L’abbaye de Chancelade (Dordogne).

L’abbaye de Chancelade est une abbaye française de style roman située sur la commune de Chancelade, en Dordogne. Sa construction s’est étalée du Xe au XIIe siècle.

L’église abbatiale est classée monument historique en 1909. L’ensemble des bâtiments fait ensuite l’objet de plusieurs classements ou inscriptions entre 1942 et 2008.

Quand, vers 1096, le pape Urbain II voulut rattacher les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Cellefrouin au monastère de Charroux, quittant ainsi la règle de saint Augustin pour suivre la règle des Bénédictins, l’abbé Foucault s’y oppose et devient ermite à Fons Cancellatus.

C’est l’acte fondateur de l’abbaye Notre-Dame de Chancelade.

L’emplacement de cette source est marqué par une stèle à la mémoire d’Alain de Solminihac, au bord de la route.

L’abbé Foucault est rejoint par d’autres moines et le groupe s’organise en communauté.

Abbaye de Chancelade, carte maximum, 20/08/1970.

En 1128, le premier abbé, Gérard de Montlau est béni par l’évêque de Périgueux, Guillaume d’Auberoche et les moines décident de construire un monastère. Ils bâtissent l’église abbatiale, le couvent protégé par une enceinte, puis une petite église paroissiale. Les deux églises sont consacrées en même temps le 12 octobre 1147 par Raymond de Mareuil sous les vocables de la Vierge et de sainte Madeleine.

Vers 1140, le lieu de Merlande est offert par Geoffroi de Cauzé et les moines y bâtissent une chapelle sur la source. Puis la chapelle fut rapidement agrandie et devint un prieuré.

Abbaye de Chancelade,essais de couleurs.

En 1360, l’abbaye compte 22 religieux. Elle s’est mise sous la protection du cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord et reçoit de lui une dotation de 3 800 florins d’or pour 38 nouveaux chanoines.

C’est une abbaye augustinienne, en 1133, les moines choisissent la règle de St Augustin, rejoignant ainsi la congrégation des Chanoines de Saint Augustin.

En 1635, Alain de Solminihac s’oppose à la Congrégation de France, les génovéfains, fondée par le cardinal de la Rochefoucauld, et si l’on interdit d’étendre la réforme prônée par Alain de Solminihac, Chancelade obtient l’autorisation d’exister comme congrégation indépendante.

De 1360 à 1367 les Anglais occupent Périgueux. Ils chassent les moines pour loger une garnison dans le monastère. Du Guesclin, lors de son retour d’Espagne, va reconquérir l’abbaye, mais après son départ, les Anglais la reprennent et y restent jusqu’au XVe siècle.

Vers 1440, sous la protection d’Arnaud de Bourdeille, et grâce à son abbé, Geoffroy de Pompadour, la communauté se reconstitue.

En 1575, durant les guerres de religion, Périgueux est prise par les Huguenots, Langoiran s’empare de l’abbaye qui est pillée et incendiée. De l’église, il ne reste que la croisée du transept avec la coupole et le clocher. La voûte de la nef et le chœur roman sont détruits.

Quand en 1614 Alain de Solminihac est pourvu de cette abbaye, les moines ne sont plus que quatre. En 1622 il reçoit la bénédiction abbatiale en la cathédrale Saint-Front des mains de Mgr François de La Béraudière. Il rebâtit l’église à demi-abattue, reconstruit le cloître, les logis, les communs, il réforme l’abbaye et la repeuple.

Nommé évêque de Cahors par le pape Léon XIII le 17 juin 1636, Alain de Solminihac revient à Chancelade en 1638 pour consacrer l’église. Son corps repose en la cathédrale de Cahors et il fut béatifié le 4 octobre 1981 par Jean-Paul II.

L’abbé Le Gros de Beller oriente résolument ses religieux vers les études et la bibliothèque s’enrichit de cartulaires, de chartes et de 4 000 livres. L’activité du scriptorium était intense : copie de manuscrits, classement de textes, de chartes. Le Révérend Père Prunis découvrit le journal de voyage de Montaigne, enfermé dans une vieille malle dans la tour de la librairie et il fut édité à Rome en 1774.

Elle est vendue comme bien national en 1790.

De nombreux documents sont revenus à la Bibliothèque Nationale où ils constituent un ensemble de 183 volumes, et plusieurs centaines d’ouvrages sont à la bibliothèque municipale de Périgueux dont une copie du cartulaire.

L’église abbatiale devient église paroissiale au début du XIXe siècle.

Une peinture du XVIIe siècle, le Christ aux outrages, longtemps attribuée à de Georges de La Tour puis à Gerrit van Honthorst ou à un élève de son atelier, qui aurait été donnée à Alain de Solminihac par le pape Léon XIII, est visible dans l’église ; en 1968, l’œuvre, reproduite en pleine page couleur par Robert-Jean Vinson, est donnée à La Tour en mentionnant un probable don de Louis XIII, protecteur de Solminihac.

Après des travaux de rénovation commencés en 1955 par les propriétaires des bâtiments conventuels, M. et Mme Caignard, l’abbaye peut ouvrir aux pèlerins et au public en 1976. Fermée de 2004 à 2009, elle est de nouveau ouverte en 2010.

En 1998, une communauté de Chanoines Réguliers de Saint Augustin se réinstalle à Chancelade et en 2004, le Logis de l’Abbé et son parc, rachetés par l’évêché à la famille Caignard, lui sont confiés pour y développer un centre spirituel.

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Sources : Wikipédia, YouTube.