Le ball-trap.

Le tir aux pigeons d’argile, tir aux plateaux ou tir au plateau d’argile, ball-trap ou balltrap, tir aux clays (Belgique), ou tir à la volée (Canada) est un exercice d’adresse, d’entraînement à la chasse ou pratiqué comme activité sportive, consistant à abattre au fusil des plateaux constitués d’un mélange de brai de pétrole et d’un apport de calcaire projetés en l’air.


La première mention d’un tir aux pigeons (Trapshooting) semble datée de 1793, dans un magazine anglais (Sporting Magazine). Comme ceux qui lui succèderont jusque dans les années 1920, il utilisait de vrais oiseaux vivants (pigeons en général), libérés de leur cache (un chapeau haute forme souvent) en tirant sur une ficelle, ce qui faisait nommer ce groupe de chasseurs « le club des chapeaux Haut-de forme » (High Hats Club), jusqu’à ce qu’ils utilisent des boites au lieu des chapeaux.

Cincinnati disposait en 1831 d’une fosse olympique. Une association inter-États de Trap Shooting (« The Interstate Trap Shooting Association ») est créée en 1890, qui organisera cette pratique et en formalisera les règlements aux États-Unis.

Ball-trap, carte maximum, Afars, 5/06/1970.

À la fin du XIXe siècle, alors que l’utilisation des oiseaux vivants est jugée honteuse ou peu éthique par le public, les oiseaux vivants sont peu à peu remplacés par le tir sur des cibles mouvantes mais artificielles, et la législation interdit le tir d’entraînement sur oiseaux vivants. Plusieurs variantes de boules de verre lancées en l’air, parfois remplies de plumes ont été essayées. En 1880, un oiseau d’argile est utilisé.. Après quelques changements il est devenu le plateau encore utilisé de nos jours. En juin 1900, à Cincinnati, 74 candidats participent à la première session du « Grand American Handicap Trap Shoot ».

Concernant les règles, le ball-trap, tel qu’il est aujourd’hui pratiqué (sur des « pigeons » simulés par des plateaux d’argile) aurait été inventé ou préfiguré dans les années 1920, dans le Massachusetts à Glen Rock Kennels, dans la ville d’Andover par un américain (Charles Davies) passionné de chasse à la perdrix. Il avait alors dénommé cette activité « Shooting ‘Round the Clock’ » (littéralement tir à partir du tour de l’horloge, ou « Clock Shooting » (littéralement tir à l’horloge).

Le parcours original se présentait comme un cercle de rayon de 25 yards, dont la circonférence était dessinée comme une horloge avec une cible présentée à la position « 12 heures ».

Sur ce site, la pratique du tir à partir de toutes les directions ont dû cesser pour des raisons de voisinage (un élevage de poulets s’était installé contre la propriété de C. Davies). Le jeu a ensuite évolué jusqu’à ses configurations actuelles, à partir de 1923, lorsque l’un des amateurs de « Clock Shooting », William Foster Harnden, a proposé de positionner une seconde cible à la position 6 heures et de donner au terrain la forme d’un demi-cercle. Foster était un illustrateur, notamment connu du monde de la chasse pour avoir illustré un ouvrage intitulé New England Grouse Shooting. Il travaillait aussi à promouvoir les produits de l’armurier Parker6. Il semble avoir vite senti le potentiel commercial de cette nouvelle activité en termes de vente de fusils et cartouches. Il a encouragé l’intérêt suscité par ce nouveau type de compétition. Il l’a notamment promu via le journal National Sportsman and Hunting and Fishing magazines dont il était rédacteur en chef (et illustrateur ?). Le jeu a été élogieusement présenté dans le numéro 7 de février 1926 de la revue, avec une illustration de couverture présentant un tireur devant une borne numérotée au-dessus d’un bandeau « Complete game laws in this issue » (Règlement complet de ce jeu dans ce numéro). Un prix de 100 dollars a été offert à celui qui trouverait un nouveau nom pour cette activité. Le mot gagnant a été « skeet », proposé par une certaine Gertrude Hurlbutt, de Dayton (Montana)8. Ce mot « skeet » a été présenté comme dérivant du mot scandinave « skyte » qui signifie « tirer ». De nouveaux fusils dits skeet guns ont été produits pour cette pratique, notamment par Parker.

En 1922, une scission se manifeste dans l’association inter-État et une autre association d’amateurs de tir au pigeon se crée en 1923 : l’ATA (« Amateur Trapshooting Association »), basée à Vandalia dans l’Ohio, où se tient encore son grand tournoi annuel Grand American Handicap (5 000 tireurs en 1996).

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le tir aux pigeons d’argile s’est fait largement fait connaître des américains et de soldats d’autres pays, en servant — dans plusieurs corps d’armée — de moyen d’entraînement des soldats au tir sur cible mobile, et aussi parfois de détente pour les officiers lors de leur temps de repos. De nombreux habitués du tir au pigeon se sont à cette époque fait embaucher comme instructeurs. Après l’armistice, une association nationale de Skeet Shooting a rapidement été créée (en décembre 1946), nommée National Skeet Shooting Association (NSSA), substantiellement financée au départ par la National Rifle Association8. Un championnat national de tir a été repris à Indianapolis dès 1946. Le siège de la NSSA est maintenant basé à San Antonio, au Texas, où des concours nationaux et locaux sont encore organisées.

