L’abbaye de Pontigny (Yonne).

L’abbaye de Pontigny est un ancien monastère de l’ordre cistercien. Fondée en 1114, au nord de la Bourgogne, aujourd’hui dans la commune de Pontigny, dans le département de l’Yonne (France), elle est la deuxième des quatre premières filles de Cîteaux.

Sa célébrité est due à la fois à son rang au sein de l’Ordre, au prestige de ses protecteurs, de ses hôtes de marque et de ses abbés, à l’importance de sa communauté et de ses possessions, et à la richesse patrimoniale de sa bibliothèque et de son architecture. En revanche, elle est dotée d’une filiation relativement modeste.

Fermée à la Révolution française, elle est alors en grande partie détruite ; elle conserve néanmoins la plus grande église cistercienne du monde, qui tient lieu, depuis 1954, de cathédrale à la Mission de France.


C’est le 30 ou 31 mai 1114 que, sous la direction d’Hugues de Mâcon, un groupe de moines, envoyé par Étienne Harding à la demande d’un prêtre d’Auxerre, vint s’installer à Pontigny. Il fondait ainsi la deuxième des « quatre premières filles » de Cîteaux qui ont un rôle particulier dans l’organisation de l’Ordre. Première abbaye cistercienne à s’éloigner notablement de son « abbaye-mère », Pontigny, dans la vallée du Serein, se trouvait dans le diocèse d’Auxerre, à la limite de ceux de Sens et de Langres, et non loin de celui de Troyes ; d’un point de vue politique, l’endroit était du comté de Tonnerre, à la lisière de celui d’Auxerre (tous deux tenus à l’époque par le comte de Nevers), et tout proche des possessions du comte de Champagne : cette position en zone frontière est à l’origine de la légende qui voulait que, sur le pont de Pontigny, trois évêques, trois comtes et un abbé puissent se rencontrer sans quitter leur territoire. Plutôt que d’un pont qui n’est pas attesté dans les textes avant le XIIIe siècle, le nom de Pontigny, de formation gallo-romaine (Pontiniacum), provient sans doute du nom d’un certain Pontinius auquel un suffixe locatif (-iacum) a été ajouté.

Abbaye de Pontigny, carte maximum, 7/06/2014.

Le développement rapide et considérable de l’abbaye de Pontigny, surtout pendant ses deux premiers siècles d’existence, est facilité par le soutien de personnages importants, aussi bien laïques qu’ecclésiastiques.

Ainsi, dès 1131, le roi Louis VI le Gros, pour la rémission de ses péchés, accorde aux moines de Pontigny l’exemption entière de toute taxe pour les marchandises qui passeront sur ses terres. Ce don sera confirmé par Louis VII qui accordera aussi, en 1139, un droit de pâturage dans ses bois de la forêt d’Othe, et confirmera l’ensemble des biens de l’abbaye en 1177.

En 1181, Philippe Auguste prit Pontigny et tous ses biens sous sa protection, confirma un don de la comtesse Mathilde de Nevers et, trente ans plus tard, un accord conclu avec Blanche, comtesse de Champagne ; il prit aussi sous sa protection l’ensemble de la filiation de Pontigny avec celle de Clairvaux en 1221. On ne sait s’il fut présent à Pontigny lors de l’inhumation de sa mère, Adèle de Champagne, en 1206.

Saint Louis accorda, en 1242, un vidimus de l’acte d’association entre Pontigny et Érard de Brienne et, en 1248 renouvela les privilèges de son grand-père. Il était venu en pèlerinage à Pontigny le lundi de Pentecôte de l’année précédente, avec sa mère, pour marquer la canonisation de saint Edme d’Abingdon 12. Philippe III amortit une rente à Malay-le-Vicomte en 1278.

