L’alpinisme.

L’alpinisme est une pratique sportive d’ascension en haute montagne, qui repose sur différentes techniques de progression.

L’alpinisme réclame un apprentissage de techniques spécifiques et l’acquisition de savoir-faire qui permettent au pratiquant d’appréhender les risques inhérents à l’altitude et au milieu hostile dans lequel il évolue et qui se distingue ainsi du terrain habituel de la randonnée pédestre. L’alpinisme se définit aussi comme une pratique sportive ou de loisir1, et se distingue ainsi des ascensions à but religieux (pèlerinage), utilitaire (chasseurs, cristalliers) ou tactique (militaires).

Apparu au XIXe siècle, l’alpinisme à son origine concernait uniquement l’ascension des sommets montagneux. Ce sport a ultérieurement évolué en pratiques spécialisées, par exemple l’escalade, la cascade de glace ou le ski-alpinisme, pour finalement inclure tout type de progression en haute-montagne sur terrain rocheux, neige ou glace. Ces pratiques exigent des capacités physiques, du matériel spécifique et des connaissances techniques afin de garantir la sécurité des alpinistes.

Dans le jargon des montagnards, une sortie d’alpinisme est plus connue sous la dénomination « course », quelle que soit la durée ou la difficulté.

Alpinisme, carte maximum, Grenoble, 7/07/1956.

En 2015 L’alpinisme est inscrit à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France puis sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en décembre 2019.

Dès le XIXe siècle, des « bourgeois éclairés » et aristocrates de Grande-Bretagne (où la culture du sport est forte et l’accessibilité des Alpes facilitée par les chemins de fer) s’élancent vers les sommets, suivis par les Allemands, les Autrichiens, les Suisses et les Français. Ils prennent l’assaut des cimes alpines dans un esprit de compétition internationale et souvent mortelle, comme en témoigne la tragique tentative d’ascension hivernale du Haut de Cry, en 1864, impliquant l’Anglais Philipp Gosset, Louis Boissonnet et leur guide Johann Josef Benet (de).

L’équipement de Hermann von Barth (1845-1876) : petit sac à dos avec une bouteille en verre, chaussures cloutées, crampons, bâton de marche.
L’alpinisme prit son essor au XIXe siècle sous l’impulsion de grimpeurs, en majorité de nationalité britannique, tels Edward Whymper, Albert F. Mummery, Frederick Gardiner, qui tous ont laissé leur nom lié à des « premières » et à des sommets alpins. Ces riches Anglais étaient le plus souvent accompagnés de guides français, italiens ou suisses. Ils sont à l’origine de l’âge d’or de l’alpinisme (1854-1865), expression de l’alpiniste William Auguste Coolidge. Il existe déjà à cette époque des alpinistes femmes17, telles Henriette d’Angeville — une Franco-suisse, deuxième femme à gravir le mont Blanc —, Meta Brevoort — une Américaine, tante de William Auguste Coolidge, ayant fait de nombreuses et illustres ascensions dans les Alpes dans les années 1860-1870 et ayant réalisé plusieurs premières féminines ; son nom a été donné à la pointe Brevoort, point culminant de la Grande Ruine dans le massif des Écrins — ou Lucy Walker — une Britannique, première femme à avoir atteint le sommet du Cervin.

Les « bourgeois éclairés » et aristocrates créent les premiers clubs alpins entre 1857 et 1874, d’abord en Angleterre (l’Alpine Club) puis en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Pologne et enfin en France en 1874. Ces clubs « définissent des usages en matière d’excursion, organisent les compagnies de guides, construisent des refuges, améliorent la qualité des hébergements, rédigent des notices scientifiques, inventent une littérature de voyage et réussissent ainsi à promouvoir, auprès de leurs contemporains, une forme de tourisme alpin à la fois cultivé et mondain ». Les clubs continentaux ont plutôt une démarche d’aménagement de la montagne alors que les clubs britanniques ont une vision transfrontalière des Alpes qu’ils voient comme un terrain de jeu (ainsi l’ouvrage de Leslie Stephen en 1871 s’intitule-t-il Le Terrain de jeu de l’Europe). Dans le Club alpin français (CAF) créé en 1874, les femmes ne représentent que 1 % des alpinistes, tout comme en 2009. Et on n’en compte que 18 sur 1 468 guides de haute montagne en France. C’est seulement depuis les années 1920 qu’elles prennent la tête de cordées et depuis les années 1960 qu’elles peuvent gravir les sommets sans leur mari. Le premier club d’alpinisme féminin, le Ladies’ Alpine Club, est créé à Londres en 1907 ; il fusionne avec l’Alpine Club de Grande Bretagne en 1975.