Le 15 mars 1967, l’Union des Sociétés de Tir a fusionné avec la Fédération Française de Tir aux Armes de Chasse, en créant une nouvelle Fédération Française de Tir, jusqu’au 15 juillet 1985, où à la suite d’une scission, une Fédération Française de ball-trap est créée, pour la défense et le suivi des disciplines Ball Trap (d’abord non-olympiques puis olympiques comprises). Pierre de Coubertin (qui a sept fois acquis le titre de Champion de France au pistolet) avait imposé la pratique du tir aux premiers jeux Olympiques il y a plus d’un siècle (en 1896), ce qui a permis au ball-trap de s’inscrire dans les disciplines olympiques.

Ball-trap, entier postal, Russie.

Les différentes disciplines du ball-trap[modifier | modifier le code] Cette activité sportive regroupe plusieurs disciplines. Il y a des disciplines non olympiques qui sont gérées par la Fédération Française de Ball Trap (FFBT) [archive] comme la Fosse Universelle (FU), le Parcours de Chasse (PC), le Compak Sporting (CS) et la DTL (ex Fosse Euro, le Sanglier Courant et les Hélices).

Les disciplines olympiques sont quant à elles gérées par la Fédération française de tir (FFT) comme la fosse olympique (FO), le double trap (DT), et le skeet olympique (SO).

La Fosse Universelle comporte cinq appareils de lancement qui sont placés dans une excavation munie d’un toit fixe ou articulé. Les cinq appareils sont disposés en ligne droite sur des supports scellés, rigoureusement alignés et parfaitement de niveau, ils sont numérotés de gauche à droite, de 1 à 5. Les cinq supports sont placés de telle sorte que les cinq lanceurs étant armés avec un plateau sur le bras de lancement de chacun d’eux, on ait :

une distance horizontale de 1 m minimum et de 1,25 m maximum entre le centre des deux plateaux disposés sur les deux appareils voisins, prêts pour le lancement. Une distance verticale de 0,50 m entre le centre de chaque plateau pris à la calotte supérieure et la face supérieure du plafond recouvrant la fosse, étant entendu que cette face du plafond correspond exactement au niveau du pas de tir.
Pas de tir : Les pas de tir, constitués par des carrés de 1 m × 1 m, sont disposés en ligne droite, parallèlement aux cinq appareils de la fosse. Une distance horizontale de 15 m doit-être mesurée entre la ligne frontale des pas de tir et celle passant par les centres des plateaux en position de lancement sur les appareils. Une marque ou un plateau doit être disposé dans l’axe du pas de tir central sur le toit de la fosse (appareil no 3 réglé à 0°) ou doit passer exactement par le centre des plateaux perpendiculairement à l’alignement des cinq appareils de lancement.

Les pas de tir sont disposés de sorte qu’il y en ait deux à gauche et deux à droite du pas de tir no 3. Ils sont espacés de 2,5 m d’axe en axe, afin de laisser des intervalles de 1,5 m de largeur entre chacun des cinq pas de tir. Chaque pas de tir est équipé d’un support sur lequel les tireurs peuvent poser leurs cartouches.

Plateaux : Les plateaux doivent avoir un diamètre de 110 mm, une hauteur de 25 à 28,5 mm et un poids compris entre 100 et 110 g. Pour les compétitions, les plateaux doivent être de la même couleur et de la même marque agréée. La situation du terrain et la couleur des plateaux doivent être telles, que ces derniers se détachent visiblement dans la zone de tir, sous des conditions de lumière normale.

Dispositif de lancement : Les lanceurs doivent être commandés par un dispositif, déclencheur au son (électrique ou électronique), avec un séquenceur de manière que tous les tireurs puissent recevoir des plateaux identiques dans un ordre différent, mais sans savoir lequel des cinq appareils lancera le plateau.

Règlement des compétitions : Ces règlements concernent les trajectoires des plateaux, les armes et munitions à utiliser, les vêtements, les positions de tir, les règles de tir, l’arbitrage, et l’organisation proprement dite des compétitions. Ces règlements sont édictés par la FITASC et par la Fédération Française de Ball-trap.

Outre l’exercice d’attention visuelle que sa pratique exige, le ball-trap demande concentration et maîtrise de soi.

Pour protéger l’oreille interne, le port de protections auditives est obligatoire. Selon une étude récente, 1,5 % des jeunes français pratiquent régulièrement la chasse ou le ball-trap, et ce sont surtout des garçons 2,5 %, contre 0,4 % pour les filles. C’est donc une source de dégradation de l’audition qui arrive statistiquement loin derrière l’écoute ou la pratique de musiques amplifiées ou par baladeur.

Des lunettes de sécurité sont également recommandée pour protéger d’éventuels éclat ou plombs accidentellement perdus. De plus, les pratiquants réguliers sont exposés à l’inhalation de petites quantités de plomb provenant de l’azoture de plomb de l’amorce de la cartouche.

Cette activité est aussi, comme de nombreux stands de tir, à l’origine d’une pollution durable des sols par le plomb30,31, qui est non-biodégradable, et par d’autres métaux lourds ou métalloïde toxique (arsenic, antimoine). Elle est aussi à l’origine de l’intoxication d’oiseaux (saturnisme aviaire), qui pourrait indirectement (par la consommation de gibier) affecter la santé humaine.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube

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