L’aurochs.

L’aurochs (ou auroch) est une espèce disparue de bovidé, ancêtre des races actuelles de bovins domestiques, et appartenant au genre Bos. Son nom scientifique est Bos primigenius mais, selon les auteurs, il peut être considéré comme une sous-espèce (Bos taurus primigenius) des bovins de l’espèce Bos taurus. Il est également désigné parfois par les noms d’urus ou ure. Menacé par la domestication et la chasse, l’aurochs n’existait plus qu’en Europe de l’Est à partir du XIIIe siècle, avant de s’éteindre dans la première moitié du XVIIe siècle (le dernier spécimen est mort en 1627 dans la forêt de Jaktorow en Pologne). L’aurochs a fait en 1920 l’objet de tentatives de reconstitution par élevage sélectif de races bovines. Les frères Heinz et Lucks Heck créèrent une race s’en approchant appelée « aurochs de Heck », et officiellement nommée de nos jours en France « aurochs-reconstitués », que l’on peut observer aujourd’hui en Europe, comme dans la forêt de Rambouillet, en France.


L’aurochs serait apparu en Inde au Pléistocène inférieur, il y a environ deux millions d’années. Il serait probablement issu de Bos planifrons ou de Bos acutifrons, connus dans les Siwaliks.

Il aurait ensuite migré vers le Moyen-Orient et le reste de l’Asie pour gagner l’Europe au Pléistocène moyen. Il a aussi existé en Afrique du Nord. La date précise de sa diffusion en Europe varie selon les sources : début du Pléistocène moyen (soit il y a environ 780 000 ans), 275 000 ans ou 250 000.

Aurochs, carte maximum, Villotte, 20/06/2009.

Beaucoup d’auteurs distinguent trois sous-espèces, largement répandues à travers l’ancien monde :

  • les aurochs européens et moyen-orientaux (Bos primigenius primigenius) ;
  • les aurochs asiatiques ou indiens (Bos primigenius namadicus) ;
  • les aurochs nord-africains (Bos primigenius africanus = Bos primigenius opisthonomous = Bos primigenius mauretanicus) ».

Il existe des formes régionales mal connues, et il est possible qu’il ait existé des sous-espèces non décrites. L’aurochs de Sicile avait ainsi une taille inférieure de 20 % aux aurochs continentaux.

L’aurochs a été chassé par les groupes de Néandertaliens, comme l’attestent les découvertes archéologiques réalisées dans les sites tels que Biache-Saint-Vaast ou La Borde. Ce dernier a livré de nombreux restes d’aurochs, correspondant au minimum à quarante individus. Il est interprété comme un lieu de chasse et d’abattage mettant à profit un piège naturel vers lequel des troupeaux étaient rabattus.

L’aurochs a ensuite très fréquemment été représenté dans l’art pariétal du Paléolithique supérieur, notamment à Lascaux ou Font-de-Gaume. La villa romaine du Casale conserve une mosaïque représentant une chasse à l’aurochs mais certains y voient un bison d’Europe.

Alors qu’une partie significative des forêts d’Europe de l’Ouest est déjà défrichée au profit de l’agriculture, Jules César, dans un chapitre de la Guerre des Gaules consacré à la description des Germains, évoque l’aurochs qu’on lui dit vivre dans l’immense forêt hercynienne avec des élans et d’autres animaux sauvages qu’on ne trouve déjà plus dans l’Italie romaine ni dans ses premières colonies.

