La taupe d’Europe.

La Taupe ou Taupe d’Europe (Talpa europaea) est un petit mammifère fouisseur de la famille des Talpidés (Talpidae), qui vit sous terre dans les sols humides et meubles, en se signalant par des monticules de terre, les taupinières. Comme les autres espèces des taupes, elle est considérée comme un ravageur des cultures bien qu’elle contribue à l’aération du sol et à éliminer les larves d’insectes ou les limaces. Mais elle se nourrit principalement de vers de terre qui, eux, sont très utiles.


La taupe d’Europe est un animal de 15 à 20 cm de long pour une masse de 60 à 140 g. Son corps est cylindrique. Il est couvert d’une fourrure faite de poils sombres (gris à noir), très souples et très denses, dont l’implantation est perpendiculaire à la peau, ce qui permet à la taupe d’avancer ou de reculer facilement (un mètre par seconde) dans la galerie, ses poils se couchant selon le sens de progression.

La tête porte des yeux minuscules qui perçoivent mal les formes, mais assez bien les mouvements, ce qui contredit l’expression « myope comme une taupe » (expression qui correspond mieux à la Taupe aveugle). Ses oreilles sont dépourvues de pavillon auditif externe et lui assurent une ouïe développée. Le museau pointu, terminé par un boutoir soutenu par un os spécial, est un organe tactile et fragile qui n’est pas utilisé pour creuser.

Les pattes antérieures polydactyles, recouvertes de corne, sont adaptées au creusement : munies de 6 doigts, elles ont un faux pouce, caractère évolutif utile qui n’est pas un doigt supplémentaire, mais provient du  développement d’un os du poignet. À la différence des doigts véritables, composés de plusieurs segments, le faux pouce est d’un seul tenant, comme une lame. Une nouvelle étude a révélé qu’il se développe plus tard que les autres doigts mais tient son origine du même marqueur génétique. Les doigts, munis de griffes puissantes, sont réunis par une membrane, presque jusqu’aux ongles, formant une sorte de pelle, renforcée par un os  particulier, l’os falciforme, ce qui permet à la taupe de creuser 20 mètres de galerie en une seule journée. Les membres postérieurs sont munis d’une sorte de protubérance aidant également au fouissement.

Elle voit mal les formes mais discerne assez bien les mouvements, ce qui la rend vulnérable en surface mais pas en sous-sol. Elle entend parfaitement. Elle est dotée d’un odorat très puissant capable de repérer un ver de terre ou une cochenille dans plusieurs centimètres de terre. Son sens tactile (frotteuse) est très développé par les vibrisses, poils tactiles présents sur le museau, les pattes antérieures et la queue, ainsi que par l’organe d’Eimer situé à l’extrémité du museau, ainsi nommé car Theodor Gustav Heinrich Eimer avait isolé ce système sensoriel pour la première fois en 1871 sur le nez de la taupe.

La taupe possède dans ses globules rouges un type particulier d’hémoglobine, capable de transporter des quantités de dioxyde de carbone bien plus importantes que chez la plupart des animaux, ce qui lui permet non seulement de supporter un milieu confiné pauvre en oxygène et riche en CO2, mais également de respirer à nouveau l’air qu’elle a elle-même expiré, lui conférant une grande autonomie respiratoire (avec en plus des poumons très importants proportionnellement aux autres mammifères) lors de ses séjours souterrains.

La taupe est présente dans les zones tempérées d’Europe et d’Asie. Son aire de répartition s’étend à l’ouest de la Grande-Bretagne et l’Espagne, et vers l’est à travers l’Europe continentale, jusqu’aux cours d’eau Ob et Irtych, en Russie asiatique. Et du sud de la Finlande, au nord de la Grèce et jusqu’à Istamboul, en Turquie. On trouve aussi la Taupe européenne sur de nombreuses îles de la Baltique et autour de la côte britannique, mais elle est absente d’Irlande, d’Islande, des îles de la mer du Nord et des îles méditerranéennes (à l’exception de Cres dans le nord de l’Adriatique). Elle fréquente les altitudes comprises entre le niveau de la mer et 2 400 m.

La taupe est un animal peu sociable qui vit seul, en général dans des galeries souterraines qu’elle creuse et où elle trouve sa nourriture constituée d’animaux divers du sous-sol : lombrics (90 % de son régime alimentaire), cochenilles (5 % en hiver), larves et insectes fouisseurs (ver blanc…), limaces, etc. Elle mange près de la moitié de son poids en une journée et meurt d’inanition en moins de douze heures de jeûne. Lorsqu’il fait très sec, elle fait des réserves de vers de terre (plusieurs centaines stockées dans une galerie) qu’elle paralyse en les mordant au niveau d’un anneau derrière la tête, pouvant les stocker ainsi l’hiver (au printemps suivant, les tissus non consommés des lombrics se regénèrent et les lombrics sortent de leur léthargie).

La taupe vit dans son réseau de galeries complexe, qui comprend des galeries profondes (à 15-25 cm de la surface) plus permanentes, et un réseau de galeries temporaires (en ramification aléatoire ou en étoile), superficielles (dans les premiers centimètres du sol) qui sont les galeries de chasse, ainsi que des galeries dites de surface, non réutilisées, plutôt utilisées par les mâles à la recherche de femelles.

Les taupinières correspondent à des points d’évacuation de la terre (contrairement au campagnol terrestre qui débouche en biais celui de la taupe est bien vertical). Les galeries périphériques aux extrémités des territoires sont généralement communes à plusieurs animaux, ce qui explique la recolonisation par de nouvelles bêtes (taupes, rongeurs) en cas d’abandon par son occupant. Le nid est généralement le simple élargissement d’une galerie profonde en un lieu qui assure le maintien de la température dans des limites acceptables. La taupe creuse en moyenne 200 m de galeries. Sa zone de chasse varie de 600 à 900 m2.

Une fois que la taupe a fini son réseau de galeries, elle devient plus discrète et les taupinières sont plus occasionnelles (à l’entrée de l’hiver à cause du froid notamment).

La reproduction donne lieu en général à une seule portée par an (plus rarement deux), de quatre à six petits. La gestation dure quatre semaines et l’allaitement environ six semaines. Au bout de deux mois, les jeunes quittent le nid, souvent en surface, et sont alors une proie facile pour leurs prédateurs (serpents, rapaces, mammifères de type fouine, putois, rat, renard). La saison des amours (l’activité sexuelle des mâles débute en décembre, l’accouplement a lieu de février à mars) et l’éducation des petits est la seule période où la taupe côtoie ses congénères.

 

Sa longévité théorique est de l’ordre de 10 à 20 ans, mais dans la nature l’usure prématurée de ses dents, due à la terre et au sable contenus dans les lombrics qu’elle mange, limite en général cette espérance de vie à moins de 5 ans.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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