jeunes pousses sont cueillies, un peu comme des asperges, dès qu’elles commencent à sortir de terre. La plupart des espèces ne se mangent pas crues à cause de leur amertume. On les fait bouillir ou griller dans leur enveloppe, que l’on enlève ensuite, avant d’émincer le cœur des pousses pour les préparer en salade, en friture ou en sauce. Les pousses de certaines espèces (Sasa) peuvent être grillées au four et dégustées directement.

Source : Wikipédia.

 

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