Les deux derniers grands sommets vierges des Alpes sont gravis en 1865 (Whymper atteint pour la première fois le sommet du Cervin), puis le 16 août 1877 : Pierre Gaspard (dit « Gaspard de la Meije »), son fils et E. Boileau de Castelnau réalisent la première ascension de la Meije. Tous les grands sommets des Alpes ont donc été conquis : c’est le début de l’alpinisme sportif, qui voit la naissance de l’alpinisme hivernal lors du XXe siècle. La démocratisation des clubs conduit les bourgeois et aristocrates

britanniques, à partir des années 1950, à déplacer leur terrain de jeu vers les montagnes de l’Himalaya appartenant à leur Empire des Indes. Mais là aussi, dans les années 1970, la démocratisation de l’alpinisme s’opère.

En 1900, un Grand Prix olympique d’alpinisme est décerné durant les Jeux olympiques, comme en atteste le programme officiel des épreuves au cours de l’exposition universelle de 1900. Il est attribué par le jury à l’exploit considéré comme le plus important durant les quatre années précédentes en la matière.

Après avoir gravi tous les sommets des Alpes par tous les versants, les alpinistes ont cherché d’autres terrains de jeux ou d’autres formes de défis. C’est ainsi que certains se tournent vers des sommets plus hauts : c’est la course aux 8 000 mètres dans l’Himalaya, qui commence avant même la Seconde Guerre mondiale (expédition de Nanga Parbat lancée en 1939 par le régime nazi). Les grands sommets himalayens sont conquis dans les années 1950 et le début des années 1960. En 1959, une expédition entièrement composée de femmes et conduite par Claude Kogan tente, sans succès, d’atteindre le sommet du Cho Oyu. La première femme à atteindre le sommet de l’Everest, le 16 mai 1975, est l’alpiniste Junko Tabei.

À partir des années 2000, les pratiques remarquées en alpinisme deviennent plus sportives. On trouve ainsi des alpinistes « athlètes » capables de grandes performances physiques (ascension de vitesse, enchaînements d’étapes en une seule journée) ou bien de réalisations à des niveaux techniques extrêmes (ouverture de big wall en libre, ski de pentes raides). Cette tendance est soutenue par des techniques d’entraînement sportif plus modernes (planification et suivi, salle d’escalade…) et des avancées technologiques (matériel plus léger, électronique, prévision météorologique, etc.) Ces tendances s’illustrent avec des alpinistes médiatisés comme Ueli Steck ou Kílian Jornet, qui réalisent des ascensions à une vitesse extraordinaire.

En parallèle, certaines pratiques d’alpinisme se propagent en dehors du cercle des alpinistes professionnels et amateurs, en se transformant parfois en véritables disciplines sportives (compétitions d’escalade glaciaire, dry-tooling) ou bien sous forme de tourisme sportif de masse (via ferrata, ascensions organisées de l’Everest et du mont Blanc).

D’autre part, avec le très fort engouement pour les sports dits « à risques », dont fait partie l’alpinisme, une augmentation alarmante des quantités de déchets déposés en montagne est constatée sur de nombreux sites : sommets, mais aussi refuges et itinéraires d’accès. La problématique écologique fait l’objet d’une prise de conscience généralisée particulièrement médiatisée : la pollution due à l’alpinisme devient un sujet d’inquiétude pour les pratiquants, soucieux pour eux-mêmes et les futures générations, auquel les autorités ainsi que les alpinistes eux-mêmes tentent de remédier.

Le 11 décembre 2019, l’alpinisme est classé au Patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

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Sources : Wikipédia, Unesco.

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