La Vénus de Milo.

La Vénus de Milo est une statue en marbre représentant le plus vraisemblablement la déesse Aphrodite, retrouvée sans ses bras dans l’île grecque de Milos en 1820. C’est une œuvre de l’époque hellénistique, créée vers 150-130 av. J.-C.

Son exposition au musée du Louvre en 1821 a fait sensation : c’était la première statue venue de Grèce dans les collections, et la première à être montrée incomplète. Sa célébrité est due à la grande beauté de son corps à demi dénudé, mais aussi aux polémiques suscitées par son identité et la position de ses bras. Parmi les nombreuses propositions pour restituer son attitude, les archéologues en privilégient deux, celle où la Vénus de Milo tient la pomme du jugement de Pâris ou celle où elle se regarde dans le bouclier d’Arès.

Vénus de Milo, carte maximum, Hongrie, 1975.

Entre le 4 mars et le 14 avril 1820, plusieurs navires de l’escadre française du Levant, parmi lesquels l’Estafette, stationnent ou font escale dans la rade de l’île de Milo. Un aspirant de l’Estafette, Olivier Voutier, assiste un jour à la découverte par un paysan grec d’une statue de Vénus en deux parties. Le premier à réagir officiellement est un commandant de navire, M. Dauriac, arrivé le 10 avril à Milo. Il écrit dès le 11 au consul général à Smyrne, pour signaler la découverte « trois jours avant » de la Vénus, déjà évaluée à 1 000 piastres. Le lendemain, Louis Brest, l’agent consulaire français de Milo, écrit lui aussi à son supérieur, en faisant état de la statue « un peu mutilée, aux bras cassés » et de deux piliers à tête sculptée. Il s’inquiète de savoir s’il doit acheter la statue et ajoute que les dignitaires de l’île souhaitent de leur côté la proposer au fonctionnaire grec dont ils dépendent à Constantinople. Les deux lettres parviennent le 24 avril à Smyrne, et le consul général écrit le 25 à l’ambassadeur de France à Constantinople, le marquis de Rivière pour l’avertir et lui demander s’il veut acquérir la statue « pour le Musée Royal » à Paris.

Le 16 avril, un navire chargé d’un voyage d’exploration dans le Pont-Euxin, la Chevrette, fait une brève escale à Milo. À son bord se trouve l’enseigne de vaisseau Jules Dumont d’Urville. Botaniste, il va le 19 avril examiner par curiosité la statue de Vénus récemment découverte et note ses observations. La Chevrette poursuit sa route et fait escale du 29 avril au 5 mai à Constantinople. Le 3 mai 1820, Dumont d’Urville est en mesure de rédiger une courte notice sur la statue pour le vicomte de Marcellus, secrétaire à l’ambassade de France, qui la transmet à l’ambassadeur.

Enfin le 6 mai, l’Estafette, basée à Smyrne, arrive à Constantinople pour emmener M. de Marcellus dans une tournée des établissements français du Levant prévue de longue date ; son commandant, M. Robert, s’entretient aussi de la statue avec l’ambassadeur.

Sur la foi de ces différents témoignages, M. de Rivière décide d’acheter la statue à son propre compte et il demande à M. de Marcellus de se rendre d’abord à Milo pour traiter l’affaire.

Or dans l’intervalle à Milo, un religieux nommé Verghi s’était chargé d’acheter la statue au paysan pour le compte du fonctionnaire grec de Constantinople : il en avait offert 718 piastres, mais en ne versant qu’une très petite avance. Et quand l’Estafette approche l’île le 22 mai 1820, le moine fait rapidement embarquer la statue sur un navire prêt à partir. Malgré cela, M. de Marcellus est déterminé à la récupérer et à l’acheter. Deux jours de négociations très tendues avec les dignitaires de l’île et l’offre d’un paiement argent comptant de 836 piastres sont nécessaires pour qu’il puisse faire passer à son bord la statue, avec « quelques fragments de marbre » et trois piliers à tête sculptée. Il quitte Milo dès le 25, et dans la dépêche qu’il expédie le 28 de Rhodes à l’ambassadeur pour lui narrer les faits, il précise avoir refusé de recourir à la force comme le lui suggéraient ses compagnons. De son côté, Brest écrit pour demander à l’ambassadeur d’intervenir pour éviter des sanctions aux habitants de l’île. En 1826 seulement, M. de Rivière leur remboursera les 7000 piastres qu’ils avaient dû payer comme amende au drogman.

Puis l’Estafette entreprend son périple en Méditerranée orientale, fait escale entre autres au Pirée le 20 septembre, où l’archéologue Louis Fauvel admire la statue sur le pont du navire la nuit, « à la lueur des flambeaux ». La mission de M. de Marcellus se termine le 10 octobre à Smyrne, et les sculptures sont transbordées sur le navire la Lionne qui doit ramener en France M. de Rivière, relevé de son poste d’ambassadeur. Sur le chemin du retour, ce dernier fait escale à Milo le 15 novembre et emporte encore quelques fragments de marbres.

Arrivés le 23 décembre 1820 à Toulon, les objets sont acheminés le mois suivant par voie fluviale jusqu’à Paris où ils parviennent à la mi-février. Cela permet à M. de Rivière d’offrir la statue au roi Louis XVIII lors d’une audience qui lui est accordée le 1er mars 1821 au palais des Tuileries. Le roi l’accepte et l’offre à la France pour enrichir les collections du musée du Louvre, mais il n’ira jamais la voir.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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