« Une troisième espèce porte le nom d’urus. La taille de ces animaux est un peu moindre que celle des éléphants ; leur couleur et leur forme les font ressembler au taureau. Leur force et leur vélocité sont également remarquables ; rien de ce qu’ils aperçoivent, hommes ou bêtes, ne leur échappe. On les tue, en les prenant dans des fosses disposées avec soin. Ce genre de chasse est pour les jeunes gens un exercice qui les endurcit à la fatigue ; ceux qui ont tué le plus de ces urus en apportent les cornes en public, comme trophée, et reçoivent de grands éloges. On ne peut les apprivoiser, même dans le jeune âge. La grandeur, la forme et l’espèce de leurs cornes diffèrent beaucoup de celles de nos bœufs. On les recherche avidement, on les garnit d’argent sur les bords, et elles servent de coupes dans les festins solennels. »

Après avoir disparu des autres régions du monde, l’aurochs semble être resté relativement abondant dans les grands massifs forestiers d’Europe, relique de la forêt préhistorique ou regain sur des terres défrichées puis abandonnées au moment des grandes invasions ou des pestes, jusqu’au Moyen Âge, date à laquelle quelques mesures de protection sont prises (interdiction de chasse, garderie…), afin de protéger un gibier de choix pour la noblesse. Ainsi, Grégoire de Tours rapporte que « la quinzième année du roi Childebert (en 590), qui était la vingt-neuvième du roi Gontran, le roi Gontran, chassant dans la forêt des Vosges, y trouva les restes d’un buffle (aurochs ou bison ?) qu’on avait tué. Le garde de la forêt, sévèrement interrogé pour savoir qui avait osé tuer un buffle dans la forêt royale, nomma Chaudon, chambellan du roi. Alors le roi ordonna qu’il fût saisi et conduit à Châlons chargé de liens. Tous les deux ayant été confrontés en la présence du roi, et Chaudon soutenant qu’il ne s’était nullement permis l’action dont on l’accusait, le roi ordonna le combat. Le chambellan présenta son neveu pour combattre à sa place. Tous deux se rendirent sur le champ, et le jeune homme, ayant poussé sa lance contre le garde des forêts, lui perça le pied. Celui-ci tomba aussitôt en arrière ; et comme le jeune homme, tirant le couteau qui pendait à sa ceinture, tâchait de lui couper la gorge, l’autre lui perça le ventre de son couteau. Tous deux tombèrent morts ; ce que voyant, Chaudon prit la fuite pour se rendre à la basilique de Saint-Marcel (de Châlons) ; mais le roi s’écriant qu’on le prit avant qu’il n’atteignit le seuil de l’édifice sacré, il fut pris, attaché à un poteau, et lapidé. Le roi eut ensuite un grand repentir de s’être laissé aller si promptement à la colère, et d’avoir fait mourir avec tant de précipitation, pour une petite faute, un homme qui lui était nécessaire et fidèle. »
L’aurochs figure sur les armes de la ville lituanienne de Kaunas, et il est le symbole de la Principauté de Moldavie (roumain : bour, prononcé « bo-oure ») ; à ce titre il figure sur le blason de la Roumanie et de la République de Moldavie. Les aurochs ont disparu de ces pays au XVIe siècle, chassés par les boyards ou croisés avec le bétail domestique.

Au XIIIe siècle, le territoire de l’aurochs se limitait à la Prusse orientale, la Pologne, la Lituanie, la Moldavie et la Transylvanie. En Pologne, le droit de chasser de grands animaux a été limité d’abord à la noblesse puis, progressivement, aux seuls membres de la famille royale. Comme la population déclinait, la chasse cessa et la cour royale dut faire appel à des garde-chasses pour entretenir les dernières populations dans des zones délimitées. Ces garde-chasses étaient exemptés d’impôts locaux en échange de leur service ; le braconnage sur les aurochs était puni de mort.

Selon une enquête royale, ils n’étaient plus qu’une trentaine en 1564, vivant ainsi en liberté surveillée dans la forêt de Jaktorów (en), en Pologne. Principalement victimes de maladies apportées par les bovins domestiques, il ne restait plus que trois mâles et une femelle en 1602. Le dernier mâle est mort en 1620 et la femelle, dernier aurochs vivant connu, est morte en 1627.

John Bell mentionne toutefois sa présence en 1720 en Sibérie.

Les principales causes de l’extinction furent la chasse, la diminution de l’habitat en raison du développement de l’agriculture et des épizooties (notamment en provenance de bétail domestique).

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Sources : Wikipédia, YouTube

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