L’aragonite.

L’Aragonite a été découverte par Anselmus Boëtius de Boodt en 1609. Ce célèbre minéralogiste lui a alors donné le nom de « stillatitius lapis ». Sa disposition à l’état naturel en bouquets de fleurs avec des pics plus ou moins hauts blancs, bleus, verts ou encore marrons, lui valut, par la suite le surnom de « fleurs de fer ». D’ailleurs, cette pierre abondante sert encore principalement à fabriquer des objets décoratifs, ainsi que des bijoux fantaisie.

Puis, en 1797, Abraham Gottlob Werner la renomma par son nom actuel l’aragonite, en s’inspirant de sa terre d’origine, située près d’Aragón en Espagne.

Cette pierre est précieuse pour les scientifiques, car elle est sensible aux taux de CO2 élevé. Ainsi, elle constitue une précieuse information de l’acidification des océans, car elle le code dans son cristallin. Elle est le signe de bonne santé des eaux salées.

Aragonite, carte maximum, TAAF, 1990.

Ce minéral brut polymorphe appartient à la famille des carbonates de calcium. Sa formule chimique est le code CaCO3, et l’aragonite comporte des traces de strontium, de plomb et de zinc. Ses cristaux peuvent atteindre jusqu’à 30 cm de haut. En conditions ambiantes, ce polymorphe met des dizaines, voire des centaines de millions d’années à se transformer en calcite. Grâce à ses différentes inclusions minérales, cette pierre peut avoir une large gamme de teintes sur ses cristaux : incolore, rouge, blanc, marron, gris, vert, violet ou encore bleu.

Son système cristallin orthorhombique lui confère un clivage imparfait, et une cassure conchoïdale. Ainsi, son trait est blanc et son éclat est vitreux. Dotée d’une densité de 2,9 à 3, son poids est lourd, mais sa dureté n’est cependant que d’indice de 3,5 à 4 sur l’échelle de Mohs, ce qui en fait une pierre relativement fragile.

Les gisements d’aragonite brute les plus prolifiques se situent sur les terres d’Europe, notamment en Espagne et en France, mais aussi dans certains pays africains, comme la Namibie ou le Maroc.

Peu stable à basse température, cette pierre ne se forme qu’au sein des organismes vivants. Elle est ainsi fréquemment bio synthétisée par différentes espèces. Elle constitue en effet :

  • la nacre et les perles des huîtres,
  • la coquille de nombreux coquillages, dont les moules et une partie des squelettes des coraux durs, situés sur les récifs coralliens.

Ainsi, la moitié des coquillages ont une coquille formée d’aragonite, tandis que l’autre moitié est constituée de calcite. Cependant, certains coquillages, comme les ormeaux, comportent ces deux formes de carbonate de calcium CaCO3.

Diverses variétés de cette aragonite brute jouent un rôle majeur dans le cycle biogéochimique du carbone, ainsi que dans les puits de carbone océaniques. En effet, au-dessus d’une certaine acidité de l’eau, elle devient soluble. Elle est ainsi considérée comme un des signes et traceurs du système écologique dans lequel elle se trouve, ainsi que source d’information fiable de l’acidification des mers conséquente aux émissions anthropiques de CO2. Elle code littéralement cette information.

Il y a donc un lien de cause à effet évident avec l’augmentation de l’acidité et la compétition entre la construction biochimique du calcaire et sa dissolution chimique dans l’eau de mer ambiante. Ainsi dans une eau qui devient trop acide, les coquilles déjà formées peuvent se déliter, et tuer alors les animaux qu’elles protégeaient jusque-là. Cette situation, conséquente à l’augmentation de l’acidité des mers, était déjà considérée comme critique en 2013 d’un point de vue local. En 2100, selon différents scénarios, ce niveau critique sera quasiment généralisé sur la plus grande partie de toutes les eaux salées.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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