Philippe IV le Bel vidime la vente à Pontigny par Jeanne, comtesse l’Alençon, d’une rente de cent livres, en 128714, approuve, en 1289, le droit de garde sur l’abbaye par Marguerite, reine de Sicile et comtesse de Tonnerre, confirme en 1294 l’acquisition de la moitié des villages de Montigny, de Merry et de Souilly, confirme les acquisitions de l’abbaye en 1295, confirme les droits des religieux en 1304.

Louis X vidime un accord entre les cisterciens et les habitants de Sormery en 1315. Charles IV confirme au duc de Bourgogne, en tant que comte de Tonnerre, le droit de garde de l’abbaye, ainsi que d’autres actes de ses prédécesseurs, passant à Pontigny en août 1322.

Philippe VI facilite le paiement d’une rente par un acte daté de 1349, à Pontigny, le roi et les princes ayant quitté Paris à cause de la grande peste, ce qui sera confirmé par Jean II en 1351. En 1380, Charles V concède l’amortissement gratuit d’une rente de 60 livres accordée par Amédée de Joinville. Charles VI, en 1405, accorde une autre amortissement gratuit, confirmé en 1447 par son fils Charles VII.

Entre 1477 et 1482, Louis XI, venu plusieurs fois en pèlerinage à l’abbaye, fait don d’une rente de 1 200 livres, assise à Troyes, Chablis, Château-Thierry, Provins et Châtillon-sur-Marne.

François II, Henri III et Henri IV s’impliqueront pour leur part dans la nomination des abbés commendataires de la seconde moitié du XVIe siècle.

De passage à Rouen, en mai 1131, Henri Ier imita Louis VI de France en exemptant de taxes les marchandises des moines passant sur ses terres. Entre 1154 et 1157, Henri II renouvela le mandement de son père, en présence de son chancelier Thomas Becket. En 1251, Henri III accorde une rente de vingt marcs esterlins pour faire brûler en permanence quatre cierges autour du tombeau de saint Edme, récemment canonisé et, venu à Pontigny en 1254, il y offre des dons importants. À l’occasion de la paix conclue entre l’Angleterre et la France, Édouard III, en 1361, lève le séquestre sur la rente de son prédécesseur. En 1395 encore, Richard II rappelle qu’elle doit être versée malgré la guerre.

La noblesse comtale fait aussi partie des bienfaiteurs importants de Pontigny, en tête desquels il faut placer les comtes de Nevers-Auxerre-Tonnerre : la notice de fondation de l’abbaye mentionne ainsi, dès les origines de l’abbaye, le soutien de Guillaume II de Nevers, présent également lors de plusieurs des toutes premières donations. À partir des années 1150, ses héritiers furent aussi des bienfaiteurs de l’abbaye, en particulier grâce à des échanges et à des dons de bois. Le comte de Nevers Hervé IV de Donzy choisit même le monastère comme lieu de sa sépulture en 1222. Au milieu du XIIIe siècle, l’abbé de Pontigny reconnaissait que les comtes de Nevers, comme fondateurs de l’abbaye, devaient en être aussi les gardiens.

C’est donc bien une tradition fautive qui donne comme fondateurs à Pontigny les comtes de Champagne, et plus précisément Thibaud II le Grand, qu’il s’agisse de l’implantation du monastère – Thibaud n’entra en fonction que dix ans plus tard – ou de sa construction : les archives de l’abbaye ne montrent qu’un intérêt limité du comte qui, contrairement à l’affirmation transmise par Vincent de Beauvais, n’a pas été inhumé à Pontigny. C’est avec ses enfants que semble se dessiner un intérêt un peu plus marqué pour la deuxième fille de Cîteaux, Henri le Libéral accordant six actes pour Pontigny, et Adèle, troisième épouse de Louis VII, choisissant l’abbaye comme lieu de sépulture, sans aucun acte particulier de donation qui soit connu.

Il convient d’ajouter aux bienfaiteurs de rang comtal les titulaires des comtés de Bar-sur-Seine, au milieu du xiie siècle, ceux de Joigny, à partir des années 1180 et, de manière plus anecdotique, un comte d’Evreux ou un comte de Flandre.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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