L’avion Latécoère 300 “Croix-du-sud”.

L’hydravion Latécoère 300 était conçu pour le transport de courrier entre Dakar et Natal au Brésil. Le premier exemplaire (F-AKCU) fit son premier vol en 1931, mais il coula dans l’étang de Berre en décembre de la même année (problème de centrage). Début 1932, il fut reconstruit, ré-enregistré (F-AKGF) et nommé Croix-du-Sud. Il revola en octobre 1932.

Fin décembre 1933, piloté par le capitaine de corvette Jean Marie Henry Roger Bonnot, l’appareil effectua le parcours étang de Berre-St Louis du Sénégal (3.680 km) en un peu plus de 23 heures. Début janvier 1934, il traversa l’Atlantique Sud vers Natal, le retour eu lieu en février, il fut ensuite inclus dans le service d’Air France sur ce parcours (six traversées). Dans l’année, La Croix-du-Sud revint à Biscarrosse pour une révision et des modifications : empennage vertical agrandi, dièdre de l’aile modifié et hélices à pas variable. Les opérations furent poursuivies en 1935-1936, mais le 7 décembre 1936, l’hydravion piloté par Jean Mermoz disparut en mer au large de Dakar. Ni l’appareil, ni l’équipage (Alexandre Pichodou, second pilote, Jean Lavidalie, mécanicien naviguant de la compagnie Air France, Henri Ézan, navigateur et Edgar Cruvelhier, radiotélégraphiste de la compagnie Air France) ne furent retrouvés.

Hydravion Croix-du-sud, carte maximum, Biscarosse, 4/12/1982.

Intéressé par le rayon d’action important du Laté 300, le ministère de l’Air commanda six exemplaires d’une version dérivée, trois Laté 301, hydravions civils pour Air France et trois Laté 302, appareils de reconnaissance militaire. Ils incluaient les modifications faites sur la Croix-du-Sud en 1934-1935, augmentation du dièdre de l’aile et de la surface du plan vertical de queue. Les moteurs étaient des Hispano-Suiza 12 Ner de 650 ch montés en tandem au-dessus de l’aile.

Pour les avions civils les enregistrements d’origine étaient F-AOIK Orion, F-AOIL Eridan et F-AOIM Nadir. Le vol initial eu lieu début septembre 1935. Avant la mise en service début 1936, les noms devinrent Ville de Buenos Aires, Ville de Rio de Janeiro et Ville de Santiago du Chili. L’hydravion F-AOIL, Ville de Rio de Janeiro fut perdu lors d’un vol Natal-Dakar début février 1936. L’accident était probablement lié à un problème de moteur, de réducteur ou d’hélice sur les Hispano 12 Ner, comme pour la Croix-du-Sud qui avait aussi reçu ces propulseurs.

Les appareils militaires Laté 302 comportaient un équipage de huit personnes au lieu de quatre pour leurs équivalents civils, des moteurs Hispano-Suiza 12 Ydrs plus puissants et un cockpit se prolongeant vers l’extrême avant. Ils furent baptisés Guilbaud (codé E4-1), Cavelier de Cuverville (E4-2) et Mouneyrès (E4-3), le premier vol fut effectué en février 1936. L’armement était constitué de trois mitrailleuses Darne, deux latérales et une montée à l’avant. Quatre bombes de 75 kg pouvaient être emportées. La mise en service dans l’Escadrille E4 eu lieu à Berre fin 1936, en septembre 1939 leur unité fut déplacée à Dakar. Ils furent rejoints par le Laté 301 F-AOIM rebaptisé de l’Orza. Ils furent retirés du service en décembre 1941.

Les trois Laté 302 avaient reçu un nom de baptême en l’honneur d’officiers de l’Aéronautique Navale disparus en mission. Hervé-Marcel Mouneyrès (1899-1927) disparut avec Pierre de Serre de Saint Roman et le mécanicien Petit lors d’une traversée de l’Atlantique Sud (Saint Louis du Sénégal vers Natal au Brésil) en 1927 à bord d’un Farman F.60 (F.162) Goliath immatriculé F-ADFN et équipé d’un train fixe. Albert Cavelier de Curverville (1892-1928) et René Guilbaud (1890-1928) disparurent à bord d’un Latham 47 lors de recherches pour retrouver les survivants du dirigeable italien Italia commandé par Umberto Nobile et perdu entre la Norvège et l’archipel du Spitzberg en 1928.

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Sources : Jn passieux, YouTube.

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