L’amanite tue-mouches.

L’Amanite tue-mouches ou fausse oronge (Amanita muscaria), est une espèce de champignons basidiomycètes de la famille des Amanitaceae. Toxique et psychotrope, c’est l’un des nombreux représentants du genre des amanites, et certainement le plus connu. Originaire des régions tempérées de l’hémisphère nord, Amanita muscaria a été introduite accidentellement dans de nombreux pays de l’hémisphère sud, principalement comme symbiote des pins cultivés, et est devenue cosmopolite. Elle s’associe avec les racines de différents feuillus et conifères.

L’intoxication par Amanita muscaria n’est que très rarement mortelle. Cette espèce est surtout connue pour être hallucinogène. Son principal constituant psycho-actif est le muscimole. Le champignon a donné son nom à la muscarine, poison du système nerveux parasympathique qu’il contient en très faible quantité, et à un type de récepteurs cellulaires, les récepteurs muscariniques.

Plusieurs variétés ont été identifiées. La variété muscaria est la plus courante et la plus reconnaissable. Il s’agit d’un sporophore de grande taille, au stipe blanc et à l’hyménium à lames blanches, avec un chapeau couvert d’une cuticule rouge foncé, parsemée de points blancs. Les autres variétés, plus rares, diffèrent par la couleur du dessus du chapeau. Ce sont les variétés orangées guessowii, flavivolvata et formosa.


Amanita muscaria développe un sporophore de grande taille facilement identifiable. L’amanite tue-mouches émerge du sol sous l’apparence d’un œuf, enveloppé dans le tissu pelucheux du voile universel. La dissection du champignon à ce stade révèle une couche jaune sous le voile, caractéristique qui aide à l’identifier. Au cours de la croissance, la couleur rouge apparaît à travers le voile rompu, et les verrues deviennent moins proéminentes ; elles ne changent pas de taille mais semblent peu à peu rétrécir par rapport à la surface de chair rouge. Le chapeau, initialement globuleux, change de forme pour devenir hémisphérique, puis de plus en plus plat à mesure de la maturation.

À pleine maturité, le chapeau mesure généralement entre 8 et 20 centimètres de diamètre. La couleur rouge s’atténue sous l’effet de la pluie et chez les champignons les plus vieux. Après avoir émergé du sol, le chapeau est couvert de nombreuses verrues blanches en forme de pyramides. Ce sont des vestiges du voile universel, enveloppe qui protège le jeune champignon avant son émergence. Les lames, libres, sont blanches, de même que l’empreinte de spore. Les spores ovales mesurent 9-13 par 6,5-9 micromètres, et sont non-amyloïdes, ce qui signifie qu’elles ne prennent pas la coloration bleue lorsqu’on leur applique du réactif de Melzer.

Le stipe (ou pied) est blanc, il mesure 5 à 20 centimètres de haut pour 1 à 2 centimètres de diamètre, et a la texture fibreuse et légèrement friable typique de la plupart des grands champignons. À sa base, la volve (ou bulbe) porte des résidus du voile universel sous la forme d’un ou deux anneaux concentriques. Entre ceux-ci et les lames, des vestiges du voile partiel (qui recouvre les lames durant le développement) prennent la forme d’un anneau blanc (ou annulus). Celui-ci devient assez large et lâche avec le temps.

Le champignon ne dégage généralement pas d’autre odeur que celle de la terre.

Amanita muscaria est un champignon cosmopolite, qui croît dans les forêts de conifères et de feuillus de toutes les régions tempérées et boréales de l’hémisphère Nord, y compris des latitudes plus chaudes du bassin méditerranéen, de l’Hindou Kouch et de l’Amérique centrale. D’après une étude moléculaire récente, le champignon serait apparu en Sibérie-Béringie au cours de l’ère Tertiaire avant de se répandre à travers l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Bien qu’on le rencontre généralement en automne, il peut pousser en différentes saisons selon le climat : été et automne dans la plupart des régions tempérées d’Amérique du Nord, automne tardif et hiver précoce le long de la côte pacifique. Il pousse souvent aux mêmes endroits que Boletus edulis (ou cèpe de Bordeaux), et parfois en ronds de sorcières 8. Transporté avec les jeunes pousses de pins, il a été largement importé par l’Homme dans l’hémisphère Sud notamment en Australie9, Nouvelle-Zélande10, Afrique du Sud11 et Amérique du Sud. En France, l’amanite tue-mouches se rencontre principalement sous les bouleaux.

Champignon ectomycorhizien, Amanita muscaria vit en association symbiotique avec une grande variété d’arbres dont les pins, les épicéas, les sapins, les bouleaux et les cèdres. Si on le rencontre le plus souvent associé aux espèces arborescentes introduites, Amanita muscaria est devenu un équivalent fongique d’adventice en Nouvelle-Zélande, Tasmanie et dans l’État de Victoria où il forme des associations nouvelles avec des hêtres du Sud du genre Nothofagus. Il envahit également les forêts humides d’Australie, où il pourrait être en train de supplanter des espèces indigènes. D’autre part il semble qu’il se répande en direction du nord, des observations récentes ayant été faites près de Port Macquarie sur la côte Nord de la Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Bien qu’il ne soit pas associé aux eucalyptus en Australie, il l’est au Portugal.

L’empoisonnement par Amanita muscaria est le plus souvent accidentel mais aussi parfois volontaire chez les personnes cherchant à vivre une expérience hallucinogène. Les jeunes champignons immatures peuvent ressembler à des vesses-de-loup comestibles, tandis que les champignons adultes rincés par la pluie peuvent être confondus avec l’amanite des Césars (Amanita caesarea).

Amanita muscaria contient plusieurs composés biologiquement actifs dont deux au moins ont des effets psychotropes : le muscimole et l’acide iboténique (on trouve également des traces de muscazone). La dose toxique chez l’adulte est d’environ 6 milligrammes de muscimole et de 30 à 60 milligrammes d’acide iboténique, ce qui correspond approximativement à la dose contenue dans un chapeau d’A. muscaria. Néanmoins, la quantité et le ratio de composés chimiques contenus dans un champignon varient considérablement d’une région à l’autre et d’une saison à l’autre. Les champignons de printemps et d’été contiendraient jusqu’à dix fois plus d’acide iboténique et de muscimole que les spécimens d’automne.

La dose mortelle calculée correspond à la consommation d’environ quinze chapeaux. Des décès dus à Amanita muscaria ont été rapportés dans des articles historiques et dans des journaux d’époque ; cependant avec les traitements modernes, la probabilité d’une ingestion mortelle serait extrêmement faible. Beaucoup d’anciens ouvrages répertoriaient l’amanite tue-mouches comme mortelle, entretenant l’idée d’une toxicité bien supérieure à la réalité. La North American Mycological Association a statué sur le fait qu’il n’y a eu, au cours des cent dernières années, aucun décès lié de façon documentée à une intoxication par A. muscaria. L’immense majorité (90 % ou plus) des intoxications mortelles par champignon sont dues soit à l’amanite phalloïde, soit à l’amanite vireuse, deux espèces morphologiquement différentes de l’amanite tue-mouches.

Les composés actifs de cette espèce sont solubles dans l’eau. Faire bouillir le champignon et jeter l’eau de cuisson assure une détoxification au moins partielle d’A. muscaria. En revanche la dessiccation pourrait en accroître la toxicité par augmentation du processus de conversion de l’acide iboténique en muscimole. D’après certaines sources, le champignon serait comestible une fois détoxifié et aurait même une saveur agréable.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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