L’abbaye d’Aubazine (Corrèze).

L’abbaye d’Aubazine ou d’Obazine est une ancienne abbaye double cistercienne située en Corrèze (diocèse de Tulle), sur la commune d’Aubazine.

Cette abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 13 octobre 1988 pour les bâtiments conventuels et depuis 1840 pour l’abbatiale.

L’histoire des débuts de l’abbaye est connue grâce à deux textes du XIIe siècle :

  • La Vita sancti Stephani Obasiniensis, élaborée par un moine de l’abbaye entre la mort d’Étienne de Vielzot en 1159 jusqu’en 1190.
  • Le Cartulaire de l’abbaye cistercienne d’Obazine donnant l’évolution du patrimoine de l’abbaye entre 1130-1140 et jusque vers 1200.
Aubazine, carte maximum, 18/02/1978.

Vers 1125, deux prêtres, Étienne de Vielzot (saint Étienne d’Obazine), et Pierre, viennent de la haute Corrèze pour installer un ermitage à la Manse de Corbières près du village de Vergonzac. Rapidement, les disciples abondent et l’érémitisme fait place peu à peu au cénobitisme, la communauté se transfère alors à Aubazine.

L’évêque de Limoges, Eustache, reconnaît la communauté en 1127 et permet la construction d’un monastère sur des terres octroyées par le vicomte Archambault. Un canal d’irrigation, connu sous le canal des moines, est construit afin d’amener l’eau nécessaire à leur monastère, à la vie et à l’hygiène, au fonctionnement des moulins et des ateliers et à l’irrigation des potagers et prairies.

Aubazine, essais de couleurs.

La communauté continuant à croître, le problème de son organisation se pose. La règle la plus proche des objectifs initiaux serait celle des Chartreux. Étienne rencontre en 1135 l’abbé Guigues de la Grande-Chartreuse, mais les effectifs de la communauté sont trop importants pour lui appliquer cette règle. Guigues lui conseille de se rapprocher de l’Ordre cistercien.

Étienne va en fait fonder un monastère double : un monastère d’hommes dont les bâtiments sont situés sur le versant sud de la colline, et un monastère de femmes, au fond du vallon du Coyroux. En 1142, Étienne reçoit l’habit religieux cistercien devant Gérald, évêque de Limoges. Le même jour, Gérald érige Obazine en abbaye — dont Étienne devient l’abbé — et préside à l’installation des religieuses au Coyroux. Les deux monastères sont placés sous l’autorité canonique de l’abbé d’Obazine. Étienne demande à l’abbaye cistercienne de Dalon de leur envoyer des moines pour leur communiquer le mode de vie cistercien.

Il obtient l’affiliation de l’abbaye à l’ordre de Cîteaux en 1147, après avoir soutenu la création d’un monastère de femmes au Coyroux. Étienne donne l’assurance au Chapitre Général de Cîteaux de soumission du monastère de religieuses et la visite des abbés de Cîteaux, de La Cour-Dieu et de Bellaigue. Le nombre de moines ne cessant pas de croître, l’abbaye fait plusieurs fondations.

La première pierre de l’église abbatiale a été posée et bénie « le vendredi d’avant les Rameaux 1156 » à proximité de l’ancien monastère en présence de l’évêque de Limoges Gérald du Cher.

Lettre recommandée avec A.R. affranchie du timbre Aubazine x 6.

Étienne meurt dans l’abbaye de Bonnaigue, l’une de ses abbayes-filles en 1159. De 1159 à 1190, un moine de l’abbaye d’Obazine rédige la vie d’Étienne.

En 1176, l’église abbatiale est consacrée par Guarin de Gallardon, archevêque de Bourges.

Une inscription dans une chapelle donnait une date de consécration de l’autel en 1176. Une autre, refaite au XIXe siècle, précisait que la dédicace de l’autel avait été fait par Guarin de Gallardon, archevêque de Bourges et Gérald, évêque de Limoges.

Vers 1280, les restes d’Étienne d’Obazine sont transférés de l’abbaye de Bonnaigue, au croisillon Sud de l’église abbatiale d’Aubazine et son tombeau est érigé.

Au XVIIe siècle, l’abbaye compte près de 300 religieux. Des moines bâtisseurs venus de Bourgogne agrandissent le dortoir qui est aujourd’hui le plus vaste bâtiment de l’abbaye. Pour assurer le quotidien de l’abbaye, les cisterciens d’Obazine fondèrent des granges en Limousin et en Quercy. Ces domaines agricoles étaient plus ou moins spécialisés selon leur site d’implantation.
Autour de la cité de pèlerinage de Rocamadour, leurs granges fournissaient la ville sainte ou expédiaient leurs productions vers leur cellier de Martel, qui les vendait là ou qui les faisait acheminer vers Obazine.
Ce fut une véritable entreprise d’encerclement opérée par Obazine avec des implantations aux Alix, à Calès, à Bonnecoste, à Couzou, à Carlucet, près de Séniergues, puis à La Pannonie.

En 1667, l’abbaye devient un noviciat central des abbayes cisterciennes de la commune Observance pour les provinces de Bordeaux et de Poitiers.

Ala fin du XVIIe siècle- début du XVIIIe siècle d’importantes restaurations et reconstructions ont lieu en particulier l’église, les stalles et les bâtiments monastiques.

Parmi les plus célèbres abbés commendataires d’Obazine, on peut citer François d’Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux (décédé en 1628), et Charles Antoine de La Roche-Aymon, cardinal-archevêque de Reims (1697-1777) à partir de 1729.

En 1731, pour réduire les frais d’entretien, l’abbé commendataire Guillaume Mathurin de Sers fait démolir six travées de la nef, soit 36 mètres sur les 92 ce qui la réduit de presque de moitié.

En 1789, durant la Révolution française, l’abbaye est supprimée car elle devient bien national à la suite du décret du 2 novembre 1789 de l’Assemblée constituante qui met les biens de l’Église à la disposition de la Nation.

Le village d’Aubazine, qui possédait son église, serait devenue une commune à la Révolution en 1790, par démembrement de la paroisse de Cornil mais elle ne dispose pas d’un état civil avant le 1er mars 17924,5. L’église abbatiale devient église paroissiale.

Le nom d’Obazine est orthographié progressivement en Aubazine vers la fin du XVIIIe siècle prenant son orthographe définitive à partir de 1820… ce qui explique le soin de la célèbre historienne de l’abbaye, Bernadette Barrière, d’utiliser la première orthographe.

En 1840, l’église ainsi que la partie de l’abbaye datant du XIIe siècle sont classés au titre des monuments historiques.

Vers 1860, un orphelinat de filles, géré par les religieuses du Saint Cœur de Marie s’installe dans l’abbaye. Coco Chanel y passera une partie de sa jeunesse.

Vers la fin du XIXe siècle, des restaurations diverses ont lieu sur les édifices.

En 1885, les restes d’Étienne d’Obazine sont reconnus solennellement et l’évêque de Tulle, Henri-Charles Dominique Dénéchaud, ratifie le culte rendu à saint Étienne d’Obazine.

1976 voit le huitième centenaire de la consécration de l’abbatiale. Cette même année, commence le début des fouilles archéologiques au prieuré du Coyroux par le Centre de recherche historiques et archéologiques médiévales de l’université de Limoges.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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